Régulation de l’accès aux urgences : il n’y aura pas de « non prise en charge », promet Braun
Par M. J. le 08-07-2022

Qu’ils appellent le 15 ou se présentent directement aux urgences, « les gens seront pris en charge », a assuré François Braun ce vendredi 8 juillet, tout en précisant que la régulation à l’entrée des urgences pourrait perdurer au-delà de l’été.
Invité de France Inter ce vendredi 8 juillet, le nouveau ministre de la Santé, François Braun, a tenu à rassurer les Français, inquiets après les annonces de régulation à l’entrée des urgences cet été. « Il n’y aura pas de non prise en charge. Il y a eu beaucoup de choses fausses qui ont été dites (…). Les gens seront pris en charge. Soit en téléphonant préalablement au Samu, c’est ce qu’on recommande puisque cela va permettre d’orienter les gens vers une prise en charge adaptée. Quand ils vont se présenter aux urgences, ils vont être vus par un personnel paramédical qui va pouvoir les orienter », a-t-il indiqué.
« Si c’est un cas qui nécessite une prise en charge, nous avons nos équipes mobiles de réanimation qui vont les prendre en charge à la porte de l’hôpital pour les soigner et les amener vers l’hôpital », a poursuivi le ministre, qui va réunir les directeurs des ARS dans la journée.
L’obligation d’installation des médecins libéraux : « cela ne marche pas »
La régulation pourrait par ailleurs être prolongée au-delà de l’été, selon François Braun : « Toutes les mesures s’accompagnent d’une évaluation de leur efficacité pendant les trois mois d’été. Nous serons amenés à vérifier l’efficacité de ces mesures. Effectivement, si elles fonctionnent, si ça marche, on les prolongera ».
En parallèle, François Braun réunira la semaine prochaine les représentants des médecins libéraux et hospitaliers« ensemble » pour évoquer la pénurie de personnels soignants. « Il faut arrêter de raisonner en silo. L’hôpital d’un côté, la ville de l’autre », a-t-il martelé. Il s’est enfin dit opposé à l’obligation d’installation des médecins libéraux, estimant que « cela ne marche pas, quand on regarde comment ça fonctionne dans d’autres pays qui l’ont testé ».
[avec AFP]
François Braun : « Il y a un malaise général au niveau de notre système de santé »
Vendredi 8 juillet 2022ÉCOUTER (9 MIN)
L’invité du 7h50
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50
Résumé
François Braun, ministre de la Santé et de la Prévention, est l’invité de 7h50. L’occasion de revenir sur « la mission flash » commandée par Emmanuel Macron pour désengorger les urgences cet été, et le « malaise » du système de santé actuel, avec de nombreux soignants en première ligne.
avec :
François Braun (Ministre de la Santé et de la prévention).
En savoir plus
François Braun, ministre de la Santé et de la Prévention, répondait aux questions de Carine Bécard. L’occasion de faire le point sur la situation dans les hôpitaux qui inquiète les soignants en premier lieu, mais également de nombreux français. Il assure également voir « le malaise général » autour du système de santé actuel, annonce que la pénibilité de nuit sera reconnue et qu’il faut « redonner du sens » au métier de soignant.
Filtrage des services d’urgence cet été
Alors que la situation continue de se dégrader, le ministre de la Santé recommande un filtrage généralisé des services urgences. C’est lui qui a piloté la « mission flash » commandée par Emmanuel Macron pour désengorger les urgences cet été. « Ce filtrage a pour objectif de mieux prendre en charge les patients. De les prendre en charge dans une filière de soin plus adaptée à leur état » explique François Braun. « Les Français comprendront que quand on a une angine, il vaut mieux aller voir son médecin généraliste plutôt que les urgences, pour éviter la surcharge de nos services, et que les gens qui en ont vraiment besoin puissent y accéder » ajoute-t-il.
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L’efficacité de cette mesures, et les autres de la « mission flash » seront évaluées cet été, avec une « vérification de l’efficacité de ces mesures ». « Si ça marche, on les prolongera. » Si ces services d’urgence sont parfois obligés de fermer, c’est parce qu’il manque des médecins, des infirmiers, des aides-soignants. La priorité, c’est aussi de recruter du personnel. « On va essayer, pendant ces trois mois d’été, d’éviter que d’autres personnels soignants continuent à partir. Il faut aussi redonner du sens à notre métier » assure le ministre de la Santé, bien conscient qu’« il y a un malaise général au niveau de notre système de santé ».
La pénibilité de nuit reconnue
Pour ne pas voir plus de soignants partir, et surtout en attirer de nouveaux, François Braun assure « renforcer les moyens » et reconnaitre « la pénibilité de nuit ». « Il faut aussi qu’on redonne du sens à notre métier » dit le médecin urgentiste. Pour cet été, « nous faisons tout ce qu’il faut pour que les prises en charge [à l’hôpital] et la sécurité de nos concitoyens soit maintenue ».
Autre sujet qui va occuper le ministre cet été, l’épidémie de Covid-19, alors que l’épidémie repart à la hausse avec 160.000 nouveaux cas par jour en moyenne. Pour le moment, pas de retour des règles sanitaires comme le port du masque, mais un appel à la vigilance. « Nous avons pris le parti de demander la responsabilité de nos concitoyens plus que la contrainte. Nous sommes à la 7e vague, il y en aura une 8e, une 9e : il faut apprendre à vivre avec ce virus avec les bons gestes. »