Les ministres du climat, de l’énergie et de l’environnement du G7 se sont engagées à décarboner la majorité de leur secteur électrique d’ici à 2035

Les ministres du G7 arrachent des avancées pour le climat

Les sept grandes puissances se sont engagées à décarboner la majorité de leur secteur électrique d’ici à 2035, et à ne plus financer des projets d’énergies fossiles à l’étranger avant la fin de l’année. 

Par Audrey Garric Publié aujourd’hui à 04h37, mis à jour à 09h06  

Temps de Lecture 4 min. 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/05/28/les-ministres-du-g7-arrachent-des-avancees-pour-le-climat_6127962_3244.html

Ils ont voulu adresser une réponse commune à la « triple crise globale » du dérèglement climatique, de l’érosion de la biodiversité et de la pollution. Réunis à Berlin les jeudi 26 et vendredi 27 mai, les ministres du climat, de l’énergie et de l’environnement du G7 ont décroché des avancées dans la lutte contre ces périls dus aux activités humaines, qui « entraînent de graves répercussions sur la planète, les vies et les moyens de subsistance ».

Les sept grandes puissances (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) se sont engagées, pour la première fois, à décarboner la « majorité » de leur secteur électrique d’ici à 2035. Pour atteindre cet objectif, les pays promettent de « soutenir une accélération de la sortie mondiale du charbon », la principale cause du réchauffement climatique, et de « développer rapidement les technologies et les politiques nécessaires à la transition vers une énergie propre », comme ils le notent dans leur communiqué commun.

« Cette décision représente une avancée majeure », se félicite David Ryfisch, responsable des politiques internationales de l’ONG allemande Germanwatch. Dans le contexte géopolitique actuel « tendu » de guerre en Ukraine et de flambée des prix de l’énergie, ce groupe de nations, responsable de plus d’un quart des émissions de gaz à effet de serre de la planète, « s’est clairement prononcé en faveur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique plutôt que des énergies fossiles », estime-t-il.

« Le charbon, c’est terminé »

Stéphane Crouzat, l’ambassadeur climat de la France, note une évolution sémantique prouvant que « les Etats considèrent de plus en plus que le charbon, c’est terminé ». Pour la première fois, le texte évoque la « sortie » du combustible, quand il parlait de« transition », l’an dernier. A la 26e conférence des Nations unies sur le climat (COP26), en novembre 2021, à Glasgow, les pays s’étaient seulement engagés à une « diminution » de cette énergie.

Aucune date n’est toutefois précisée pour la fin du charbon et la notion de « majorité » du secteur électrique reste floue. « Mais cette décision signifie, en pratique, que les pays devront en sortir d’ici à 2030 au plus tard », estime Luca Bergamaschi, directeur du think tank italien ECCO. Les chefs d’Etat et de gouvernement du G7 « doivent s’y engager formellement », lors de leur sommet fin juin, appelle l’expert. A ce stade, seul le Japon n’a pas de plan de sortie de cette énergie, dont il dépend fortement : elle devrait encore représenter 19 % de son mix électrique en 2030.

Le G7 a également promis de mettre fin aux investissements publics directs dans le pétrole, le gaz et le charbon, à l’étranger, d’ici à la fin de cette année, lorsque ces projets ne sont pas adossés à des techniques de capture du carbone. Une annonce arrachée grâce à un revirement du Japon, deuxième pourvoyeur mondial de financement public aux énergies fossiles, qui bloquait de longue date cette décision. Une quarantaine de pays et d’institutions, dont les autres membres du G7, avaient déjà franchi le pas lors de la COP26.

Des promesses à concrétiser « de toute urgence »

« Cette confirmation est une victoire, alors que certains pays laissaient penser qu’ils pourraient faire marche arrière en réalisant de nouveaux investissements dans le gaz »,pour s’émanciper de la Russie, réagit Laurie van der Burg, chargée de campagne finances publiques à l’ONG Oil Change International. Ces promesses doivent maintenant être« concrétisées de toute urgence », appelle-t-elle, en transférant vers les énergies vertes les 33 milliards de dollars annuels (30,7 milliards d’euros) consacrés par le G7 au financement des combustibles fossiles à l’étranger.

S’il y a une vraie « reconnaissance du problème et des solutions », certains Etats s’arrogent des « passe-droits », dénonce toutefois Eddy Perez, directeur de la diplomatie climatique au Climate Action Network Canada. La décision sur la finance internationale prévoit en effet des exceptions dans des « circonstances limitées, définies par chaque Etat et cohérentes avec la limitation du réchauffement climatique à + 1,5 °C ».

Parmi les autres annonces, les grandes puissances se sont engagées à parvenir à un secteur routier « fortement décarboné », d’ici à 2030, notamment en « augmentant considérablement la vente, la part et l’adoption de véhicules “zéro émission” » –, sans toutefois définir de cibles précises. « Le Japon, en raison de la pression exercée par Toyota, a été le principal obstacle à l’obtention d’un résultat plus fort, comme la fin de vente des véhicules thermiques en 2035 », précise David Ryfisch.

Reconnaissant avec « inquiétude » qu’il existe un écart entre les objectifs climatiques et les engagements des Etats, le G7 s’engage à accroître ses efforts (en augmentant par exemple les objectifs sectoriels ou sur le méthane) et appelle les autres Etats à soumettre de nouveaux plans climat alignés avec l’accord de Paris, avant la COP27, qui se tiendra en Egypte, en novembre.

Avancée notable, le G7 reconnaît, pour la première fois, qu’il doit renforcer l’aide financière aux pays vulnérables, pour faire face aux pertes et dommages, ces dégâts irréversibles causés par le dérèglement climatique (cyclones, etc.). « C’est un tournant après plus d’une décennie de déni, applaudit David Ryfisch. Il faut maintenant que cela se traduise en espèces sonnantes et trébuchantes. » Les sept pays développés désirent également établir des partenariats financiers pour aider certains pays en développement ou émergents à réaliser leur transition énergétique, à l’image de l’accord trouvé avec l’Afrique du Sud, en novembre 2021. Des discussions ont été engagées entre les pays riches et l’Indonésie, le Vietnam, le Sénégal ou l’Inde.

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Sur le front de la biodiversité, dont il s’inquiète de l’érosion « rapide », aux « impacts dramatiques », le G7 a appelé à tenir cette année la conférence mondiale sur la biodiversité (COP15) – plusieurs fois repoussée par la Chine – et à adopter un nouveau cadre mondial pour mettre un terme à l’extinction de masse d’ici à 2030. Le groupe s’est engagé à augmenter considérablement les finances nationales et internationales, y compris publiques, pour la nature d’ici à 2025. Enfin, les sept puissances ont promis de protéger la biodiversité en haute mer et de lutter contre la pollution plastique avant la conclusion d’un accord mondial contraignant sur la question.

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Audrey Garric

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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