La persistance des organofluorés synthétiques, capables de « se recycler continuellement dans l’hydrosphère » dépassent les seuils réglementaires partout dans le monde.

La pollution aux PFAS surpasse les seuils réglementaires partout dans le monde, affirment des chercheurs

Eau  |  16 août 2022  |  Félix Gouty  |  Actu-Environnement.com https://www.actu-environnement.com/ae/news/PFAS-pollution-superieure-seuils-reglementaires-monde-40153.php4#ntrack=cXVvdGlkaWVubmV8MzExMA%3D%3D%5BNDExMDgz%5D

Réduire la taille du texteAugmenter la taille du texteImprimer cette pageEnvoyer par e-mail

La pollution aux PFAS surpasse les seuils réglementaires partout dans le monde, affirment des chercheurs

© juliasudnitskaya

« Une nouvelle limite planétaire a été dépassée », attestent des chercheurs 099de l’université de Stockholm et de l’École polytechnique fédérale de Zurich. Dans une étudepubliée, le 2 août, dans la revue Environmental Science & Technology, ils affirment que les niveaux de concentration de substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) dans l’environnement surpassent les divers seuils réglementaires à travers le monde, notamment de toxicité de l’eau de pluie. Autrement dit, partout sur la planète, l’eau – qu’elle soit de surface, de pluie ou des sols – présente des niveaux de contamination aux PFAS jugés dangereux pour la santé par de nombreuses autorités sanitaires.

Cette triste constatation résulte de l’analyse d’un ensemble de données compilées à travers le monde depuis 2010 sur quatre types de PFAS : l’acide perfluorooctanesulfonique (PFOS), l’acide perfluorooctanoïque (PFOA), l’acide perfluorononanoïque (PFNA) et l’acide perfluorohexanesulfonique (PFHxS). S’agissant par exemple du PFOA, son omniprésence est telle que « l’eau de pluie devrait être jugée partout impropre à la consommation », selon notamment les seuils réglementaires fixés par les États-Unis, affirme le chercheur suédois, Ian Cousins. Même dans des régions éloignées, comme l’Antarctique ou le plateau tibétain au nord de l’Himalaya, les niveaux de concentration du PFOA dans l’eau de pluie excèdent les limites. « La concentration la plus basse de PFOA dans le monde, relevée dans de l’eau de pluie tombée sur le plateau tibétain, est quatorze fois supérieure aux recommandations de l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis (EPA) », avancent les scientifiques.

Cette omniprésence s’explique par la persistance de ces organofluorés synthétiques, capables de « se recycler continuellement dans l’hydrosphère ». D’autant que leur usage dans la fabrication de vêtements techniques ou d’emballages alimentaires, pour leurs propriétés imperméables et antiadhésives, ne s’est estompé qu’à partir du début des années 2000, notamment chez 3M, fabricant américain connu pour le ruban adhésif Scotch. Et les chercheurs de conclure : « Comme les niveaux de PFAS présents dans l’atmosphère sont difficilement réversibles, il est vital de restreindre davantage leur utilisation le plus rapidement possible. »

Félix Gouty, journaliste
Rédacteur scientifique

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire