Le programme du MEDEF pour la santé: simplifier les procédures pour faciliter le lancement des innovations (avec l’intelligence artificielle, la témédecine…), rendre le secteur lucratif hospitalier à parité avec le public, afin de faire le plus de profits possibles (ce dernier point n’est pas dans le programme officiel !)

Le Medef fournit un programme santé « pleinement opérationnel » dès ce 1er juin

Publié le 31/05/22 – 12h36

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Dans une logique de complémentarité public-privé, le rapport élaboré par le comité acteurs de santé du Medef insiste en particulier sur deux priorités d’action pour parer au plus pressé et passer l’été : le recrutement et les financements.

« Un même patient, un même soin, un même devoir, un même financement. » À travers ce « socle identitaire » lancé le 25 mai par le président de la FHP, Lamine Gharbi, le comité acteurs de santé mis en place par le Mouvement des entreprises de France (Medef) pour se pencher sur les priorités des débuts du nouveau quinquennat en matière de santé a dévoilé sa copie, centrée sur six objectifs principaux (lire l’encadré). Avec ce rapport « suffisamment riche et dense » coconstruit par quatre groupes de travail (à télécharger ci-dessous), il s’agit pour le porte-parole de l’hospitalisation privée d’être à même de proposer au Gouvernement « un programme santé pleinement opérationnel dès le 1erjuin » alors que « trois mois extrêmement difficiles à vivre » s’annoncent.

Cesser les « querelles de clocher« 

À court terme et pour parer au plus pressé, autrement dit pour passer l’été, les pouvoirs publics sont incités à « réconcilier » les secteurs public et privé et arrêter de « stigmatiser » la médecine libérale, sur fond de crise sur l’accès aux urgences et plus largement aux soins non programmés. « L’injonction et l’obligation ne marchent pas« , a insisté le responsable de la FHP, n’y voyant qu’un « vœu pieu« . Dans ces conditions, impossible d’attendre des états généraux, une constituante ou autre convention des parties prenantes. Il convient dans ces conditions de « repenser la gouvernance » du système de santé, afin de mettre un terme aux « querelles de clocher » par un « pilotage plus territorialisé par les ARS« , si possible au niveau du département, dans une logique de « complémentarité et de coordination » entre les établissements de santé public et privé. À l’échelon national, il revient à l’État de recentrer son action sur la définition à cinq ans des priorités en matière de santé publique et de prévention.

Cela suppose que les ARS « cessent d’assurer à la fois la gestion de l’hôpital public et la régulation de toute l’offre de soins pour recentrer leurs missions sur cette régulation équilibrée des acteurs de tous statuts sur les territoires« . À charge pour elles d' »organiser une réelle coopération des acteurs privés et publics sur le terrain, quel que soit le statut« , et ceci par le biais de contrats d’objectifs partagés en santé par bassin de santé qui fassent entre autres « primer la mission sur le statut« . Le pilotage de cette « coopération équilibrée » reposerait sur « des indicateurs de qualité et de pertinence largement partagés et établis par les professionnels pour promouvoir le déploiement des meilleurespratiques« . En parallèle, cela implique de : garantir une « pluriannualité des financements » pour améliorer la visibilité des acteurs ; favoriser la transition du financement à l’acte au paiement à l’épisode de soins voire au parcours ; développer la voie de la contractualisation entre acteurs du soin et du financement ; de pallier la hausse des coûts liés à l’inflation et aux prix de l’énergie, « y compris leur impact sur le volet social« .

Une « dynamique d’ascenseur social« 

Par ailleurs, le comité réclame instamment « un plan pour l’emploi dans le secteur de la santé » soutenant le recours à l’alternance dans les filières du soin, tout particulièrement pour certaines professions réglementées (par exemple les infirmiers spécialisés), et prorogeant defacto les aides adhoc. En parallèle les dispositifs de formation pour « optimiser l’évolution professionnelle et contribuer à une dynamique d’ascenseur social » doivent être assouplis. C’est entre autres l’idée de : mutualiser les fonds de la formation professionnelle vers les besoins en compétences des établissements ; de faciliter les modalités d’abondement du compte personnel de formation par les entreprises ; de simplifier le dispositif de validation des acquis de l’expérience (VAE) « notamment pour les aides-soignants » ; de sécuriser les clauses de dédit-formation pour les métiers en tension…

De même, le secteur privé souhaiterait pouvoir recruter plus facilement des salariés en transition, ce qui passe là encore par une simplification administrative du dispositif, ainsi qu’un « allègement des charges salariales ou du crédit d’impôt pour tout recrutement d’un salarié engagé dans un parcours de transition ou reconversion professionnelle« . En outre, cela nécessite également d’allonger la durée maximale des préparations opérationnelles à l’emploi des demandeurs d’emploi désireux de se réorienter vers les métiers de la santé. Plus largement, le ministère de la Santé et de la Prévention gagnerait à intégrer dans son fonctionnement un « véritable pilotage des enjeux métiers » et à ce titre à adopter un « programme prévisionnel de gestion des emplois et des compétences » permettant d’anticiper les évolutions et d’appuyer les reconversions.

Les six priorités d’action :

  • adopter un plan pour l’emploi dans le secteur de la santé, répondant aux besoins des territoires ;
  • repenser la gouvernance du système de santé au niveau national et sur le territoire pour passer d’une approche fondée sur l’offre à une approche fondée sur les besoins ;
  • réviser les modalités de financement pour garantir la qualité et pertinence des soins dans une approche centrée sur la prévention et accompagnant l’innovation ;
  • positionner l’innovation en santé et son financement comme un enjeu stratégique ;
  • conférer à la souveraineté sanitaire une priorité stratégique ;
  • tirer les leçons de la pandémie due au Covid-19 pour anticiper les prochaines crises sanitaires.
Liens et documents associés

Thomas Quéguiner, à Paris

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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