Dans l’académie de Nancy-Metz, sept « visioprofesseurs » pour pallier le manque d’enseignants remplaçants
Ces professeurs du second degré, volontaires, vont pouvoir remplacer, à distance par le biais de visioconférences, des collègues absents dans des établissements où les contractuels font défaut.
Par Mattea Battaglia. Publié hier à 10h45, mis à jour à 15h50
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L’enseignement à distance est apparu comme un recours en temps de Covid-19. Peut-il être un remède quand des professeurs viennent à manquer ? L’académie de Nancy-Metz entend répondre à cette question en mettant en place, à titre expérimental, une « brigade numérique de remplacement » : sept enseignants du second degré, tous volontaires, tous affectés dans un collège ou un lycée « au plus proche de chez eux », vont pouvoir remplacer, à distance par le biais de visioconférences, des collègues absents dans des établissements où les contractuels font défaut, explique-t-on dans l’entourage du recteur Jean-Marc Huart.
Equipés de matériel informatique fourni par leur employeur, ces « visioprofesseurs » pourront intervenir dans plusieurs classes, selon les besoins, en étant aidés par des assistants d’éducation eux aussi recrutés pour l’occasion et chargés, sur place, de surveiller les élèves.
Récit : L’enseignement à distance, parent pauvre de la crise sanitaire à l’école
Ce ballon d’essai, prévu sur deux ans, concerne les absences de courtes durées et les disciplines qui rencontrent le plus de difficultés à recruter (l’allemand, les mathématiques, etc.). Idem des territoires concernés – « des zones très rurales, très isolées où il devient compliqué de faire se déplacer des candidats, explique-t-on au rectorat. Notre priorité est d’assurer la continuité du service public de l’éducation ».
Réserves des syndicats
Deux ans de crise sanitaire ont élevé le sujet au rang de priorité : dans son « nouveau pacte » proposé aux enseignants, pour ce second quinquennat, Emmanuel Macron a introduit l’idée d’un remplacement « systématique » des professeurs absents. Il y a quelques mois, en pleine vague Omicron, son ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, avait fait appel aux étudiants et aux retraités, sans qu’on ne dispose, à ce stade, d’un bilan des remplacements effectués par ce biais.
Sur les sept postes à profil proposés à Nancy-Metz, quatre ont vu arriver des candidatures. L’expérimentation a vocation à démarrer « au plus vite », dit-on au rectorat. Les syndicats, eux, ne cachent pas leurs réserves. En comité technique académique, deux d’entre eux (FSU et FO) se sont prononcés contre le projet ; deux autres (SGEN et UNSA) se sont abstenus. « Enseigner, ce n’est pas qu’un savoir que le professeur transmet, c’est aussi un lien qu’il crée au contact des élèves », note Patrik Wallbom, du SE-UNSA-Nancy. Même écho du SNALC. « Le télé-enseignement, en période de crise, c’était une chose… Mais y songer en temps normal, c’est anormal ! », juge son porte-parole Jean-Rémi Girard.
Rue de Grenelle, on communique peu sur cette expérimentation, sinon pour assurer paradoxalement qu’elle n’a pas vocation à être généralisée.
Mattea Battaglia