Virage à 180° du Dr Pelloux qui après avoir vilipendé les 41 mesures de la mission flash sur les urgences du Dr Braun*, parle de son ami François**. Comprenne qui pourra !

François Braun : enthousiasme en ville, réticences à l’hôpital

Paris, le mardi 5 juillet 2022

https://hubtr.newsletter.jim.fr/clic132/6861/1244477/11?k=8bab0b2f8ddfefe33f1995b118148433

  Hier après-midi, quelques heures après la nomination de François Braun, Brigitte Bourguignon a passé ses pouvoirs à l’urgentiste sous l’œil des caméras.

La ministre sortante a souhaité à son successeur du « courage » et « d’être bien » dans ce ministère de la Santé qu’elle quitte après un mois et demi et une défaite électorale aux législatives face au RN. « C’est ma première, elle est rude », a-t-elle commenté au bord des larmes. Cette « femme du Pas-de-Calais » a insisté sur « le respect de l’accès aux soins pour chaque citoyen, droit qu’il conviendra d’avoir toujours à l’esprit dans les concertations ».

« Tout notre système de santé est à bout de souffle »

Dans son discours d’investiture, l’ex-parton de SAMU-Urgences de France s’est voulu grave.

Après avoir salué Brigitte Bourguigon pour son « écoute bienveillante » et sa « volonté de prendre les problèmes à bras le corps », l’ex-chef du service des urgences de Metz a évoqué un « système de santé (…) capable de faire des choses extraordinaires, comme pendant la pandémie, mais (qui) manque de souplesse, de visibilité, n’est plus compris par nos concitoyens ni par nos soignants ».

« Les urgences (…) sont malades, l’hôpital public n’est pas bien, et tout notre système de santé est à bout de souffle (…) il y a urgence pour lutter contre les inégalités d’accès à la santé, dont les déserts médicaux sont l’emblème le plus terrible ». Le nouveau ministre a annoncé qu’il recevrait, « dès les prochains jours », avec sa ministre déléguée aux professions de santé Agnès Firmin-Le Bodo, « les corps intermédiaires de santé pour démarrer la grande concertation des parties prenantes voulue par le président de la République ». 

Un ministre venu de l’hôpital qui enthousiaste les libéraux

La nomination du Dr Braun semble plutôt bien accueillie par la ville.

Sans rapporter les déclarations de tous les syndicats de libéraux, citons les propos du premier d’entre eux, la CSMF au diapason de ses concurrents. Pour la CSMF, le nouveau Ministre « porte des valeurs de confiance et de responsabilités, autrement dit des valeurs de droits et de devoirs énoncées par la CSMF au cours de ces derniers mois. Son sens de l’écoute a été salué lors de la récente mission flash. Cette écoute et le pragmatisme de ce médecin de terrain seront nécessaires pour faire évoluer notre système de santé tant en matière d’accessibilité aux soins que dans le virage de la prévention et la prise en compte de la qualité de notre exercice ». 

Seule voix légèrement dissonante, celle de l’UFML qui prévient « nous serons, un syndicat de construction, et nous tenons à porter notre contribution et notre aide aux soins de notre système de santé vers sa guérison. Mais au regard de la gravité du moment, nous serons sans état d’âme quant à la mise en place d’actions d’oppositions face à des décisions qui pourraient porter atteinte à la médecine de ville et à celles et ceux qui les portent ».

Du côté de l’hôpital, l’accueil est beaucoup plus mesuré, tandis qu’un article publié dans Marianne n’a pas hésité à relayer certaines critiques quant à l’action du Dr Braun en tant que chef de service à Metz.

Ainsi, le collectif inter-hôpital, aux avant-postes des luttes ces dernières années, semble très réservé. Sur RMC, le Dr François Salachas rappelle que François Braun était déjà un conseiller d’Emmanuel Macron pendant des années et que « sa mission flash n’a rien dit sur le problème principal des urgences » qui serait selon lui la pénurie de soignants dans les services d’hospitalisation en aval. « Rien a été proposé pour faire revenir ceux qui sont partis » a taclé le Dr Salachas.

**Mon pote ministre

Le Dr Braun n’a pas non plus pu laisser à la porte les querelles d’antan entre chapelles d’urgentistes. Président de SAMU Urgences de France, il semble s’être fait de solides inimitiés à l’AMUF, très opposée au tri en amont des urgences.

Le Dr Christophe Prudhomme, interrogé sur France Info a qualifié cette nomination de « véritable provocation ». « Comment pouvons-nous avoir confiance dans ce monsieur ? Les propositions qui sont faites par François Braun sont catastrophiques. C’est une rupture du service public », estime le Dr Prudhomme, qui voit en François Braun « un adversaire ».

Le Dr Patrick Pelloux, qui, dit-il, a des liens d’amitié avec le nouveau ministre s’est voulu plus mesuré *. Dans le Journal du Dimanche il explique « c’est l’aboutissement d’un travail qu’a mené François Braun, avec son syndicat, qui est devenu un parti politique. Je rends hommage au moins à cela : c’est la première fois qu’un médecin, président de syndicat en exercice accède au ministère. C’est une première, et c’est très intéressant politiquement, sociologiquement. François Braun est compétent, travailleur, c’est quelqu’un de très intelligent, et je lui souhaite de réussir ». Il a néanmoins taclé sur BFM- TV : « il a fait sa mission flash, il ne nous a pas consulté ». Après avoir énuméré les propositions de la mission flash avec lesquelles il est en opposition il a tempéré « j’ai le droit de ne pas être d’accord avec un pote » et a trouvé « bien et drôle » que son ami François soit aujourd’hui le locataire de l’avenue de Ségur.

F.H.

* Mission Flash sur les Urgences et Soins non programmés

http://amuf.fr/2022/06/30/mission-flash-sur-les-urgences-et-soins-non-programmes/

Interview Dr PELLOUX sur le quotidien

https://www.lequotidiendumedecin.fr/hopital/urgences/en-voulant-reguler-lacces-aux-urgences-est-en-train-de-detruire-le-service-public-tonne-le-dr

En voulant réguler l’accès aux urgences, « on est en train de détruire le service public », tonne le Dr Patrick Pelloux

Source et crédit : Le Quotidien du médecin

Demander aux patients d’appeler le 15 avant de se rendre aux urgences provoquerait un « engorgement des standards qui sont déjà surchargés », alerte le Dr Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf). Dans un entretien au « Quotidien », l’urgentiste tire à boulets rouges sur la mission flash du Dr François Braun, mais aussi sur ses confrères (libéraux et hospitaliers) qui réclament une régulation médicale de l’accès aux urgences.

Ci-après le document.

LE QUOTIDIEN : L’idée de réguler l’accès aux urgences fait son chemin. Selon vous, quelles seront les conséquences si on demande aux patients d’appeler le 15 avant de se rendre aux urgences ?

Dr PATRICK PELLOUX : Il y aura d’abord 24 millions d’appels supplémentaires sur les plateformes de régulation des Centres 15, donc il faudra doubler au minimum le nombre de permanenciers et des médecins qui y travaillent ! D’autre part, la seule alternative que l’on aura, ce sera de dire aux gens d’aller… aux urgences, voire d’appeler les pompiers. Cela ne changera rien. Il est en effet devenu extrêmement difficile de faire des visites à domicile ou d’avoir des rendez-vous chez les médecins de ville qui sont eux-mêmes déjà débordés.

Si la régulation préalable est mise en place, y a-t-il un risque d’assister à un effondrement des Centres 15 ?

Tout à fait, cet été, on aura beaucoup de mal à trouver suffisamment de médecins pour faire de la régulation. On va doubler la fréquence des appels… pour savoir si les personnes peuvent aller aux urgences. On est en train de mettre en place une barrière kafkaïenne…

Mais une vingtaine de syndicats de médecins libéraux et hospitaliers viennent de signer un communiqué commun pour étendre une régulation médicale préalable à l’accès aux urgences… Ils ont tous tort ?

Ils ont écrit un communiqué commun pour dire : « c’est formidable, il faut casser les urgences ! Il faut réguler, fermer la nuit ! La solution est d’arrêter les choses ! ». Mais on n’arrête pas les urgences… Où va-t-on hospitaliser les gens ? La mission Braun ne répond pas à la question de fond. Ils disent : « Il y a un problème, donc on annule le problème ». Vous avez faim ? Bon, on ferme les restaurants !

La réalité, c’est qu’on est en train de détruire le service public. C’est gravissime. Quand une personne décédera d’un infarctus car il n’a pas réussi à joindre le Samu ou qu’il n’y a aura des erreurs d’orientation, il faudra réinterroger les signataires de ce communiqué qui ont appelé à la fermeture des services d’urgences.

Êtes-vous contre toute forme de régulation de l’accès aux urgences ?

Mais elle existe déjà ! En 2003, après la canicule, le Pr Pierre Carli et Jean-François Mattei proposaient déjà de réguler et on avait donné du pognon pour le faire. Résultat : on a flambé avec 10 millions de passages supplémentaires et le système s’est cassé la figure ! Or, plus vous cassez les services publics, moins vous fournissez d’aide aux personnes fragiles et plus vous favorisez l’extrême droite.

Vous n’attendez donc rien de cette mission flash ?

Je suis en plein cauchemar. Qu’est-ce que vous voulez attendre quand vous êtes en plein cauchemar ? Je suis très déçu par mon ami François Braun, je ne pensais pas qu’il pensait à ce type de solution.

Il n’a pas officiellement rendu ses propositions à Matignon…

Mais c’est déjà vendu ! Vous avez le silence sépulcral de la classe politique, ils n’en ont rien à faire. Ils en auront quelque chose à faire quand ils appelleront des urgentistes pour que leurs enfants ou leurs proches malades soient pris en charge.

Êtes-vous partisan du retour de l’obligation des gardes en médecine de ville ?

Je suis pour l’obligation de permanence des soins pour tout le monde, pas seulement pour la médecine de ville ! Je suis pour que des médecins soient de permanence d’appel dans les Ehpad, pour que l’on puisse joindre un chirurgien orthopédiste quand les cliniques privées deviennent hégémoniques sur l’orthopédie. Aujourd’hui, plus personne ne veut travailler la nuit. Et l’enquête du Snphare l’a rappelé : les trois quarts des PH sont prêts à quitter l’hôpital dans les cinq ans.

Qu’auriez-vous proposé ?

Nos propositions sont connues : doublement de l’indemnité de garde de nuit pour les PH, sacraliser l’organisation des urgences 24h/24, appliquer l’indicateur de besoin minimal journalier en lits dans tous les hôpitaux où il y a des services d’urgence…

Il faudrait aussi trouver un accord organisationnel, territoire par territoire, pour que les urgences ne soient plus la seule variable d’ajustement, pour que les médecins de ville, ceux des cliniques privées et les Ehpad fassent leur part du travail. Enfin, il faut faire le lien avec les services sociaux de la ville pour trouver des solutions pour la grande pauvreté 24h

Mission-flash sur les urgences et soins non programmés : « un nouveau ratage gouvernemental (prévisible !) », estime APH

(Communiqué Action Praticiens Hôpital)

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04/07/2022

Émis par : APH

https://aph-france.fr/IMG/pdf/cp_aph_20220704_mission_braun_nuits_blanches.pdf

Ce vendredi 1er juillet 2022, Action Praticiens Hôpital dévoilait à la presse les résultats complets de l’enquête « Nuits Blanches » sur la permanence médicale des soins à l’hôpital public :

75 % des praticiens hospitaliers risquent de quitter l’hôpital public dans les 5 ans à cause de la permanence des soins.

En parallèle, le rapport de la mission-flash sur les urgences était remis à la Première Ministre. Un rapport sans doute amoindri à la demande de la Première Ministre, puisque seules 41 des multiples propositions envisagées par la mission ont pu figurer dans le rapport.

L’exode des praticiens hospitaliers vers d’autres modes d’exercice est connu : 30 % de postes de praticiens hospitaliers vacants (plus de 40 % dans les spécialités à forte contrainte en permanence des soins), et 10 % des postes « occupés » ne le sont pas : ils appartiennent à des praticiens partis en disponibilité… le plus souvent pour un autre mode d’exercice. Pourtant, sans médecin, pas d’hôpital.

Le Président de la République a décidé de lancer une mission-flash alors que tant de propositions sont déjà sur son bureau. Il la centre sur les urgences quand c’est tout l’hôpital public qui est en grande souffrance, et tout le système de santé qui est à réorganiser. Il la prévoit sur l’été quand c’est une vision à long terme dont la santé a besoin, quand c’est de confiance dans leur avenir que les professionnels de santé ont besoin. Ne soyons pas étonnés que cette « mission flash » rate sa cible et soit mise en échec.

« En même temps », l’enquête « Nuits Blanches » dénonce la contrainte devenue insupportable de la permanence des soins à l’hôpital public, au point qu’elle fait fuir les praticiens qui ont pourtant choisi de servir un idéal de service public. Près de 85 % des «jeunes» (de 30 à 45 ans) envisagent sérieusement de quitter l’hôpital public dans les cinq ans ; leurs aînés leur emboîtent désormais le pas.

Ce sont les oubliés du Ségur. Ceux à qui on a refusé une évolution salariale, réservée aux futurs PH et aux PH en fin de carrière. Ceux à qui on a refusé de prendre des mesures pour adoucir la permanence des soins : reconnaissance de la 5ème demi-journée, juste décompte du temps de travail (le Conseil d’Etat a rappelé il y a quelques jours, dans le cadre du recours APH, que c’était une obligation des établissements), reconnaissance de la pénibilité, et valorisation financière des gardes et des astreintes. C’est pour les défendre qu’Action Praticiens Hôpital a refusé de signer les traîtres accords du Ségur.

Si rien ne change, nous allons nous installer dans une crise de santé publique majeure. L’offre de soins non programmés et ouverts à tous, à toutes les pathologies y compris les plus complexes et coûteuses, est en train de disparaître, faute de moyens humains. Il va y avoir, il y a certainement des morts évitables, des hospitalisations inutilement prolongées par un retard initial de prise en charge.

Les solutions existent, et il devient urgent de les appliquer.

(Les Français préfèreraient sans doute que leurs impôts aillent vers les services publics plutôt que vers d’inutiles audits privés aux coûts exorbitants…). Elles nécessitent que l’on prenne enfin soin des praticiens hospitaliers.

Elles nécessitent un courage politique pour mettre de l’argent public dans la santé. Les professionnels de santé de l’hôpital public ont été sacrifiés sur l’autel du « quoi qu’il en coûte », qui a effondré les finances publiques tout en laissant s’écrouler l’hôpital !

Action Praticiens Hôpital demandent des mesures d’attractivité et de fidélisation des praticiens hospitaliers :

–  Immédiates (un arrêté ministériel peut être pris en quelques heures) :

o La bonification de 4 ans d’ancienneté à tous les PH oubliés du Ségur, afin d’obtenir une seule et même grille d’ancienneté pour le corps des praticiens hospitaliers
o La majoration substantielle de la valorisation de la permanence des soins (plafond de l’astreinte à 400 euros bruts, indemnité de sujétion de garde à 600 euros bruts)

– A moyen terme

o Réelle démocratisation de la gouvernance hospitalière, du service jusqu’à la commission médicale de groupement hospitalier de territoire
o Ouverture du chantier de la permanence des soins, du temps de travail, de la pénibilité

–  Et enfin, une vision à long terme, condition indispensable pour redonner de la confiance aux professionnels de santé : définition de la place de l’hôpital public dans le système de santé, ouverture de chantiers pour mettre en œuvre les missions définies.

Si aucune mesure immédiate n’est prise pour les praticiens hospitaliers, il est très probable que l’hôpital fasse sa rentrée des classes dans la rue.

Faut-il en arriver là ?

aph-france.fr

Communiqué de presse du Collectif Inter-Hôpitaux du 4 juillet 2022 : La mission Flash de Mr Braun acte le recul de l’accès aux soins et le démantèlement de l’hôpital public

Le CIH a pris connaissance d’un énième rapport sur les urgences dont les difficultés sont connues (sous-effectifs, conditions de travail de plus en plus difficiles, manque de lits d’aval avec disparition de 17500 lits en 5 ans et ce malgré la pandémie). Ce rapport se concentre sur l’amont en proposant un Système d’Accès aux Soins (SAS) dont l’objectif principal est d’éviter que les patients s’adressent aux urgences avec un message culpabilisant et inadapté: seules les urgences « vitales » mériteraient un accès aux services des urgences. Pourtant le recours inapproprié à ces services est mesuré à moins de 10 à 15% des passages.

1- Le triage en amont est une mesure qui gère la pénurie par des pratiques dégradées. Nier l’importance de l’examen clinique traduit la méconnaissance de l’exercice difficile de la médecine d’urgence. Ce triage aboutit déjà à des pertes de chance pour les patients avec des retards diagnostiques qui ont de graves conséquences. Par ailleurs, une régulation par le SAS ne résoudra en rien le manque de lits. L’accès à un lit d’hospitalisation pour les 20% à 40% de patients des urgences qui en ont besoin ne sera pas amélioré et l’attente sur les brancards continuera. Le SAS apparaît donc comme un dispositif qui limite plus qu’il n’améliore la prise en soins des patients. Il est surtout contraire au devoir de l’hôpital public et du service public en général, de permettre un accès aux soins pour tous.

2- La démographie médicale et paramédicale ne permet plus de réorganisation ou d’aménagements même temporaires pour faire face aux crises (7ème vague, canicule) et même aux besoins de santé quotidiens des français. Les services d’urgences comme de régulation manquent déjà de médecins et ne parviennent pas à remplir leur planning. Quant au nombre de médecins généralistes, il est en baisse constante et va continuer à diminuer jusqu’en 2028. Par ailleurs, le « virage ambulatoire » contribue à augmenter le recours aux urgences faute d’accès à des soins médicaux de ville : les moyens ne sont donc adaptés ni aux besoins de l’hôpital, ni de ville. Il paraît aberrant, dans ces conditions, de faire peser la charge du tri des urgences sur la régulation et les médecins généralistes.

3- Le rapport n’émet aucune recommandation pour solliciter activement la participation du secteur privé à la permanence des soins. Pourtant les cliniques privées sont financées par la sécurité sociale et devraient participer largement à l’effort commun en particulier en situation de crise.

4- La crise des urgences ne peut être résolue qu’avec des actions fortes et immédiates. Sans un vrai choc d’attractivité, les soignants continueront à manquer à l’hôpital public, les lits resteront fermés et les patients stagneront dans les services d’urgences qui implosent les uns après les autres. Malgré la participation de Mr Braun à la création d’un référentiel, aucune mesure concernant la mise en place d’un nombre minimum de soignants par patients, que ce soit dans les services d’urgences ou d’hospitalisation ne figure dans le rapport. Sans ouvertures de lits, inutile d’ailleurs de « fluidifier » l’organisation en s’appuyant sur des gestionnaires de lits (bed managers). De plus, le CIH rappelle que l’hôpital n’est pas un hôtel et que l’objectif n’est pas de trouver un lit pour le patient mais une équipe soignante compétente pour prodiguer des soins adaptés à sa pathologie.

Les 41 mesures proposées par cette mission ne répondent pas aux besoins de santé des patients. Elles dessinent une nouvelle organisation des soins dont l’objectif n’est pas de mettre un terme à la pénurie de soignants et de moyens mais bien de gérer une pénurie délibérée, ancienne et connue comme le rappelle le rapport sénatorial « hôpital : sortir des urgences » (n° 587 2021-2022).

In fine, ces propositions complexifient et restreignent l’accès aux soins urgents au risque d’une perte de chance pour les patients et remet en cause un système de soins solidaire, égalitaire et réputé pour sa grande qualité. Nous attendons de vraies réponses de la part d’un ministre fraîchement nommé.
Le CIH, rappelle à Mr Braun que pour que l’hôpital public puisse continuer à assurer ses missions d’accueil et de soins de qualité pour tous les patients, il faut impérativement et en urgence :

  •  Recruter massivement des soignants afin d’établir des ratios soignants / patients (1/6 à 1/8)
  •  Revaloriser les salaires à la hauteur de la moyenne des salaires de l’OCDE
  •  Ré-ouvrir des lits d’hospitalisation1 Analyse du profil des patients se présentant aux urgences du CHU d’Angers pour un motif relevant de la médecine générale, Thèse de médecine, octobre 2019, Marlène Lesouef.

Voir les réactions des anesthésistes, des urgentistes les Dr Pelloux et Prudhomme, des praticiens hospitaliers et du collectif inter hôpitaux:

https://environnementsantepolitique.fr/2022/07/04/pour-action-praticiens-hopital-ce-nest-pas-seulement-les-urgences-cest-tout-lhopital-public-qui-est-en-grande-souffrance-et-tout-le-systeme-de-sante-qui-est-a-reorganiser/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/07/04/la-mission-flash-de-mr-braun-acte-le-recul-de-lacces-aux-soins-et-le-demantelement-de-lhopital-public-collectif-inter-hopitaux/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/07/04/francois-braun-urgentiste-au-ch-de-metz-dont-les-propositions-pour-les-urgences-sont-loin-de-faire-lunanimite-dans-les-hopitaux-est-nomme-ministre-de-la-sante/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/07/04/mission-flash-sur-les-urgences-suite-des-reactions-les-liberaux-satisfaits-tres-insuffisant-pour-les-hospitaliers/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/07/01/elisabeth-born-retient-les-41-mesures-de-la-mission-flash-du-docteur-francois-braun-aucune-ne-solutionne-la-faillite-de-la-garde-liberale-des-soins-de-proximite-et-le-manque-de-lits-hospitaliers/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/06/30/la-fin-du-service-public-hospitalier-ouvert-24h-24/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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