La ministre du logement avec d’autres politiques de toutes tendances en défense de la loi SRU

« En proposant de supprimer la loi SRU, Eric Zemmour attaque de front le logement des classes moyennes et populaires »

TRIBUNE

Emmanuelle Wargon Ministre du logement

Plus d’un habitant sur six en France vit dans un logement dit social. Plus de 150 élus nationaux, locaux et d’anciens ministres signent un appel dans « Le Monde » de la ministre Emmanuelle Wargon sur les mérites de cette loi et sur la nécessité de la préserver.

Publié aujourd’hui à 07h00    Temps de Lecture 3 min. 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/02/02/en-proposant-de-supprimer-la-loi-sru-eric-zemmour-attaque-de-front-le-logement-des-classes-moyennes-et-populaires_6111947_3232.html

Tribune. Le 6 janvier, au micro d’une grande radio nationale, un candidat à la présidence de la République, Eric Zemmour, proposait de supprimer la loi de solidarité et de renouvellement urbains (SRU) dans l’indifférence quasi générale. Triste coïncidence, nous commémorions, quelques jours plus tard, les quinze ans de la mort de l’abbé Pierre (1912-2007), dont le dernier combat politique fut la défense de cette loi.

Révélatrice de l’état du débat public sur les questions de solidarité, cette proposition l’est aussi du niveau de méconnaissance de son auteur sur la réalité du logement social en France, sur son histoire, sur son utilité pour les plus démunis mais surtout pour les classes moyennes de notre pays qui en sont largement bénéficiaires.

Des locataires français

Plus d’un habitant sur six en France vit dans un logement dit social. Ce terme général comprend en réalité différents types de logements à loyers modérés, adaptés aux différentes tranches de revenus des 70 % des Français qui y sont éligibles.

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Parmi eux, des travailleurs-clés de notre économie, à qui le logement social permet par exemple d’habiter près de l’hôpital de centre-ville dans lequel ils exercent ; des couples qui attendent leur premier enfant et cherchent un appartement plus grand à loyer abordable ; des jeunes de milieux modestes qui quittent le foyer familial pour s’installer ; des personnes âgées dont le logement ancien en milieu rural ne convient plus et qui veulent se rapprocher d’un centre-ville avec ses transports et ses services. Seul un tiers des locataires du parc social se situe sous le seuil des bas revenus, tel que défini par l’Insee.

Loin de concerner seulement les foyers les plus modestes, ce qui ne serait pas un défaut en soi, le logement social n’est pas non plus le logement des étrangers, comme le prétend scandaleusement Eric Zemmour. Ainsi, 80 % des locataires du parc social sont en effet français, et les personnes de nationalité étrangère qui en bénéficient sont toutes en situation régulière.

Depuis son adoption en 2000, la loi SRU a contribué à construire 1,8 million de logements sociaux, avec pour seul objectif de garantir une offre de logements accessibles partout en France aux classes moyennes et populaires.

Une honte et un mensonge

Prétendre qu’elle « essaime l’immigration » est une honte et un mensonge, proposer de la supprimer est une insulte. Une insulte d’abord à ses artisans et ses défenseurs de tous bords politiques depuis plus de vingt ans. Une insulte ensuite à la grande majorité des maires volontaristes qui font une juste place au logement social dans leurs projets de construction et respectent les objectifs fixés par la loi. Une insulte enfin aux dix millions de personnes qui résident dans un logement social et aux deux millions d’inscrits sur les listes d’attente pour en obtenir un.

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C’est pour toutes ces personnes que la majorité présidentielle s’est engagée à prolonger et même à pérenniser la loi SRU en l’améliorant, alors qu’elle devait prendre fin en 2025. Le texte du projet de loi « 3DS » – relatif à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l’action publique locale – qui permettra d’y parvenir a fait l’objet d’une concertation puis d’un consensus avec les associations d’élus, et d’un riche débat parlementaire aboutissant à un accord conclusif entre l’Assemblée nationale et le Sénat.

Bien avant l’abbé Pierre et Jean-Claude Gayssot [ministre communiste des transports de 1997 à 2002 sous le gouvernement Jospin], Louis-Napoléon Bonaparte, qu’Eric Zemmour invoque à outrance, voulait dans chaque quartier de Paris un « familistère » associatif capable de loger les familles de travailleurs ouvriers. La cité Napoléon, du 9e arrondissement de la capitale, porte encore son nom.

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En comparaison, la proposition d’Eric Zemmour ne traduit pas seulement son absence pure et simple de vision sur la politique du logement : elle permet d’imaginer les dégâts catastrophiques que son programme représenterait pour les classes moyennes et populaires, sacrifiées sur l’autel de ses obsessions funestes et des distorsions de la réalité qu’il multiplie pour les nourrir.

Emmanuelle Wargon, ministre déléguée chargée du logement, conseillère régionale d’Ile-de-France.

Premiers signataires : Olivier Becht, député du Haut-Rhin, président du groupe Agir ensemble à l’Assemblée nationale ; Louis Besson,ancien ministre du logement ; Laurent Bonnaterre, maire de Caudebec-lès-Elbeuf (Seine-Maritime), conseiller régional de Normandie ; Alain Chrétien, maire de Vesoul (Haute-Saône), président de la communauté d’agglomération de Vesoul ; Jean-Claude Gayssot, ancien ministre du logement ; Jacqueline Gourault, ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales ; Olivier Klein, maire de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denios) ; Stéphane Travert, ancien ministre, député de la Manche ; Patrice Vergriete, maire de Dunkerque (Nord), président de la communauté urbaine de Dunkerque ; Louis Vogel, maire de Melun (Seine-et-Marne), président de l’agglomération Melun-Val-de-Seine, conseiller régional d’Ile-de-France.

Liste complète des signataires de la tribune SRU by LeMonde.fr on Scribdhttps://fr.scribd.com/embeds/556271360/content?start_page=1&view_mode=scroll&access_key=key-X9oufmnq6pxSVZcYNDMZ

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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