Comment une partie de l’Amérique est devenue « woke »
L’éditorialiste Andrew Sullivan fustige des théories manichéennes, simplistes et identitaires sur la race ou le genre qui ont contaminé les élites américaines.
Par Andrew Sullivan (traduction Peggy Sastre)
publié le 03/11/2020 à 20:00 , mis à jour le04/11/2020 à 08:36
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« Black Lives Matter » a été peint dans la rue juste devant la Trump Tower à New York, le 9 juillet 2020
Angela Weiss / AFPPar Andrew Sullivan (traduction Peggy Sastre)publié le 03/11/2020 à 20:00 , mis à jour le04/11/2020 à 08:36
Ancien éditorialiste du New York Magazine, Andrew Sullivan a rejoint depuis quelques mois la plate-forme Substack, où il a réactivé son blog à succès, The Dish. Catholique gay opposé aux fondamentalistes et pro-marijuana, conservateur anti-Trump, l’éditorialiste est inclassable. Dans cet article que nous avons traduit, Andrew Sullivan explique comment une partie de l’Amérique est devenue « woke » (terme décrivant les militants « éveillés » aux injustices visant les minorités) et adepte des théories critiques de la race, du genre ou queer.
La question a beau me turlupiner depuis une bonne année, elle est assez simple : si la théorie critique de la race, du genre, queer, etc. n’est qu’une crucherie postmoderne infalsifiable, comme je le répète depuis des lustres, comment a-t-elle pu conquérir autant d’institutions si rapidement ?
Quand on y songe, la réussite est stupéfiante. Jadis, la théorie critique était un obscur champ de recherche académique. Aujourd’hui, aux États-Unis, la voilà devenue philosophie centrale et fondamentale de la majorité des institutions culturelles, universités, médias, entreprises, églises réformistes, ONG, bonnes oeuvres et, évidemment, du journalisme mainstream. Cet été a tout eu d’une rupture psychique avec le libéralisme d’antan, un moment où une grande partie de l’élite américaine a décidé de jeter à la poubelle les mêmes principes qui ont longtemps défini la vie démocratique dans leur pays. Et ce pour, comme le dit Bari Weiss dans le magazine en ligne Tablet, adopter « un mélange de postmodernisme, de postcolonialisme, d’identirarisme, de néo-marxisme, de théorie critique de la race, d’intersectionnalité et de mentalité thérapeutique ».
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C’est partout. Aux quatre coins du pays, lycées et universités abandonnent le SAT (examen standardisé utilisé aux Etats-Unis pour l’admission aux universités NDLR ) afin de bricoler de l’équité raciale et abolir le concept même de mérite. Selon le Smithsonian (complexe de musées et centres de recherche à Washington D.C. NDLR), travailler dur, arriver à l’heure et perfectionner une tâche sont autant de fonctions de la « blanchité ». En Californie, un projet de loi cherche à rendre légale la discrimination raciale au sein du gouvernement de l’État et un nouveau mandat oblige les conseils d’administration des entreprises à y faire siéger des membres de communautés sous-représentées. Toute entreprise qui ne vire pas « total woke » est harcelée par ses employés pour qu’elle revoie ses engagements – ce qui signifie embaucher des gens sur la base de leur couleur de peau ou obliger des employés à assister à des séminaires de rééducation, pilotés par Robin DiAngelo et Ibram X. Kendi (théoriciens du nouvel antiracisme NDLR). Même la NBA (ligue professionnelle de basket-ball NDLR) n’est plus qu’une kermesse woke, qu’importe que ses audiences soient en chute libre. On a beau exposer les défauts factuels et éthiques de la propagande de la théorie critique de la race, comme du Projet 1619 du New York Times (projet interactif qui a pour objectif de revisiter l’histoire de l’esclavage aux Etats-Unis , mais a été très critiqué par les historiens NDRL), le journal n’a aucun problème à la fois le critiquer et le glorifier dans ses colonnes. Cerise sur le gâteau : dans l’Ivy League, pour faire taire des propos qu’ils désapprouvent sur leur campus, 21% des étudiants de gauche se déclarent favorables à un certain degré de violence.
Personne n’a envie d’être raciste, n’est-ce pas ?
La machine semble impossible à stopper. Mais pourquoi ? Pourquoi une telle évolution, si puissante et visiblement inévitable, et d’autant plus au sein des élites blanches ? Je vais avancer des raisons qui sautent aux yeux, mais cela reste du doigt mouillé. J’espère donc que cela donnera lieu à des discussions sur les causes de cet étonnant changement – et sur la meilleure façon d’y faire face.
La première, me semble-t-il, est émotive. Si tant de gens sont descendus dans les rues cet été après la mort de George Floyd, c’est parce qu’ils ont ressenti un dégoût, légitime et viscéral, devant l’image d’un homme noir lentement assassiné sur un trottoir par un sale flic blanc. Cette répulsion est vitale et importante – et elle est parfaitement compatible avec la volonté libérale de réformer la police et la justice pénale afin d’assurer l’égalité de traitement de tous devant la loi, quelle que soit sa couleur de peau. En réalité, ce changement pragmatique jouit d’un très fort soutien bipartisan.
Sauf qu’on est très loin du message central du mouvement Black Lives Matter, enraciné dans la théorie critique de la race. Ces activistes n’appellent pas de leurs voeux la réforme de la police, ils veulent tout simplement l’abolir. De même, ils diabolisent tous les policiers en les qualifiant de « bâtards », justifient la violence et exonèrent les criminels en en faisant de légitimes résistants à un crime bien plus grave, l’oppression blanche.
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Une partie de la gauche américaine, préoccupée par la persistance des inégalités raciales, préfère fermer les yeux. Ou peut-être pense-t-elle qu’un peu de radicalisme ne fait pas de mal en des temps polarisés : le mantra du « pas d’ennemis à gauche » mis à l’heure de Trump et du nationalisme blanc. Je peux comprendre qu’on veuille emprunter une voie de la moindre résistance, mais ce à quoi nous assistons, c’est tout simplement l’évitement de la question, fondamentale, de l’illibéralisme profond de la théorie critique de la race. Une position anti-anti-woke faisant des détracteurs de cette idéologie des hystériques (voire des racistes).
Du côté des partisans de la théorie critique de la race, la réussite est formidable avec la construction d’un binarisme moral des plus simplistes qui intimide les gens de gauche et le force à se soumettre. Là où le libéralisme permet la neutralité, le doute ou l’indifférence, la théorie critique de la race exige un choix absolu et immédiat entre racisme et antiracisme (tels qu’elle les définit). Et personne n’a envie d’être raciste, n’est-ce pas ? L’angoisse, légitime, face aux inégalités raciales et la pure et simple terreur d’être publiquement traité de vilain ont conduit des socio-démocrates à abandonner leurs valeurs les plus fondamentales aux pieds de l’extrême gauche.
Un sésame pour les classes supérieures
La deuxième raison du triomphe de la théorie critique de la race est son extrême simplicité. Les inégalités sociales sont des bestioles compliquées. Tout un tas de facteurs différents peuvent entrer en jeu : la classe sociale, la structure familiale, le niveau d’études, le quartier, le sexe, la biologie, la génétique et la culture, entre de nombreux autres. Faire le tri entre ces facteurs de manière empirique pour déterminer ce qui pourrait réellement contribuer à améliorer les choses a tout d’une gageure. Mais si vous vous contentez de pousser tous ces facteurs sous le tapis et de faire du « racisme structurel » la seule raison de toute inégalité raciale, vous vous nappez par la même occasion de rectitude morale et vous raflez la mise. Une méthode qui permet aussi de balayer les objections, les complexités, les nuances, etc. C’est si facile.
Ensuite, il y a le lien fondamental entre la théorie critique de la race et l’un des moteurs humains les plus puissants : le tribalisme. Ce que fait brillamment l’antiracisme contemporain, c’est adopter tous les instincts du racisme et du sexisme – voir quelqu’un et le juger instantanément en fonction de sa couleur de sa peau ou de son sexe – et les draper d’un voile de vertu. Plus besoin de vous corriger quand votre psyché tribale attire votre attention sur les différences raciales visibles d’une personne et vous fait la juger a priori. Plus besoin de résister. Vous pouvez céder à votre nature profonde et en tirer de la fierté plutôt que de la honte. Vous pouvez vous laisser aller à juger entièrement des gens sur la base de leurs caractéristiques involontaires, tout en démantelant le racisme et le sexisme ! Elle est pas belle, la vie ?
L’aspiration sociale joue également un rôle. L’étiquette woke est de plus en plus indispensable pour faire partie de la bonne société. Cela vous désigne comme quelqu’un de haut placé dans la hiérarchie sociale américaine. Les bons mots et les bonnes formulations signalent votre aisance au sein de cette élite ; les mauvais – comme le terme « préférence sexuelle » ! – font de vous un cul-terreux, un bas du front haineux ou, pire, un provincial de la classe moyenne. Selon Rob Henderson, cette envie d’appartenir aux classes supérieures permet aussi d’expliquer pourquoi les Américains d’origine asiatique, pourtant victimes de discriminations raciales directes légitimées par la théorie critique de la race, sont néanmoins nombreux à la soutenir : « Alors que l’argent et le niveau d’études sont des tickets d’entrée dans la classe moyenne, la valorisation de la diversité est une condition pour rejoindre la classe supérieure. Cela fait partie de ce que le sociologue Pierre Bourdieu appelait le capital culturel – les goûts, le vocabulaire, l’ouverture d’esprit et les bonnes manières qui offrent des avantages sociaux à ceux qui se trouvent plus haut dans la hiérarchie sociale ». Reihan Salam a lui aussi écrit avec brio sur ce sujet.
La composante religieuse du wokisme me semble également évidente. Une génération de déboussolés peut manquer de transcendance et ressentir le vide de la perte de sens, et le fait de « devenir woke », comme d’autres sont « born again » a de quoi combler ce trou spirituel. À une époque atomisée et solitaire, se sentir du « bon côté de l’histoire », bannir le doute, se joindre à une myriade d’autres convertis dans des manifestations et des séminaires, permet d’atténuer l’isolement et le vide. Beaucoup de nos contemporains veulent faire l’expérience d’une religion sans Dieu. Avec la théorie critique de la race, comme avec le communisme jadis, on leur offre sur un plateau.
Le combat pour le libéralisme va être long
Mais la théorie critique de la race doit aussi son succès à son impitoyable brutalité. Quand, dans votre vision du monde, seul le pouvoir et la lutte pour le pouvoir comptent, le rapport de force ne vous pose aucun scrupule. Après tout, selon la théorie critique de la race, le pouvoir est toujours du côté de l’hétéro-cis-patriarcat blanc, alors la vengeance est de bonne guerre. La discrimination à l’encontre des non-wokes, des blancs, des hommes, des cis-hétéro-patriarcaux ou des Américains d’origine asiatique, n’est pas seulement juste, elle est vitale. La censure protège les opprimés; l’intimidation sur les réseaux sociaux et sur le lieu de travail devient une forme de vertu ; la pitié et le pardon ne sont que des ruses de la suprématie blanche ; les ressources humaines ciblent avec zèle les dissidents et les réprimandent. Une fois que vous aurez mis en place ce système de censure et de peur, persécuté quelques hérétiques pour en décourager d’autres et encourager la délation, les dissidents s’autocensureront de plus en plus et la dissidence s’éteindra, jusqu’à ce que la nouvelle orthodoxie soit la seule et unique.
Par le passé, des idées émergentes pouvaient être combattues par le débat et le conflit d’arguments. Mais vous remarquerez que les partisans de « l’idéologie des successeurs », comme l’appelle Wes Yang, ne débattent jamais avec des opposants sérieux à leurs positions. De fait, dans une société libérale, le débat part du principe que les deux parties sont dans une position d’égalité et fait appel à la raison pour déterminer qui a raison ou tort. Mais il ne peut y avoir « deux parties » pour la théorie critique de la race, aucune équation entre « racistes » et « antiracistes », et les débats sont intrinsèquement oppressifs. La logique, les preuves et la raison sont, dans cette vision du monde, de simples produits de la suprématie blanche, des formes de violence contre les opprimés. Dans la théorie critique de la race, rappelez-vous qu’il n’y a ni vérité ni objectivité ; il n’y a que des récits. Donc, oui, comme chez Orwell 2 + 2 = 5, et les mathématiques sont de par nature une fonction de la blanchité. Quel raciste peut le nier ?
En vérité, la démocratie libérale est difficile, contre-intuitive, compliquée et exige de la retenue, de la raison et de la tolérance à des niveaux inaccessibles à la plupart des humains. Raison pour laquelle elle est une exception si rare, si fugace dans le monde actuel et quasiment inexistante à l’échelle de l’histoire de l’humanité. La théorie critique de la race cadre bien mieux avec la nature humaine. Elle vous offre le canevas le plus simple pour comprendre le monde, elle vous pare de vertu si vous y consentez, elle vous donne un pouvoir instantané sur les autres de par votre identité, la leur et rien d’autre. Pour prospérer, elle n’a besoin que de l’instinct tribal et rien de plus. C’est pourquoi elle est là pour durer. Et pourquoi le combat en faveur du libéralisme va être long, difficile et nécessitera autant de courage, de détermination et de rigueur que nous pouvons en fédérer.
*Comment nous sommes devenus si obsédés par la race, le genre ou les identités
Dans « Cynical Theories », Helen Pluckrose et James Lindsay analysent les dérives idéologiques des études postcoloniales, queer ou de genre, passées des campus à la société.

« Le silence blanc, c’est de la violence » s’est imposé comme l’un des slogans phare des mouvements antiracistes (ici une manifestation à Londres).
Ehimetalor Akhere Unuabona/UnsplashPar Thomas Mahler
publié le 06/09/2020 à 10:30 , mis à jour à 13:57
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En 2018, Helen Pluckrose et James Lindsay cosignaient un retentissant canular. Pour illustrer les dérives idéologiques de nouveaux champs académiques en vogue – études de genre, théorie queer, théorie critique de la race, etc. -, ces chercheurs avaient envoyé vingt articles absurdes à des revues de sciences humaines. On y retrouvait une analyse de la culture du viol dans les parcs à chiens, un plagiat de Mein Kampf dans lequel le mot « juif » était simplement remplacé par « blanc » ou une enquête sur l’impact du godemiché anal sur la transphobie chez les hommes hétérosexuels… Au moment où le Wall Street Journal révélait la supercherie, quatre de ces « études » avaient déjà été publiées, et trois autres étaient validées par des pairs.
Après la blague, place aujourd’hui au sérieux. Dans le passionnant Cynical Theories (Pitchstone Publishing) qui vient de paraître en anglais, Helen Pluckrose, rédactrice en chef du magazine Aero, et James Lindsay, mathématicien de formation, tentent de comprendre comment nous sommes devenus si obsédés par la race, le genre ou l’identité.
De la « French Theory » à une société de castes identitaires
Tout a commencé sur les campus dans les années 1960-1970 avec la « French Theory » de Michel Foucault, Jacques Derrida ou Jean-François Lyotard. En pleine désillusion à gauche par rapport au marxisme comme à la modernité, ce courant radical a rejeté toute notion de savoir objectif et de vérité universelle. La connaissance ne serait qu’une construction sociale, et les sociétés, institutions ou langages ne peuvent être considérés que comme oppressifs. Le ver postmoderniste était introduit dans le fruit universitaire. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, ce courant nihiliste a muté et s’est divisé en plusieurs branches plus militantes pour déconstruire les injustices sociales. Les études postcoloniales considèrent la science et les Lumières comme des ruses pour promouvoir les valeurs occidentales. Il faut tout décoloniser, de la littérature aux cheveux.
La théorie queer nie les origines biologiques non seulement du genre, mais aussi du sexe et de la sexualité. Hommes et femmes, hétérosexuels et homosexuels ne sont que des catégories construites par les discours dominants pour préserver des normes. Quant à la théorie critique de la race, elle fait preuve d’une vision profondément religieuse : comme le péché chez les chrétiens, le racisme y est omniprésent et éternel. Même le fait de ne pas considérer les gens en fonction de leur race devient raciste. Comme l’assure par exemple Barbara Appelbaum dans Being White, Being Good (2010), tous les Blancs sont activement complices du racisme, et seule la confession de ces privilèges permet d’y remédier.
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C’est ainsi, expliquent Pluckrose et Lindsay, que nous sommes entrés dans une société de castes identitaires où l’on est soit membre d’un groupe marginalisé, soit assigné à un groupe privilégié en fonction des différentes thématiques de genre, race ou sexualité. Dans cette folle logique, Peter Tatchell, figure des droits de l’Homme notamment investi contre l’apartheid, s’est retrouvé accusé de racisme pour avoir critiqué des rappeurs noirs appelant à tuer des homosexuels.
Un plaidoyer pour le libéralisme, la raison et la science
Alors que ces théories jargoneuses ont longtemps été cantonnées aux microcosmes des universités d’élite, les termes « suprématie blanche » ou « cisnormativité » ont contaminé la société dans les années 2010. Selon Pluckrose et Lindsay, « l’évangile » des activistes pour la justice sociale – aujourd’hui désignés par le terme « woke » (« éveillés ») – est devenu incontournable. Et les excommunications, brutales, se multiplient. Ingénieur chez Google, James Damore a été licencié pour avoir écrit, dans une note en interne, que les différences de genres existent alors qu’il cherchait justement à trouver une solution à l’inégalité entre hommes et femmes dans son secteur. Même Martina Navratilova, pionnière LGBT dans le tennis, a été étrillée pour avoir rappelé qu’il n’était sportivement pas équitable que des femmes trans puissent participer aux mêmes compétitions que les femmes cisgenres. Sur le même sujet
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En conclusion de leur essai, Pluckrose et Lindsay livrent un vibrant plaidoyer pour le libéralisme, la raison et la science, piliers des démocraties occidentales depuis les Lumières. Or ces théories postmodernes sont en confrontation totale avec le libéralisme. Ce dernier considère les connaissances comme un moyen de concevoir la réalité de manière objective, tandis que ces théories n’y voient que des subterfuges pour maintenir des privilèges. Le libéralisme valorise les individus et l’universalisme, là où ces théories ne jurent que par les groupes identitaires. Le libéralisme met l’accent sur la dignité, ces théories se focalisent sur les victimes. Le libéralisme croit au progrès, ces théories sont profondément pessimistes. Le libéralisme repose sur le débat et la confrontation, ces théories ne réfléchissent qu’en termes d’expériences subjectives qu’on ne peut pas partager selon son identité.
À un moment donné, il faudra choisir…
