L’affaire Bouhafs met La France Insoumise (LFI) en difficulté – Mélenchon prend ses distances avec le comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles de LFI.

Affaire Bouhafs : Mélenchon prend ses distances avec le comité contre les violences sexuelles de LFI

Esquive

Par Marianne

Publié le 08/07/2022 à 10:44 https://redir.ownpage.fr/newsletter/6fcbf17a98be422f/eyJzIjoiYmUwNWZkNTIiLCJhciI6Im1hbnVhbF8zIiwidSI6IjhhYTQ4MzMyMDFhNDA4ZThhNWQ3NzZhYzBiODQ0YmJjIiwidXIiOiJodHRwczovL3d3dy5tYXJpYW5uZS5uZXQvcG9saXRpcXVlL21lbGVuY2hvbi9hZmZhaXJlLWJvdWhhZnMtbWVsZW5jaG9uLXByZW5kLXNlcy1kaXN0YW5jZXMtYXZlYy1sZS1jb21pdGUtY29udHJlLWxlcy12aW9sZW5jZXMtc2V4dWVsbGVzLWRlLWxmaT91dG1fc291cmNlPW5sX3F1b3RpZGllbm5lJnV0bV9tZWRpdW09ZW1haWwmdXRtX2NhbXBhaWduPTIwMjIwNzA4Jnh0b3I9RVBSLTEmX29wZT1leUpuZFdsa0lqb2lPR0ZoTkRnek16SXdNV0UwTURobE9HRTFaRGMzTm1Gak1HSTRORFJpWW1NaWZRJTNEJTNEIiwiZyI6IjIxMjQ3NyIsInAiOiIxNCJ9

Dans une interview au journal « Libération », le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon a déploré les difficultés rencontrées par le comité de suivi de son parti pour trancher des cas comme celui de Taha Bouhafs, visé par une enquête interne pour des accusations de violences sexuelles. Le leader insoumis n’a toutefois déroulé aucune piste d’amélioration de cette instance.

Alors que Taha Bouhafs et Éric Coquerel ont été signalés au comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles de La France insoumise (LFI), le parti se retrouve au cœur de critiques sur la gestion en interne des accusations de violences sexuelles. Dans une interview accordée à Libération ce jeudi 7 juillet, Jean-Luc Mélenchon a reconnu que cette instance confidentielle connaissait pour l’heure des limites. « On pensait avoir trouvé la solution en mettant en place ce comité. Mais dans la pratique, on voit bien que ce n’est pas encore satisfaisant (…) Décider de croire la parole des femmes est un choix arbitraire mais nous l’assumons. Mais ça ne peut suffire » a-t-il déploré auprès de nos confrères.

À LIRE AUSSI : Accusé de violences sexuelles, Taha Bouhafs sort du silence et met en cause Clémentine Autain

Face à ce constat, le leader de la Nupes n’a pas été en mesure d’apporter des solutions aux difficultés rencontrées par les Insoumis pour gérer ces accusations… et a renvoyé la patate chaude aux femmes de son parti. « Je ne sais pas ce qu’il faudrait faire pour que ça soit bien. Je fais confiance aux femmes qui animent ce travail��». Citant le cas de Taha Bouhafs, visé par une enquête interne pour des faits de violences sexuelles, Jean-Luc Mélenchon, assume « se heurter à une contradiction », affirmant qu’« on doit pouvoir dire à la personne qui s’est plainte “je te crois” et prendre les mesures nécessaires. Et tenir compte, à l’autre bout, d’un jeune homme de 25 ans qui demande de pouvoir présenter sa défense quand il est condamné à vie à l’infamie ».

SOUTIEN À COQUEREL

Interrogé par Libération sur la plainte déposée contre Éric Coquerel, l’ex-député des Bouches-du-Rhône a ardemment défendu son camarade, affirmant que « les premières enquêtes journalistiques l’ont innocenté ». Une affirmation qui semble inexacte. Rien n’indique à ce stade que les témoignages reçus ces dernières années, notamment par Mediapart, dédouanent le député des Hauts-de-Seine. Dans la version de l’article parue dans l’édition papier de Libération, il était écrit que le « comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles de La France insoumise avait innocenté » Éric Coquerel.

À LIRE AUSSI : « Et alors ? » : la députée insoumise Mathilde Panot en plein naufrage sur l’affaire Taha Bouhafs *

La militante de gauche Sophie Tissier a porté plainte le 4 juillet pour harcèlement sexuel contre le député LFI Éric Coquerel, élu président de la commission des Finances de l’Assemblée. Cette plainte, révélée par Europe 1 et dont l’AFP a pu confirmer le dépôt au commissariat de Vanves (Hauts-de-Seine), dénonce des faits « pouvant s’apparenter à une agression sexuelle » datant du 23 août 2014 à Grenoble.

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Accusation de violences sexuelles: Taha Bouhafs demande une procédure «juste», LFI répond qu’il «pourra être entendu»

Violences sexuelles dossier

Dans une lettre à La France insoumise, le jeune militant de 25 ans regrette qu’il n’y ait eu ni «enquête», ni «confrontation», ni «vérifications» des faits qui lui sont reprochés. Le parti dit ne pas se reconnaitre «dans sa version d’une partie des faits

par Marceau Taburet

publié le 5 juillet 2022 à 13h35

(mis à jour à 19h40)

On l’avait laissé le 10 mai, en pleine tempête. Alors visé par «des attaques sans précédent»Taha Bouhafs annonçait retirer sa candidature aux élections législatives. Depuis deux mois, silence radio. Pas un tweet, pas une prise de parole publique. Son compte Twitter s’était même revêtu de noir. Ce mardi matin, le jeune militant des quartiers populaires, ancien journaliste au Média, sort du silence. «Le scrutin est aujourd’hui derrière nous, c’est donc l’heure de la clarification et de la vérité», explique-t-il.

Dans une longue lettre publiée sur les réseaux sociaux, qu’il adresse à ses «camarades» de La France insoumise, Taha Bouhafs livre sa version des faits et conteste les faits de violences sexuelles qui lui sont reprochés. «Je demande une procédure juste et équitable où le fondamental principe du contradictoire sera respecté», écrit-il. Qualifiant les accusations «d’infondées», il demande de «pouvoir s’en défendre».

Au début du mois de mai, alors que les leaders de gauche fêtaient la naissance de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), La France insoumise recevait un signalement concernant Taha Bouhafs. A 25 ans, il était candidat aux législatives à Vénissieux (Rhône). Le Comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles de LFI confirmait avoir été saisi «d’un témoignage relatant des faits supposés de violences sexuelles reprochées» au jeune homme. L’instance expliquait alors dans un communiqué avoir «confronté l’intéressé aux accusations dont il fait l’objet». Une version aujourd’hui fermement démentie par Taha Bouhafs. «C’est faux. J’ignore ce dont on m’accuse, je n’ai jamais été confronté auxdites accusations», dit-il. Avant de regretter : «Il n’y aura pas d’enquête, pas de vérifications, pas de confrontation. L’affaire est réglée, circulez il n’y a rien à voir».

Les «véritables raisons» de son retrait aux législatives

Dans sa lettre, celui qui a filmé Alexandre Benalla frappant des manifestants place de la Contrescarpe le 1er mai 2018 raconte aussi les coulisses de son retrait. Dans un premier temps, les grandes voix de La France insoumise avaient accrédité l’idée que si Taha Bouhafs renonçait à se présenter, c’était à cause de «la violence des attaques venues de l’extrême droite». Dans un tweet publié le 10 mai, Clémentine Autain, députée LFI de Seine-Saint-Denis, montait au créneau pour défendre «un jeune homme sans diplôme, issu des quartiers populaires et de l’immigration»

Le principal intéressé déclare avoir rencontré Autain dans un café à Paris. Au cours du rendez-vous, l’élue lui aurait demandé «de faire un communiqué pour dire» qu’il retirait sa candidature «à cause des attaques racistes»«J’appuierai cette version publiquement», lui aurait-elle alors promis. Il pose une question : «Pourquoi devrions-nous mentir sur les véritables raisons de mon retrait ?» Bouhafs explique être sorti de ce café «abasourdi»«dans l’incompréhension la plus totale»«en état de choc».

Il regrette que la procédure à son encontre, interne à La France insoumise, ne lui permette «même pas de connaître les faits qui lui sont reprochés». Et demande qu’on lui indique ce dont il est «exactement» accusé. 

LFI répond

Dans un communiqué publié ce mardi soir, la France insoumise dit ne pas se reconnaitre «dans sa version d’une partie des faits». LFI souligne n’avoir pas rendu publics les faits dans un premier temps «pour la raison que les plaignantes souhaitaient garder l’anonymat» et «pour ne pas jeter publiquement une accusation contre un homme sans qu’il puisse se défendre dans une procédure contradictoire».

LFI dit comprendre que «Taha Bouhafs souhaite pouvoir se défendre» mais ne peut pas «lui transmettre les informations envoyées à la cellule», ni organiser une confrontation «car nous respectons la volonté d’anonymat des plaignantes». 

Notre communiqué de presse suite à la lettre de Taha Bouhafs @FranceInsoumisepic.twitter.com/Hvo6zFd0xD— Clémentine Autain (@Clem_Autain) July 5, 2022

Le mouvement précise que «dans le respect du contradictoire, Taha Bouhafs pourra être entendu par nos instances». LFI ajoute poursuivre «]son] travail de conviction auprès des plaignantes pour qu’elles saisissent la justice à laquelle nous ne pouvons nous substituer».

Le mouvement a dû gérer, durant la semaine écoulée, les rumeurs puis l’accusation par l’ex-militante insoumise Sophie Tissier de harcèlement sexuel à l’encontre du député LFI Eric Coquerel. Les Insoumis ont fait bloc pour défendre Eric Coquerel mais une procédure d’enquête interne a été ouverte, tandis que Sophie Tissier a porté plainte devant la justice.

Mise à jour : à 19 h 38, avec la réponse de LFI.

* « Et alors ? »: la députée insoumise Mathilde Panot en plein naufrage sur l’affaire Taha Bouhafs

Malaise TV

Par Jean-Loup Adenor

Publié le 06/07/2022 à 16:00

https://www.marianne.net/politique/melenchon/et-alors-la-deputee-insoumise-mathilde-panot-en-plein-naufrage-sur-laffaire-taha-bouhafs

La présidente du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale a passé un mauvais moment au micro d’Apolline de Malherbe, qui l’a questionnée sur le cas Taha Bouhafs. Privé d’investiture LFI aux dernières législatives, celui-ci a mis en cause mardi les méthodes du mouvement et en particulier de Clémentine Autain.

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Sortez les rames. Interrogée par Apolline de Malherbe sur RMC mercredi 6 juillet, Mathilde Panot de La France insoumise a tenté, vainement, de défendre la méthode employée par son parti pour traiter les accusations de violences sexuelles visant Taha Bouhafs. Dans un communiqué publié mardi 5 juillet, le militant expliquait en effet avoir été poussé à mentir sur les véritables raisons de son éviction des investitures LFI aux législatives.

Selon lui, Clémentine Autain lui aurait demandé « de faire un communiqué pour dire [qu’il retirait sa] candidature à cause des attaques racistes » formulées contre lui sur les réseaux sociaux – et non en raison des accusations de violences sexuelles. « Si tu refuses, c’est nous qui serons obligés de communiquer publiquement contre toi, ce n’est pas dans ton intérêt », aurait alors menacé l’Insoumise, selon le récit de Bouhafs.

ACTUALITÉ DES MARQUES

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Interrogée à ce sujet, Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, a d’abord nié. « Je veux dire avec force que personne ne peut croire que Clémentine Autain veuille maquiller des accusations de violences et d’agressions sexuelles par (sic) des femmes. » Visiblement mal à l’aise, l’élue a ensuite assuré que si les raisons réelles n’avaient pas été données par le parti, c’était uniquement pour respecter les femmes victimes qui ne souhaitaient pas que l’affaire soit rendue publique.

À lire aussi : Derrière le retrait de Taha Bouhafs aux législatives, une accusation de violences sexuelles

Une demi-réponse. Car si Mathilde Panot s’abrite derrière la volonté des victimes présumées de Taha Bouhafs, elle évite, maladroitement, de répondre sur le fond de la question d’Apolline de Malherbe : « Je ne vous interroge pas là-dessus. Est-ce que Clémentine Autain a, oui ou non, suggéré à Taha Bouhafs de dire qu’il se retirait à cause des attaques racistes de la droite et de l’extrême droite ? » Mêmes contorsions de Mathilde Panot : « Nous lui avons dit que nous ne dirions pas publiquement les raisons pour lesquelles il se retirait. »

UN PROCESSUS « IMPARFAIT »

Imperturbable, Apolline de Malherbe relance, tambour battant : « Ça, j’ai bien compris, c’est la première partie de la phrase. Mais est-ce qu’il y a eu une deuxième partie qui était, j’essaie d’imaginer : « Tu devrais par exemple suggérer que tu te retires parce que tu es victime d’attaques racistes ? » Avez-vous prononcé cette phrase ? » Mathilde Panot glisse, puis chute : « Moi ? Non. » La proie est ferrée, Apolline de Malherbe n’a plus qu’à remonter la ligne : « Clémentine Autain a-t-elle prononcé cette phrase ? » Fébrile, Mathilde Panot bafouille : « Je… Non, mais enfin… Je… Je ne sais pas si elle a prononcé cette phrase. ».

« Ce n’est pas maquiller des accusations de violences sexistes et sexuelles que de respecter la demande des plaignantes », réitère-t-elle encore, dans un effort vain pour reprendre la maîtrise de l’interview. « Vous en avez fait un argument politique ? Alors que vous saviez que ce n’était pas pour ça ? », insiste la présentatrice de RMC-BFMTV. « Oui », assume Mathilde Panot, de guerre lasse. Et la députée LFI d’oser : « Et alors ? ». Selon elle, la raison pour laquelle les victimes présumées de Taha Bouhafs ne souhaitaient pas rendre l’affaire publique était « justement parce qu’il était la cible d’attaques racistes ».

À LIRE AUSSI : Taha Bouhafs, un influenceur au service de ses copains politiques

Un raisonnement aberrant que n’hésite pas à attaquer la présentatrice. « Donc on ne peut pas dire qu’il est sexiste parce qu’il serait victime de racisme, on fait une hiérarchie des victimes ? » « Non… non… Vous êtes en train de tout mélanger », ose Mathilde Panot en plein naufrage. Tentant de conclure, elle termine de se saborder : « Même si le processus est imparfait, même si on tâtonne, je suis fière d’être dans un mouvement qui prend au sérieux ces questions-là » Un processus « imparfait », ou insincère ?

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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