Les députés PS échouent à restreindre la liberté d’installation des médecins
Par M.J. le 21-01-2022

L’Assemblée nationale a rejeté jeudi 20 janvier un plan présenté par les socialistes à l’Assemblée nationale pour lutter contre les « déserts médicaux », qui prévoyait notamment une orientation prioritaire des jeunes médecins vers les zones sous-dotées.
Pour le député Guillaume Garot, à l’origine de la proposition de loi, le système de santé « craque de toutes parts ». Cet élu PS souhaitait donc « mettre un coup d’arrêt »au problème de désertification médicale, qui constitue un « terrible échec collectif ». Trouver un rendez-vous chez un ophtalmologiste dans les zones les plus défavorisées prend six mois en moyenne, contre deux heures à Paris en secteur conventionné, a-t-il assuré à titre d’exemple.
Guillaume Garot proposait notamment d’ »encadrer l’installation des médecins dans les zones où l’offre de soins est déjà suffisante » en y conditionnant l’installation des médecins libéraux, généralistes et spécialistes. Elle prévoyait aussi par exemple une « obligation exceptionnelle et transitoire » de présence en « zone sous-dense » pour les internes de médecine au cours de leur dernière année d’internat, puis dans les deux années qui suivent leur diplôme. Mais, sa proposition de loi, présentée dans le cadre d’une journée réservée au groupe socialiste, a été repoussée via des amendements de suppression venus de la majorité.« Il faut refonder le contrat entre la nation et ses médecins » : ce député socialiste plaide pour le conventionnement sélectif
La ministre déléguée à l’Autonomie Brigitte Bourguignon a d’ailleurs répondu que « les solutions immédiates n’existent pas » et que la proposition de loi « ne propose pas les bonnes solutions ». Elle a par ailleurs fait la liste des actions « structurantes » entreprises par le Gouvernement pour résoudre à terme ce problème. Elle a notamment mentionné la suppression du numerus clausus, le développement de la télémédecine, et les dispositifs en faveur de la revalorisation des métiers du soin. « Ce qui a été fait durant ce quinquennat dépasse largement le volume de ce qui a été fait, par-delà les alternances, de 2007 à 2017 », a-t-elle estimé.
[avec AFP]
Publié le 21/01/2022
Une semaine dans le désert

Paris, le vendredi 21 janvier 2022
– La question des déserts médicaux a resurgi dans le débat cette semaine.
A l’Assemblée nationale, hier, les députés ont rejeté une proposition de loi de l’ancien ministre de l’Agriculture, le socialiste Guillaume Garot.
En pratique, sa proposition de loi visait à « encadrer l’installation des médecins dans les zones où l’offre de soins est déjà suffisante » et une « obligation exceptionnelle et transitoire » de présence en zone sous-dense pour les internes de médecine au cours de leur dernière année d’internat, puis dans les deux années qui suivent leur diplôme.
Faire travailler les jeunes médecins dans les déserts ? Une idée qui semble également tenir la corde chez les républicains.
Ainsi, invitée de « La France dans les yeux » sur BFM TV, la candidate Valérie Pécresse a expliqué : « j’aimerais que la dernière année d’études de médecine générale, comme c’est le cas pour les spécialistes, soit une année qu’on appelle ‘docteur junior’. Et je voudrais que ces généralistes en quatrième année fassent une année de plus (que la troisième année d’internat de médecine générale NDLR) et qu’ils aillent la faire dans une zone où l’on manque de médecins dans des centres de santé. Ça veut dire qu’on pourrait avoir 4000 jeunes médecins qui arrivent dans les départements dès l’année prochaine. (…) On pourrait dès 2023 le proposer à des jeunes médecins sur la base du volontariat avec évidemment une bonification de leurs actes » a-t-elle déclaré. Une estimation qui étonne, puisque si cette année dans le désert se fait « sur la base du volontariat », il y a peu de chances que les 4000 internes de médecine générale que compte chaque promotion se plient tous à l’exercice.
Il faut dire que dans les « territoires » selon l’expression consacrée on commence à s’agacer.
Par exemple, en novembre dernier le maire de Barneville-Carteret, dans la Manche poussait un coup de gueule dans la presse. Il dénonçait l’attitude « inadmissible » d’un jeune praticien qui lui avait réclamé « Une prime d’installation, un logement de fonction pendant deux ans, une voiture de fonction, un terrain constructible et un salaire de 6770 euros nets après impôts » pour accepter de s’installer dans cette commune de 2000 habitants de l’arrondissement de Cherbourg…
Les syndicats retorqueront, sans doute, que tant que la valeur de l’acte sera au plus bas de la moyenne européenne et que la France rurale manquera d’infrastructures, il ne saurait y avoir d’installation massive dans les zones sous-denses…
Gabriel Poteau
Un avis sur « Encore un rejet à l’Assemblée d’une proposition de loi PS de régulation des installations dés généralistes »