Castex et le conseil scientifique ne sont pas alignés

Levée des restrictions : le paradoxe Castex

Paris, le jeudi 20 janvier

https://www.jim.fr/e-docs/levee_des_restrictions_le_paradoxe_castex_190853/document_actu_pro.phtml

– Après un Conseil de défense, Jean Castex a tenu ce soir une nouvelle conférence de presse pour faire un point sur l’évolution de l’épidémie et annoncer une levée progressive des restrictions sanitaires.

Le gouvernement révèle ainsi un certain goût du paradoxe, puisqu’il allège considérablement les mesures en lien avec la Covid le jour même d’un nouveau record de contaminations (+ de 500 000, mais le chiffre précis n’est pas encore publié).

Passe vaccinal : la nouvelle ligne Maginot ?

Le gouvernement dit s’appuyer sur des signaux favorables (stabilisation des admissions en soins critiques, baisse d’incidence en île de France et reflux du Delta). Il estime également probablement que le passe vaccinal est une digue qui pourra se substituer à toutes les autres.

Soit, Jean Castex flanqué d’Olivier Véran a donc dévoilé un allégement des restrictions en 3 temps.

Premièrement, le 2 février marquera la fin des jauges, du masque en extérieur et du télétravail obligatoire.

Deuxième étape, le 16 février quand seront rouvertes les discothèques, que des concerts debout pourront se tenir et que la consommation au comptoir dans les bars sera de nouveau autorisée.

Enfin, fin février, le protocole dans les écoles pourrait être allégé après un nouvel avis des autorités sanitaires.

Par ailleurs, la dose de rappel sera accessible à tous les 12-17 ans à partir de lundi. Autre incitation à la vaccination, un passe vaccinal pourra être délivré, à partir du 15 février, aux personnes ayant bénéficié d’une seule injection. En revanche, il ne sera actif qu’en association avec un test négatif de moins de 24 heures. Cette possibilité de passe vaccinal s’annulera si la deuxième dose n’est pas effectuée dans les délais prévus par le schéma vaccinal.

Mais, comme l’a souligné Olivier Véran, ce calendrier pourrait être bouleversé avec l’évolution épidémique, or, une vague d’hospitalisations due à Omicron pourrait être devant nous.

Enfin, soulignons que le gouvernement prend un risque juridique, alors que la décision du Conseil constitutionnel sur le passe vaccinal ne sera connue que demain.

Le JIM reviendra sur ces nouvelles annonces dans son édition de vendredi.

F.H. 

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Publié le 20/01/2022

Levée des restrictions : le paradoxe Castex

Paris, le jeudi 20 janvier

https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/levee_des_restrictions_le_paradoxe_castex_190853/document_actu_pro.phtml

– Après un Conseil de défense, Jean Castex a tenu ce soir une nouvelle conférence de presse pour faire un point sur l’évolution de l’épidémie et annoncer une levée progressive des restrictions sanitaires.

Le gouvernement révèle ainsi un certain goût du paradoxe, puisqu’il allège considérablement les mesures en lien avec la Covid le jour même d’un nouveau record de contaminations (+ de 500 000, mais le chiffre précis n’est pas encore publié).

Passe vaccinal : la nouvelle ligne Maginot ?

Le gouvernement dit s’appuyer sur des signaux favorables (stabilisation des admissions en soins critiques, baisse d’incidence en île de France et reflux du Delta). Il estime également probablement que le passe vaccinal est une digue qui pourra se substituer à toutes les autres.

Soit, Jean Castex flanqué d’Olivier Véran a donc dévoilé un allégement des restrictions en 3 temps.

Premièrement, le 2 février marquera la fin des jauges, du masque en extérieur et du télétravail obligatoire.

Deuxième étape, le 16 février quand seront rouvertes les discothèques, que des concerts debout pourront se tenir et que la consommation au comptoir dans les bars sera de nouveau autorisée.

Enfin, fin février, le protocole dans les écoles pourrait être allégé après un nouvel avis des autorités sanitaires.

Par ailleurs, la dose de rappel sera accessible à tous les 12-17 ans à partir de lundi. Autre incitation à la vaccination, un passe vaccinal pourra être délivré, à partir du 15 février, aux personnes ayant bénéficié d’une seule injection. En revanche, il ne sera actif qu’en association avec un test négatif de moins de 24 heures. Cette possibilité de passe vaccinal s’annulera si la deuxième dose n’est pas effectuée dans les délais prévus par le schéma vaccinal.

Mais, comme l’a souligné Olivier Véran, ce calendrier pourrait être bouleversé avec l’évolution épidémique, or, une vague d’hospitalisations due à Omicron pourrait être devant nous.

Enfin, soulignons que le gouvernement prend un risque juridique, alors que la décision du Conseil constitutionnel sur le passe vaccinal ne sera connue que demain.

Le JIM reviendra sur ces nouvelles annonces dans son édition de vendredi.

Il F.H.

Publié le 21/01/2022

Le Conseil scientifique n’est pas de l’avis du gouvernement

Paris, le vendredi 21 janvier 2022 – Dans son dernier avis publié ce jeudi, le Conseil scientifique ne semble pas partager l’optimisme prudent du gouvernement et appelle au maintien des restrictions sanitaires.
Au fur et à mesure de la crise sanitaire, le Conseil scientifique aura pris son indépendance vis-à-vis de l’exécutif. S’il s’est au départ presque toujours rangé derrière l’avis du gouvernement, servant ainsi de caution scientifique aux décisions de l’exécutif, le Conseil présidé par le Pr Jean-François Delfraissy n’hésite plus désormais à critiquer les décisions des autorités. Le dernier avis des 16 scientifiques, publié ce jeudi au moment même où le Premier Ministre Jean Castex dévoilait son calendrier d’allégement progressif des mesures, illustre la position de contre-pouvoir qu’a adopté le Conseil.
En effet, les auteurs de l’avis ne partagent pas complétement l’optimisme prudent du gouvernement. Selon eux, la vague Omicron est loin d’être terminée et ils en veulent pour preuve l’augmentation rapide des contaminations des trois derniers jours. « La 5ème vague liée au variant Omicron demeure à un niveau très élevé au niveau national (…) son impact sur le système de soins va se poursuivre durablement jusqu’à mi-mars 2022 » écrit le Conseil. Si l’hôpital devrait a priori tenir, ce sera « si et seulement si la réduction des contacts et la conservation des gestes barrières se poursuivent durant les semaines qui viennent».

L’école, sujet de discorde éternel entre le gouvernement et le Conseil scientifique

Pour les scientifiques, il n’est pas donc pas encore temps de lever les restrictions sanitaires, mais plutôt de porter un «double message d’espoir et de prudence ». S’appuyant sur les projections de l’Institut Pasteur, le Conseil Scientifique estime que les hospitalisations conventionnelles devraient continuer d’augmenter, tandis que le nombre de patients en soins critiques devraient rester stable autour des 4 000, une situation « en partie gérable ». Le Conseil insiste cependant sur la nécessité d’éviter le plus possible les déprogrammations de soins pour les patients non-Covid, « un enjeu majeur pour les 2 mois qui viennent ».
C’est sans doute sur le sujet de l’école, source inépuisable de conflit entre le gouvernement et les scientifiques, que l’avis du Conseil est le plus sévère avec l’exécutif. Pour le Conseil, la reprise épidémique des derniers jours est « possiblement liée à la reprise de la vie scolaire ». Pour faire ce constat, le Conseil s’appuie notamment sur l’augmentation importante du taux d’incidence chez les 3-17 ans, alors même qu’il a tendance à stagner chez les adultes. Le nombre de tests positifs chez les écoliers a augmenté de 40 % en une semaine selon l’Éducation Nationale.

« Des moyens supplémentaires pourraient être alloués afin de renforcer les protocoles sanitaires de prévention et de dépistage » peut-on lire dans l’avis. Avec cette formule elliptique (qui résulterait d’une modification de dernière minute), le Conseil renvoie en réalité à plusieurs de ses avis précédents, dans lesquels il préconisait de remplacer à l’école le dépistage réactif (tester les cas contacts) par le dépistage itératif (un test par semaine pour tous les enfants). Une piste non suivie par le gouvernement, le Premier Ministre ayant annoncé ce jeudi que le protocole sanitaire à l’école pourrait être allégé après les vacances de février.

Le Conseil scientifique soutient le passe vaccinal

Le Conseil scientifique n’est pas pour autant en opposition frontale avec l’exécutif et soutient certaines de ses décisions. Contrairement à certains épidémiologistes, le Conseil se montre ainsi favorable au maintien de la politique de dépistage massif de la population, alors même que plus de 2 millions de personnes sont testées chaque jour. Les scientifiques soutiennent également la mise en place du passe vaccinal, qu’ils jugent « justifié dans ce contexte », bien que cet outil soit de plus en plus décrié par de nombreux médecins qui le jugent inutile.
Enfin, le Conseil scientifique se risque à regarder vers l’avenir, au-delà de la probable accalmie du printemps, sans prendre de positions très claires. Le Conseil n’a ainsi pas d’avis tranché sur l’utilité d’une 4ème dose et préfère « attendre des données scientifiques solides ». Quant à une possible fin prochaine de l’épidémie, il est, pour les auteurs de l’avis, impossible d’affirmer que la vague Omicron créera une immunité collective suffisante pour cela. L’apparition d’un nouveau variant, dont l’arrivée est « difficile, voir très difficile à anticiper » reste tout à fait possible pour le Conseil.

Nicolas Barbet

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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