La certification haute valeur environnementale ce n’est pas le bio: l’Europe critique vertement la France

Le marché du bio ralentit en raison de l’inflation et des labels trompeurs

En 2021, le chiffre d’affaires du secteur a baissé de 1,34 %, du fait d’une chute des ventes dans les grandes surfaces alimentaires. La distribution en vente directe, elle, progresse fortement. 

Par Laurence GirardPublié hier à 14h00, mis à jour hier à 14h03  

Temps de Lecture 8 min. 

https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/06/10/face-a-l-inflation-et-aux-labels-trompeurs-le-marche-du-bio-ralentit_6129715_3234.html

Le rayon des fruits et légumes bio dans un hypermarché du Val-d’Oise, le 7 mars.
Le rayon des fruits et légumes bio dans un hypermarché du Val-d’Oise, le 7 mars.  ARTHUR NICHOLAS ORCHARD / HANS LUCAS VIA AFP

Partez à la découverte des producteurs bio de votre région ! C’est le mot d’ordre lancé par les promoteurs de cette agriculture respectueuse de l’environnement, organisateurs de l’événement Le Printemps bio, qui se déroule jusqu’au 19 juin sur l’ensemble du territoire. L’occasion de sensibiliser le public à ce qui fait l’essence même du bio. Un rendez-vous annulé deux fois, pandémie de Covid-19 oblige. Or, plus que jamais, les acteurs de cette filière ont besoin de réexpliquer leur différence, comme l’arrêt pur et simple de l’usage des pesticides et engrais de synthèse, alors que le lien semble s’être un peu distendu avec le consommateur.

Dans les magasins, l’appétit des Français pour les produits estampillés de la fleur blanche sur fond vert se fait moins vorace. Après des années de croissance à deux chiffres, leur consommation a connu un soudain coup d’arrêt en 2021. Selon les chiffres publiés, vendredi 10 juin, par l’Agence Bio, les Français ont déboursé 12,65 milliards d’euros en 2021 pour s’acheter des aliments de ce type dans les magasins. Un montant en retrait de 1,34 % sur un an. En ajoutant la part de la consommation bio dans les cantines et les restaurants, le total atteint 13,26 milliards d’euros. « Nous avons perdu 68 millions d’euros sur 13 milliards en 2021, quand 5 milliards d’achats alimentaires ont disparu sur cette même période. Ce n’est pas très grave », relativise Laure Verdeau, directrice de l’Agence Bio, qui s’étonne d’avoir « entendu des voix annoncer la fin du bio ». « C’est surréaliste. »

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Il est vrai que les chiffres disponibles jusqu’alors étaient ceux de la grande distribution, où la décélération a été la plus brutale. « Les produits alimentaires bio ont fini l’année 2021 sur une baisse en valeur dans les grandes surfaces de 3,6 % comparée à 2020, tandis que l’ensemble des produits alimentaires a terminé à − 0,4 %. Le poids du bio au sein des produits de grande consommation est passé de 5,7 % du chiffre d’affaires en 2020 à 5,5 % en 2021 », estime Emily Mayer, de l’institut d’études IRI, qui scrute les achats des Français en magasin.

Elle précise que des signes avant-coureurs d’un ralentissement de ce marché, jusqu’alors très dynamique, étaient percep­tibles dès 2019. Néanmoins, l’irruption de la crise sanitaire, avec le bouleversement du confinement, a brouillé, un temps, les repères de consom­mation. La rupture est ­finalement apparue au grand jour en avril 2021, avec un passage en territoire négatif

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Pour expliquer ce changement de tendance, elle met en exergue le coup d’arrêt à l’extension de l’assortiment de produits bio dans les rayons. Un déploiement massif lié à la conversion des entreprises agroalimentaires, chacune déclinant ses marques avec le label bio, appâtée par un marché lucratif. Après l’effervescence, certains groupes se font plus sélectifs et le nombre de références ne croît plus, voire se réduit. L’Agence Bio estime ce recul à 5 % entre janvier 2021 et janvier 2022.

Autre élément perturbateur, industriels et grande distribution ont choisi de mettre en avant d’autres labels, comme la haute valeur environnementale (HVE), le sans résidu de pesticides, le sans nitrite ou la notion de produits locaux pour attirer le chaland, des démarches moins contraignantes que le bio, mais bénéficiant d’un fort soutien promotionnel.

« Un cercle vicieux »

Dans les réseaux de distribution spécialisés, la baisse du chiffre d’affaires, là encore inédite, est toutefois moins prononcée, et se chiffre à − 1,8 %, selon l’Agence Bio. La bonne surprise vient des commerçants-artisans et de la vente directe, où l’activité continue à progresser, avec des évolutions respectives de + 7 % et + 8%. « La distribution alimentaire bio est plus fragmentée. La grande distribution pèse 50 %, les réseaux spécialisés 27 % et le reste se répartit entre les commerçants-artisans et la vente directe »,précise Mme Verdeau.

Toutefois, dans les grandes enseignes de distribution, la tendance n’est pas au redressement. « L’année 2022 a démarré durement, et le sujet du bio ne va pas en s’améliorant. Le chiffre d’affaires des produits alimentaires bio est en baisse de 7,4 % sur les quatre premiers mois de l’année par rapport à la même période de 2021, quand l’ensemble des produits de grande consommation alimentaires est à − 1,7 % en grandes surfaces »,affirme Mme Mayer.

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A ce tableau déjà sombre s’ajoute la touche inflationniste. Un point essentiel vient s’immiscer depuis peu dans la réflexion du consommateur. D’après l’institut d’études CSA, qui sonde les Français tous les mois, le pouvoir d’achat est devenu un sujet d’inquiétude majeur, devançant, depuis le mois de février, la santé et l’environnement. Alors que la hausse des prix sévit dans les rayons des supermarchés, chacun s’interroge sur les arbitrages budgétaires des ménages. Ils n’épargneront pas l’assiette du consommateur et pourraient pénaliser le bio. « La consommation des produits bio est en berne. C’est lié au porte-monnaie. Dans un contexte d’inflation, réelle ou ressentie, les gens ne sacrifient pas les vacances, les loisirs. Ils jouent sur l’alimentation », relève Benoît Drouin, éleveur de volailles bio de Loué à Rouez-en-Champagne (Sarthe).

« Ce contexte nous pénalise avec notre réputation de produire des aliments chers », analyse Philippe Camburet, céréalier bio dans l’Yonne et président de la Fédération nationale d’agriculture biologique

« La psychose s’installe sur le pouvoir d’achat. Or l’agriculture bio française ne dépend que du marché français. On a tendance à surinterpréter des signes d’inflation. C’est un cercle vicieux, tout augmente et l’inquiétude monte. Ce contexte nous pénalise avec notre réputation de produire des aliments chers », analyse de son côté Philippe Camburet, céréalier bio dans l’Yonne et président de la Fédération nationale d’agriculture biologique.

Et pourtant, comme le souligne M. Camburet, l’inflation est surtout forte sur les produits agricoles conventionnels et moindre sur le bio, d’où un écart de prix qui se réduit : « Pour les céréales, l’écart de prix payé au producteur n’est plus que de 10 %, contre 35 % à 40 % avant la flambée des cours mondiaux. » « La volaille Label rouge coûte 25 % à 30 % de plus, elle est à 7 euros le kilo, contre 9 euros le kilo pour une volaille bio », affirme M. Drouin, qui ajoute que, « pour les œufs, c’est un peu différent ». « L’œuf bio est un produit d’appel de la grande distribution, et son prix est souvent comparable à celui du Label rouge. »

Manque de soutien de l’Etat

Ce moindre écart joue un rôle d’amortisseur pour la filière laitière, l’une des plus secouées par le coup de mou du marché du bio. « Pour l’instant, le marché du lait bio ne s’améliore pas. Nous avons commencé à sentir des tensions fin 2020. Mais c’est surtout depuis un an que la consommation n’est plus au niveau de la production. D’autant que la collecte de lait bio a continué à progresser. Ce que l’on n’a pas vu venir, c’est que la croissance des achats est passée de 15 % à 0 % en deux ans », raconte Ludovic Billard, éleveur dans les Côtes-d’Armor et président de Biolait.

Cette coopérative historique, qui collecte le lait bio auprès de 1 400 fermes sur l’ensemble du territoire national, n’a pas eu d’autre choix que de déclasser le lait bio et de le vendre en conventionnel. En 2020, 10 % des volumes ont été concernés, un taux passé à 20 % en 2021, mais la perte a été identique car le prix du lait conventionnel a, entre-temps, été revalorisé. Résultat, le prix payé à l’éleveur bio a baissé. « Il était en moyenne de 470 euros la tonne avant 2020 et est passé à 450 euros la tonne », précise M. Billard. Les autres grands acteurs sur ce marché comme Lactalis, Sodiaal ou Agrial ont fait de même et ont stoppé les conversions de nouveaux agriculteurs vers le bio.

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Dans le secteur de l’œuf et de la volaille bio, qui s’est également retrouvé frappé par un déséquilibre entre l’offre et la demande, estimé entre 10 % et 15 %, un autre événement a changé la donne : l’influenza aviaire. Cette crise sanitaire sans précédent pour la filière avicole a non seulement touché les canards du Sud-Ouest, mais aussi les poulets de la Vendée et des Pays de la Loire. Sans distinction de labels. « Avec le passage à risque modéré de grippe aviaire sur l’ensemble du territoire, on va pouvoir remettre en place des animaux. On doit tenir compte de cette déconsommation du bio. Nous savons très bien que la valorisation dépend de la maîtrise des volumes », explique Benoît Drouin.

« On a l’impression que le lobby de l’ultraproductivisme prend la main. Cela s’est encore intensifié avec la guerre en Ukraine », s’insurge Stéphanie Pageot, une éleveuse laitière

Face aux difficultés rencontrées par les agriculteurs bio pris à contre-pied par l’arrêt brutal de la croissance, la plupart s’interrogent sur le manque de soutien de l’Etat. « Il n’y a pas de volonté politique de développer l’agriculture bio. Dès qu’il y a une crise de marché dans une filière agricole, les aides sont là. Nous avons eu droit à 400 000 euros, alors que les autres touchent des dizaines de millions. C’est un peu révoltant, s’insurge Stéphanie Pageot, une éleveuse laitière. Depuis la mandature d’Emmanuel Macron, les arbitrages sont mauvais pour le bio. On a l’impression que le lobby de l’ultraproductivisme prend la main. Cela s’est encore intensifié avec la guerre en Ukraine. »

Elle cite les déclarations d’Erik Fyrwald, le directeur général de l’agrochimiste Syngenta, publiées dans le journal suisse Neue Zürcher Zeitung am Sontag, le 8 mai, appelant à arrêter l’agriculture biologique dans un contexte de risque de crise alimentaire. Or, selon Laure Verdeau, directrice de l’Agence Bio, « la guerre en Ukraine rend la question de la souveraineté en engrais de synthèse inquiétante. Les 13 % des agriculteurs qui sont en bio ne sont pas exposés à la flambée de leurs prix, car eux n’en utilisent pas. Le bio a donc toute sa place parmi les solutions de résilience alimentaire ».

Dynamique de conversion toujours forte

« Il ne faut pas décourager les jeunes à s’installer en bio, alors que le renouvellement des générations est un sujet-clé en agriculture. Ni inciter les agriculteurs à la déconversion », ajoute-t-elle. En 2021, la dynamique de conversion était toujours forte, avec une progression du nombre de fermes bio en France de 10 %, à 58 413. Ce qui représente 13,4 % du total des exploitations agricoles. Le taux de déconversion n’a que très peu évolué, passant de 4,02 % à 4,17 % en un an. En termes de surfaces, la hausse a été de 9 % et le cap des 10 % de la surface agricole utile en bio a été franchi.

L’un des grands enjeux aujourd’hui est d’assurer le financement de l’agriculture biologique dans la prochaine politique agricole commune (PAC), pour les années 2023-2027. La France a élaboré son plan stratégique national (PSN), déclinaison de la PAC à l’échelle du pays, et l’a soumis à Bruxelles. Dans sa réponse, la Commission s’est interrogée sur les ambitions françaises en matière d’agriculture biologique. Elle estime que la décision du gouvernement français de supprimer l’aide au maintien, qui prenait le relais de l’aide à la conversion, « engendre un manque à gagner pour les agriculteurs, la souscription à l’écorégime étant beaucoup moins rémunératrice », et elle considère « que cet arrêt de financement présente un risque de déconversion à partir de 2023 ».

Bruxelles a ainsi demandé à la France, qui avait choisi de mettre au même niveau de rémunération « verte » le bio et la certification HVE, de revoir sa copie. De plus, elle considère que les moyens financiers engagés dans le PSN ne permettront pas d’atteindre l’objectif de 18 % de surface agricole utile en bio à l’horizon 2027 que s’est fixé le pays

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L’autre grand sujet est la redynamisation de la consommation pour retrouver un équilibre avec la production. L’Agence Bio vient de lancer une campagne de communication collective, cofinancée par l’Etat et les interprofessions, dotée d’un million d’euros. « Il nous faudrait un budget cinq à dix fois supérieur pour communiquer régulièrement », estime Mme Verdeau. Biolait a choisi de signer les produits élaborés avec le lait collecté par ses soins d’un logo « Il lait là », pour que sa démarche soit mieux identifiée par les consommateurs.

L’enjeu est également de faire croître la part de produits bio dans les cantines et la restauration collective. Dans la loi EGalim2, adoptée en 2021, le seuil de 20 % d’aliments sans produit phytosanitaire a été fixé. Les agriculteurs bio souhaiteraient que la loi soit appliquée pour profiter de ces précieux débouchés. Et, qui sait, renouer avec la croissance…

Laurence Girard

Agriculture : la certification haute valeur environnementale tente de cannibaliser le label bio

La Commission européenne s’émeut du fait que la norme HVE offre le même niveau de rémunération que le bio, alors que son cahier des charges est nettement moins contraignant. 

Par Laurence GirardPublié hier à 10h31  

Temps de Lecture 3 min. https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/06/10/agriculture-la-certification-haute-valeur-environnementale-tente-de-cannibaliser-le-label-bio_6129669_3234.html

Mettre sur un pied d’égalité le label bio et la certification haute valeur environnementale (HVE). C’est la proposition faite par le gouvernement pour répartir les subventions européennes censées améliorer les pratiques environnementales de l’agriculture française et, partant, accéder aux écorégimes dans le cadre de la future politique agricole commune (PAC) sur la période 2023-2027.

Elle a été vertement critiquée par Bruxelles, qui a demandé à la France de revoir sa copie – en l’occurrence le plan stratégique national (PSN), déclinaison de la PAC à l’échelle de l’Hexagone. Dans sa réponse à l’envoi du PSN, fin mars, la Commission notait « avec préoccupation » que le label HVE offrirait un même niveau de rémunération que l’agriculture bio, « alors que [son] cahier des charges est beaucoup moins contraignant ». Elle ajoutait : « Dans ce contexte, il est demandé à la France soit de reporter l’inclusion des options d’accès à l’écorégime par la certification HVE (…) soit de suspendre ces options dans le PSN. »Lire aussi   La certification agricole « HVE » sous le feu d’une nouvelle critique

Les tenants de l’agriculture bio sont également montés au créneau pour dénoncer ce choix controversé, dès sa présentation, il y a un an. Le ministère de l’agriculture avait alors indiqué son intention de réviser les conditions d’accès au HVE pour renforcer sa crédibilité. La prise de position de Bruxelles et un calendrier qui se resserre semblent accentuer la pression. Une réunion en plénière de la Commission nationale de la certification environnementale chargée de discuter du sujet s’est tenue, mercredi 8 juin.

Amender le référentiel

« La certification HVE a été créée par l’Etat dans le cadre du Grenelle de l’environnement, en 2007, mais elle est restée lettre morte pendant longtemps », raconte Jean-Jacques Jarjanette, président de l’Association HVE, qui ajoute : « Dans le cadre des vignerons indépendants, nous avons exhumé cette démarche, qui a commencé à prospérer dans la filière viticole. A l’époque, 40 % des adhérents étaient en bio. On a voulu avoir une certification pour ceux qui n’iraient jamais vers le bio. » Etape-clé, en 2015, le ministère de l’agriculture définit le logo.

Mais c’est depuis quatre ans environ, alors que les discussions sur la future PAC, censée être plus « verte », s’engageaient, que cette certification est mise en avant, avec, comme chef de file, le syndicat FNSEA. L’association HVE a d’ailleurs vu le jour à cette époque. « La FNSEA a estimé que cette certification était facile d’accès et pouvait être obtenue sans vraiment changer les pratiques », souligne Cécile Claveirole, membre de France Nature Environnement. A la suite de cette impulsion, 19 200 exploitations possédaient le label HVE au 1er juillet 2021, selon le dernier pointage du ministère de l’agriculture.

Aujourd’hui, deux voies sont définies pour décrocher le sésame. La voie B tient compte des infrastructures agroécologiques sur l’exploitation et fixe un ratio prix des intrants (engrais et pesticides) sur chiffre d’affaires qui doit être inférieur à 30 %. Cette voie, très critiquée – plus les vignobles étaient prestigieux, plus il leur était facile d’atteindre ce ratio, par exemple –, devrait être abandonnée. La seconde voie, dite A, s’appuie sur une batterie d’indicateurs répartis en quatre thématiques : les phytosanitaires, la biodiversité, la gestion de l’eau et la fertilisation.

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Les discussions sont donc en cours pour amender ce référentiel. Les ONG demandent entre autres l’interdiction de l’usage des pesticides dits CMR, classés dans les substances chimiques cancérogènes. Le gouvernement avait mandaté l’Office français de la biodiversité pour étudier l’impact environnemental de la HVE et guider ainsi la réflexion. Sauf que le résultat de l’étude n’a toujours pas été publié et n’est pas attendu avant la fin du mois de juin.

Autre point délicat : cette certification comprend trois niveaux. Normalement, seul le niveau 3 donne accès au logo HVE. Mais dans la loi Egalim2, adoptée en 2021, il a été établi que les produits provenant d’une exploitation ayant atteint le niveau 2 pouvaient entrer dans la catégorie des produits certifiés bio, label rouge ou HVE, dont la part doit atteindre 50 % dans les commandes des cantines et de la restauration collective publique. « Nous avons validé la certification niveau 2 d’un élevage de veaux en batterie où les animaux ne voient pas de pâturage. Il n’y a pas d’exigence environnementale »,témoigne Mme Claveirole.

« Deux segments distincts »

Aux yeux des consommateurs, cette dénomination de haute valeur environnementale peut donc être trompeuse. Car elle ne signifie pas que l’agriculteur a cessé d’utiliser des pesticides et des engrais de synthèse, mais plutôt qu’il a installé une ruche, un nichoir à chauve-souris ou planté une haie. « La HVE est la certification de l’agriculture conventionnelle. Personne ne vise le grand soir. Elle n’a pas du tout la même ambition que le bio. Ce sont deux segments distincts », affirme M. Jarjanette.

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Si donc, le bio et la HVE n’ont rien de comparable et que le label bio, par ses exigences, offre des garanties bien supérieures de respect et de protection de l’environnement, les agriculteurs qui ont choisi ce chemin plus « vert » mais aussi plus escarpé doivent être rémunérés pour leurs efforts.

Sous l’injonction de Bruxelles, le gouvernement semble prêt à amender le PSN et à verser une part plus valorisée de l’écorégime aux agriculteurs bio. « Le ministère va introduire une différence de rémunération et de reconnaissance entre le bio et la HVE. Le principe est acté. Mais il faut que ce soit substantiel. Nous ne nous contenterons pas de queues de cerise », conclut Philippe Camburet, président de la Fédération nationale d’agriculture biologique.

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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