Occitanie: création du Groupement d’intérêt public (GIP) et premiers médecins salariés en Ariège et dans le Lot

La Région Occitanie va salarier ses premiers médecins début juillet en Ariège et dans le LotCarole Delga et Vincent Bounes avant la création du GIP hier à Toulouse, avec les élus et représentants des facs de médecine.

Carole Delga et Vincent Bounes avant la création du GIP hier à Toulouse, avec les élus et représentants des facs de médecine. DDM – FREDERIC CHARMEUX

Santé,  Occitanie,  Lot

Publié le 18/06/2022 à 05:46 https://www.ladepeche.fr/2022/06/17/la-region-occitanie-va-salarier-ses-premiers-medecins-debut-juillet-en-ariege-et-dans-le-lot-10373364.php

l’essentiel

L’Occitanie a créé hier un Groupement d’intérêt public (GIP) pour salarier à terme 200 médecins dans les déserts médicaux de la région. Quatorze ont d’ores et déjà été recrutés. Les centres « ma santé, ma région » de Sainte-Croix-Volvestre (09) et Salviac (46) seront les premiers servis début juillet.

Michel Pichan n’aurait manqué l’assemblée constituante du GIP « ma santé, ma région » pour rien au monde, hier à Toulouse. L’été dernier, Carole Delga n’avait pas plus tôt annoncé son projet de voir l’Occitanie salarier 200 médecins dans les déserts médicaux de la région que déjà le maire de Saint-Lizier, en Ariège, déposait la candidature de la communauté de communes Couserans Pyrénées.

À l’époque, le Dr Grimault venait d’annoncer son départ à la retraite pour décembre, laissant 3 000 personnes et deux maisons de retraite sans perspective à l’horizon 2022 dans le Volvestre. Car le président de la communauté de communes peinait à lui trouver un successeur.
Le besoin était là, la collectivité était prête à mettre la main à la poche, et il y avait un projet médical derrière, en lien avec une activité libérale de kiné et d’infirmiers. Des prérequis qui ont convaincu la Région et deux jeunes médecins.

Les centres de santé que la Région Occitanie a prévu d’ouvrir.

Le 1er juillet, les deux praticiens recrutés inaugureront donc le premier centre de santé du GIP à Sainte-Croix-Volvestre, attirés à la fois par la qualité de vie en Ariège et par la présence d’un hôpital à 30 minutes de là, à côté de Saint-Girons. Le premier d’une longue série.
« Nous comptons créer une dizaine de centres de santé par an dès cette année », confie Vincent Bounes, le vice-président du conseil régional en charge des questions de santé. Et pour cause, « 80 % du territoire de l’Occitanie est en tension médicale », regrette celui qui est aussi le patron du Samu de Toulouse.

À ses côtés, des représentants des facs de médecine de Toulouse et Montpellier, également engagées dans la lutte contre les déserts médicaux. 300 à 350 médecins sortent diplômés de ces deux universités, chaque année. Et sans doute plus dans six ou sept ans, les deux facultés ayant fait passer le nombre de leurs carabins de « première année » de 280 à 360 ces trois dernières années. Pour le professeur Amouyal, venu à la première AG du GIP depuis le Gard, « l’initiative de la région Occitanie va dans le bon sens ».

Budget : 1,5 million d’euros pour commencer

Le Groupement d’intérêt public créé ce vendredi pour salarier, à terme, 200 médecins dans la région Occitanie, a un budget de 1,5 million pour le 2e semestre 2022.

60 % des recettes viendront des actes réalisés par les médecins par le biais des remboursements de la Sécurité sociale, 500 000 € du conseil régional Occitanie, le reste des collectivités territoriales.

À partir de 2023, le budget atteindra 10 millions selon Vincent Bounes, vice-président de la Région, qui doublera le financement le temps que les actes des médecins couvrent leurs salaires et ceux des secrétaires, objectif que Vincent Bounes estime atteignable en trois ans.

Dans la corbeille de baptême du GIP, la Région a aussi prévu 40 000 à 50 000 € par centre « ma santé, ma région », une somme destinée à les équiper avec du matériel du type échographe, mais aussi un véhicule électrique qui permettra aux médecins d’assurer les visites à domicile, mission inscrite au contrat de travail de 35 heures avec les gardes de nuit et la prise en charge des urgences.

Le salaire des jeunes médecins sera de 4 700 € net plus les gardes et sera aligné sur la grille hospitalière au bout de 12 ans pour arriver en fin de carrière à 7 500 € net par mois.
 

« Ma santé Ma région » : l’Occitanie lance son service public de la santé, voici tout ce qu’il faut savoirDans la plupart des cas, la région et les collectivités payeront ces médecins.

Dans la plupart des cas, la région et les collectivités payeront ces médecins. DDM VALENTINE CHAPUIS

France – Monde,  Occitanie,  Santé

Publié le 17/06/2022 à 17:01 https://www.ladepeche.fr/2022/06/16/ma-sante-ma-region-loccitanie-lance-son-service-public-de-la-sante-voici-tout-ce-quil-faut-savoir-10369824.php

l’essentielFace aux déserts médicaux, la région Occitanie va mettre en place un « service public de la santé » afin d’accélérer l’ouverture de plusieurs centres de santé sur tout le territoire. Baptisé « Ma santé Ma région », le dispositif a déjà été déployé dans d’autres régions mais jamais à une telle échelle. Vincent Bounes, vice-président régional en charge de la santé, répond aux questions de La Dépêche du Midi.

La Dépêche du Midi : Quand est-ce que les premiers centres de santé verront le jour en Occitanie ? 

Vincent Bounes : Le premier médecin démarre le 1er juillet 2022, l’ouverture du premier centre se fera donc à la même date. Ce sera en Ariège, à Sainte-Croix-Volvestre. Par la suite, il est prévu d’ouvrir un centre de santé par mois pour un objectif total de 60-70 centres sur l’ensemble du mandat. En Haute-Garonne, plusieurs devraient ouvrir rapidement, en particulier dans le sud du département. On en a aussi qui devraient arriver dans le Tarn et Tarn-et-Garonne. À vrai dire, il va y en avoir un peu partout, toute la région est concernée, mais les premiers seront plutôt des centres ruraux.

Comment ce système de « service public de la santé » va-t-il fonctionner ?

Pour le patient, il n’y aura aucune différence avec une prise de rendez-vous classique chez un médecin. Un secrétariat physique est également prévu dans tous les centres de santé. Ces derniers auront d’ailleurs tous la même philosophie du “aller vers”. C’est-à-dire la visite à domicile, mais aussi la participation aux gardes du secteur les soirs ou les week-ends par exemple. C’est vraiment un service public de médecine générale.

Pourquoi avoir pris cette décision ? 

Avant tout, l’objectif est que les Occitans et Occitanes aient accès à des soins primaires de qualité. Donc on travaille principalement sur les zones en tension, soit près de 80 % de l’Occitanie. Au niveau des médecins, ils ont de belles valeurs, ils ont envie d’aider et ils sont contents d’avoir ce système-là. Ils cherchent un sens à leur pratique et c’est ce qui les unit tous.

Combien de médecins vont être recrutés ? 

D’ici le 31 décembre, l’objectif, c’est 25 médecins. Là-dedans, une dizaine ont d’ores et déjà signé leurs contrats. Pour les douze mois à venir, on a identifié entre 40 et 50 médecins intéressés. Objectif final sur l’ensemble du mandat, recruter 200 médecins, infirmiers et maïeuticiens. Pour faire simple, on va ouvrir une douzaine de centres de santé (pour commencer) qui auront chacun entre deux et trois médecins.

À quel salaire doivent-ils s’attendre ? 

Ils seront payés sur les tarifs de la grille hospitalière, on a quand même donné un petit bonus pour les jeunes médecins venus d’Occitanie, formés et travaillant dans la région. On va dire que les salaires démarrent entre 4 500 et 5 000 euros net et montent en fin de carrière autour de 7 500 euros net. Dans la plupart des cas, c’est la région et les collectivités qui payent ces médecins.

Quel est le coût de cet investissement pour la région ? 

Le principal financeur est avant tout la sécurité sociale. En revanche, la région va payer les crédits d’amorçage, c’est-à-dire le matériel ou la rénovation des locaux. C’est vrai qu’au départ, ça représente un investissement assez conséquent. Il peut être de plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’euros en fonction du centre de santé et de la taille du chantier. Généralement, un centre de santé arrive à atteindre l’équilibre financier entre deux et quatre ans après sa mise en service.

Propos recueillis par T.D.

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Voir aussi:

https://environnementsantepolitique.fr/2022/05/24/la-region-financera-le-salariat-de-medecins-dans-19-centres-de-sante-en-occitane/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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