Bourges : l’hôpital privé de SMUR, cette nuit, faute de médecin
Vendredi 8 octobre 2021 à 17:01 – Par Michel Benoît, France Bleu BerryBourges
Il n’y aura pas de SMUR (services mobiles d’urgence et de réanimation) cette nuit à l’hôpital de Bourges. La permanence est assurée conjointement par Vierzon, et St-Amand-Montrond. Le centre hospitalier Jacques Coeur n’a pas pu trouver de médecin intérimaire pour assurer cette garde.

Sur les 24 postes de médecins des urgences, seuls 12 sont pourvus au centre hospitalier de Bourges. L’hôpital a donc recours régulièrement à des médecins intérimaires. Le problème, c’est qu’ils sont très demandés et certains intérimaires n’hésitent pas à faire monter les enchères malgré un plafonnement de leur rémunération, décidé depuis quatre ans.

1160 euros pour une garde de 24H, c’est le plafond institué par le gouvernement, mais certains hôpitaux cèdent encore aux exigences de certains médecins mercenaires pour être sûrs de pouvoir maintenir l’offre de soins : » Les exigences de certains intérimaires peuvent dépasser de 50 à 100 % le plafond établi « explique Bénédicte Soilly-Loiseau, directrice adjointe du centre hospitalier de Bourges. » Cela dépend des dates, des durées de garde. C’est à analyser avec précaution, mais souvent, on assiste à des dépassements très importants. » La loi Rist, fin octobre, permettra aux autorités de contester ces dépassements de rémunération : » Cet effort de contrôle supplémentaire va maintenant associer le comptable public qui va être chargé de rejeter tout paiement de rémunération irrégulière « ajoute Bénédicte Soilly-Loiseau. » Il associe aussi le directeur de l’ARS qui sera tenu de déférer les actes juridiques irréguliers au tribunal administratif compétent. »

Cela peut paraître une bonne idée, mais les responsables d’hôpitaux craignent au contraire une période encore plus difficile, durant quelques semaines en tout cas : certains intérimaires pourraient engager un bras de fer et refuser de travailler à ce tarif plafonné… La solution à long terme, c’est de former en interne des médecins urgentistes : » Le centre hospitalier Jacques Coeur, depuis ces derniers mois, a pu passer de sept praticiens à douze praticiens « détaille Bénédicte Soilly -Loiseau. » Quatre de ces nouveaux praticiens ont été accompagnés, formés, coachés, par l’hôpital, en interne, pour réussir la procédure nationale d’autorisation d’exercer la médecine d’urgence. Et ils vont donc pouvoir intégrer l’équipe de médecine d’urgence. On attend également de nouvelles mesures en janvier prochain qui rendront la filière de médecin hospitalier plus attractive. « Cela dissuadera peut-être certains médecins de choisir le statut plus rémunérateur d’intérimaire.

Les maires de Bourges, St-Amand-Montrond et Vierzon, ont décidé de porter plainte contre Xpour mise en danger de la vie d’autrui afin de protester contre cette absence de Smur. Il y a quelques mois, ils avaient déjà alerté le ministre de la santé.
Les urgences pédiatriques de l’hôpital de Douai désormais fermées la nuit
Mardi 14 septembre 2021 à 21:06 – Par Louis de Bergevin, France Bleu Nord, France BleuDouai
Les urgences pédiatriques du centre hospitalier de Douai seront fermées la nuit, le week-end et les jours fériés à partir de ce mercredi 15 septembre. En cause, la pénurie de pédiatres pour assurer les gardes.

Ils étaient une dizaine il y a quelques années, six seulement avant l’été, les pédiatres de l’hôpital de Douai ne sont plus que trois aujourd’hui. Insuffisant pour assurer le fonctionnement du service et celui des urgences pédiatriques.
Franck Laureyns, le directeur des affaires de l’Hôpital qui tente d’expliquer cette hémorragie des pédiatres.
Les urgences pédiatriques ont donc dû se réorganiser. « Certains ont été mutés, d’autres ont préféré s’installer en ville comme médecins libéraux », explique Franck Laureyns, notamment directeur des affaires médicales de l’hôpital de Douai.
Or pour faire fonctionner à la fois le service de pédiatrie, celui de néo-natalité et les urgences, ils doivent être au moins deux par jour. D’où la nécessité de réduire l’activité.
Durant quelques semaines, au moins pendant deux mois et jusqu’à la période hivernale, l’activité des urgences pédiatriques devra être réduite. Elles seront fermées la nuit entre 18h et 9h mais également le week-end et durant les jours fériés.
Durant cette période les patients sont invités à contacter le centre 15 qui pourra les réorienter vers la maison médicale, la clinique Saint-Amé de Douai ou vers les services d’urgences pédiatriques des hôpitaux de Lens, Arras, Valenciennes ou Cambrai.
En attendant, le centre hospitalier de Douai poursuit sa campagne de recrutement et notamment auprès des internes ou des médecins européens.
Reportage de France Bleu Nord sur les urgences pédiatriques de l’hôpital de DouaiLouis de BergevinFrance Bleu