Une loi pour le pouvoir d’achat dont le résultat sera une perte réelle en raison d’une inflation en moyenne non compensée par les salaires

En 2022, les salaires augmenteront moins vite que l’inflation

Une étude indique qu’ils devraient progresser de 3,1 % en moyenne cette année et de 3,3 % en 2023. 

Par Béatrice MadelinePublié aujourd’hui à 19h18  

Temps de Lecture 2 min. 

https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/08/01/en-2022-les-salaires-augmenteront-moins-vite-que-l-inflation_6136866_3234.html

Dans un café à Plouezoc'h (Finistère), le 25 mai 2022.
Dans un café à Plouezoc’h (Finistère), le 25 mai 2022.  FRED TANNEAU / AFP

Face à l’inflation, qui a atteint 6,1 % fin juillet en France, et plus encore face aux difficultés de recrutement, les entreprises vont-elles lâcher du lest sur les salaires ? Selon le groupe WTW (Willis Towers Watson, ex-Gras Savoye), qui a réalisé sa traditionnelle enquête mondiale sur les rémunérations, les hausses de salaire accordées par les entreprises françaises devraient s’établir en moyenne à 3,1 % en 2022. Un chiffre nettement inférieur à celui de la hausse des prix, mais qui reste en progression significative par rapport à la tendance de ces dernières années. De 2010 à 2019, les augmentations moyennes n’ont pas dépassé 2,5 % par an, tandis que 2020, l’année du Covid-19, a même vu le chiffre tomber à 2 %.

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En 2023, les entreprises pourraient consentir des hausses de 3,3 % en moyenne, selon l’enquête. « Ce chiffre pourrait même être revu à la hausse à la rentrée, compte tenu des anticipations d’inflation, et atteindre 3,5 %, ce qui serait du jamais-vu depuis 1985 », souligne Khalil Ait-Mouloud, directeur de l’activité enquête de rémunération chez WTW.

Plus avares

La moyenne de 3,1 % pour cette année recouvre bien entendu des disparités en fonction des secteurs d’activité, des métiers et des niveaux de poste. Les salaires augmentent ainsi beaucoup plus vite pour les professionnels du numérique, de la data et de la cybersécurité. Pour le reste, le secteur de la finance, des nouvelles technologies (et particulièrement les activités touchant les semi-conducteurs) et les fintech se placent« en haut de la fourchette » en matière de générosité salariale.

Si les entreprises consentent à faire un effort, ce n’est pas seulement pour préserver le pouvoir d’achat de leurs collaborateurs, mais aussi pour parvenir à recruter

A l’inverse, la banque de détail, l’agroalimentaire, le tourisme et l’hébergement-restauration se sont montrés plus avares. En termes de types de poste, ce sont les manageurs et les cadres qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu, avec des coups de pouce de 3,1 % à 3,2 % sur leur fiche de paie, tandis que les ouvriers et les agents de maîtrise se contentent de 2,9 % à 3 %. A noter que les salariés français s’en sortent moins bien que leurs voisins européens, où les hausses anticipées de rémunération sont plus élevées : pour 2023, elles s’établissent à 4 % au Royaume-Uni, 3,8 % en Allemagne et 3,6 % en Espagne. Il est vrai que l’inflation y est bien plus forte. En juillet, la hausse des prix sur douze mois a atteint 9,4 % au Royaume-Uni, 8,5 % en Allemagne et 10,6 % en Espagne.

Si les entreprises consentent à faire un effort, ce n’est pas seulement pour préserver le pouvoir d’achat de leurs collaborateurs, mis à mal par la hausse des prix à la consommation, mais aussi pour parvenir à recruter. Les tensions sur le marché du travail sont citées, au même titre que l’inflation, parmi les raisons qui les poussent à augmenter les rémunérations, particulièrement dans les fonctions les plus recherchées sur le marché du travail : les métiers du numérique, les cadres ou les commerciaux, par exemple. « La corrélation entre les pénuries de main-d’œuvre et les hausses de salaire prévues est plus importante que la corrélation avec le rythme d’inflation », souligne M. Ait-Mouloud. « D’autant que de plus en plus de salariés sont tentés par des aventures professionnelles différentes et que certaines compétences sont moins disponibles sur le marché du travail. »

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Les salariés, quant à eux, s’attachent de plus en plus à d’autres éléments que le salaire dans leur recherche de poste. Parmi les points les plus scrutés de l’offre d’emploi, « la couverture santé, le bien-être personnel et la flexibilité des conditions de travail – ce qui englobe le télétravail –, et l’engagement sociétal et environnemental de l’entreprise ». Des demandes qui s’expriment, il est vrai, dans un contexte favorable : la dégradation de la conjoncture ne s’est pas encore traduite par une remontée du chômage, qui touche 8 % de la population active.

Béatrice Madeline

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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