L’Observatoire international des prisons (OIP) dresse un constat sévère de l’accès aux soins spécialisés dans les 187 établissements pénitentiaires français.

« Accès aux soins en prison : un état des lieux accablant »

Date de publication : 6 juillet 2022 Le Parisien- La Croix

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C’est ce que titre Le Parisien, qui constate : « Manque de moyens humains, insuffisance d’équipements, violation du secret médical… dans un rapport publié ce mercredi, l’Observatoire international des prisons (OIP) dresse un constat sévère de l’accès aux soins spécialisés dans les 187 établissements pénitentiaires français ».
Lucie Fontaine explique ainsi : « Accès à des consultations d’ophtalmologie, rendez-vous chez le dentiste ou encore dépistage de cancers : pour les personnes détenues en France, le chemin est souvent sinueux. Non sans conséquences pour leur santé. L’OIP dénote l’aggravation des pathologies faute de traitement, et le développement d’addictions, comme celles aux antidouleurs, censées pallier le manque de soins ».
La journaliste rappelle que « depuis 1994, les personnes emprisonnées disposent en théorie des mêmes droits de santé que la population générale. Or, dans les faits, l’accès aux soins spécialisés est souvent critique. En 2021, l’OIP a reçu 917 sollicitations de personnes détenues relatives à la santé, dont près de 200 pour l’accès aux soins spécialisés ».
« En cause, des besoins en personnel, qui, en plus d’être sous-évalués, sont insuffisamment pourvus «faute d’attractivité des postes mais aussi de volontarisme des autorités de santé, dont les priorités vont parfois ailleurs» », 
relève Lucie Fontaine.
Elle évoque en outre « les conditions matérielles difficiles pour les soignants comme pour leurs patients ». La Dr Béatrice Carton, médecin cheffe de l’unité sanitaire de la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy et présidente de l’Association des professionnels de santé exerçant en prison (APSEP), indique ainsi : « Il y a des tas d’endroits où les services sont vétustes, le matériel informatique et les connexions obsolètes ».
Lucie Fontaine note que « chaque unité sanitaire étant dépendante de l’Agence régionale de santé, toutes les personnes détenues ne sont pas logées à la même enseigne ».

La journaliste cite notamment Nora, qui évoque les « conditions de détention de son frère […]. Victime d’une chute de sept étages, il a été opéré dans la foulée ». Elle déclare : « On affirme que c’est pour des raisons de sécurité, mais c’est inhumain de traiter des personnes comme ça. […] Dans le bloc opératoire, les gardiens de la prison étaient présents, cela interroge sur la question de l’hygiène. Pendant toute la durée de l’opération, il était enchaîné et menotté aux pieds ».
Dominique Simonnot, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, remarque pour sa part : « Certains détenus se percent leurs abcès dentaires tout seuls, faute de prise en charge. Parfois les médecins de l’unité sanitaire sont obligés de choisir entre envoyer une femme détenue faire une échographie ou un autre pour diagnostiquer un cancer ».
Lucie Fontaine ajoute que « l’accès aux soins est également mis à mal par des problèmes de coordination interne. […] Consultations menottées, rupture du secret médical… nombreuses sont les raisons qui poussent les personnes détenues à annuler des rendez-vous médicaux ».
La journaliste note qu’Odile Macchi, responsable du pôle enquête de l’Observatoire International des Prisons (OIP) et coordinatrice du rapport, « appelle à sensibiliser les soignants sur le respect du secret médical, trop souvent bafoué. […] Sensibiliser mais également renforcer l’attractivité des postes en détention, améliorer l’accès à des locaux et matériels de qualité et limiter l’annulation des extractions pour raisons médicales sont quelques-unes des recommandations de l’OIP ».
La Croix titre pour sa part : « Prison : la double peine des détenus atteints de maladies chroniques ». Le journal note aussi que l’OIP « dénonce les multiples facteurs rendant l’accès aux soins difficile voire impossible dans les centres de détention. Un problème susceptible d’aggraver les pathologies chroniques des détenus ».
Il souligne que « le manque de personnel médical est la première cause des difficultés d’accès aux soins. Certains patients attendent plusieurs semaines voire plusieurs mois pour une consultation ».
Odile Macchi, responsable du pôle enquête à l’OIP, explique que « les postes budgétés ne sont pas assez importants par rapport aux besoins. Par exemple, la surpopulation carcérale n’est pas prise en compte. De plus, ils ne sont pas tous pourvus à cause d’un manque d’attractivité ».
La responsable déclare qu’« il faut favoriser les suspensions de peine. Elles sont très rarement accordées, seulement quand les personnes sont mourantes ». « Face au manque d’effectifs, elle demande aussi que les centres hospitaliers soient obligés de pourvoir les postes et de développer les incitations à la médecine en détention », ajoute La Croix.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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