L’avion de chasse européen définitivement mort

Le projet d’avion de chasse européen « est mort » : Dassault lance un ultimatum à Airbus

 L'étude de concept SCAF (Système de combat aérien du futur) toujours dans le brouillard

Écrit parBenoît Roux et AFP

Publié le05/03/2026 à 11h00 https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/le-projet-d-avion-de-chasse-europeen-est-mort-dassault-lance-un-ultimatum-a-airbus-3309765.html#at_medium=5&at_campaign_group=1&at_campaign=occitanie&at_offre=4&at_variant=V2&at_send_date=20260305&at_recipient_id=726375-1497345337-da129e8d&at_adid=DM1253037&at_highlight=

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Occitanie

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« Airbus ne veut plus travailler avec Dassault », a déclaré le PDG de Dassault à l’AFP. Le SCAF (Système de combat aérien du futur) est l’un des plus grands projets militaires européens actuels. Dassault et Airbus devaient travailler ensemble pour remplacer le Rafale français et l’Eurofighter allemand et espagnol. Mais l’Europe est plus que jamais divisée.

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Cette semaine, le futur avion militaire voulu par Emmanuel Macron et Angela Merkel en 2017 a connu de nouvelles turbulences.

Dassault, par la voix de son PDG, a accusé mercredi Airbus de ne pas vouloir travailler avec lui au moment où les dirigeants français et allemand hésitent à trancher entre le maintien du projet actuel ou l’option à deux avions. Eric Trappier le PDG de Dassault était en conférence de presse le 4 mars 2026.

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« Si Airbus maintient sa position de ne pas vouloir travailler avec #Dassault, [le #SCAF] est mort. » Eric Trappier en conférence de presse ce 4 mars 2026.

Le leadership en question

Si Airbus « maintient » cette posture, « le projet est mort », a poursuivi Eric Trappier, le PDG de Dassault à l’AFP. Alors que la tension est à l’extrême dans le Moyen Orient, l’Europe affiche ses divisions en matière de souveraineté militaire pour ne pas dépendre des États-Unis.

Ce programme SCAF qui pourrait coûter plus de 100 milliards d’euros a été lancé par le couple franco-allemand Macron/Merkel en 2017, rejoint 2 ans plus tard par l’Espagne.

Du côté de Dassault (fabricant des Rafale), on estime être le maître d’œuvre du projet et détenteur de tous les savoir-faire nécessaires pour concevoir un avion de combat « de A à Z ». Une évidence « technique  » que conteste l’avionneur européen. Airbus -qui a développé dans les années 1980 le chasseur Eurofighter avec le britannique BAE Systems et l’italien Leonardo-entend « jouer un rôle de premier plan » dans une solution à deux avions.

À lire aussi :Pourquoi ce projet commun d’avion de combat entre Airbus et Dassault risque de ne jamais voir le jour

Les deux structures peuvent-elles travailler ensemble dans ces conditions ? La France veut que Dassault dirige ce projet. Côté allemand, on défend plutôt Airbus qui aurait davantage les capacités de financer ce projet énorme. Problème de leadership, de partage de technologie et de propriété intellectuelle. La question devait être tranchée au niveau des dirigeants européens fin 2025 mais pour l’heure, rien n’avance.

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Bien plus qu’un avion

C’est un projet éminemment stratégique (souveraineté européenne en matière de défense au moment ou l’allié américain se désengage) et très coûteux. Car au-delà d’un avion militaire, c’est un système de combat plus global. Le Système de Combat Aérien du Futur (SCAF) est un avion de chasse de 6ᵉ génération, hyperconnecté et capable d’opérer avec des drones.

Il est très innovant en termes de reconnaissance, brouillage, et attaque lors des combats. Il fait appel à un réseau de données militaire qui permettent par exemple de partager les informations en temps réel entre avions, drones, satellites et forces au sol.

Le SCAF doit remplacer les flottes actuelles de Rafale et Eurofighter, maintenir l’industrie aéronautique de défense en Europe tout en conservant la capacité française de dissuasion nucléaire aéroportée. Sur ce dernier point, Le chancelier allemand Friedrich Merz s’interroge sur la pertinence d’un avion commun. « Les Français ont besoin (…) d’un avion capable de transporter des armes nucléaires et d’opérer à partir d’un porte-avions. Ce n’est pas ce dont nous avons besoin », a-t-il déclaré à l’AFP.

Pour Emmanuel Macron les Européens « ont intérêt à avoir un modèle commun ». Faut-il maintenir ou enterrer le SCAF ? Les dirigeants franco-allemands temporisent.Pendant ce temps, un autre programme avance : le GCAP (Global Combat Air Programme) mené par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon. Il pourrait être opérationnel dès 2035, cinq ans plus tôt que le SCAF. S’il existe vraiment un jour.

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Le chancelier Merz vient de franchir un cap. Il dit que le #SCAF peut s’arrêter. Berlin met une sortie de secours sur la table. En France, on continue comme si cette option n’existait pas. « Il ne s’agit pas d’une querelle politique. Nous avons un véritable problème concernant le profil des besoins. Et si nous ne parvenons pas à le résoudre, alors nous ne pourrons pas poursuivre le projet. » Voilà. C’est net, c’est assumé, et ça dit une chose : à Berlin, on ne tremble plus à l’idée de menacer le programme. Le point de friction est simple. La France veut un appareil pour assurer la mission de dissuasion et capable d’opérer depuis un porte-avions. L’Allemagne dit qu’elle n’en a pas besoin. Très bien. Mais dans ce cas, il faut arrêter de faire semblant : soit on construit un avion qui intègre ces capacités, soit on change complètement la logique du programme. On ne peut pas demander à la France de revoir à la baisse ce qui structure sa stratégie. Et quand j’entends : « La France veut construire un seul avion aligné sur ses propres spécifications. Mais ce n’est pas ce dont nous avons besoin », ça fait tiquer. Parce que présenté comme ça, on dirait une lubie française. Ce n’en est pas une. C’est la logique d’un pays qui assume sa dissuasion, sa capacité d’action autonome, sa projection. Ce n’est pas « Paris qui impose », c’est Paris qui refuse de fabriquer un futur avion amputé de ce qui fait sa stratégie. Je pars d’un principe : sur un programme de cette nature, la cohérence opérationnelle et la clarté de la maîtrise d’œuvre priment sur les compromis de façade. Le fond, au fond, c’est le leadership. L’Allemagne veut se poser en chef de file de la défense européenne. Très bien. Mais là, j’ai l’impression qu’elle veut surtout être chef de file… du cadrage : définir ce qui compte, ce qui ne compte pas, et garder la sortie de secours ouverte. « Les Français ont besoin d’un avion de nouvelle génération capable d’emporter l’arme nucléaire et d’opérer depuis un porte-avions. La #Bundeswehr n’en a pas besoin pour l’instant. » Ce n’est pas comme ça qu’on construit une Europe de la défense. C’est comme ça qu’on met la France devant un choix : céder sur l’essentiel, ou assumer la rupture. Et franchement, si l’heure de vérité arrive, autant qu’elle arrive maintenant, pas après dix ans de réunions, pour finir avec un avion que personne ne veut vraiment. https://euractiv.com/news/germany-does-not-need-same-fighter-jets-as-france-says-merz/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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