Le lanceur d’alerte à l’origine des « Panama Papers » sort du silence : « Ce sont les sociétés-écrans qui financent l’armée russe »
« John Doe », à l’origine de la fuite de données, s’explique, plus de six ans après, et lève le voile sur ses motivations. Il met en garde contre la prolifération des sociétés-écrans et l’usage qu’en font les régimes autoritaires.
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Il a gardé le silence six ans durant. Mais aujourd’hui, l’homme à l’origine des révélations des « Panama Papers » de 2016, l’un des plus grands scandales financiers de l’histoire, a décidé de parler. Sans sortir de l’anonymat pour des raisons de sécurité personnelle, celui qui se fait appeler « John Doe » (l’équivalent, en anglais, de « Monsieur X ») et se présente comme un lanceur d’alerte, a accordé un entretien exclusif aux deux journalistes allemands, Bastian Obermayer et Frederik Obermaier, qui travaillaient à la Süddeutsche Zeitung lorsque l’enquête est parue et qui sont désormais à la tête de Paper Trail Media, un média d’investigation associé à l’hebdomadaire Spiegel.Lire aussi « Panama Papers » : cinq ans après, des milliards récupérés et plusieurs condamnations
C’est à eux que John Doe avait transmis les données confidentielles qui avaient servi de base aux « Panama Papers », une fuite d’informations géante issue d’un cabinet d’avocats du Panama, spécialisé dans la création de sociétés offshore pour des grandes fortunes, des responsables politiques corrompus, des fraudeurs fiscaux et des réseaux criminels.
Ces données avaient ensuite été partagées avec 107 médias du monde entier – dont Le Monde –, coordonnés par un consortium de journalisme d’investigation, l’ICIJ, et avaient abouti à une enquête journalistique collaborative d’envergure mondiale qui avait révélé l’ampleur de la dissimulation de capitaux dans les paradis fiscaux et du manque à gagner pour les Etats.
Les « Panama Papers » avaient provoqué une onde de choc mondiale, entre manifestations monstres dans les rues de Londres et Reykjavik, démission de hauts responsables politiques (dont l’ex-premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson), ouverture d’enquêtes judiciaires et fiscales dans le monde entier… Plus de 1,3 milliard de dollars (1,15 milliard d’euros) de recettes fiscales ont été récupérés à ce jour par les pays du monde entier, dont 126 millions d’euros en France. Le compteur tourne encore.
Jusqu’ici, le mystérieux John Doe ne s’était exprimé publiquement qu’à une seule occasion, dans un manifeste publié un mois après les « Panama Papers », appelant à lutter contre les inégalités dans le monde. Mais dans l’entretien qu’il accorde à nos confrères allemands, conduit il y a quelques semaines au moyen d’une connexion Internet et d’un logiciel de cryptage, la source des « Panama Papers » lève le voile sur ses motivations profondes. Dans un monde en proie à « l’instabilité », il met en garde contre la prolifération des sociétés-écrans et l’usage qu’en font les régimes autoritaires : ce sont elles qui « financent l’armée russe et tuent des civils innocents en Ukraine », déclare-t-il notamment. Inquiet des risques qu’il encourt pour avoir révélé les secrets « d’organisations criminelles internationales, dont certaines liées à des gouvernements », John Doe affirme qu’il attendra « d’être sur son lit de mort pour [se] dévoiler ».
Comment allez-vous ? Êtes-vous en sécurité ?
Je suis en sécurité, pour autant que je sache. Nous vivons dans un monde dangereux, et cela me pèse parfois. Mais dans l’ensemble, je m’en sors plutôt bien et je me considère comme très chanceux.
Vous êtes resté muet pendant six ans. N’avez-vous pas été tenté de révéler que c’est vous qui aviez rendu publiques les opérations offshore secrètes de chefs d’Etat et de gouvernement, de cartels de la drogue et de criminels ?
Je suis souvent travaillé par l’idée d’être reconnu pour mes actions, comme beaucoup de gens. Mais la célébrité n’a jamais fait partie de l’équation. Au moment de l’affaire, ma seule préoccupation a été de rester en vie assez longtemps pour que quelqu’un puisse raconter l’histoire. Prendre la décision de compiler les données dont je disposais sur Mossack Fonseca [le cabinet d’avocats dont provient la fuite de données] pouvait sembler suicidaire, mais je me devais de le faire.Lire aussi l’éditorial : Relancer la lutte contre la finance offshore
Qu’aviez-vous en tête lorsque vous avez contacté la « Süddeutsche Zeitung » pour partager ces données ?
Je n’avais absolument aucune idée de ce qui se passerait ou même si vous répondriez. J’avais contacté de nombreux journalistes qui n’étaient pas intéressés, notamment au New York Times et au Wall Street Journal. WikiLeaks, pour sa part, n’a même pas pris la peine de répondre lorsque je l’ai contacté.
Les médias coordonnés par le consortium ICIJ ont commencé à publier les « Panama Papers » le 3 avril 2016. Vous souvenez-vous de ce jour-là ?
Je me souviens d’un dimanche comme les autres. J’étais allé manger avec des amis. J’ai été stupéfait d’apprendre qu’Edward Snowden avait poussé le projet au premier plan, en en parlant sur Twitter.
Le lanceur d’alerte de la NSA, qui vit en exil en Russie, avait eu vent des « Panama Papers » avant même leur publication et avait estimé sur Twitter qu’il s’agissait de la « plus grande fuite de l’histoire du journalisme de données »…
Je me rappelle avoir vu les messages défiler par milliers sur les réseaux sociaux. Je n’avais jamais rien vu de tel. Une véritable bombe médiatique. Les amis avec qui j’étais n’ont pas tardé à en parler. J’ai pris sur moi pour faire comme si j’en entendais parler pour la première fois.Lire aussi Article réservé à nos abonnés Paradis fiscaux : ce qu’ont changé dix ans de révélations
De nombreux experts comparent les « Panama Papers » au Watergate, dont la source la plus importante était Mark Felt, le directeur adjoint du FBI. Celui qui se faisait appeler « Gorge Profonde » a fini par révéler son identité, trente-trois ans après le scandale…
J’ai souvent pensé à Mark Felt et aux types de risques auxquels il a été confronté. Mon profil est légèrement différent du sien. Il est probable que j’attende d’être sur mon lit de mort pour me dévoiler.
Pourquoi donc ?
Les « Panama Papers » impliquent un si grand nombre d’organisations criminelles internationales, dont certaines liées à des gouvernements, qu’il semble impossible d’apparaître au grand jour en toute sécurité. Felt devait surtout s’inquiéter de Richard Nixon et de ses acolytes, et Nixon a démissionné un peu plus de deux ans après le cambriolage, ce qui l’a privé de tout pouvoir. Mais en ce qui me concerne, il est probable que, même dans cinquante ans, certaines des organisations qui m’inquiètent seront encore là.Lire aussi : Fraude fiscale : la coopération entre Etats monte en puissance
Avez-vous parlé à qui que ce soit de votre contribution aux « Panama Papers » ?
Après la sortie de l’enquête, je n’en ai parlé qu’à quelques personnes qui me sont proches.
Après six ans de silence, pourquoi en parler maintenant ?
J’ai été tenté de prendre la parole à plusieurs reprises ces dernières années, lorsqu’il m’a semblé que le monde se rapprochait de plus en plus de la catastrophe et que la nécessité d’intervenir me paraissait de plus en plus urgente. Mais j’ai dû tenir compte de plusieurs paramètres.
A quoi faites-vous référence ?
Je pense tout d’abord, bien sûr, à ma sécurité physique et à celle de ma famille. Ensuite, comme le monde est grand, de multiples voix tentent de se faire entendre, ce qui produit de la cacophonie. Je voulais que mes mots soient porteurs de sens, qu’ils ne soient pas chassés par un énième tweet de Donald Trump. En 2016, j’ai exprimé [dans un manifeste, « La révolution sera numérique »] ma crainte « qu’une violente instabilité nous guette au coin de la rue ». Je crains que cette instabilité ne soit arrivée.
De quel genre d’instabilité parlez-vous ?
De la montée du fascisme et de l’autoritarisme dans le monde, de la Chine à la Russie, du Brésil aux Philippines, mais surtout maintenant aux Etats-Unis. L’Amérique a commis de terribles erreurs par le passé, mais elle a servi de force d’équilibre contre les pires régimes, quand cela s’est avéré nécessaire. Cet équilibre a cessé d’exister.
Les paradis fiscaux semblent être d’une importance cruciale pour les hommes forts des régimes autocratiques…
Poutine est plus menaçant pour les Etats-Unis qu’Hitler ne l’a jamais été, et les sociétés-écrans sont ses meilleures alliées. Ce sont elles qui financent l’armée russe et tuent des civils innocents en Ukraine, tandis que les missiles de Poutine visent les centres commerciaux. Ce sont ces mêmes sociétés qui masquent les conglomérats chinois et tuent les mineurs de cobalt au Congo. Elles rendent possibles ces horreurs, et bien d’autres, en supprimant toute responsabilité envers la société. Or, sans responsabilité, la société ne peut pas fonctionner.
Les « Panama Papers » prouvent toute leur pertinence, avec l’agression russe en Ukraine. Ainsi, l’un des plus anciens et plus proches amis de Vladimir Poutine, Sergueï Roldouguine, a été placé sous sanctions, fin février. Le fondement de ces sanctions se trouve dans cette fuite de données, montrant que Roldouguine semble avoir agi en tant que mandataire de Poutine et possède des milliards, du moins sur le papier. Êtes-vous satisfait de la tournure des événements ? J’ai été ravi de voir Roldouguine sanctionné. Je pense que c’est une excellente chose.
Craignez-vous que la Russie cherche à se venger ?
C’est un risque avec lequel je vis, car le gouvernement russe a fait savoir qu’il voulait ma mort. Avant que son audience ne soit restreinte en raison de l’attaque russe contre l’Ukraine, la chaîne de télévision Russia Today a diffusé un « docufiction » en deux parties sur les « Panama Papers », présentant un John Doe souffrant d’un traumatisme crânien provoqué par la torture, pendant le générique d’introduction, après quoi un bateau de dessin animé naviguait dans la mare de son sang, comme s’il s’agissait du canal de Panama.
En plus d’être bizarre et de mauvais goût, ce n’était pas très subtil. On a vu des personnes liées à des comptes offshore et à la thématique de la justice fiscale recourir au meurtre, comme dans les cas dramatiques de [la journaliste maltaise]Daphne Caruana Galizia et de [son confrère slovaque] Ján Kuciak. Leur mort m’a profondément marqué, et je demande à l’Union européenne de rendre justice à Daphne, Ján et à leurs familles. Il faut faire respecter l’Etat de droit à Malte, où Mossack Fonseca avait pignon sur rue.
En 2017, la police fédérale allemande a obtenu une grosse masse de documents de Mossack Fonseca, provenant d’une source anonyme…
Oui, c’était moi. Dès le début, j’étais disposé à travailler avec les autorités gouvernementales, car il me semblait évident que des poursuites devaient être engagées pour les crimes révélés par les « Panama Papers ». Plus que tout autre, le gouvernement allemand m’a assuré qu’il veillerait à ma sécurité et à celle de ma famille ; et au bout d’un certain temps, nous avons réussi à trouver un compromis acceptable. Malheureusement, le gouvernement allemand a enfreint ses engagements peu après et, de mon point de vue, a mis ma sécurité en péril. Hélas, je ne recommanderais pas de se fier aux garanties apportées par l’Etat allemand.
Pourquoi ce mécontentement envers la police fédérale allemande ? Selon les médias, vous avez perçu 5 millions d’euros pour avoir transmis ces données…
Pour trois raisons majeures. Tout d’abord, une fois que la police fédérale allemande a obtenu les données, j’ai été livré à moi-même, sans protection d’aucune sorte. Or la menace sur ma sécurité n’a pas diminué, elle s’est même accrue. Peu de temps après, un meurtre lié au FSB [les services de renseignement russes] a été commis en plein jour à Berlin. Cela aurait pu être moi. Ensuite, le gouvernement allemand n’a pas réellement respecté l’arrangement financier dont nous étions convenus. Enfin, la police fédérale a refusé à plusieurs reprises d’analyser davantage de données sur le monde offshore, au-delà des « Panama Papers », ce qui est choquant.
Donc, vous ne pensez pas que les autorités allemandes en ont fait assez pour assurer votre sécurité ?
Je veux être juste envers elles. Elles ont offert un petit degré de protection, mais c’est le genre de situation où il suffit d’une seule erreur pour aboutir à un résultat désastreux et irréversible. Si le gouvernement allemand avait vraiment apprécié l’importance des « Panama Papers », je suis convaincu qu’il en serait allé différemment.
Qu’attendiez-vous exactement de l’Office fédéral allemand de police criminelle ? Un programme de protection des témoins ? Une nouvelle identité ? Plus d’argent ?
Je peux seulement dire qu’ils n’ont pas respecté les accords financiers que nous avions conclus.
La police allemande a partagé les données de Mossack Fonseca avec des dizaines de pays, mais elle les a limitées aux données sur les ressortissants de leur pays. Or, dans cette logique, les données sur les oligarques ne peuvent être partagées qu’avec les autorités russes, sauf enquêtes pénales dans d’autres pays. C’est une situation absurde, ces personnes ayant récemment été sanctionnées en réponse à l’invasion russe de l’Ukraine…
Malheureusement, les gouvernements allemand et américain n’ont pas manifesté un grand intérêt pour les « Panama Papers ». Au lieu de cela, ils se concentrent sur les yachts. Franchement, au-delà de leur valeur symbolique, ils n’ont pas beaucoup d’importance. Ce sont les sociétés offshore et les trusts qui comptent. Les sanctions sont un outil important, mais il en existe d’autres. Par exemple, les Etats-Unis pourraient mener des perquisitions dans les bureaux de certaines sociétés offshore sur le sol américain, pour faire comprendre que ce type de pratique n’est plus acceptable. Ce serait facile pour eux. Mais cela n’est pas arrivé.Lire aussi Article réservé à nos abonnés Guerre en Ukraine : la traque des oligarques russes commence par la saisie de yachts de luxe
L’élite russe a pour habitude de masquer la détention de villas de luxe, yachts, jets et autres actifs au moyen de montages offshore complexes. Comment y mettre fin ?
Le monde occidental a longtemps perçu Vladimir Poutine comme un élément gênant, qu’il était possible de contrôler par le biais de l’économie. De toute évidence, cela n’a pas fonctionné. Il faudrait un effort hors norme, une sorte de « projet Manhattan » des temps modernes [le nom de code du projet qui a abouti à la fabrication de l’arme atomique], dont l’objectif serait de démêler les secrets du monde offshore. Il est certain que la capacité de traitement informatique pour y parvenir existe. La question est de savoir si la volonté politique, elle, existe. Jusqu’à présent, je n’en ai pas vu la preuve.
Pourquoi n’y a-t-il pas eu encore de grand lanceur d’alerte russe ?
Pour devenir lanceur d’alerte, il ne faut pas seulement une certaine dose de courage, mais aussi un certain degré de liberté. Il faut que quelqu’un soit là pour écouter et qu’il y ait une volonté de changer les choses. Or, non seulement Poutine assassine et emprisonne les courageux, mais il est très difficile de trouver ce genre de liberté dans un pays comme la Russie.
Edward Snowden est piégé en Russie. Même s’il critique le gouvernement de Poutine, qu’il juge corrompu, il ne peut pas quitter le pays, car il risquerait d’être jugé aux Etats-Unis.
Snowden n’est qu’une pièce du puzzle, dans la guerre de l’information que mène la Russie contre les Etats-Unis depuis la majeure partie du siècle dernier. Si les services de renseignement américains disposent de preuves contre lui, ils doivent les exposer au grand jour. Mais si ce n’est pas le cas, le président Biden doit le gracier et l’accueillir chez lui. C’est aussi simple que cela.Lire aussi Article réservé à nos abonnés Révélations Snowden : Edward Snowden, informaticien surdoué et patriote américain déçu
Êtes-vous satisfait de l’impact des « Panama Papers » ?
J’en reste stupéfait. Ce que l’ICIJ a accompli est sans précédent, et je suis extrêmement heureux, et même fier, que des réformes majeures aient eu lieu à la suite des « Panama Papers ». Les collaborations journalistiques de même ampleur qui se sont lancées après coup sont également une grande avancée. Malheureusement, ce n’est pas suffisant. Je n’ai jamais pensé que la publication des données d’un cabinet d’avocats résoudrait définitivement la corruption mondiale, et encore moins qu’elle changerait la nature humaine. Les hommes politiques doivent agir. Nous avons besoin de registres d’entreprises accessibles au public dans toutes les juridictions, des îles Vierges britanniques à Anguilla, en passant par les Seychelles, l’île de Labuan et le Delaware. Maintenant. Et si vous entendez des voix contre, ce sont celles de politiciens qui doivent être limogés.
Depuis 2016, des milliers d’histoires de « Panama Papers » ont été publiées. Y en a-t-il, selon vous, que le monde a encore besoin de voir ?
Il y a tellement d’histoires qui restent à raconter. Celle qui me vient à l’esprit est celle d’un trust probablement créé pour un cartel de la drogue par une société de conseil colombienne, dans lequel une grande banque américaine a autorisé l’utilisation directe de son compte de correspondant bancaire pour une banque au Panama. Les noms des bénéficiaires étaient tapés sur des chèques avec une machine à écrire. Qualifier cet arrangement « d’inhabituel » serait un euphémisme.Lire aussi Ce que les « révélations Snowden » ont changé depuis 2013
Edward Snowden a un jour cité votre cas comme le scénario idéal pour un lanceur d’alerte : vous avez créé un fort impact et vous êtes toujours inconnu et libre. Est-ce ainsi que vous voyez votre rôle ?
J’ai eu une chance incroyable que tout se soit passé aussi bien, même si rien n’est parfait. Le fait de rester inconnu a eu l’avantage évident de me garder en relative sécurité, mais cela a eu un coût, car je n’ai pas été en mesure de conserver l’attention de l’opinion publique, comme Edward Snowden l’a fait pour les révélations sur les écoutes de la NSA. Bien sûr, il l’a payé de sa liberté. Il y a toujours des compromis à faire.
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Que vous a appris cette fuite de données sur le statut de lanceur d’alerte ?
Mon cas montre qu’il est possible, même si c’est rare, de changer les choses, tout en maintenant une vie agréable. Mais garder une longueur d’avance nécessite énormément de travail et beaucoup de chance.
Quel conseil donneriez-vous à de potentiels lanceurs d’alerte ?
Dire la vérité sur des sujets sensibles n’est jamais chose aisée. Il faut savoir garder la tête froide. Que vous vous adressiez à des journalistes ou à des services gouvernementaux, il faut vous attendre à ce que tout aille très lentement. Il est important de souffler de temps à autre et de trouver d’autres sujets de préoccupation.
Si c’était à refaire, le referiez-vous ?
Sans l’ombre d’une hésitation.
Frederik Obermaier(« Der Spiegel »), Bastian Obermayer(« Der Spiegel »), Jérémie Baruch(adaptation et traduction) et Anne Michel(adaptation et traduction)