Les urgences de Montauban et de Moissac en grande difficulté, plainte des Maires de Moissac et Castelsarrasin – Création d’un centre médical de soins immédiats à Montauban

La maire de Montauban confirme une réorganisation des urgences

ABONNÉSL'accueil en direct des patients ne se ferait plus de manière libre. Il faudra d'abord appeler le 15 ou sonner à un interphone.L’accueil en direct des patients ne se ferait plus de manière libre. Il faudra d’abord appeler le 15 ou sonner à un interphone. DDM – DDM MANUEL MASSIP

Santé,  Hôpital,  Montauban

Publié le 15/06/2022 à 16:00 , mis à jour le 16/06/2022 à 08:05

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l’essentiel

Dès lundi, les syndicats évoquaient une réorganisation des urgences de Montauban. Celle-ci doit permettre de désengorger le service. Si la direction de l’hôpital refuse pour le moment de communiquer sur le sujet, la maire de la ville et également présidente du conseil de surveillance de l’hôpital, a accepté de donner quelques informations.

Ce n’est pas nouveau. Le sujet des urgences de l’hôpital de Montauban préoccupe les acteurs de la santé. Le manque de médecins urgentistes est en effet un problème latent depuis plusieurs mois.

Pour tenter de sauver le service d’urgence et aider les personnels qui y travaillent, un vaste projet de réorganisation a été lancé.

La maire de Montauban, Brigitte Barèges, qui est également la présidente du conseil de surveillance de l’hôpital, explique en effet qu’un « gros travail a été fait par l’hôpital, les médecins libéraux et la clinique du Pont de Chaumes. Ils ont proposé un projet pour éviter l’engorgement des urgences. Car le gros problème des urgences, c’est d’abord qu’on n’a pas assez de médecins, mais aussi qu’on a une embolisation du service par des patients qui ne mériteraient pas d’aller aux urgences. Par habitude, parce qu’ils ont peur ou parce qu’ils n’ont pas de médecins traitants ».

« Ce projet a été proposé à l’Agence régionale de santé (ARS) mais cela a été bloqué à cause des élections, poursuit l’élue. C’est un scandale car il y a une vraie urgence pour cet été, on est inquiet ».

Un plan qui permettra de rouvrir les urgences de Moissac la nuit

Pour Brigitte Barèges, ce plan de réorganisation est pourtant une très bonne chose car cela permettra « de garder les urgences de Montauban ouvertes et de rouvrir les urgences de Moissac la nuit« . Cela sera possible « uniquement et à condition que l’on oriente les cas graves sur les urgences, et les cas non urgents vers la médecine de ville ou le centre médical de soins immédiats« , précise-t-elle.

C’est justement les conditions de cette régulation qui pose question. Un mail envoyé mardi par l’ARS à des nombreux destinataires a mis le feu aux poudres en concrétisant la mise en place d’une régulation préalable par téléphone et d’une admission sur place via un interphone. Une hypothèse déjà avancée par les syndicats en début de semaine. Romain Lopez, le maire de Moissac, a immédiatement dénoncé cette annonce et a même porté plainte ce mercredi matin contre l’ARS pour mise en danger de la vie d’autrui.

Ni les syndicats ni la direction de l’hôpital de Montauban n’ont pour l’heure confirmé les modalités d’application de cette restructuration mais Brigitte Barèges est formelle. Pour elle « ce projet est prêt. Il ne manque que le feu vert de l’ARS ».

Valérie Rabault dénonce l’absence de réponse de l’Etat sur le sujet

La députée du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault a envoyé un communiqué pour réagir  sur ce dossier. « J’ai écrit le 2 juin dernier à l’Agence régionale de santé (ARS) de Tarn-et-Garonne pour demander que des solutions puissent être mises en œuvre pour répondre à ces difficultés et préserver la capacité de fonctionnement des urgences de Montauban. Nous sommes le 15 juin et je n’ai toujours reçu aucune réponse.

Faute de réponse de l’ARS, j’ai écrit ce jour à la Ministre de la Santé pour lui demander de lancer un plan d’urgence avec l’affectation de médecins urgentistes à Montauban, afin de garantir aux Tarn-et-Garonnais un accès continu aux services d’urgence et éviter aux personnels de subir des conditions de travail dégradées.

L’absence de communication de l’Etat n’est pas acceptable et relève d’une faillite de gestion. »

Un plan de réorganisation des urgences de l’hôpital de Montauban évoqué mardi avec les syndicats

ABONNÉSLes urgences de Montauban fonctionneront-elles normalement cet été ?Les urgences de Montauban fonctionneront-elles normalement cet été ? DDM – MANUEL MASSIP

Santé,  Hôpital,  Montauban

Publié le 13/06/2022 à 16:31

https://www.ladepeche.fr/2022/06/13/un-plan-de-reorganisation-des-urgences-de-lhopital-de-montauban-evoque-mardi-avec-les-syndicats-10362491.php

l’essentiel

La direction de l’hôpital de Montauban et l’Agence régionale de santé ont travaillé sur un plan de réorganisation des urgences. Mardi, une réunion sur le projet d’établissement de la direction est organisée avec les représentants syndicaux. Elle devrait en partie aborder ce sujet.

Face à la pénurie de soignants qui touche les urgences du centre hospitalier de Montauban, un plan de réorganisation du service est en cours de déploiement. La direction de l’hôpital de Montauban et l’Agence régionale de santé devraient bientôt communiquer plus en détail sur le sujet.

Mardi matin, une réunion avec les syndicats CGT, FO et CFDT, est à l’ordre du jour. Si celle-ci porte sur le redécoupage des pôles et le projet d’établissement, l’organisation des urgences, un sujet délicat qui inquiète vivement les syndicats, devrait également être évoqué lors de cette réunion. 

Près de la moitié des postes d’urgentistes vacants

« Depuis 1997, nous avons une équipe de médecins hospitaliers urgentistes qui est commune à Montauban et Moissac. Il y avait jusque-là 40 médecins, rappelle Agnès Seguela, secrétaire départementale FO Santé, qui répondaient à toutes les demandes de SMUR (Structures mobiles d’urgence et de réanimation) et de régulation. Il manquait toujours 1 ou 2 postes mais depuis le 1er décembre 2021, il manquait déjà 16 postes, souligne la syndicaliste. Aujourd’hui, il en manque encore plus », déplore-t-elle. Une situation compliquée qui avait, il y a quelques mois, amené les instances décisionnelles à fermer les urgences de Moissac la nuit. Prévue pour prendre fin en février, la fermeture de nuit des urgences moissagaises perdure encore aujourd’hui .

« À Montauban, nous avons fermé une ligne SMUR mais vu qu’il y a  encore des postes de médecins et d’infirmiers vacants. On a peur que les services d’urgence réduisent encore leur voilure. On est inquiet », confiait ce lundi Agnès Seguela.

Depuis plusieurs mois déjà, les différents syndicats de l’établissement hospitalier ne cessent d’alerter sur le fait que le service est à bout de souffle. « Une quinzaine de médecins urgentistes manquent à l’appel pour pouvoir fonctionner correctement. Qu’est-ce que ça va être cet été. La situation risque bien de s’aggraver dans les prochaines semaines », se demandait au début du mois, Manuelita Vintar, déléguée de la CGT, à l’hôpital de Montauban.

Un tri des patients effectué à l’extérieur de l’hôpital ?

Peu d’éléments ont pour l’heure été révélés sur ce plan de réorganisation mais des rumeurs commencent à circuler. « On parle d’interphone à l’entrée des urgences qui permettrait de faire le tri des patients à l’extérieur et de ne les laisser rentrer que si leur pathologie le justifie, s’indigne Manuelita Vintar. On parle aussi de fermer les urgences au public et de tout faire passer par le 15 », poursuit-elle. Une information que la déléguée syndicale de la CGT juge plus « crédible » serait également que des « lits de l’UFCD (Unité d’hospitalisation de courte durée), le service qui fait la continuité avec les Urgences, soient également fermés ».

Outre les syndicats, la direction de l’hôpital rencontrera aussi la maire de la ville et présidente du Conseil de surveillance du Centre hospitalier de Montauban, Brigitte Barèges, mercredi matin pour faire le point sur ces dossiers.

Enfin, début juillet, un CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) extraordinaire sera organisé par la direction de l’hôpital pour traiter spécifiquement du sujet des Urgences et des conséquences sur les conditions de travail des agents hospitaliers.

Castelsarrasin : la mairie dépose à son tour une plainte contre la fermeture des urgencesL’hôpital intercommunal Castelsarrasin-Moissac.

L’hôpital intercommunal Castelsarrasin-Moissac. DDM – L. Chlaikhy

Hôpital,  Castelsarrasin,  Tarn-et-Garonne

Publié le 16/06/2022 à 17:55 , mis à jour le 17/06/2022 à 07:52

https://www.ladepeche.fr/2022/06/16/castelsarrasin-la-mairie-depose-a-son-tour-une-plainte-contre-la-fermeture-des-urgences-10370379.php

l’essentiel

Jean-Philippe Bésiers, maire de Castelsarrasin, a emboîté le pas au maire de Moissac en déposant une plainte hier matin, suite à l’annonce de la réorganisation des urgences des hôpitaux de Moissac et Montauban en Tarn-et-Garonne.

Face à une pénurie de main-d’œuvre qui entraîne d’importantes problématiques de fonctionnement, et après avoir fermé les urgences de nuit du centre hospitalier intercommunal, l’Agence régionale de santé (ARS) devrait annoncer la régulation du service 24h/24. Les patients ne pourraient ainsi plus s’y rendre directement et devraient passer par le 15, qui les enverrait à l’hôpital en cas d’urgence vitale, ou vers la médecine de ville. Une perspective qui a mis le feu aux poudres dans un contexte déjà tendu.

Après le maire de Moissac, Romain Lopez, c’est au tour de l’édile de Castelsarrasin, Jean-Philippe Bésiers, de déposer une plainte en gendarmerie contre l’ARS. «Je trouve cette situation inacceptable et intolérable. Si cette décision est appliquée, elle met en danger un bassin de vie rurale de 80000 habitants marqué par une pyramide des âges où les plus jeunes et les plus âgés sont les plus représentés», explique l’élu. Celui-ci craint en effet une mise en danger de la santé des habitants du territoire: «La régulation entraîne une sélection des patients et peut créer un risque sur la prise en charge réelle. Il me semble difficile de juger ou de diagnostiquer par téléphone ou interphone une urgence vitale d’un patient qui se présente. Cette sélection est discriminante et porte atteinte à l’intégrité d’autrui.»

C’est la notion même de service public qui serait remise en cause selon Jean-Philippe Bésiers. «Le service public obligatoire de santé et de sécurité ne remplit plus son rôle. De plus l’ARS a pris cette décision de manière unilatérale, sans concertation avec les élus dont je fais partie», peut-on lire dans le procès-verbal.

Les élus locaux devraient être reçus en début de semaine prochaine par le directeur de l’ARS selon plusieurs sources. Affaire à suivre.

Loubna Chlaikhy
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Un centre médical de soins immédiats veut désengorger les urgences à Montauban

ABONNÉS Stéphane Ramon, infirmier, Laure Meszoly, infirmière, et Adeline Sourbes, médecin, gèrent, avec Stéphanie Cordier, médecin (absente sur la photo) le CMSI de Montauban.Stéphane Ramon, infirmier, Laure Meszoly, infirmière, et Adeline Sourbes, médecin, gèrent, avec Stéphanie Cordier, médecin (absente sur la photo) le CMSI de Montauban. DDM – DDM MANUEL MASSIP

Santé,  Montauban,  Tarn-et-Garonne

Publié le 28/05/2022 à 13:01

https://www.ladepeche.fr/2022/05/24/un-centre-medical-de-soins-immediats-veut-desengorger-les-urgences-a-montauban-10315685.php

l’essentiel

Après des années de travaux, le pôle médical érigé dans le quartier de la Médiathèque, avenue du Père Leonid Chrol va bientôt ouvrir ses portes. À son rez-de-chaussée, un centre médical de soins immédiats finit de se préparer pour accueillir les patients. Celui-ci ouvrira le mercredi 1er juin, avec aux commandes, deux infirmiers et deux médecins.

Ils sont quatre, deux infirmiers et deux médecins, et veulent devenir le relais entre les médecins généralistes de la ville et les urgences hospitalières. Stéphane Ramon et Laure Meszoly, infirmiers, se sont ainsi associés à Adeline Sourbes et Stéphanie Cordier, médecins urgentistes, pour créer un CMSI, pour Centre médical de soins immédiats.

Adossés à CMSI France, une société de conseil, les quatre soignants se sont lancés dans cette aventure pour plusieurs raisons. « Nous avons fait un constat, tente de résumer Stéphane. Il y a un problème au niveau des urgences. Celles-ci sont engorgées. Coté médecins généralistes, ils ont souvent besoin de faire des radios, des sutures, des plâtres rapidement. Nous voulons être une solution technique pour eux et moyen pour désengorger les urgences ».

Pour les patients qui doivent avoir une réponse rapide, un soin immédiat, cela peut donc être une bonne alternative afin de ne pas avoir à attendre des heures aux urgences. « Ici, on traitera chaque patient en une heure », estime Stéphane en se basant sur l’expérience d’autres CMSI, déjà bien implantés et fonctionnels.

« Certains patients n’osent plus aller aux urgences à cause du temps d’attente », souligne en effet Laure Meszoly. « Notre cible, ce sont justement les patients qui ont des petites urgences, des plaies, de la petite traumatologie », ajoute Stéphane. Pas d’urgence vitale donc.

Pas de concurrence aux médecins, aux infirmiers ni aux urgences hospitalières

Si un patient requiert une hospitalisation, il sera réorienté. « Nous avons établi des liens avec la clinique du Pont de Chaume, l’hôpital de Montauban, où j’ai travaillé aux urgences, précise Adeline Sourbes. Nous avons un référent dans chaque spécialité afin de pouvoir les contacter si un patient a besoin de se faire hospitaliser ».

Pas question de traiter non plus les maladies chroniques, de renouveler des ordonnances ou de devenir médecin traitant. « On n’est pas là pour ça », soulignent-ils d’une même voix. 

Plusieurs boxes sont ainsi en train d’être finalisés. À l’intérieur, du matériel flambant neuf : chariot de médicaments, défibrillateur, électrocardiogramme. Et surtout, une salle de radiologie, la possibilité de faire des prélèvements biologiques et de les faire analyser rapidement grâce à un partenariat passé avec un laboratoire. Coût de l’investissement financé par les 4 associés : 550000 euros.

Pour le début, le centre ouvrira du lundi au vendredi de 9 heures à 19 heures, mais l’équipe n’exclut déjà pas une montée en puissance par la suite avec des ouvertures plus larges notamment le week-end. Ils espèrent être en mesure de recevoir 80 patients par jour, avec ou sans rendez-vous.

Derniers préparatifs avant l'ouverture au public mercredi 1er juin.
Derniers préparatifs avant l’ouverture au public mercredi 1er juin. DDM – DDM MANUEL MASSIP

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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