C’est à nouveau une promesse envers les personnes âgées qui fait long feu.

Le plan « grand âge » repoussé, une nouvelle déception pour le secteur, habitué aux promesses non tenues

Le départ annoncé de la ministre déléguée Charlotte Parmentier-Lecocq, sur fond d’élections municipales, intervient alors que ce texte devait être présenté le 12 février. Une aubaine pour Matignon, qui n’aura pas à affronter le financement de mesures coûteuses. 

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le 06 février 2026 à 08h38, modifié le 06 février 2026 à 09h48 https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/02/06/le-plan-grand-age-repousse-une-nouvelle-deception-pour-le-secteur-habitue-aux-promesses-non-tenues_6665632_3224.html

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Charlotte Parmentier Lecocq, ministre chargée de l’autonomie et des personnes handicapées, à Paris, le 6 janvier 2026.
Charlotte Parmentier Lecocq, ministre chargée de l’autonomie et des personnes handicapées, à Paris, le 6 janvier 2026.  LUDOVIC MARIN/AFP

Le lancement était prévu jeudi 12 février. Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée chargée des personnes âgées et handicapées, avait donné rendez-vous à quelque 250 personnes ce jour-là, au ministère de la santé, pour leur dévoiler un plan « grand âge » qu’elle prépare depuis des mois.

Mercredi 4 février, son cabinet a annoncé que « la présentation [était] reportée » sine die. Le lancement du plan a été annulé après que Matignon a fait savoir, mardi, que Mme Parmentier-Lecocq allait quitter le gouvernement en même temps que Rachida Dati, ministre de la culture, sans doute dans quelques jours.

C’est à nouveau une promesse envers les personnes âgées qui fait long feu, ont réagi certains représentants du secteur concerné, habitués aux engagements non tenus de l’exécutif depuis qu’Emmanuel Macron a dit, en 2018, puis en 2020, qu’il porterait une « loi » pour « répondre aux défis du vieillissement ». Sans tenir parole. « Ce report est un signal inquiétant, alors que nous sommes au pied du mur démographique », a déploré la Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées.

L’intention de Mme Parmentier-Lecocq de quitter le gouvernement était connue. Aucune raison impérative ne justifiait pourtant une annonce aussi précoce. « J’avais prévenu le président et le premier ministre que je serai amenée à sortir du gouvernement pour que mon suppléant puisse démissionner comme député et devenir maire », a rappelé, mercredi, la ministre, députée (Horizons) du Nord depuis 2017.

« Eviter un obstacle »

Son suppléant, Jean Moulliere, candidat à la mairie de Templeuve-en-Pévèle, commune de son département, sera tenu, s’il est élu maire le 22 mars, de démissionner de la suppléance. Ce qui entraînera automatiquement une élection législative partielle. Pour ne pas risquer de perdre son siège au terme d’une campagne qui s’annonçait difficile, Mme Parmentier-Lecocq avait prévu son retour à l’Assemblée nationale avant les municipales, mais une fois le « plan grand âge » présenté.

Sébastien Lecornu a souhaité coupler la sortie de Mme Parmentier-Lecocq avec celle de Rachida Dati, candidate à la Mairie de Paris, pour n’avoir qu’un seul « ajustement gouvernemental » à orchestrer. Mais, concède-t-on dans l’entourage de Mme Parmentier-Lecocq, « l’annonce aurait été faite un peu plus tard, cela aurait été une bonne chose ».

Si l’imminence de la présentation du plan n’a pas conduit le premier ministre à garder le silence quelques jours de plus, c’est que le moment n’était finalement pas mal choisi, de son point de vue. « Le départ de Mme Parmentier-Lecocq est pour lui l’occasion de s’éviter un obstacle à franchir », observe un haut fonctionnaire connaisseur du secteur.

Au sortir du vote du budget de l’Etat et de celui de la Sécurité sociale, qui ont nécessité concessions et arbitrages financiers au cordeau, le premier ministre n’avait ni l’envie ni les moyens d’assumer un plan « grand âge » qui l’aurait conduit à devoir prendre des engagements pour le financer. Mme Parmentier-Lecocq a impliqué le ministère des comptes publics dans les travaux préparatoires du plan, mais aucune réunion interministérielle ne s’est tenue à Matignon pour finaliser les arbitrages financiers des mesures qu’il contient.

« Un plan qui manque de souffle »

En outre, les conseillers de Matignon attendaient, ces derniers jours encore, une mouture finale du cabinet de la ministre pour pouvoir valider l’ensemble.

Enfin, le plan ne faisait pas l’unanimité parmi les représentants du secteur du grand âge« Mieux vaut un bon plan en avril qu’un mauvais en février », observe Luc Broussy, à la tête du think tank Matières grises, cercle de réflexion spécialisé sur les questions de vieillissement. « C’est un plan qui manque de souffle à ce stade », critique cet auteur de plusieurs rapports sur le grand âge.

« Le départ annoncé de Mme Parmentier-Lecocq retire une épine du pied du chef du gouvernement, qui voyait bien que le plan n’était pas à la hauteur, mais qui ne voulait pas déjuger ouvertement sa ministre », décrypte un interlocuteur régulier de Matignon sur ces questions.

En amont de son plan, Mme Parmentier-Lecocq a demandé, fin 2025, aux agences régionales de santé et aux conseils départementaux d’identifier les besoins pour accompagner les personnes âgées en perte d’autonomie sur leur territoire, aux horizons 2030 et 2050. Ces travaux seront restitués en juin. « Ils seront menés à leur terme », assure le cabinet de Mme Parmentier-Lecocq.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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