La filière psychiatrique va mal en France et la Haute-Garonne n’échappe pas à ce constat – Fermetures de lits et des urgences à l’antenne de Castres de l’hôpital psychiatrique de Lavaur

Haute-Garonne : l’alerte des médecins psychiatres sur le manque de moyensAux urgences de Purpan, il manque actuellement quatre postes de médecins psychiatres.

Aux urgences de Purpan, il manque actuellement quatre postes de médecins psychiatres. DDM illustration/archives – Laurent Dard

Santé,  Hôpital,  Toulouse

Publié le 14/06/2022 à 16:48 , mis à jour à 18:25

https://www.ladepeche.fr/2022/06/14/haute-garonne-lalerte-des-medecins-psychiatres-sur-le-manque-de-moyens-10364978.php

l’essentiel

La psychiatrie n’échappe pas à la crise que connaissent les hôpitaux. En Haute-Garonne,127 médecins psychiatres (sur les 150 de la filière publique du département) pointent le manque de moyens et la dégradation de la qualité des soins. Ils en appellent à une prise de conscience générale. 

La filière psychiatrique va mal en France et la Haute-Garonne n’échappe pas à ce constat. Déjà, à l’automne 2019, une centaine de psychiatres publics avaient alerté sur la situation. « Nous avons réactivé notre collectif au début de l’année, en voyant que les choses se dégradaient encore », précise un des membres, le Dr Nicolas Navarro, psychiatre-addictologue au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse. « Le grand public doit connaître la situation, notamment aux urgences psychiatriques », poursuit le médecin, signataire d’un communiqué aux côtés de 127 des 150 psychiatres de la filière publique de Haute-Garonne.

« Les urgences sont le premier symptôme de la souffrance du reste de la filière », résume le Dr Clémence Bichet, psychiatre aux urgences de Purpan (CHU de Toulouse) qui complète : « Les filières d’aval sont bouchées, les patients stagnent aux urgences ou en hospitalisation, et côté effectifs, on va devoir fonctionner avec des intérimaires cet été. On a de plus en plus de patients mais on n’a pas de plus en plus de lits et pas de plus en plus de médecins ». Des risques de violences, de fugues, de (sur) recours à la contention dans des pièces non prévues à cet effet, sont pointés par les signataires de cette tribune.

Quatre postes de psychiatres non pourvus aux urgences, la moitié des lits d’accueil fermés

Selon les chiffres du collectif, quatre postes de psychiatres sur les six nécessaires ne sont toujours pas pourvus aux urgences de Purpan, seul service de Haute-Garonne pour les urgences psychiatriques adultes (à partir de 15 ans). Ajouté au manque de personnel infirmier, 7 lits d’accueil sur 13 sont fermés depuis un an. Les psychiatres toulousains témoignent que « des patients attendent sur des brancards dans des salles de consultation ou dans des couloirs, parfois pendant plusieurs jours, avant d’être orientés sur un service d’hospitalisation habilité à les recevoir. Ces conditions sont inhumaines ». Les professionnels rappellent qu’ils doivent soigner des patients aux maux multiples (en crise suicidaire, en état d’agitation, en dépression sévère, parfois désorientés) et pouvant être de jeunes adolescents. La pédo-psychiatrie connaît aussi le même engorgement.

« La population doit être consciente que la qualité de soins s’est dégradée. On a beau être créatifs, très engagés, la situation est frustrante et violente pour nous et nos patients. Même si on ouvre des lits, on reste confronté à une inadéquation de moyens. La filière souffre d’un vrai problème d’attractivité. Pourtant, la santé mentale, c’est l’affaire de tous et on ne veut pas que la population le découvre au dernier moment », pose le Dr  Catherine Chaix, psychiatre à l’hôpital Marchant. En France, environ un tiers des postes de médecins psychiatres ne sont pas pourvus.

« Dès qu’on crée un dispositif, il est immédiatement saturé »

« Le déficit est tellement grand à tous les niveaux que dès qu’on crée un dispositif, il est immédiatement saturé. L’accès aux soins est un parcours du combattant pour les patients ; même les psychologues libéraux sont saturés. On est dans une situation de perte de chance. Pour un médecin, l’objectif est toujours d’éviter les urgences pour ses patients, de faire de la prévention, mais c’est de moins en moins possible et ça devient inquiétant », complète le Dr Melissa Belinga, pédo-psychiatre à la guidance infantile.
Les professionnels de la psychiatrie rappellent que les moyens pensés pour un bassin de population de 100 000 habitants n’ont pas bougé et s’appliquent désormais à un bassin de population de 200 000 habitants.

Communiqué de P

Tarn : menace sur l’unité psychiatrique de CastresSituée à côté du Chic, l’unité psychiatrique pourrait fermer./ DDM Br.M.

Située à côté du Chic, l’unité psychiatrique pourrait fermer./ DDM Br.M. 

Santé,  Castres,  Tarn

Publié le 15/06/2022 à 13:32

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&ved=2ahUKEwi5-JqvvLT4AhVDrxoKHf3KBIAQFnoECAgQAQ&url=https%3A%2F%2Fwww.ladepeche.fr%2F2022%2F06%2F15%2Ftarn-menace-sur-lunite-psychiatrique-de-castres-10367308.php&usg=AOvVaw2R5PbM_26OLLLlEdFYfXQN

Le personnel de l’unité psychiatrique implanté près du centre hospitalier de Castres-Mazamet mais qui dépend de l’hôpital de Lavaur est inquiet. « Après la fermeture temporaire de son service d’urgence, l’hôpital de Lavaur annonce maintenant la probable fermeture définitive des 25 lits d’hospitalisation de cette unité de psychiatrie suite au non-remplacement du départ à la retraite d’un des deux médecins psychiatres du secteur, affirme le collectif de l’équipe soignante de l’unité psychiatrique de Castres qui estime que cette fermeture serait « une perte inacceptable pour les habitants de notre bassin de vie, voire une mise en danger de la vie d’autrui ».

En effet ce service d’entrée intervient quais quotidiennement en cas de crise suicidaire ou de dépression, en plus de la prise en charge d’autres pathologies psychiatriques dont notamment la géronto-psychiatrie ». Et le collectif n’imagine pas un éventuel rapatriement d’une partie des lits sur le site de Lavaur. « Ce service, ainsi que ceux de l’hôpital de Lavaur, étant pour la plupart du temps saturé, on ne peut que s’inquiéter du devenir des patients nécessitant une hospitalisation en secteur psychiatrique et des répercussions que cela ne manquera pas d’avoir sur le quotidien des habitants du sud-Tarn. »

Et l’équipe soignante peut compter sur le soutien de la CGT dans leur combat pour le maintien de cette unité à Castres ainsi que du maire Les Républicains de Lavaur Bernard Carayon en sa qualité de président du conseil de surveillance du centre hospitalier de Lavaur. « L’hôpital de Lavaur étend son activité psychiatrique au secteur de Castres depuis longtemps. Faute d’un encadrement médical suffisant, un médecin parti à la retraite n’ayant pas été remplacé, cette activité doit être transférée à Lavaur. Je demande qu’une solution médicale castraise soit recherchée, dans l’urgence, avant tout déménagement de cette activité, et j’exige que toute garantie soit apportée à la qualité de soins des patients. Ceux-ci ne peuvent être les victimes d’une politique qui n’a pas anticipé les besoins médicaux de la population et qui s’est soldée, de surcroît, par la fermeture en France, depuis cinq ans, de plus de 17 000 lits », affirme l’élu.

Lavaur. Hôpital : La fermeture de l’UPC de Castres évitée

ABONNÉSL’hôpital vauréen est toujours en alerte.Photo DDM, J-C CL’hôpital vauréen est toujours en alerte.Photo DDM, J-C C

Santé,  Lavaur

Publié le 15/06/2022 à 05:10

https://www.ladepeche.fr/2022/06/15/hopital-la-fermeture-de-lupc-de-castres-evitee-10366349.php

La menace de fermeture de l’unité psychiatrique de Castres (UPC) dès le 15 juin et qui serait transférée au Centre Philippe-Pinel de Lavaur, dont elle dépend – en raison d’un défaut de médecin ! – n’a de cesse de faire des remouds.

« C’est une nouvelle illustration du désastre que vivent l’hôpital public et ses soignants dans notre pays ! » fustige Bernard Carayon, maire de Lavaur et président du conseil de surveillance du Centre Hospitalier de la ville. « Les urgences de nuit vont à nouveau fermer à Lavaur, comme dans 120 autres services d’urgences en France, comme au CHU de Bordeaux. Et je ne parle pas des 50 000 Tarnais, au moins, qui vivent dans un désert médical. »

Le président du conseil de surveillance a reçu une délégation du personnel et saisi aussitôt après la direction du Centre Hospitalier de Lavaur, le directeur départemental de l’ARS et le directeur général du CHU de Toulouse, auquel l’hôpital est marié. « J’ai exprimé mon refus catégorique d’une fermeture, notamment le 15 juin. J’ai demandé qu’une solution médicale soit recherchée immédiatement pour pérenniser cette unité, si bénéfique pour les patients, et si logique, puisque l’essentiel de ceux-ci viennent du bassin de Castres-Mazamet, que nos lits sont déjà saturés et que les frais de transport seraient considérables » rappelle Bernard Carayon qui confie : « J’ai obtenu l’assurance que cette fermeture ne soit plus à l’ordre du jour et je m’en réjouis. Mais il faut rester mobilisés, et continuer à chercher des solutions de consolidation locale ».

Si la fermeture à court terme semble évitée, les problèmes structurels quant à eux demeurent.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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