Publié le 16/05/2022
La PMI est-elle en voie de disparition ?

Paris, le lundi 16 mai 2022
– Fin 2019, 12 300 professionnels sont employés dans les services de Protection maternelle et infantile (PMI). Ils représentent 10 600 équivalents temps plein (ETP).
Ces chiffres bruts masquent, selon une enquête de la DREES *(Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques), une diminution régulière des effectifs dans ces centres depuis 2010 (-0,3 % par an en moyenne entre 2010 et 2019 et -0,4 % entre 2016 et 2019).
Cette légère décrue ne concerne ni les puéricultrices (+ 1,1 % par an entre 2010 et 2017) ni les infirmiers (stables), ni les conseillers conjugaux et familiaux (stables) et les sage-femmes (+ 1,3 % en moyenne par an au cours de la décennie). Non, ce sont les effectifs des médecins qui sont en net recul, mettant en danger toute la structure.
Ils ont ainsi baissé de près d’un quart depuis 2010 (soit -3,0 % par an en moyenne), et cela s’accentue (- 5 %/an entre 2016 et 2019). Plus précisément, pour 57 départements, cette diminution est d’au moins 10 % et de 30 % ou plus pour 18 d’entre eux.
Très faible rémunération des médecins de PMI
Cette chute des effectifs médicaux s’expliquerait en particulier par des difficultés de recrutement liées à des salaires trop faibles. Ainsi, hors prime et indemnités les médecins recrutés en PMI sont payés 2 160 € brut par mois en début de carrière. Autant dire que le poste relève du sacerdoce.
Certains départements déclarent ainsi ne plus réussir à recruter, avec jusqu’à 50 % de postes vacants dans certaines PMI. Le phénomène allant croissant avec le départ à la retraite de nombreux praticiens comme le dénonçait un rapport de 2019 de la députée Michèle Peyron qui appelait à agir pour « sauver les PMI ».
Conséquence de cette décroissance des effectifs médicaux, les consultations individuelles et les visites à domicile (VAD) ont diminué de 4,5 % en moyenne par an entre 2016 et 2019, pour s’établir à 435 consultations et VAD pour 1 000 enfants de moins de 6 ans.
Les consultations et entretiens de planification et d’éducation familiale sont également moins nombreuses qu’auparavant : fin 2019, on comptait 43 consultations pour 1 000 femmes de 15 à 49 ans contre 46 fin 2016.
Sur un temps plus long, le rapport Peyron mettait en évidence qu’alors qu’en 1995 près de 900 000 enfants avaient été vus en consultation de PMI, il n’était que 550 000 en 2016 soit une baisse de 45 %.
On le voit, à moins de transférer des compétences des médecins aux infirmiers et aux sage-femmes, ou de revaloriser très nettement les salaires des médecins de PMI, ces établissements, qui ont (avaient ?) pourtant un rôle clé dans la prévention, sont en grand danger.
Xavier Bataille
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2022-03/er1227_0.pdf
Le Clinicat-Assistanat pour Tous
Les déserts médicaux ne sont pas exclusivement des les zones rurales et dans les quartiers. Il sont aussi dans les Hôpitaux avec 30 % des postes vacants (40% dans les hôpitaux généraux), dans les hôpitaux psychiatriques, les CMP, les PMI, la médecins scolaire, médecins du travail, santé publique, médecine pénitentiaire…
Le manque des médecins est partout, dans toutes les disciplines, dans toutes les formes d’activité, salariées et libérales. Il s’agit donc à mon sens de voir l’ensemble des problèmes et de les solutionner en même temps, ce qui est possible.
La solution c’est un Clinicat-Assistanat pour tous, en fin d’internat, obligatoire pour tous les futurs généralistes et les futurs spécialistes, d’une durée de 3 ans. L’activité serait partagée entre divers établissements à l’image des assistants partagés actuels entre CHG et CHU: entre CHU et CHG pour les futurs spécialistes; entre CHG-CHU et PMI, CMP, santé publique, santé scolaire, médecine pénitentiaire, médecine du travail… ; entre CHG et centres de santé et maisons de santé… Il s’agit donc par un seul et même dispositif de solutionner en quelques années l’ensemble des manques criants et urgents de médecins dans tous les domaines, dans toutes spécialités, sans pénaliser une catégorie, les futurs généralistes par exemple, ou les étudiants en médecine peu fortunés, obligés de s’installer dans un désert pour se payer ses études. Cela évitera de plus le dumping entre villes, entre départements pour recruter ou débaucher, les jeunes en fin d’internat, ou ceux déjà installés et répondant à une offre plus alléchante. Il faudra définir par région, département et territoire, les manques les plus urgents en généralistes et spécialistes, et en tirer les conséquences sur la répartition par spécialité pour la première année d’internat.
La motivation de ma proposition est sur le lien:
« Vision Globale -Solution globale »: https://1drv.ms/w/s!Amn0e5Q-5Qu_sAoKetf_T8OKk2Io?e=GfjeRj?e=4YzGt2
Voir aussi: