Le rachat des RTT: « un cheval de Troie de la régression sociale »

Rachat de RTT : des élus, experts et syndicalistes dénoncent « un cheval de Troie de la régression sociale »

Dans une tribune publiée par le « Journal du dimanche », seize personnalités estiment que le rachat des jours de RTT par les entreprises « porte un coup sans précédent aux 35 heures ».

Le Monde avec AFP

Aujourd’hui à 01h09, mis à jour à 08h40.Lecture 1 min.

Seize personnalités, parmi lesquelles les écologistes Yannick Jadot et Eric Piolle, considèrent la possibilité pour les entreprises de racheter aux salariés les jours de RTT, adoptée le 22 juillet à l’Assemblée, comme « un cheval de Troie de la régression sociale ». Dans une tribune publiée samedi 30 juillet sur le site Internet du JDD, ils estiment que cette mesure, une proposition des députés LR dans le cadre du projet de loi de finances rectificatives, « porte un coup sans précédent aux 35 heures ».

Comme la gauche à l’Assemblée, ils fustigent une disposition qui « sert surtout à éviter de traiter le vrai sujet du pouvoir d’achat : les augmentations de salaire ». Ces personnalités, parmi lesquelles figurent des représentants syndicaux de la CFE-CGC et de la CFDT Cadres, y voient « un puissant levier pour l’employeur, lui permettant de refuser l’attribution de jours de repos en arguant du paiement de ceux-ci, face à un salarié tiraillé entre son besoin de repos et l’amélioration de son pouvoir d’achat ».

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Une « amélioration relative au demeurant, car proposer de payer des RTT majorées à 10 % plutôt que des heures supplémentaires majorées à 25 %, c’est offrir de “travailler beaucoup plus pour gagner peu” », écrivent-ils.

Affaiblissement de la protection sociale

Le dispositif de réduction du temps de travail (RTT) alloue des journées ou demi-journées de repos aux salariés dont le temps de travail est supérieur à 35 heures par semaine, qui disparaissent actuellement si elles ne sont pas prises. Le rachat n’est possible que par accord d’entreprise, ou de branche, ou dans des cas précis.

De plus, « la possibilité “encadrée” de monétisation est soumise à cotisations, contribuant ainsi au financement de la protection sociale. La nouvelle disposition, elle, exonère l’employeur du versement de cotisations patronales, ce qui affaiblit ce financement », soulignent-ils.

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Les projets de loi sur le pouvoir d’achat et de budget rectifié ont donné lieu à des débats acharnés entre la majorité et les oppositions à l’Assemblée. En particulier entre le gouvernement et les élus de gauche, les deux parties ayant des visions économiques diamétralement opposées sur la façon de redonner du pouvoir d’achat aux Français face une forte inflation.

Les sénateurs se lanceront lundi dans le budget rectificatif pour 2022, avec un débat sur une possible taxe sur les « superprofits » qui s’annonce houleux.

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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