Albi. Une première mondiale pour l’hôpital d’Albi
Sorties. L’hôpital d’Albi a présenté Echopen, un échographe portable qui n’a pas d’équivalent dans le monde…
Publié le 21/03/2025 à 10h00 – https://www.letarnlibre.com/actualite-8008-albi-une-premiere-mondiale-pour-l-hopital-d-albi
Par François ASTORG
L’Echopen a été présenté à l’hôpital d’Albi en présence des directrices de la CPAM et de l’ARS, de la maire d’Albi et du président du Conseil de l’Ordre des médecins. [François Astorg/Le Tarn libre]
« Le docteur et président d’Echopen, Medhi Benchoufi, s’était interrogé pour savoir comment éviter deux décès et le fait d’avoir un échographe dans un transport médical tel qu’un Samu… Je lui ai fait promettre que l’on soit le premier hôpital, après l’AP-HP (Paris) à bénéficier de l’echopen ».
Le 14 mars, Alexandre Fritsch avait le sourire des grands jours. Le directeur de l’hôpital d’Albi a présenté Echopen, une sonde d’échographie clinique portable. Une innovation appelée à devenir indispensable pour tout médecin… En 1816, le docteur René Laennec invente le stéthoscope, l’objet tour de cou, symbole par excellence du médecin. Deux-cents ans plus tard, l’echopen va côtoyer le stéthoscope dans la blouse blanche du médecin hospitalier et la veste du médecin de ville.

La Fondation Pierre Fabre partenaire
Médecin à l’Hôtel-Dieu à Paris, Mehdi Benchoufi contacte Olivier de Fresnoye et le docteur Pierre Bourrier. Echopen devient la première start-up au sein de l’AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) à compter, parmi ses actionnaires, l’AP-HP ! Lancée en 2021, la « petite entreprise » Echopen va, en moins de quatre ans, révolutionner l’échographie clinique. « Pensé comme un stéthoscope, la sonde d’échographie miniaturisée et pas chère est une histoire française » A 48 ans, Medhi Benchoufi est le nouveau Laennec…
Pour le directeur général d’Echopen, Olivier de Fresnoye, « grâce à une ingéniosité collaborative des ingénieurs hardware (matériel) et software (logiciels), des techniciens de l’Hôtel-Dieu, c’est devenu possible ». A la suite de la Fondation Pierre Fabre, les partenaires suivent tels que Sanofi Espoir ou Altran. 2024 est l’année de la mise sur le marché de la sonde echopen. « On frôle la perfection en termes de rapidité ! Une infection ? Un anévrisme ? Un épanchement pleural ? La sonde permet de tout voir et d’orienter très vite le patient » s’est enthousiasmé le président de la Commission d’Établissement de l’hôpital d’Albi…
Moins de 1 000 € pour un echopen
« Pour moins de 1 000 €, vous pouvez savoir, où que vous soyez dans le monde, quels organes sont touchés lors d’un accident ! » explique à la suite du docteur Pascal Cariven, Olivier de Fresnoye. Ce dernier a remercié l’hôpital d’Albi et l’ARS. Echopen équipe désormais cinquante médecins tarnais, la moitié au sein de l’hôpital albigeois et l’autre moitié en ville et à la campagne. « On a vendu 30 % des sondes dans des déserts médicaux et 45 % pour des territoires à faible densité médicale, donc le besoin de ce type d’outil est prégnant » ajoute le directeur général d’Echopen.
À l’hôpital d’Albi, les premiers médecins ont été formés en une journée le 14 mars. Formés par un médecin ardéchois, premier testeur de l’echopen à l’Hôtel-Dieu à Paris : « votre truc, ça marche, continuez ! » À l’hôpital d’Albi : « je ne sais pas si vous êtes conscients de l’importance de cette journée… J’ai toujours voulu voir à l’intérieur des corps. En 1982, j’ai été formé à l’échographie dans la seule école en France, à Nîmes » Quarante-trois ans plus tard, le généraliste forme ses confrères à l’utilisation de la sonde miniaturisée. « L’avenir, c’est ici à Albi. Lapérouse a conquis le monde. Nous, nous avons conquis le monde médical… »
« On peut parler de démocratie médicale »
La maire d’Albi a saisi la perche tendue par le médecin ardéchois : « je vous suis reconnaissante d’ancrer cette technologie dans une ville de 50 000 habitants. Vous donnez un signal à tous les territoires. On peut bénéficier de ce qu’il y a de mieux dans le pays. On peut parler de démocratie médicale… Vous êtes un peu des Lapérouse en puissance ! »
Le président du Conseil de l’Ordre des médecins du Tarn, Etienne Moulin, a pris le relais de Stéphanie Guiraud-Chaumeil : « j’ai presque envie de recommencer mes études… J’espère que l’on aura une distribution pour nos internes. Avec l’industrialisation de l’echopen, le prix va baisser… Merci pour les médecins ».
« Notre ambition est mondiale »
Le directeur de l’hôpital d’Albi, Alexandre Fritsch, voit en Echopen « un outil unique de diagnostic partagé. Les patients du territoire vont pouvoir être pris en charge de manière fluide dans des parcours de soins associant les médecins de villes et l’hôpital ».
Pour le président d’Echopen, Medhi Benchoufi, « ce partenariat est une avancée majeure vers l’accessibilité de l’échographie clinique pour tous… Il n’y a pas d’exemple de sonde de ce type en Europe ni même dans le monde à ce prix-là. Notre ambition est mondiale… La France est le contributeur majeur à la médecine. C’est une innovation pour un bien de santé public » Une sonde qui équipe déjà les médecins militaires ukrainiens sur le front…
Commentaire Dr Jean Scheffer
Bien avant 1981, j’ai été le premier en midi-pyrénées à Albi, en même temps que le Dr Cazard a l’hôpital de la Grave à Toulouse à pratiquer l’echocardiographie cardiaque. A cette époque je n’ai pas fait tout ce battage .
L’échographie portable existe depuis de nombreuses années dans nombre de services d’urgences.
Vous pouvez acheter sur internet nombre d’appareils portables plus ou moins miniaturisés: https://www.xraystore.fr/1146-echographe-portable-de-radiologie?gad_source=1&gad_campaignid=19888469903&gbraid=0AAAAAD3Ma4OrnGOgdQokm5iWd8zmoiabX&gclid=CjwKCAiAtq_NBhA_EiwA78nNWNlM6MSg2D3WqHVBp5bB4PFNCJH7AXJtZiuC5iL6hIs6Tlu0RX5YVhoCabYQAvD_BwE
Voir aussi:
VIDÉO – « C’est l’outil de demain » : un échographe portable révolutionne le diagnostic médical, il peut sauver des vies
Publié le mardi 25 mars 2025 à 6:30 https://www.francebleu.fr/infos/societe/video-c-est-l-outil-de-demain-un-echographe-portable-revolutionne-le-diagnostic-medical-il-peut-sauver-des-vies-8319137
Face aux délais rallongés et aux déserts médicaux, l’ARS du Tarn a acquis 50 échographes portables, notamment pour l’hôpital d’Albi. Baptisé echOpen, ce dispositif innovant, lancé il y a un an, améliore le diagnostic en imagerie médicale. Il pourrait révolutionner la prise en charge des patients.
Dans une main, une sonde connectée à une application mobile, dans l’autre, un téléphone affichant en temps réel l’intérieur du corps de la patiente. Rein, foie, chaque organe est passé au crible grâce à ce nouvel échographe portable. L’hôpital d’Albi a mis à disposition de ses médecins les premiers modèles d’echOpen commercialisés sur le marché. Cet outil innovant permet d’affiner les diagnostics et de gagner en précision. “C’est l’outil de demain parce que c’est un outil qui est portable, c’est un outil qu’on a sur soi comme le stéthoscope quand on est médecin,” explique Alexandre Fritsch, directeur de l’hôpital d’Albi.
Une formation pratique pour maîtriser l’outil
L’apprentissage de cet appareil passe par une formation pratique où les médecins testent sur eux l’échographe, souvent torse nu, pour en comprendre le fonctionnement. Dans la salle, praticiens hospitaliers et médecins généralistes s’initient à son utilisation, convaincus du potentiel de cet équipement. “Pour gérer les urgences, répondre à des demandes particulières, affiner le diagnostic et être beaucoup plus précis que le stéthoscope et le toucher,” nous confirme Thibault Coudoin, médecin généraliste.
Un dispositif accessible pour des diagnostics vitaux
Vendu un peu plus de mille euros, cet appareil a été imaginé par un médecin français, avec un objectif clair : sauver des vies. “Ça peut sauver des vies dans des situations d’urgence, comme les ruptures d’anévrismes, des situations cardiaques très compliquées ou des situations en traumatologie où on a besoin d’évaluer rapidement s’il y a une hémorragie interne ou pas. Des situations qui peuvent rapidement se compliquer et conduire à une issue fatale,” explique Mehdi Benchoufi, cofondateur d’echOpen.
L’Agence régionale de santé d’Occitanie a investi dans l’achat de cinquante sondes réparties entre l’hôpital d’Albi et les médecins de ville.
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Disponibilité et utilisations de l’échographie clinique dans les structures d’urgences : une étude nationale descriptive, transversale, multicentrique 2023
Antoine Bidault (1)
Mémoire 2023 https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-04155592
1 Thèses d’exercice et mémoires – UFR de Médecine Montpellier-Nîmes
Résumé
L’échographie clinique en médecine d’urgence (ECMU) se développe : sa pertinence est aujourd’hui bien montrée, et ses champs d’applications se multiplient. Deux conditions sont nécessaires pour permettre son déploiement : l’équipement en échographe et la formation des médecins. En 2011, 52 % des services d’urgences (SU) et 9 % des services mobiles d’urgence et de réanimation (SMUR) français possédaient au moins un appareil d’échographie. En 2016, ce pourcentage passait à 71 % pour les SUs et 28 % pour les SMURs. L’objectif principal de cette étude était d’évaluer le taux de SUs, SMURs et de véhicules légers de secours médicalisés pompiers (VLSM) équipés d’au moins un échographe en France, en 2023.
Méthode : étude transversale, descriptive, multicentrique, sous forme de questionnaire, envoyé à un échantillon tiré au sort de SUs et SMURs publiques et privés de France métropolitaine et outre-mer ainsi qu’à tous les Services de Santé et de Secours Médical (SSSM) pompiers. Pour permettre d’observer un taux à 90 % pour les SUs et 50 % pour les SMURs, 48 SUs et 40 SMURs tirés au sort étaient nécessaires. L’équipement des VLSMs n’étant pas connu, nous avions prévu de tous les interroger.
Résultats : 217 centres ont répondu au questionnaire : sur les 74 SUs interrogés, 66 (89 %) ont répondu ; sur les 62 SMURs interrogés, 58 (94 %) ont répondu ; sur les 93 SSSMs interrogés, 93 (93 %) ont répondu. Parmi les SSSMs ayant répondu, 51 (54 %) ne possédaient pas de ligne de garde médicalisée dans leur département et ont donc été exclus. Sur les 66 (89 %) SUs répondeurs, au moins un appareil d’échographie était disponible dans 58 (88 % – IC 95 % [77 ; 94]) d’entre eux. Sur les 58 (94 %) SMURs répondeurs, au moins un appareil d’échographie était disponible dans 40 (69 % – IC 95 % [55 ; 80]) d’entre eux. Sur les 42 SSSMs inclus, au moins un appareil d’échographie était disponible dans 12 (29 % – IC 95 % [16 ; 45]) d’entre eux. Conclusion : 88 % des SUs et 69 % des SMURs français sont équipés d’échographes. La majorité des SSSMs ne possèdent pas de ligne de garde médicale et seulement 29 % de ceux-ci possèdent un échographe. Le déploiement de l’ECMU en France progresse mais reste insuffisant en particulier en préhospitalier.
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Journal de Radiologie 2009
Volume 90, Issue 10, October 2009, Page 1187 https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0221036309747778

Séances thématiquesL’echographie aux urgences
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, F. Thys
, F. VerschurenShow moreAdd to MendeleyShareCite
https://doi.org/10.1016/S0221-0363(09)74777-8Get rights and content
Objectifs
Connaître les indications actuelles de l’échographie appliquée aux situations d’urgence du patient adulte (pathologie abdominale, vasculaire et périphérique) et débattre de son positionnement par rapport aux autres modalités d’imagerie.
Discuter des conditions requises pour sa mise en place : technique (échographe portable ou de haut de gamme) ; logistique (intégration dans le plateau technique des urgences). Le niveau d’expertise requis de l’opérateur ainsi que sa spécialité médicale (urgentiste, chirurgien ou radiologue).
Messages à retenir
En cas de polytraumatisme, l’échographie est performante pour la recherche de liquide.
En cas d’abdomen aigu non traumatique instable, l’échographie initiale détermine la démarche clinique.
Dans l’abdomen aigu non traumatique sans choc, l’échographie est utile et discriminante pour le bilan initial d’un syndrome douloureux de l’hypocondre droit et de la fosse iliaque droite.
La recherche d’une thrombophlébite ou le bilan d’une affection aiguë du contenu scrotal sont des indications validées dans l’urgence.
Le bon niveau de performances atteint par les appareils portables actuels légitime leurs positionnements dans l’unité d’urgence essentiellement lorsque les conditions locales n’autorisent pas qu’un appareil de haut de gamme soit spécifiquement dédié pour cette activité. L’intégration de l’échographie dans un service d’urgence dépend des circonstances locales, du degré de disponibilité des radiologues et de la charte de collaboration établie entre les acteurs.
Résumé
Apport et limites de l’échographie dans les affections aiguës de l’adulte sont explicités. Dans le traumatisme abdominal, elle joue un rôle crucial chez le patient instable. Dans le cadre non traumatique, l’échographie est déterminante en cas de choc (recherche d’anévrysme ou atteinte gynécologique). Utile pour le bilan des syndromes douloureux abdominaux localisés, elle est aussi validée pour la recherche de thrombose veineuse et dans les urgences scrotales. Le type d’appareil à utiliser et sa localisation seront débattus en séance. Le débat sera ouvert sur la question de l’operateur : urgentiste ou le radiologue versus urgentiste et radiologue ?