« Covid-19 : six ans après le premier confinement, quelle est l’espérance de vie en bonne santé en France ? Mystère… »
Date de publication : 16 mars 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=199b904bd73822bde05b316635a80a6c&id_newsletter=23528&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=23528&from=newsletter
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Dans Libération, Christian Lehmann, médecin et écrivain, « revient sur les 6 années qui se sont écoulées depuis le premier tour des dernières municipales, en mars 2020, à la veille du confinement.
Christian Lehmann écrit ainsi qu’« il y a 6 ans, alors que se profilait une pandémie planétaire, nous nous dirigions vers un premier tour de municipales auquel personne ne prêtait attention mais sur lesquelles les politiques avaient tant misé qu’ils répétaient en boucle qu’il n’y avait aucun risque. […] Il y a 5 ans, les vaccinodromes ouvraient peu à peu sur tout le territoire, et après soignants et personnes âgées, le panel des personnes pouvant y accéder allait progressivement s’élargir ».
« Il y a 4 ans, une campagne présidentielle se dessinait, et la pandémie était déclarée terminée. Elisabeth Borne annonçait la fin prochaine du masque en intérieur, et «le retour des jours heureux en entreprise». La situation sanitaire se dégradait à nouveau, mais Omicron, variant plus contagieux, était salué comme «une chance» de contaminer tout le monde une bonne fois pour toutes sans séquelle majeure et d’en finir avec Sars-cov-2 », continue Christian Lehmann.
Le médecin relève en outre qu’« il y a un an, une première étude française révélait les conséquences du Covid sur le long terme, le risque accru de décès et de réhospitalisation pour l’apparition ou le développement de pathologies organiques sévères pendant les 30 mois qui suivaient l’épisode initial ».
« Plus de 800.000 personnes avaient été hospitalisées pour Covid en France sur 5 ans, mais quasiment personne ne voulait envisager les conséquences sur le long terme d’une maladie d’abord considérée comme uniquement respiratoire (…), dont on découvrait au fil des années l’étendue des dégâts : mortalité plus élevée, augmentation des hospitalisations pour des maladies neurologiques, respiratoires, cardio-vasculaires, rénales, immunitaires, ainsi que pour l’apparition de diabète », continue Christian Lehmann.
Il note : « Et nous voilà en mars 2026. Alors que depuis des années, les experts économiques de nombreux pays et les médias financiers s’inquiètent de l’effet du Covid sur la puissance de travail, du nombre grandissant de personnes présentant des handicaps ou une diminution de leur capacité de travail, nous ne disposons d’aucune étude sur l’espérance de vie en bonne santé en France ».
Le médecin observe qu’« il en existe en Angleterre, où après une nette amélioration sur un siècle, l’espérance de vie en bonne santé recule de 2 ans.
Le Covid n’est évidemment pas la seule et unique cause de ce recul, car il faudrait aussi questionner l’impact du réchauffement climatique, de l’aggravation de la pollution, mais aussi, surtout, l’impact de la dégradation du système de santé, le retard de prise en charge de nombreuses maladies, le maintien à l’emploi plus longtemps de personnes usées par le travail ».
Commentaires Dr Jean Scheffer
Le Dr Lehmann écrit beaucoup, mais ne consulte pas les données de l’INSEE de 2022 qui montrent une baisse de l’espérance de vie en bonne santé en France entre 2020 et 2022. (https://www.insee.fr/fr/statistiques/3281641?sommaire=3281778#tableau-figure3)


