Le « passe sanitaire » avalisé par le Conseil Scientifique, de façon exceptionnelle et temporaire mais avec le respect des gestes barrières

Covid-19 : le conseil scientifique avalise le passe sanitaire sous conditions

Les chercheurs notent l’intérêt du dispositif pour diminuer le risque de contamination lors de rassemblements, mais insistent sur le maintien strict des gestes barrières. 

Par Simon AuffretPublié aujourd’hui à 03h04, mis à jour à 09h14  

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/05/05/covid-19-le-conseil-scientifique-avalise-le-passe-sanitaire-sous-conditions_6079132_3244.html?xtor&&M_BT=53496897516380#x3D;EPR-32280629-%5Ba-la-une%5D-20210505-%5Bzone_edito_2_titre_5%5D

Un voyageur montre les résultats de ses tests de dépistage contre le Covid-19 sur son téléphone à l’aéroport de Paris-Orly, le 27 avril.
Un voyageur montre les résultats de ses tests de dépistage contre le Covid-19 sur son téléphone à l’aéroport de Paris-Orly, le 27 avril. THIBAULT CAMUS / AP

Pour le conseil scientifique, la mise en place d’un passe sanitaire pourrait participer à réduire le risque de contamination au Covid-19 lors de grands rassemblements, mais certainement pas le faire disparaître. Dans un avis au gouvernement, rendu public mardi 4 mai, les experts notent l’intérêt du dispositif dans une stratégie de « réduction des risques », tout en soulignant que celui-ci devra rester « temporaire et exceptionnel » au vu des connaissances scientifiques imparfaites sur les risques de transmission.

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La mesure doit être examinée à l’Assemblée nationale à partir du 10 mai, lors des débats sur le projet de loi relatif à la gestion de la sortie de crise sanitaire. Un amendement déposé par le gouvernement donne au premier ministre la possibilité de conditionner l’accès à des rassemblements de plus de 1 000 personnes à la présentation d’un test PCR ou antigénique négatif récent, d’une attestation de vaccination ou de rétablissement du Covid-19. Le texte propose de l’imposer également lors du passage aux frontières depuis et vers le territoire national, à partir du début du mois de juin.

En donnant une indication du faible risque de contagiosité de personnes à l’entrée d’un festival ou d’un parc de loisirs, le passe sanitaire « peut permettre à la population une forme de retour à la normale en minimisant les risques de contamination », écrit le conseil scientifique. Les conditions entourant cette possibilité sont drastiques : nécessité du port du masque, maintien des gestes barrières et ventilation importante dans les lieux clos, même si la distanciation physique peut-être un peu moins stricte à l’extérieur – « où il est désormais admis que le risque de contamination est très faible », précisent les chercheurs.

Sentiment de « fausse sécurité »

« Ce n’est pas un sésame absolu de sécurité, insiste Frédéric Altare, immunologue et directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Il ne faut pas que les gens fassent l’erreur de se dire : “On a un passe valide, on arrête les gestes barrières parce qu’on est garanti à 100 % de ne pas transmettre”. Tant que tout le monde n’est pas vacciné, on n’en est pas encore là. »

Dès le mois de décembre, le conseil scientifique avait mis en garde à propos d’un possible sentiment de « fausse sécurité » à l’occasion des fêtes de fin d’année, en rappelant que « les tests virologiques négatifs, en particulier les tests antigéniques, compte tenu de leur moindre sensibilité, ne permettent pas d’exclure une infection » puis la transmission du virus. Une personne testée négative pourrait, de plus, être contaminée après un prélèvement et avant le contrôle du passe sanitaire.

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« Le test donne l’information du moment où il a été fait », rappelle M. Altare, pour qui la durée de validité des certificats est essentielle : le conseil scientifique recommande que les tests virologiques soient réalisés au maximum quarante-huit heures avant le contrôle du passe sanitaire. Le Parlement européen a, dans le cadre des discussions sur le futur passeport sanitaire commun aux Vingt-Sept, fixé ces délais à moins de soixante-douze heures pour les tests PCR et moins de vingt-quatre heures pour les tests antigéniques, le risque de faux négatif étant considéré comme plus important pour ces derniers.

Menace des variants

Les limites des tests virologiques, qui seront mis à égalité avec la protection conférée par la vaccination dans le passe sanitaire, ont poussé l’Académie nationale de médecine à considérer, dans un communiqué rendu public le 29 avril, qu’ils ne présentaient pas « les garanties souhaitables » pour attester d’un faible risque de contagiosité. « Seul un certificat de vaccination peut être envisagé », poursuit l’institution, comme « meilleure preuve de l’acquisition d’un état d’immunité ».

La perspective d’un seul « certificat vaccinal » a été écartée par le gouvernement pour ne pas donner l’impression de mettre en place, indirectement, d’obligation à la vaccination pour accéder à certains lieux. L’arrivée prévue du passe sanitaire en France, le 9 juin, intervient six jours avant l’élargissement de la vaccination à l’ensemble des Français de plus de 18 ans. Cet été, les tests de dépistages devraient donc être largement utilisés par les populations les plus jeunes.

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L’Académie de médecine étendait ses réserves aux attestations de rétablissement du Covid-19, troisième modalité du passe sanitaire dans le projet de loi du gouvernement. Le certificat européen prévoit déjà que les personnes guéries mais toujours testées positives puissent traverser les frontières grâce à leur immunité naturelle, mais la France pourrait en décider autrement. « C’est un élément en cours de construction », commente le cabinet d’Olivier Véran.

La direction générale de la santé préconise, elle, des tests positifs anciens d’au moins quinze jours et jusqu’à deux mois pour attester du rétablissement. Cette preuve d’immunité, comme celle acquise grâce à la vaccination, reste sous la menace de l’arrivée des variants sud-africain, brésilien et indien : s’ils deviennent majoritaires en France, « la stratégie du passe sanitaire serait à réévaluer », estime le conseil scientifique.

Simon Auffret

https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2021/04/29/passeport-vaccinal-certificat-vert-europeen-passe-sanitaire-en-france-en-europe/

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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