Un collectif de psychologues dénonce une nouvelle étape dans leur « paramédicalisation »
Des évolutions dans la sélection des psychologues au sein du dispositif Mon soutien psy sont dénoncées par un collectif de professionnels. L’autorité compétente pour cette procédure devient le médecin-conseil national de l’Assurance maladie.
Par Caroline Cordier
13 mars 2026 à 14h40 https://www.hospimedia.fr/actualite/articles/20260313-politique-de-sante-un-collectif-de-psychologues-denonce
Les controverses autour du dispositif Mon soutien psy ne se tarissent toujours pas. De récentes évolutions dans le processus de sélection des psychologues entrant dans le dispositif nourrissent de nouveau les inquiétudes d’une partie de la profession, toujours fortement mobilisée contre ce mode d’accès aux soins psychiques. Ainsi, un décret paru au Journal officiel du 6 mars modifie les modalités de sélection des psychologues assurant des séances d’accompagnement remboursées en application de l’article L162-58 du Code de la sécurité sociale. Le texte reconnaît également la qualité de collaborateur occasionnel du service public aux experts psychologues mobilisés par la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) dans le cadre de ce parcours de soins.
La principale modification concerne l’autorité compétente pour la sélection des psychologues. Les textes fondant initialement le dispositif prévoient que les séances d’accompagnement psychologique réalisées « dans le cadre d’un exercice libéral ou d’un exercice en centre […] ou en maison de santé peuvent faire l’objet d’une prise en charge par les régimes obligatoires d’assurance maladie dès lors que le psychologue réalisant la séance a fait l’objet d’une sélection par l’autorité compétente désignée par décret ». Cette sélection permet d’attester de la qualification du professionnel et du fait qu’il est « signataire d’une convention avec l’organisme local d’assurance maladie de son lieu d’exercice ». Jusqu’alors, plus précisément depuis le décret du 17 février 2022, cette autorité compétente était « le ministre en charge de la Santé ». Désormais, il s’agit du médecin-conseil national auprès du directeur général de la Cnam.
« Pour la première fois, l’Assurance maladie se voit ainsi confier explicitement un rôle direct dans la sélection des psychologues pouvant exercer dans un dispositif de soins psychiques », dénonce dans un communiqué le 12 mars La Convergence des psychologues en lutte, collectif par ailleurs signataire du manifeste du Printemps de la psychiatrie. La mise en place d’un processus « placé sous l’autorité de [la Cnam], avec l’appui « d’experts psychologues », décidé par ailleurs sans concertation avec la profession elle-même, est une manœuvre totalement inacceptable », insistent-ils, en réitérant leur appel au boycott de Mon soutien psy.
Le collectif réaffirme ensuite plus globalement « son opposition à toute évolution qui conduirait à la paramédicalisation » de la profession et à « la réduction de la psychothérapie à un dispositif standardisé administré »et piloté par l’Assurance maladie. Il tient à rappeler que les psychologues « ne sont pas des auxiliaires paramédicaux », en expliquant que « leur formation universitaire, leur pratique clinique, leurs responsabilités dans le champ des soins psychiques, la pluralité des approches psychothérapeutiques qu’ils défendent », sont incompatibles avec « un cadre administratif visant à standardiser leurs pratiques ».