Covid: augmentation des réinfections dans les prochaines semaines

Covid-19 : ce que l’on sait des réinfections en 5 questions

Santé publique France observe de plus en plus de cas de réinfection, et s’attend à une augmentation dans les prochaines semaines.

Par  et Publié hier à 14h48, mis à jour à 10h24 

Temps de Lecture 4 min.

https://www.lemonde.fr/sante/article/2022/07/13/covid-19-ce-que-l-on-sait-des-reinfections-en-5-questions_6134644_1651302.html?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#Echobox=1657717286

Le nombre de personnes diagnostiquées positives au SARS-CoV-2 sur une période de sept jours est passé de moins de 200 cas pour 100 000 habitants, le 28 mai, à 1 344, le 9 juillet, d’après les indicateurs issus du fichier spécialisé SI-Dep (système d’information de dépistage), qui recense les résultats des tests virologiques. Une hausse dont on peine à mesurer l’ampleur réelle, le recours au dépistage n’étant plus vraiment systématique.

Les réinfections sont de plus en plus fréquentes

Proportion des cas possibles de réinfection rapportés à l’ensemble des cas de Covid-19, par semaine. Les points sont positionnés au lundi de la semaine correspondante. Ces données n’incluent pas les réinfections survenues après un premier épisode en 2020.mai 2021sept. 2021janv. 2022mai 20225 %10 %15 %20 %

Source : Santé publique France

Santé publique France (SPF) a repéré, parmi les personnes ayant été infectées pour la première fois entre le 1er janvier 2021 et le 24 avril 2022 inclus, un peu plus de 1,1 million de cas possibles de réinfection. Selon un rapport publié par l’agence, au moins 12 % des personnes diagnostiquées positives au Covid-19 pendant la semaine du 6 au 12 juin avaient ainsi déjà effectué un test les ayant déclarées comme porteuses du SARS-CoV-2 dans le passé. Eléments d’explications.

1 – A quoi ces données correspondent-elles ?

Les autorités françaises considèrent comme une « réinfection possible » les personnes déclarées positives au moins deux fois à au moins deux mois d’intervalle. Il faut garder en tête que les données concernant les réinfections demeurent des estimations partielles, avec plusieurs limites :

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  • ces estimations supposent que les personnes concernées aient effectué un dépistage à l’occasion de chacun des épisodes d’infection, ce qui est de moins en moins le cas ; les Français, lassés, se testent moins et usent plus d’autotests, dont les résultats de sont pas reportés dans SI-Dep ;
  • les données étudiées par SPF s’arrêtent à la mi-juin 2022 ;
  • elles n’incluent pas les réinfections de personnes contaminées aux premiers jours de l’épidémie, en raison de l’absence de système d’information spécifique avant mai 2020, mais surtout d’une évolution, au début de 2021, de l’étape de pseudonymisationappliquée aux données des patients testés avant leur transmission aux agences de surveillance comme SPF.

2 – Quel lien y a-t-il entre le variant Omicron et cette vague de réinfections ?

Dès l’été 2020, des premiers cas de réinfection ont été décrits par les chercheurs. Leur nombre est longtemps resté assez limité, d’après les différentes estimations. Jusqu’au début de décembre 2021, la proportion de réinfections détectées par SPF parmi l’ensemble des cas confirmés était inférieure à 1 %. Elles n’ont cessé de croître depuis ; une évolution qui coïncide temporellement avec l’arrivée du très transmissible Omicron, caractérisé par un fort « échappement immunitaire », c’est-à-dire sa capacité à contaminer des personnes vaccinées ou ayant déjà été infectées.

L’essentiel des réinfections détectées serait d’ailleurs le fait de ce variant et de ses différents sous-lignages. « Une suspicion de variant Omicron a été retrouvée chez 93,5 % des 246 482 cas possibles de réinfection pour lesquels un résultat de criblage interprétable était disponible pour le second épisode », note SPF.

3 – Qui sont les personnes réinfectées ?

En France, les derniers éléments de profil publiés par SPF datent de mai. Ils montraient à ce moment une surreprésentation des professionnels de santé et des 18-40 ans parmi les cas possibles de réinfection. A l’époque, SPF proposait d’expliquer cette situation, notamment par « une surexposition à l’infection par le SARS-CoV-2, du fait de l’activité professionnelle et/ou d’une moindre adhésion aux mesures barrières et à la distanciation sociale ». Autres facteurs possibles : une couverture vaccinale avec plus de doses de rappel chez les plus âgés et « l’impact de la mortalité toutes causes chez les plus âgés qui diminue de facto la probabilité de constater une réinfection ».

Les indicateurs du Royaume-Uni, plus récents, concordent dans les grandes lignes avec ceux de SPF. Ils relèvent un risque de réinfection plus élevé chez les personnes non vaccinées. Les personnes avec une charge virale faible lors de leur première infection au Covid-19 ont, elles aussi, plus de risques d’être à nouveau touchées.

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4 – Comment la fréquence des réinfections pourrait-elle évoluer ?

A l’étranger, certaines données plus récentes illustrent une augmentation de la fréquence des réinfections – même si elles ne sont pas forcément directement comparables avec les données françaises, notamment en raison de méthodes de calcul divergentes. En Ecosse, un peu moins de 20 % des cas recensés pendant la semaine du 27 juin au 3 juillet correspondraient ainsi à des réinfections (13 % au début de mai). Aux Etats-Unis, dans l’Etat de New York, cette proportion avoisine 15 % sur la même période (11 % au début de mai), d’après le très complet tableau de bord publié par les autorités locales.

En France aussi, plusieurs facteurs pourraient contribuer à une tendance similaire dans les semaines à venir. Le SARS-CoV-2 circule de façon importante, et les gestes de prévention sont peu à peu délaissés. SPF note également la présence des sous-lignages d’Omicron BA.4 et BA.5, désormais majoritaires, et s’attend « à ce que la fréquence des réinfections continue d’augmenter dans les prochaines semaines ».

Notons enfin que la probabilité d’une réinfection est d’autant plus importante que la majorité des Français ont été contaminés au moins une fois. Quelque 32 millions de cas ont été recensés dans SI-Dep. La moitié d’entre eux concernent des épisodes d’infection survenus pendant les trois premiers mois de 2022, en lien avec l’arrivée et la diffusion d’Omicron.Lire aussi :  Covid-19 : pourquoi ne connaît-on pas le nombre de personnes contaminées depuis le début de l’épidémie ?

Cela augmente d’autant le nombre de personnes susceptibles d’être à nouveau déclarées positives au virus : à la mi-juin, 44 % des réinfections possibles concernaient ainsi des personnes infectées pour la première fois en janvier 2022 ou après.

A la mi-juin, de nombreuses réinfections font suite à une première infection survenue aux débuts de la diffusion d’Omicron

Semaine du premier épisode d’infection, pour les 25 934 cas de réinfection possible détectés pendant la semaine du 6 juin 2022. Les points sont positionnés au lundi de la semaine correspondante. Ces données n’incluent pas les réinfections survenues après un premier épisode en 2020. Les annotations rectangulaires indiquent le variant majoritaire (plus de 90 % des cas dans les enquêtes Flash) lors de la période correspondante.janv. 2021mai 2021sept. 2021janv. 2022mai 20227501 5002 250BA.2BA.1DeltaAlpha

Source : Santé publique France

Mais attraper plusieurs fois Omicron en quelques mois reste rare. « La probabilité pour qu’une réinfection survienne actuellement après une première infection par un autre variant (Alpha, Delta ou autre) reste nettement plus élevée », note SPF. Les données de l’agence suggèrent que plus la première infection est ancienne, plus le risque de réinfection est important. Il se stabilise ensuite, passé une période de six mois après la première infection.Lire aussi :  Article réservé à nos abonnés  Covid-19 : une infection par Omicron n’équivaudrait pas à une dose de vaccin

5 – Les réinfections sont-elles graves ?

De premières analyses se veulent plutôt rassurantes. En France, une étude « visant à identifier les facteurs associés à la réinfection par le SARS-CoV-2 (dont le statut vaccinal) et la sévérité des réinfections possibles » est notamment en cours. Les autorités sanitaires françaises ont communiqué de premiers éléments lors du dernier point épidémiologique hebdomadaire organisé par SPF, le 8 juillet, lors duquel l’agence estimait que la majorité des cas étaient bénins, en s’appuyant sur le croisement de différentes bases nationales.

Pour autant, comme le prouvent les dernières études, mieux vaut éviter la contamination et ses conséquences à terme.Lire aussi :  Article réservé à nos abonnés  Complications neurologiques et perte de matière grise : comment le Covid-19 affecte le cerveau

Léa Sanchez et Marie Maison

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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