Municipales : les conséquences d’une reconnexion limitée entre politique locale et politique nationale
Par Fabien Escalona
Dans la France urbaine, l’offre électorale ressemblait davantage qu’en 2020 au « nouveau monde » partisan de l’ère Macron. La gauche a néanmoins réussi l’exploit de reculer dans un contexte d’impopularité record du gouvernement. Le RN, le centre-droit et LFI sont les seuls à enregistrer des gains nets.
Replongeons-nous en 2020 et 2021. Des communes aux régions en passant par les départements, les scrutins locaux qui se sont tenus ces deux années-là ont offert le spectacle d’une persistance de « l’ancien monde », antérieur à la présidence d’Emmanuel Macron, caractérisé par la domination du Parti socialiste (PS) et du parti Les Républicains (LR). De quoi nourrir quelques fantasmes de restauration, qui ont été pulvérisés par la réalité des élections nationales de 2022.
Qu’en a-t-il été lors des élections municipales de 2026 ? D’un côté, il ne faut pas sous-estimer l’inertie des pouvoirs locaux municipaux. L’attention médiatique se focalise, de manière compréhensible, sur la France urbaine : au pire, les seules grandes métropoles, au mieux, les communes de plus de 20 000 ou 30 000 habitants. Ce qui laisse dans l’ombre toutes les autres, dans lesquelles vit plus d’un tiers de la population.
« Dans la très grande majorité des communes,abonde le politiste Rémi Lefebvre, professeur à l’université de Lille, les partis n’ont pas ou plus d’ancrage. Le marché politique y est très peu concurrentiel et très peu imprégné de considérations nationales. Dans beaucoup de cas, un seul tour a suffi pour renouveler les maires sortants. » Ce rappel suffit à relativiser les « leçons » tirées d’un archipel de villes où la gauche est surreprésentée et le Rassemblement national (RN) sous-représenté.

La campagne et le vote pour les élections municipales 2026 à Saint-Avold, Besançon et Toulouse. © Photos Mathilde Cybulski, Antoine Mermet et Vincent Nguyen pour Mediapart
D’un autre côté, si l’on accepte de se concentrer sur ces communes les plus peuplées et investies par les partis politiques nationaux, l’offre électorale a évolué de manière assez visible par rapport à 2020. Cela s’est repéré autant dans les urnes que lors des soirées électorales : La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN) ont été au cœur des conversations et ont objectivement amélioré leurs positions de manière inédite.
« Ces deux acteurs, parmi les plus dynamiques de l’ordre électoral issu de 2017, ont décidé de s’engager davantage dans ces élections, constate Florent Gougou, maître de conférences à Sciences Po Grenoble. LFI de manière nouvelle et le RN selon une stratégie plus ancienne. À de nombreux endroits, leurs scores confirment un potentiel électoral déjà révélé aux scrutins nationaux. Ils restent néanmoins absents d’au moins 40 % des villes de 30 000 habitants. »
« S’agissant de ces deux forces, précise l’électoraliste Pierre Martin, on assiste à la poursuite d’une dynamique locale qui s’est enclenchée avec leurs importants gains en sièges aux législatives de 2022 puis de 2024. Il y a six ans, elles n’avaient pas été portées par leurs résultats législatifs précédents, beaucoup plus modestes. »
« Il y a un autre élément de reconnexion avec le champ politique national, poursuit-il, qui consiste en l’absence globale d’adversité entre les macroniens et LR. Il est également imputable aux transformations intervenues depuis 2024, puisque c’est depuis la dissolution que le camp gouvernemental s’est élargi à ce parti de la droite, dans ce qui est appelé le “socle commun”. Dès lors, les affrontements au niveau local n’ont plus guère de sens. »
Absence de « vote sanction »
Pour autant, cette reconnexion partielle entre les différents niveaux de la compétition électorale ne s’est pas accompagnée d’une « nationalisation » du scrutin. Cela avait pourtant été le cas lors de précédents scrutins municipaux, lorsque les forces dans l’opposition avaient appelé à utiliser les bulletins de vote pour sanctionner le pouvoir en place. La gauche en avait été la victime en 2014 sous François Hollande, après avoir bénéficié d’un ressort antisarkozyste en 2008.
« La logique d’un vote-sanction à l’égard du gouvernement, explique Florent Gougou, contribue à ce que les considérations nationales prennent davantage de place relativement aux considérations locales dans les motivations de vote. Il en résulte un grand nombre d’alternances dans les grandes villes, homogènes dans leur direction. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé en 2026 : les considérations locales ont largement primé et les alternances, limitées dans leur ampleur, se sont faites dans les deux sens du spectre droite-gauche. »
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Le phénomène est d’autant plus « curieux », aux yeux de Pierre Martin, que le gouvernement de Sébastien Lecornu bat des records d’impopularité à l’échelle de toute la VeRépublique, à un an seulement de l’élection présidentielle. De la part de l’exécutif, le mutisme à l’égard du scrutin se comprend aisément, puisqu’il ne pouvait tirer aucun gain politique en s’y impliquant. De la part des forces non macronistes qui tiennent l’essentiel des villes, l’absence de tentative de nationalisation des enjeux est toutefois contre-intuitive.
Elle se comprend néanmoins, dès lors que l’on tient compte de l’intégration de facto de LR à la majorité, et de la transformation du PS en bouée de secours d’un gouvernement menacé par la censure. « Macron est une boule de démolition qui détruit tout ce qui s’approche de lui », glisse Pierre Martin. Le même ajoute que « LFI a également fait campagne sur autre chose, dans la mesure où son objectif était avant tout de s’implanter au détriment des autres forces de gauche ».
Recul structurel de la gauche
Cette absence de « nationalisation » du scrutin a eu des effets électoraux qui ne sont pas allés dans le sens de la gauche. Celle-ci aurait théoriquement pu profiter de l’impopularité de l’équipe au pouvoir, en partant d’un étiage historiquement bas du nombre de villes qu’elle détenait. Au lieu de cela, les thèmes locaux qui ont prospéré, de manière très différente de 2020 lorsque les écologistes avaient le vent dans le dos, ont été ceux de l’insécurité et de la remise en cause des politiques environnementales.

Sans cela, il est impossible de comprendre comment, dans une ville qui vote autant à gauche que Grenoble lors des scrutins nationaux, Alain Carignon a pu arriver en tête du premier tour avec 27 % des suffrages. De manière générale, pointe Florent Gougou, « on voyait dès le premier tour que les maires sortants de droite bénéficiaient d’un taux de reconduction supérieur à celui des maires de gauche ». « Quant au deuxième tour, poursuit-il, il s’est beaucoup joué sur le rapport à LFI. »
« À force d’en faire un repoussoir équivalent au RN, ce qui est le fruit d’une coproduction entre les adversaires de LFI et les mélenchonistes eux-mêmes, ça finit par avoir des effets », note l’électoraliste grenoblois. Lorsque des fusions ont eu lieu, on a observé, selon les cas et dans des proportions délicates à départager, une déperdition à gauche, une mobilisation d’abstentionnistes du premier tour et une fusion des électorats de droite et d’extrême droite pour repousser le scénario d’Insoumis au pouvoir.
« L’exemple de Clermont-Ferrand [perdue par la gauche – ndlr] est assez impressionnant, avec un recul du RN au profit de la droite et une poussée de la participation, note l’analyste Mathieu Gallard. LFI fait certes valoir des contre-exemples, mais si l’on parle de villes comme Grenoble ou Nantes, elles sont tellement à gauche que même l’addition des voix de droite et au-delà ne suffisait pas pour l’emporter. De manière générale, plus que telle ou telle force, c’est le niveau structurellement faible de l’ensemble de la gauche qui pose problème. »

« LFI n’était pas la seule force-repoussoir à gauche, précise en outre Pierre Martin. Le “LFI-bashing” a éclipsé “l’écolo-bashing”, mais celui-ci a aussi fonctionné dans l’électorat. La position délicate de la socialiste Johanna Rolland à Nantes, alliée dès le premier tour aux Écologistes, ne se comprend pas sans une fuite de l’électorat modéré à sa droite. » Le parti vert a d’ailleurs perdu la plupart de ses conquêtes de 2020.
En tous les cas, à l’échelle des villes de plus de 20 000 habitant·es, la gauche reste en 2026 à un niveau inférieur à celui de 2014, lequel était déjà un point historiquement bas au cœur du désastreux quinquennat Hollande. On observe au niveau local ce qui reste vrai au niveau national : l’ensemble de ce camp ne s’est toujours pas remis de cette mandature. Au demeurant, « certaines campagnes victorieuses des socialistes, comme à Saint-Étienne ou Amiens, ont été menées sur une tonalité très centriste », note Rémi Lefebvre.
Confirmation de l’implantation du RN
En vis-à-vis, LR a aussi enregistré des pertes dans les grandes villes, et cela est resté vrai jusqu’au seuil de 20 000 habitant·es, tandis que les diverses tendances de centre-droit sont restées stables. La déprise tendancielle de la gauche dans la France urbaine s’accompagne donc d’une érosion parallèle des positions de la droite post-gaulliste de LR.
Le processus reste lent, ce qui tend à confirmer une déconnexion persistante entre les niveaux local et national de la vie politique, mais il est à l’œuvre. Et l’un des principaux bénéficiaires en est le RN, qui a pu surfer sur des enjeux de campagne favorables et bénéficie d’une position d’extériorité au pouvoir qu’il n’a pas à prouver, à la différence de la droite traditionnelle.

La campagne et le vote pour les élections municipales 2026 à Besançon, Toulouse, Saint-Avold et Marseille. © Photos Antoine Mermet, Vincent Nguyen, Mathilde Cybulski et Claire Gaby pour Mediapart
Souligner ses difficultés à présenter des listes partout ou ses victoires manquées (comme à Toulon) ne doit pas égarer. Entre 2020 et 2026, le parti lepéniste passe de quatre à quinze édiles (plus trois maires élus sous la bannière de la formation alliée Union des droites pour la République) dans les villes de plus de 20 000 habitant·es, lesquelles ne constituent pas, rappelons-le, son terreau le plus favorable.
« Le RN ne perd quasiment rien, réalise des scores parfois spectaculaires dans les communes qu’il détenait, et renforce son implantation en se créant des fiefs, résume Florent Gougou. Avec Éric Ciotti à Nice, qui est clairement dans leur camp, ils obtiennent même une grande ville. Si on assume d’avoir parlé de “vague verte” en 2020 pour des gains écologistes dans sept communes, il faut admettre que le RN se renforce nettement, tout en conservant des marges de progression. »
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En somme, l’absence de nationalisation du scrutin et les écarts encore massifs de ressources entre les pouvoirs locaux sortants et les nouveaux entrants n’ont pas permis que les municipales de 2026 reflètent les rapports de force politiques à l’échelle de la France entière. La distorsion reste la règle. Il faut d’ailleurs rappeler qu’aux débuts de la Ve République, il avait bien fallu une vingtaine d’années avant que les niveaux local et national de la compétition politique soient alignés.
Néanmoins, on a pu voir cette année, contrairement aux élections locales de 2020 et 2021, une percée des forces les plus dynamiques de l’ordre électoral, qui se stabilise depuis la première élection d’Emmanuel Macron. L’une de ses caractéristiques est l’ascension d’une extrême droite devenant de plus en plus compétitive pour provoquer une alternance, et une autre en est la stagnation d’une gauche dépourvue de stratégie pour élargir son socle. Deux marqueurs qui se repèrent bien, pour le coup, dans les résultats globaux de la France urbaine à ces municipales.
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L’échec du Rassemblement national dans des villes comme Marseille, Toulon, Nîmes ou Lens ne doit pas masquer une nette progression de l’extrême droite. Le RN et ses alliés ont ajouté, ce dimanche, 38 mairies aux 24 déjà conquises au premier tour.
par Stéphane Ortega
23 mars 2026 à 12h00, modifié le 24 mars 2026 à 17h03Temps de lecture :6 min.

Le Rassemblement national (RN) sort-il renforcé des élections municipales 2026 ? Assurément oui, même s’il ne réalise pas un raz de marée. Le parti à la flamme triple le nombre de communes dont il aura la gestion pendant les six prochaines années. En 2020, le RN ne l’emportait que dans dix-sept villes, dont sept de plus de 20 000 habitant·es. Cette fois-ci, il se place à la tête de 62 municipalités, comme Basta! l’entrevoyait au lendemain du 1er tour, en comptant les communes où ses alliés de l’Union des droites pour la République (UDR), le parti d’Éric Ciotti, scission des Républicains (LR), l’ont emporté.
Ce scrutin lui offre-t-il une dynamique favorable en vue de la présidentielle ? Ce n’est pas garanti. Même si le scrutin municipal est proche de l’élection reine de 2027, il conserve ses spécificités. La personnalité du maire ou des prétendants à la mairie est prépondérante, au-delà des étiquettes partisanes. Les enjeux locaux y dominent souvent les enjeux nationaux.
La meilleure moisson du Rassemblement national malgré des échecs
Dès le premier tour, le Rassemblement national est parvenu à faire réélire ses maires sortants à Perpignan (50,61%), Beaucaire (60,37%), Hénin-Beaumont (77,71%) ou encore à Fréjus (51,33%). Il y a ajouté avec ses alliés de l’UDR une dizaine de communes. Ce dimanche 22 mars, à l’occasion du second tour, Éric Ciotti l’emporte à Nice, avec 48,54 % des voix, 10 points devant son challenger Christian Estrosi. C’est la première fois que l’extrême droite prend une ville aussi importante, la cinquième de France en nombre d’habitant·es. L’ancien maire de Nice entre 1995 et 2008, Jacques Peyrat, avait été longtemps membre du Front national (FN) – et député des Alpes-Maritimes – mais avait quitté le parti lepéniste avant de se présenter à Nice.
Le RN/FN conquiert également plusieurs villes moyennes de plus de 30 000 habitant·es, comme Montauban, Carcassonne, Liévin, Agde, Menton, Carpentras, Castres. Enfin, une trentaine de communes de moins de 30 000 habitant·es tombent dans l’escarcelle du RN ou de ses alliés.
À côté de ces succès, le RN échoue à Marseille. Son candidat, Franck Allisio recueille 40,73 % des suffrages, 13 points derrière Benoît Payan, à la tête d’une liste d’union de la gauche qui a bénéficié du désistement du candidat de La France insoumise Sébastien Delogu. Pour autant, le candidat d’extrême droite a progressé de près de 20 000 voix entre les deux tours.
Même échec à Nîmes, où le candidat communiste l’a emporté en devançant de 3 points Julien Sanchez, du RN (37,52%). La ville de Toulon a aussi échappé à l’extrême droite, qui l’avait déjà dirigée entre 1995 et 2001. Sa candidate est arrivée en seconde position avec 47,65 % des suffrages face à Josée Massi (divers droite). Face à une candidate centriste, le RN perd également Villers-Cotterêts (Aisne), ville qui abrite la Cité internationale de la langue française, et qu’il avait conquise en 2020.
Le grand remplacement de la droite dans le Sud-Est
Même s’il échoue à emporter la ville de Marseille, le Rassemblement national aspire les voix de la droite. Sa représentante, Martine Vassal, arrive en troisième place à 5,31 %. Au premier tour, elle n’avait enregistré que 12,41 % des voix, dans une ville pourtant administrée par la droite de Jean-Claude Gaudin entre 1995 et 2020.
Dans les Alpes-Maritimes, en plus de la ville de Nice, traditionnellement à droite, le RN l’emporte au second tour à Menton et à Peymeinade. Dans le Var, si Toulon n’a pas été ravi par le RN et fait mentir l’idée selon laquelle l’électorat de droite basculerait forcément à l’extrême droite, trois communes voisines de l’arsenal ont élu un maire UDR allié du RN : La Seyne-sur-Mer, Six-Fours-les-Plages et La Valette-du-Var. Dans les Bouches-du-Rhône, Rognac et Tarascon passent au RN.
Enfin, quatre communes du Vaucluse, dont Carpentras, passent dans le giron du parti à la flamme. Dans ce département, le RN se paie même le luxe de ravir la ville d’Orange au maire, et fondateur d’un mouvement d’extrême droite local, Jacques Bompard. En tout, ce dimanche 22 mars, ce sont quatorze communes qui ont été remportées par le RN et ses alliés dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui s’additionnent aux sept gagnées au premier tour.
Le RN progresse encore dans le Nord
La région Hauts-de-France constitue l’autre grande terre d’élection du RN, avec un électorat plus populaire que dans le Sud-Est. Le RN n’y a pas réalisé la moisson escomptée. Il a échoué à prendre les mairies de Lens et de Douai qu’il visait. Mais de très peu à Douai, où le candidat RN n’a que 154 voix de retard sur la liste d’union de la gauche. En revanche, il renforce son implantation autour des communes déjà acquises dans le Pas-de-Calais, lors des élections municipales précédentes.
Il parvient à l’emporter à Liévin (53,58 %) devant une liste d’union de la gauche. En plus de cette ville de 31 000 habitant·es, il s’installera à l’Hôtel de ville dans cinq nouvelles communes autour de Hénin-Beaumont et de Bruay-la-Buissière, remportées dès le premier tour. Avec une commune gagnée en plus dans l’Oise, ce sont en tout quatorze communes que le RN gérera dans la région des Hauts-de-France.
L’influence du RN grignote des territoires
La progression du Rassemblement national ne se limite pas aux régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Hauts-de-France. En Occitanie et dans le Grand Est, où le RN enregistre souvent de bons scores électoraux, l’extrême droite a ravi plusieurs villes. Dans les Pyrénées-Orientales, le RN l’emporte dans trois communes autour de Perpignan : à Rivesaltes, Canohès et Elne.
Dans l’Aude voisine, où l’ensemble des députés sont déjà RN, c’est la ville de Carcassonne qui est tombée entre ses mains. Pour finir, Agde, dans l’Hérault, Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard, et Castres, dans le Tarn, rejoignent la liste des villes qui basculent. Dans le Grand Est, la Moselle et la Meurthe-et-Moselle fournissent trois communes de plus au parti de Jordan Bardella, dont Saint-Avold. Enfin, la commune de Wittelsheim, près de Mulhouse, dans le Haut-Rhin, bascule également. À Metz, l’une des rares villes de plus de 100 000 habitant·es où il était en mesure de se maintenir (dans le cadre d’une quadrangulaire), il ne progresse pas entre les deux tours, plafonnant à 17 %.
Plus surprenant, le Rassemblement a enregistré des victoires dans des territoires qui lui sont traditionnellement moins acquis. Dans le Loiret, le RN gagne la ville de Montargis (15 000 habitant·es), dans une triangulaire très serrée avec une avance de 59 voix sur la liste de gauche et 91 voix sur le candidat divers droite. Il l’emporte aussi à Vierzon (25 000 habitant·es), dans le Cher, et, plus à l’ouest, à La Flèche (15 000 habitant·es), dans la Sarthe. Autant de petites villes éloignées des dynamiques économiques, sociales et culturelles qui caractérisent les plus grandes agglomérations.
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À l’inverse, le RN continue de faire des scores très faibles dans les métropoles. À l’exception de la ville de Nice, via l’UDR, de Toulon ou de Marseille, il n’était pas présent au second tour dans la plupart des villes de plus de 200 000 habitant·es comme Lyon, Nantes, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg, Montpellier et Rennes. Mais il serait présomptueux d’en tirer quelque conclusion que ce soit : l’élection présidentielle de 2027 ne se gagnera pas exclusivement dans les métropoles.
Le RN fait ainsi élire environ 3000 conseillers municipaux, ce qui devrait l’aider à constituer un groupe au Sénat, lors de son renouvellement en septembre.