Le risque de cancer serait accru pour les adultes qui vivent dans les comtés abritant des centrales nucléaires.

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Revue de presse du 4 mars 2026

« Vivre près d’une centrale nucléaire augmente-t-il le risque de cancer ? »

 Date de publication : 4 mars 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=6cc63747de1c0e99580bb2ff82e8c3af&id_newsletter=23458&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=23458&from=newsletter


Marc Cherki s’interroge dans Le Figaro : « Vivre à proximité d’une centrale nucléaire augmente-t-il le risque de mourir d’un cancer ? C’est la conclusion surprenante d’une étude épidémiologique publiée dans Nature Communications par une équipe de l’école T. H. Chan de santé publique de l’université de Harvard, à Boston (États-Unis) ».
Le journaliste relève ainsi que « le risque serait accru pour les adultes qui vivent dans les comtés abritant des centrales nucléaires. En croisant les données de localisations des centrales obtenues auprès de l’Administration américaine de l’énergie et le registre national des 7,45 millions de personnes décédées des suites d’un cancer aux États-Unis entre 2000 et 2018, les chercheurs ont trouvé une corrélation pour plus de 115.000 d’entre elles, en particulier les femmes mortes entre 55 et 64 ans (+2,1%) et les hommes entre 65 et 74 ans (+2%) ».


Marc Cherki évoque ainsi « des chiffres faibles, mais qui pour la première fois, d’après les auteurs, montrent un lien significatif. Les scientifiques ont utilisé une modélisation statistique pour tenir compte de l’impact cumulatif des centrales aux États-Unis et de celles du Canada, et se sont efforcés d’exclure des biais connus comme le revenu des ménages, la température de l’air, le taux de fumeurs et la proximité d’un hôpital ».


Le journaliste constate que « ces résultats préoccupants ont cependant été vivement critiqués. Adjoint au directeur de la recherche et de l’expertise en santé de l’ASNR (Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection) qui contrôle les installations en France, Dominique Laurier les juge ainsi «peu concluants» ».


Le spécialiste remarque qu’« ils n’établissent pas un lien direct entre une exposition et un risque de mortalité. […] La distance considérée dans l’étude peut atteindre jusqu’à 200 km entre une habitation et une centrale nucléaire, mais certains comtés aux États-Unis peuvent dépasser 200 km ».


Jim Smith, professeur à l’université de Portsmouth, indique quant à lui que « cette étude met en évidence une association entre la distance par rapport aux centrales nucléaires et la mortalité par cancer, mais une association ne prouve en aucun cas un lien de causalité ».
L’expert ajoute que l’étude « ne tente pas d’évaluer la dose de rayonnement émise par les centrales nucléaires et ne tient pas compte de la façon dont la dose varie en fonction de la distance. Il n’existe aucune preuve que les doses de rayonnement soient significatives pour les personnes vivant à proximité des sites nucléaires ».


Yazan Alwadi, premier auteur de ce travail, précise pour sa part que « notre étude ne prétend pas établir de causalité. Il s’agit d’une analyse écologique visant à déterminer si les taux de mortalité par cancer varient systématiquement en fonction de la proximité des installations nucléaires. Nous avons observé un gradient spatial constant. Cela justifie une enquête plus approfondie à l’aide d’une évaluation plus détaillée de l’exposition et de modèles individuels ».


Marc Cherki note que « l’inquiétude des riverains de centrales serait cependant prématurée : dans l’Hexagone, une étude conduite par Santé publique France sur la période de 1995 à 2011 n’a pas pu établir une hausse de l’incidence des cancers pour la population âgée de plus de 15 ans, vivant à moins de 20 km des centrales ».


« Chez les moins de 15 ans vivant à moins de 5 km, 14 cas de leucémies aiguës avaient été comptabilisés pour la période 2002-2007, quand statistiquement seuls 7,4 cas étaient attendus. Un résultat qui avait nourri la polémique, mais ne pouvait en fait pas être attribué à un quelconque excès d’exposition à la radioactivité », continue le journaliste.

Vivre près d’une centrale nucléaire augmente-t-il le risque de cancer ?

Par  Marc Cherki

04/03/26 https://www.lefigaro.fr/sciences/vivre-pres-d-une-centrale-nucleaire-augmente-t-il-le-risque-de-cancer-20260303#:~:text=C’est%20la%20conclusion%20surprenante,comtés%20abritant%20des%20centrales%20nucléaires.

Sujets

DÉCRYPTAGE – Des scientifiques associent 115 000 décès par cancers survenus aux États-Unis entre 2000 et 2018 à la proximité géographique avec une telle installation. Un résultat contesté par plusieurs experts.

Vivre à proximité d’une centrale nucléaire augmente-t-il le risque de mourir d’un cancer ? C’est la conclusion surprenante d’une étude épidémiologique publiée dans Nature Communications par une équipe de l’école T. H. Chan de santé publique de l’université de Harvard, à Boston (États-Unis). Le risque serait accru pour les adultes qui vivent dans les comtés abritant des centrales nucléaires. En croisant les données de localisations des centrales obtenues auprès de l’Administration américaine de l’énergie et le registre national des 7,45 millions de personnes décédées des suites d’un cancer aux États-Unis entre 2000 et 2018, les chercheurs ont trouvé une corrélation pour plus de 115 000 d’entre elles, en particulier les femmes mortes entre 55 et 64 ans (+ 2,1 %) et les hommes entre 65 et 74 ans (+ 2 %).

Des chiffres faibles, mais qui pour la première fois, d’après les auteurs, montrent un lien significatif…

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Si vous vivez près d’une centrale nucléaire, votre risque de mortalité par cancer est plus élevé, selon cette étude 

Publié le 24 févr. 2026 https://www.santemagazine.fr/actualites/actualites-sante/si-vous-vivez-pres-dune-centrale-nucleaire-votre-risque-de-mortalite-par-cancer-est-plus-eleve-selon-cette-etude-1147715

 par Hélène Bour

Une étude fait état d’une corrélation entre la proximité de son domicile à une centrale nucléaire et le taux de mortalité par cancer. De quoi semer le doute quant à l’innocuité des centrales pour la santé.

Hormis lors d’un accident nucléaire exposant à d’importantes radiations, on ne craint rien, a priori, à vivre tout près d’une centrale nucléaire. La France en compte 18, et 57 réacteurs nucléaires en tout, si bien qu’elle est le premier pays au monde en nombre de réacteurs nucléaires en exploitation par habitant. Des millions de Français vivent ainsi à proximité d’une centrale, un chiffre plus ou moins important selon la distance que l’on prend.

Une nouvelle étude scientifique, menée par l’École de santé publique T.H. Chang de Harvard, et parue dans la revue Nature Communications (Source 1), laisse cependant entendre qu’une telle proximité ne serait pas sans conséquence sur la santé.

L’étude met en effet en évidence un taux de mortalité par cancer plus élevé chez les personnes résidant dans une commune située à proximité d’une centrale nucléaire, par rapport au même taux chez les personnes résidant plus loin. En clair, il existerait une relation distance-risque : plus l’lon vivrait près d’une centrale, plus le risque de mourir d’un cancer (à distinguer du risque d’en déclarer un) serait élevé.

Les scientifiques ont ici mené une évaluation nationale des centrales nucléaires aux États-Unis et de la mortalité par cancer entre 2000 et 2018, en utilisant la notion de proximité continue. Les données nucléaires ont été obtenues auprès de l’Agence d’information sur l’énergie (EIA) et les données sur la mortalité par cancer au niveau des comtés, auprès des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). Les chercheurs ont contrôlé les facteurs de confusion potentiels dans chaque comté,notamment le niveau d’instruction, le revenu médian des ménages, la composition ethnique, la température et l’humidité relative moyennes, la prévalence du tabagisme, l’IMC (indice de masse corporelle) et la proximité de l’hôpital le plus proche.

C’est ainsi qu’en recoupant les données, l’équipe a constaté que les comtés américains situés à proximité des centrales nucléaires connaissaient des taux de mortalité par cancer plus élevés.

Pas encore de quoi inciter à déménager

« Notre étude suggère que vivre à proximité d’une centrale nucléaire peut comporter un risque de cancer mesurable, qui diminue avec la distance », a déclaré Petros Koutrakis, auteur principal et professeurde santé environnementale et d’habitat humain, dans un communiqué (Source 2). Pour autant, il faut savoir raison garder avant de s’empresser à déménager, car corrélation n’est pas causalité, et d’autres facteurs pourraient expliquer ce lien inattendu et inquiétant.

« Nous recommandons que davantage d’études soient menées sur la question des centrales nucléaires et de leurs impacts sur la santé, en particulier à l’heure où l’énergie nucléaire est présentée comme une solution propre au changement climatique », a conclu le scientifique. Bien que considérés comme très faibles et sans risque, les taux de rayonnement pourraient être en cause.

Sources

Source 1 : National Analysis of Cancer Mortality and Proximity to Nuclear Power Plants in the United States, Nature Communications (2026). DOI : 10.1038/s41467-026-69285-4

Source 2 : “Proximity to nuclear power plants associated with increased cancer mortality”, Medicalxpress, 23/02/26.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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