Une grande concertation pour répondre à la crise du système de santé

Les premières pistes de François Braun pour les états généraux de la santé

Hôpital, déserts médicaux, gardes… Le nouveau ministre va mener, à compter de septembre, une grande concertation pour répondre à la crise du système de santé. Elle débutera par une phase citoyenne. 

Par Camille StromboniPublié aujourd’hui à 12h00, mis à jour à 12h07  

Temps de Lecture 3 min. 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/08/12/les-premieres-pistes-de-francois-braun-pour-les-etats-generaux-de-la-sante_6137861_3224.html

Etre sur le front d’un été extrêmement tendu à l’hôpital tout en préparant une rentrée chargée… La mission du nouveau ministre de la santé, le docteur François Braun, s’avère d’emblée délicate. L’urgentiste de profession a déployé, depuis son arrivée avenue de Ségur, le 4 juillet, la palette de 41 mesures qu’il avait lui-même proposées au sein d’une mission « flash » commandée par l’exécutif, pour tenir l’été dans les services d’urgence en pleine crise. Soit un traitement de court terme pour maintenir la continuité des soins, ou une phase de « damage control », comme il la qualifie. Avec notamment ce dispositif-phare, soutenu par une partie de la communauté médicale, mais aussi contesté par certains syndicats qui dénoncent une remise en cause du service public : la mise en place de la « régulation » pour accéder aux urgences, en appelant le 15. Ce filtrage des admissions concerne, en ce début du mois d’août, 25 % des 660 services d’urgences selon le ministère de la santé, qui comptabilise par ailleurs huit services totalement fermés.

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Dans le même temps, le ministre se prépare à une tout autre tâche : trouver les remèdes pour répondre aux maux de l’ensemble d’un système de soins en grande souffrance, qui ont éclaté de nouveau au grand jour après deux années de crise sanitaire. Déserts médicaux et accès aux soins, lits fermés dans les hôpitaux faute d’infirmières, maternités sous grande tension avec les postes vacants de sage-femme… C’est l’objet de la grande conférence sur la santé promise par le candidat Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle. Des états généraux avec les acteurs du secteur – dont le nom officiel n’a pas encore été défini – qui vont s’ouvrir en septembre par une phase citoyenne, sous une forme numérique et avec de « grands débats » organisés par les élus locaux.

« Forcer, ça ne marche pas »

« Dès que le président de la République va annoncer la “refondation”, on va démarrer tout de suite, assure François Braun, en référence au “conseil national de la refondation”, dans lequel doit s’intégrer cette consultation. Cela va nous amener à des conclusions en fin d’année. » Le bilan des mesures de l’été pour les urgences doit être effectué fin septembre pour décider de leur pérennisation et viendra alimenter les débats de la concertation, qui se poursuivra par des allers-retours avec les territoires. « Début 2023, on met la boîte à outils complète sur la table et on attaque cette rénovation du système de santé », prévoit-il.

Bien que le temps presse et que les grands-messes et rapports sur le système de santé en crise n’aient pas manqué ces dernières années, il défend son tempo. « Tout le monde dit que le diagnostic existe déjà, mais ce que je veux, ce sont des solutions », souligne François Braun, qui espère « transformer un système basé sur l’offre de soins en un système qui part de la réponse aux besoins de santé ».

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Pas question de s’exprimer sur des mesures « toutes prêtes » : il s’agit de partir« vraiment des remontées de terrain », assure-t-il. Mais, si le ministre refuse de s’avancer plus loin sur le fond, il répète depuis sa nomination qu’il n’y aura aucun « tabou », y compris sur la question du rétablissement d’une obligation de garde pour la médecine libérale, chiffon rouge qui provoque l’opposition des principaux intéressés. Il porte néanmoins dans son discours quelques lignes directrices. Ainsi, sur la permanence des soins – soit le travail en soirée, de nuit ou le week-end, qui repose aujourd’hui fortement sur l’hôpital –, « la pénibilité doit être partagée avec la ville », soutient-il, évoquant la médecine générale, mais aussi les spécialistes et les cliniques. Il apparaît néanmoins peu enclin à la contrainte : « forcer, ça ne marche pas », juge-t-il à propos de la coercition à l’installation des médecins dans les territoires sous-dotés, défendue par certains parlementaires.

Calendrier complexe

Un principe devra dominer cette grande concertation : « l’éthique », promet François Braun, qui annonce la création d’un « comité de sages » de quatre personnes pour y veiller. « Si on ne redonne pas du sens au métier, on va pouvoir faire des pansements, mais on ne soignera pas le fond du problème », estime-t-il.

Reste un calendrier complexe dans lequel il va devoir manœuvrer, avec la question centrale des moyens : l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale au Parlement à l’automne va être ainsi bouclé dans ses grandes lignes bien avant la fin des états généraux. « C’est toute la difficulté de l’agenda », reconnaît-il. S’il prévoit d’intégrer dans ce budget les éléments de la concertation « qui vont faire consensus assez rapidement », il espère bien des « marges » et « les moyens de la politique qu’on veut conduire ».

Camille Stromboni

AccueilHôpitalUrgences

Été de tous les dangers pour les premiers pas de ministre de la Santé du Dr Braun 

PAR 

VÉRONIQUE HUNSINGER – 

PUBLIÉ LE 12/08/21

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François Braun dans son bureau au ministère de la Santé, le 11 juillet dernier.

François Braun dans son bureau au ministère de la Santé, le 11 juillet dernier. 
Crédit photo : JOEL SAGET/AFP

Canicule et monkeypox mais aussi urgences, maternités et autres services de gériatrie en tension : c’est au cours d’un été où la vigilance n’aura jamais été aussi nécessaire à tous les étages de l’Avenue de Ségur que le Dr François Braun a pris possession de son bureau au 7e. Nommé ministre de la Santé et de la Prévention, à la surprise générale, le 4 juillet dernier, l’urgentiste s’est jeté dans le bain en gardant la méthode qui avait été la sienne lorsqu’il conseillait Emmanuel Macron pour son programme présidentiel : recevoir à tour de rôle tous les représentants du système de santé et surtout effectuer des déplacements sur le terrain en région. Au rythme d’un par semaine tout l’été.

Hier, jeudi, il était à la maison de santé pluridisciplinaire (MSP) de Longwy en Meurthe-et-Moselle. La semaine précédente, il s’était rendu aux urgences adultes et pédiatriques du CHU de Nantes puis au service d’accès aux soins (SAS), un dispositif dont il a lui-même été pionnier. C’est aux urgences également, au CHU de Saint-Étienne dans la Loire, qu’il rencontrait les soignants fin juillet. Auparavant, il avait déjà visité le centre de soins non programmés de Provins en Seine-et-Marne et les urgences et la maternité de Fontainebleau après un saut à la maison universitaire de santé et de soins primaires (MUSSP) de Chenôve en Cote d’Or et au SAS de Dijon.

Agenda bien rempli

Le reste de son agenda a également été bien rempli, sans désemparer. Cette semaine, par exemple, il a enchaîné les rendez-vous avec la Pr Geneviève Chêne, directrice générale de Santé publique France, la Dr Christelle Ratignier, présidente de l’ANSM, Yaël Thomas,président de l’Anemf, les représentants de Sud Santé sociaux et de la CFDT santé sociaux et aussi le Dr Philippe Cuq, président de l’Union des chirurgiens de France, et le Dr Philippe Vermesch, président du SML, ou encore le Pr Olivier Saint-Lary, président du Collège national des généralistes enseignants. Pour l’heure, aucune annonce concrète n’est sortie de ces entrevues. Mais François Braun « a semblé l’écoute et ouvert à la discussion, donnant ainsi l’espoir de voir les choses avancer sur les points de vigilance », a, notamment, estimé le syndicat Jeunes médecins, à la sortie de son rendez-vous, en fin de semaine dernière.

Mercredi matin au micro de RTL, le Dr Braun, interrogé sur son nouveau rôle, a répondu : « c’est passionnant d’être de l’autre côté du miroir, on voit les choses sous un autre prisme ». Quelques minutes auparavant, il avait reconnu la fermeture totale actuellement de huit services d’urgences. Beaucoup moins cependant que ce que Samu-Urgences de France, l’organisation qu’il avait présidée avant qu’il ne devienne ministre, avait documenté une semaine plus tôt.

Défendre son budget

Pour la suite, le ministre débutant ne devrait s’accorder qu’une très courte pause estivale. Il passera « simplement quelques jours en famille dans les Alpes » a fait savoir son cabinet à l’AFP. En effet, la rentrée va commencer sur les chapeaux de roues. La conférence des parties prenantes annoncée par Emmanuel Macron devrait se tenir dès septembre, tandis que se prépare le premier projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) du nouveau quinquennat.

Défendre son budget – en coulisses face aux autres ministres dont chacun veut sa part du gâteau puis à l’automne devant le Parlement – sera le premier exercice purement politique de l’ancien chef du service des urgences du CH de Metz. Il s’est déjà fait asticoté lors d’une audition devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale le 2 août. Mais il peut, sans aucun doute, compter sur les rapporteurs de la majorité, députés déjà rompus à la pratique du budget de la Sécu. La commission a désigné, début août, la rhumatologue orléanaise Stéphanie Rist comme rapporteure générale. Il reste que le job est totalement inédit pour lui. Et il a bien prévu de s’y préparer dès à présent, confie son entourage

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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