Mission flash sur les urgences: suite des réactions, les libéraux satisfaits, très insuffisant pour les hospitaliers, les cabines de télémédecine dans les services d’urgences

Mission Braun : pour MG France, du court-terme utile mais pas de mesures structurelles

(Communiqué des généralistes libéraux de MG France)

04/07/2022 http://uro4.mjt.lu/lnk/AL4AAMu1JHUAAcvUGtQAAADksiMAAAAFGcMAAFxuAAW0UABiwtoZAWiwCjBMSsmtLqu2vxoPqQAFeLU/39/_MT-IJP59FzzgdT4ovNqNQ/aHR0cHM6Ly90b3V0ZS1sYS52ZWlsbGUtYWN0ZXVycy1zYW50ZS5mci8xOTUxMDYvbWlzc2lvbi1icmF1bi1wb3VyLW1nLWZyYW5jZS1kdS1jb3VydC10ZXJtZS11dGlsZS1tYWlzLXBhcy1kZS1tZXN1cmVzLXN0cnVjdHVyZWxsZXMtY29tbXVuaXF1ZS8

Émis par : MG France

MG France note avec satisfaction que certaines de ses propositions figurent dans le rapport de la mission Braun sur les soins non programmés.

Parmi celles-ci :

  • le principe de la majoration de 15€ pour les soins non programmés régulés
  • la nécessité de sensibiliser la population au meilleur usage du système de soins pour être soigné au bon endroit, au bon moment et par la bonne personne
  • la régulation à l’entrée des urgences
  • une amélioration du tarif minimum de la régulation médicale
  • la possibilité de l’activité concomitante du médecin généraliste et de son remplaçant ou de son adjoint
  • l’utilisation des transports sanitaires pour que les patients puissent être réorientés vers la ville
  • la facilitation pour les médecins retraités de venir renforcer la régulation

D’autres principes indispensables figurent dans le rapport, sans que soient précisées les conditions de leur mise en place :

  • l’hospitalisation directe des patients sans passer par les urgences lorsqu’ils sont adressés par leur médecin traitant
  • l’organisation du parcours patient entre le médecin traitant et les médecins d’autres spécialités qu’ils soient en ville ou à l’hôpital
  • l’élargissement du service d’accès aux soins avec une gouvernance partagée ville/hôpital
  • l’organisation des sorties d’hôpital qui doivent être coordonnées avec le médecin traitant

MG France regrette que certaines évolutions nécessaires n’aient pas été retenues comme l’élargissement de la permanence des soins ambulatoires aux soirées et au samedi matin ou la prise en charge à 100% par le régime obligatoire de ces consultations régulées. 

MG France sera très vigilant sur les conditions de l’assouplissement préconisé pour la télé médecine et pour les protocoles de coopération, qui ne peuvent contourner le médecin traitant sans menacer la sécurité des patients. 

MG France rappelle que si la mission Braun était mandatée pour proposer des évolutions de court terme, destinées à surmonter la pénurie de personnel cet été, le système de soins a besoin de mesures fortes de moyen et de long terme. 

L’avenir du système de soin dépend de la juste gradation des soins : soins primaires au plus près des patients, soins secondaires assurés par les autres spécialistes et soins tertiaires nécessitant des plateaux techniques lourds. MG France poursuivra dans ce sens ses travaux avec les syndicats médicaux libéraux, hospitaliers et les présidents de CME. 

Les négociations conventionnelles qui doivent s’ouvrir en septembre devront pérenniser les dispositions utiles mais transitoires, et surtout mettre en place de vraies mesures structurelles, seules capables de maintenir de façon équitable l’accès de la population aux soins primaires.

Contact presse : mgfrance-communiques@mg-france.fr

L’attractivité de l’hôpital, grande absente de la mission flash

(Communiqué des Anesthésistes Réanimateurs du SNPHARE)

04/07/2022

Émis par : SNPHARE

http://uro4.mjt.lu/lnk/AL4AAMu1JHUAAcvUGtQAAADksiMAAAAFGcMAAFxuAAW0UABiwtoZAWiwCjBMSsmtLqu2vxoPqQAFeLU/43/WkRonozpSzVFd1wO8ZYgWw/aHR0cHM6Ly90b3V0ZS1sYS52ZWlsbGUtYWN0ZXVycy1zYW50ZS5mci8xOTUxMDQvbGF0dHJhY3Rpdml0ZS1kZS1saG9waXRhbC1ncmFuZGUtYWJzZW50ZS1kZS1sYS1taXNzaW9uLWZsYXNoLWNvbW11bmlxdWUv

Depuis plusieurs mois le SNPHARE alerte sur la situation critique des services d’urgences de notre pays. Dès novembre 2021 nous parlions « d’épidémie de fermeture de structures d’urgences ». Et nous n’étions pas les seuls. Les difficultés concernent l’ensemble des urgences du territoire, touchant aussi bien les Centres Hospitaliers Universitaires que les petites structures. Partout le constat reste le même : le personnel manque et certains services sont obligés de fermer totalement ou partiellement.

Il s’agit d’une crise sanitaire majeure sans précédent.

Pourtant, en dépit de ces multiples alertes, le gouvernement n’a aucunement anticipé et il a fallu que la situation devienne suffisamment critique ces dernières semaines pour qu’enfin il daigne se saisir de la problématique sous la forme d’une « mission flash ».

Notons au passage que cette mission a suspendu toutes décisions urgentes à ses conclusions alors que les rapports sur le sujet se sont multipliés ces dernières années. Ajoutant une inertie coupable à une situation déjà critique depuis 2019.

De l’analyse des 41 recommandations de la mission, le SNPHARE retient :

  • 150 propositions étaient prévues, seules 41 sont retenues. Les arbitrages ont donc été réalisés en amont du rendu ce qui pose question sur la finalité réelle de ce rapport.
  • L’absence de représentants paramédicaux dans la mission, pourtant partie prenante de la problématique.
  • Un rapport centré sur les urgences oubliant que tout l’hôpital est en crise et avec lui le système de santé. L’intérim déguisé des rémunérations plus attractives pour les professionnels libéraux ne poussent pas les praticiens engagés à l’hôpital à rester.
  • La sollicitation de ces mêmes professionnels pour travailler à l’hôpital accentue les déserts médicaux.
  • L’indécente « autorisation » du temps de travail additionnel aux internes alors qu’ils dépassent déjà les 48h maximum par semaine sans contrôle comme ils l’ont dénoncé au Conseil d’Etat récemment.

Beaucoup plus inquiétant, la mission fait une impasse quasiment totale sur certaines des problématiques de fond à l’origine de la crise actuelle :

Pas un mot sur les conditions de travail des équipes, et notamment leur dimensionnement.
Pas un mot sur le temps de travail des médecins et des soignants.
– Pas un mot sur l’attractivité des carrières.
Les médecins et les soignants ont besoin de perspectives et non de mesures ponctuelles.

Enfin, réguler au préalable par le SAMU-Centre 15 toutes les admissions en service d’urgence, c’est faire face à trois problématiques majeures :

–  Le risque de noyer les urgences vitales nécessitant une prise en charge immédiate dans le flot des appels pour des consultations non programmées.
–  Ce d’autant que la généralisation de cette politique se heurte au déficit en Assistant de Régulation Médicale et en médecins régulateurs.
–  Sans oublier un risque d’auto-censure, notamment des populations les plus fragiles, comme on a pu le voir pendant les premières vagues de l’épidémie de covid19 et un accès aux soins sous condition.

La mission échoue donc à répondre à l’enjeu de la situation, n’appliquant que quelques fragiles rustines sans parvenir à colmater toutes les fuites.

Le SNPHARE demande :

– Des mesures d’attractivité immédiates

o La revalorisation immédiate, substantielle et pérenne de la permanence des soins : gardes et les astreintes et la prise en compte de leur pénibilité pour la retraite
o La reconnaissance des 4 ans d’ancienneté dont les praticiens hospitaliers nommés avant 2020 ont été privés
o Un vrai décompte de leur temps de travail.

– Des mesures à plus long terme

o Un dimensionnement des équipes avec des ratios opposables pour une prise en charge qualitative des patients
o Une gouvernance plus horizontalisée pour une participation des professionnels de terrain aux décisions
o Une redéfinition de la mission de service public des hôpitaux et son partage avec le système d’hospitalisation privé
o Le retour à un dialogue social constructif

Mission flash du Dr Braun, le bon usage des cabines de télémédecine ?

Image de couverture de: Mission flash du Dr Braun, le bon usage des cabines de télémédecine ?

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Le 31 mai 2022, le Président de la République Emmanuel Macron, annonçait le lancement d’une mission flash portée par les professionnels de santé, afin de présenter des mesures concrètes pour désengorger les services d’urgences. Piloté par le Dr François Braun, Président de SAMU-Urgences de France, le groupe de travail devrait proposer cette semaine, entre autres outils, le déploiement de cabines de télémédecine dans les services d’urgences pour optimiser l’orientation des patients. Quelle peut être leur contribution dans le cadre de la crise estivale qui s’annonce ? Quels autres dispositifs ont démontré leur efficacité ?

Les solutions de soin à distance ont prouvé leur utilité depuis le début de la crise sanitaire, sans jamais être en mesure de remplacer l’examen clinique. Alors que le parcours de soins se veut et se conçoit au temps du phygital, les cabines de télémédecine peuvent apporter une partie de la réponse à la cristallisation de la crise des urgences. La solution unique et magique n’existe pas, mais la généralisation de pratiques à succès permettra de répondre à la situation actuelle, tout en construisant l’accès aux soins de demain.

Pourquoi recourir aux cabines de téléconsultation ?

Dans les grandes lignes, ces dispositifs permettent aux professionnels de santé d’assister un patient dans le cadre d’un acte de consultation médicale à distance avec un médecin. Le principal avantage des cabines de téléconsultation reste la possibilité de réaliser une consultation augmentée, grâce aux différents appareils médicaux connectés qu’elle propose, selon le fabricant. Tensiomètre, thermomètre, otoscope, saturomètre etc. elles permettent au patient ou au professionnel de santé qui l’accompagne, de fournir des constantes précises et instantanées au médecin exerçant à distance. 

Cet outil connaît cependant quelques limites dans son usage, selon la protocolisation ou la non protocolisation du parcours de soins du patient. En effet, quid de l’intégration du patient dans le parcours de soins coordonnés après cette consultation dans une cabine de télémédecine ? Il existe un risque de rupture de ce parcours, si un médecin installé à Lille ou à l’étranger prend en charge un patient de Marseille.

Le recours à un médecin hors-sol peut être une solution de secours, comme l’a été la prise en charge des actes effectués par téléphone et hors parcours de soins au pic de la crise Covid. 

Néanmoins, une systématisation de la pratique risque d’aggraver la désertification médicale auxquels certains territoires sont confrontés. Les cabines de télémédecine demeurent un simple outil qui n’apporte pas en soi une réponse au manque de ressource médicale. Dans l’intérêt de la sécurité du parcours du patient, il doit s’inscrire dans le parcours de soins coordonnés. 

L’e-santé offre-t-elle d’autres solutions pour désengorger les urgences ? 

Il n’existe pas de solution universelle pour répondre à l’ensemble des situations sur le territoire. Les cabines apportent une partie de la réponse, mais d’autres dispositifs ont déjà fait leurs preuves. 

Les urgences pédiatriques d’un établissement des Yvelines ont déployé la téléconsultation assistée pendant l’hiver en s’appuyant sur des médecins généralistes du département. À la suite de l’évaluation par un infirmier d’orientation, l’enfant était orienté le cas échéant vers une pièce dédiée, pris en charge par un aide-soignant et accompagné dans une téléconsultation augmentée de la remontée de constante, via des objets connectés. Ce parcours simple, tant pour l’établissement que pour les patients, a permis de désengorger les salles d’attente combles pendant la double épidémie de Covid et de bronchiolites.

Le suivi en téléconsultation à J+1 post-urgences pratiqué par un établissement de Lille a ramené le taux d’hospitalisation à 72 heures, de 25% pour les patients en parcours classique à 6,2% pour les patients suivis à distance. Ce parcours est également simple à mettre en place et maintient le patient dans un environnement familier et rassurant dès lors que son état de santé le permet, quand l’attente ou la surveillance aux urgences sont considérées comme particulièrement stressantes. 

Dans le quart Sud Est, des parcours sont mis en place en prévision du Service d’Accès aux Soins (SAS), grâce à la mobilisation des médecins d’une CPTS. Ils s’organisent pour ouvrir des créneaux au centre 15 afin de recevoir des patients en présentiel sous 72h. La coordination ville-hôpital, permet ici encore de participer efficacement au désengorgement des services d’urgences du territoire, une véritable opportunité alors que le temps médical fait défaut.   

Préparer demain avec le phygital 

La crise actuelle n’est que le symptôme de l’enjeu plus global de l’accès aux soins et de la gestion des soins non programmés (ou sans rendez-vous) en France. La prise en charge de demain doit utiliser chaque média disponible de façon efficace et cette période de crise doit accélérer l’émergence d’un nouveau modèle de soins, trouvant le juste équilibre entre le présentiel et le distanciel. 

La première solution serait de mettre en place des filtres en téléconsultation légère, qui ne nécessite pas de matériel spécifique et peut être réalisée avec un smartphone. Une fois les situations d’urgences prises en charge par le Service d’Accès aux Soins (SAS), les patients sont orientés en téléconsultation ou en présentiel vers les médecins du territoire. 

Une autre alternative aux cabines de téléconsultation, plus mobile et économique, permet à un patient ou un professionnel de santé (et en particulier les infirmiers) de se déplacer au domicile du patient équipé d’un appareil tout en un pour réaliser une téléconsultation augmentée. 

Pour ces autres opportunités de l’e-santé, il sera également question d’emplacement disponible, de choix stratégiques des centres hospitaliers ou des services d’urgences et de protocolisation des parcours de soins. Les solutions existent, il revient aux acteurs de la santé de s’en emparer judicieusement.

Voir aussi:

https://environnementsantepolitique.fr/2022/07/04/pour-action-praticiens-hopital-ce-nest-pas-seulement-les-urgences-cest-tout-lhopital-public-qui-est-en-grande-souffrance-et-tout-le-systeme-de-sante-qui-est-a-reorganiser/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/07/04/la-mission-flash-de-mr-braun-acte-le-recul-de-lacces-aux-soins-et-le-demantelement-de-lhopital-public-collectif-inter-hopitaux/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/07/01/elisabeth-born-retient-les-41-mesures-de-la-mission-flash-du-docteur-francois-braun-aucune-ne-solutionne-la-faillite-de-la-garde-liberale-des-soins-de-proximite-et-le-manque-de-lits-hospitaliers/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/06/30/la-fin-du-service-public-hospitalier-ouvert-24h-24/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/06/29/la-possibilite-officielle-de-fermer-les-urgences-la-nuit-est-une-facon-de-mettre-sous-le-tapis-le-manque-de-lits/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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