Par ICI Occitanie • Dimanche 22 mars 2026 https://www.radiofrance.fr/francebleu/podcasts/l-info-d-ici-ici-occitanie-l-environnement/l-eau-une-ressource-sous-pression-en-occitanie-2467935
La question de la gestion de l’eau est un enjeu majeur en région toulousaine. Un sujet qui sera au coeur du congrès Cycl’eau au MEETT. Entre baisse des ressources et tensions sur la Garonne les particuliers, les collectivités et les entreprises sont invités à revoir leurs pratiques.
La question de la gestion de l’eau s’invite dans L’info d’ici environnement, votre chronique dédiée aux questions environnementales dans la région. Un grand congrès sur l’eau aura lieu au MEETT, à Aussonne, mercredi 25 et jeudi 26 mars 2026 : il s’appelle Cycl’eau et il rassemblera des dizaines d’acteurs publics et privés de la gestion de l’eau. Ils parleront des enjeux liés à l’eau et des moyens de la préserver sur les différents stands et au cours de différents ateliers.
Des lâchers d’eau plus fréquents
L’eau se raréfie à cause du changement climatique et les réservent pourraient sérieusement diminuer en Occitanie dans les années à venir. La région pourrait, en effet, perdre 40% de ses ressources en eau d’ici 2050. La situation a été particulièrement alarmante ces dernières années, notamment en 2023, une année très sèche. Julien Hénique, directeur du cycle de l’eau de Toulouse Métropole, pilote le service de l’eau et de l’assainissement pour les 37 communes métropolitaines : « à certaines périodes de l’année, la moitié du débit de la Garonne était fourni par les barrages. »
Les barrages qui alimentent la Garonne stockent chaque année 70 millions de mètres cubes d’eau. Mais en 2023, 85% de ces réserves ont dû être libérées pour maintenir un débit suffisant sur le fleuve, c’est ce qu’on appelle le soutien d’étiage. Des lâchers d’eau nécessaires et pas seulement pour la consommation d’eau des habitants de la métropole : « s’il n’y a pas assez d’eau dans la Garonne, il peut y avoir un risque pour toute la faune qui y habite : les poissons, les insectes, qui ont besoin d’un certain débit pour pouvoir vivre correctement. On peut avoir des organismes qui disparaissent du fait des faibles débits et des températures élevées. »
Quelles solutions pour protéger la ressource ?
L’une des solutions pour préserver l’eau dans l’agglomération toulousaine est tout simplement de limiter les fuites sur le réseau, fuites qui causent chaque année des déperditions assez conséquentes, d’après Julien Hénique : « sur 100 litres d’eau que vous prélevez dans la Garonne, vous en perdez douze dans les réseaux parce qu’ils ne sont pas complètement étanches. On ne peut pas être derrière chaque branchement ou chaque coudes, il y a forcément des fuites. »
Entre 25 et 30 kilomètres de canalisations sont renouvelés chaque année dans la métropole de Toulouse. Une agglomération qui a aussi mis en place une tarification saisonnière de l’eau : les abonnés paient plus cher en été qu’en hiver pour inciter à limiter les consommations.
Toulouse Métropole met en place des dispositifs pour économiser l’eau, mais le problème de la gestion de l’eau est bien plus large. Il faudrait revoir certaines pratiques agricoles, comme l’irrigation du maïs qui représenterait, selon certaines estimations, 20% de la consommation d’eau douce en France. Pour réduire ces volumes, une des solutions passe par l’arrosage par des systèmes de goutte-à-goutte. La quantité d’eau consommée par l’industrie pose aussi problème, selon Julien Hénique : « on peut avoir des systèmes qui vont recycler des eaux de process industriels pour éviter d’en prélever de manière trop importante. »
Mais pour les particuliers, que penser des restrictions d’eau mises en place par les préfets pendant l’été qui interdisent, par exemple, d’arroser les jardins ou de laver les voitures ? Est-ce vraiment utile ou cela relève-t-il du pansement sur une jambe de bois ? Julien Hénique appelle à voir plus loin : « ça permet de gérer une situation à l’instant T. Mais ce qu’il faut, c’est qu’effectivement on puisse se servir de ces épisodes-là pour faire changer nos pratiques. Après, sur la durée, pour ceux qui n’ont pas encore de piscine, c’est l’occasion de se poser la question : au regard du changement climatique, faut-il réellement que je construise une piscine ? »
Toulouse gagne environ 6.000 habitants chaque année, ce qui ne crée pas pour l’instant de tension sur la ressource en eau. Mais la métropole n’est pas totalement à l’abri, pour Julien Hénique : « dans d’autres régions de France, on a des services de l’État qui, aujourd’hui, demandent à certaines collectivités de ne plus ouvrir d’autorisations d’urbanisme parce que la ressource en eau n’est pas là en quantité suffisante. »