LR veut échapper au grand remplacement

60 % des sympathisants LR ne considèrent plus la formation lepéniste comme un danger pour la démocratie et 71 % adhérent aux constats de Jordan Bardella. 

D’un côté, la puissance dominante de la Ve République, quatre présidents de la République, des milliers de maires, plusieurs centaines de parlementaires. De l’autre, la force montante de la vie politique française, déjà en tête des intentions de vote de la prochaine élection présidentielle et portée par les préoccupations sécuritaires des Français. Dans bien des villes, les élections municipales des 15 et 22 mars prochains seront le théâtre du sourd affrontement entre Les Républicains de Bruno Retailleau et le Rassemblement national de Jordan Bardella. Les deux formations font quasiment jeu égal dans le baromètre CEVIPOF pour Le Monde et la Fondation Jean-Jaurès : 45 % des sondés estiment que la victoire de LR dans leur commune serait une bonne chose, contre 42 % pour le RN. Mais elles offrent des visages contrastés : affaiblie par deux élections présidentielles perdues, la droite doit tout faire pour contenir le départ de ses électeurs vers le Rassemblement national.

Ceux-ci se montrent de plus en plus séduits par le RN : 60 % des sympathisants LR ne considèrent plus la formation lepéniste comme un danger pour la démocratie et 71 % adhérent aux constats de Jordan Bardella. Une porosité qui permet au président du RN de manœuvrer en vue d’une future union des droites. Celui-ci a déjà posé les jalons d’éventuelles alliances locales avec LR pour « faire barrage » à LFI, là où la formation de Jean-Luc Mélenchon aurait des chances de l’emporter. Et l’idée fait peu à peu son chemin dans les rangs des militants LR, qui sont désormais 66 % à se dire favorable à des alliances ou des fusions de second tour avec le RN. Le résultat du 22 mars sera donc déterminant pour LR s’il veut garder son indépendance : dans les villes structurellement de droite, où le rapport de force entre les listes LR alliées aux centristes et le RN sera scruté, mais aussi dans les anciens bastions de la droite, à Marseille ou Nice, où la victoire des candidats RN-UDR marquerait immanquablement le basculement de l’électorat LR à l’extrême droite.
Pascale Besses-BoumardRémi ClémentJOURNALISTE POLITIQUE

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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