Albi. « L’histoire au coin de la rue » : création de Réalmont

- La ville de Réalmont aujourd’hui.Photo François Sers et Flabio Paradela.
Publié le 15/05/2022 à 05:11
https://www.ladepeche.fr/2022/05/15/lhistoire-au-coin-de-la-rue-creation-de-realmont-10296374.php
La ville de Réalmont se pare actuellement de ses plus beaux atours pour fêter les 750 ans de sa fondation. En 1272, le Roi de France décide de bâtir une ville nouvelle pour faire concurrence à Lombers.
Pour comprendre cette histoire, il faut se replonger plus d’un siècle auparavant. En 1165, la cité de Lombers accueille pour la première fois une délégation de bonshommes dirigée par un certain Olivier. Face à eux, toute la hiérarchie catholique romaine les confronte à leur foi et leur orthodoxie.
À la sortie de cette assemblée judiciaire, les bonshommes sont condamnés ainsi que les seigneurs de Lombers, leurs protecteurs. Aucune incidence majeure, bien au contraire, un coup de communication pour ces bonshommes qui font de Lombers leur fief.
Sicard Cellerier, évêque des bonshommes en Albigeois habite la cité. Avec l’arrivée de la Croisade en 1209, Lombers tombe, et son seigneur Bernard de Boissezon est dépossédé de ses terres pour hérésie… Quelques années auparavant, Raimond-Roger Trencavel avait fait construire et inféodé à Bernard de Boissezon, une forcia sur le puech de Caylou. Un réduit fortifié avec quelques habitats et une tour dominant les lieux.
Une charte signée en 1272
Il faut attendre les années 1270 avec l’intégration du comté de Toulouse au Royaume de France pour que le Roi Philippe le Hardi décide de la construction d’une ville nouvelle sur le territoire des seigneurs de Lombers. Le lieu choisi est une plaine au pied du puech de Caylou, sur les terrasses alluviales du Dadou.
Le 12 mars 1272, la charte de fondation est publiée. C’est le sénéchal de Cohardon qui la signe pour le Roi. En quelques décennies seulement, la ville de Réalmont devient prospère et prend de l’ampleur malgré la colère des seigneurs de Lombers qui réclament leurs droits sur la ville nouvelle.
Ils percevront les taxes pour moitié jusqu’au milieu du XIVe siècle avant d’abandonner définitivement leurs avantages sur Réalmont.