Macron a justifié l’intervention des Etats-Unis et d’Israël en Iran et estimé que Téhéran « porte la responsabilité première » de la situation actuelle au Moyen-Orient.

Ce qu’il faut retenir de l’allocution d’Emmanuel Macron sur la situation au Moyen-Orient

Dans une courte prise de parole télévisée, le président de la République a évoqué le rapatriement de ressortissants français ou encore un renforcement de la présence militaire française dans la région. 

Le MondePublié hier à 21h09, modifié à 12h23 https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/03/ce-qu-il-faut-retenir-de-l-allocution-d-emmanuel-macron-sur-la-situation-au-moyen-orient_6669423_3210.html

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Le chef de l’Etat a pris la parole, mardi 3 mars au soir, sur la situation au Moyen-Orient au quatrième jour de la guerre déclenchée par des bombardements des Etats-Unis et d’Israël sur l’Iran.

L’Iran « porte la responsabilité première de cette situation »

Emmanuel Macron a tout d’abord estimé que Téhéran « porte la responsabilité première » de la situation actuelle au Moyen-Orient. Selon le chef de l’Etat, c’est la République islamique d’Iran « qui a développé un programme nucléaire dangereux et des capacités balistiques inédites, qui a armé et financé des groupes terroristes dans les pays voisins ». Le président de la République a en outre dénoncé la répression meurtrière des manifestations en Iran en janvier, accusant le régime iranien d’avoir « donné l’ordre de tirer sur son propre peuple ».

Tout en justifiant l’intervention des Etats-Unis et d’Israël en Iran, le chef de l’Etat a regretté que ces opérations militaires aient « été conduites en dehors du droit international »« Avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, nous avons clairement dit qu’un arrêt au plus vite des frappes est souhaitable et qu’une paix durable dans la région ne se fera que par la reprise de négociations diplomatiques », a-t-il ajouté.

« Je veux ici aussi former le vœu pour le peuple iranien qu’il puisse lui-même librement décider de son destin », a par ailleurs affirmé Emmanuel Macron.

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Renforts militaires à Chypre, le « Charles-de-Gaulle » en route vers la Méditerranée

La France va envoyer des « moyens de défense antiaérienne supplémentaires » à Chypre et la frégate Languedoc« arrivera au large de [l’île méditerranéenne] dès ce soir », a en outre fait savoir le président de la République. Cette décision constitue une réponse à une récente frappe ayant visé une base britannique à Chypre, pays membre de l’Union européenne, et « avec lequel nous venons de signer un partenariat stratégique », a souligné Emmanuel Macron. « Nous assurons par ailleurs une coordination étroite avec nos alliés, nos partenaires européens, en premier lieu nos amis grecs, afin que cet effort en Méditerranée orientale soit consolidé par les nations volontaires », a-t-il ajouté.

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Le chef de l’Etat a, en outre, exprimé ses inquiétudes quant aux conséquences du conflit sur le commerce international, rappelant l’importance des voies maritimes de la région, telles que le canal de Suez, la mer Rouge et le détroit d’Ormuz, « transitent environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde », rappelle-t-il. « Face à cette situation instable, aux incertitudes des jours à venir, j’ai donné ordre que le porte-avions Charles-de-Gaulle, ses moyens aériens, son escorte de frégates fassent route vers la Méditerranée », a annoncé Emmanuel Macron.

« Nous sommes à l’initiative pour bâtir une coalition afin de réunir les moyens, y compris militaires, pour reprendre et sécuriser le trafic dans ses voies maritimes essentielles à l’économie mondiale », a-t-il assuré.

Emmanuel Macron, lors de son allocution télévisée sur la situation au Moyen-Orient, le 3 mars 2026, à l’Elysée.
Emmanuel Macron, lors de son allocution télévisée sur la situation au Moyen-Orient, le 3 mars 2026, à l’Elysée.  SEBASTIEN BOZON/AFP

Rapatriement des ressortissants français : deux premiers vols attendus à Paris

« Nous sommes en train d’organiser en bon ordre le rapatriement de nos concitoyens qui le souhaitent, en commençant par les plus vulnérables », a annoncé Emmanuel Macron, précisant que deux premiers vols en provenance du Moyen-Orient seront à Paris « dès ce soir »« Les équipes sont pleinement mobilisées, dans les pays concernés comme à Paris, pour organiser les retours dans les meilleures conditions », a-t-il assuré. Selon le président de la République, près de 400 000 Français sont présents dans la région « soit comme résidents, soit de passage ».

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« Ma responsabilité est d’agir pour protéger notre pays, garantir la sécurité de nos compatriotes et défendre l’intérêt national », a affirmé M. Macron. Le chef de l’Etat a décidé de renforcer « la sécurité [des] bases militaires [françaises] dans la région », regrettant que deux d’entre elles aient subi des « frappes limitées ». Il a annoncé aussi le renforcement de la sécurité dans les ambassades de la région.

« Nous veillons évidemment à la sécurité sur le sol national », a également assuré le président de la République, ajoutant que le gouvernement « a renforcé le dispositif de protection militaire Sentinelle et la vigilance autour des lieux et des personnes les plus exposées ».

Mise en garde contre une opération terrestre israélienne

Enfin, Emmanuel Macron a exprimé ses inquiétudes concernant la reprise des hostilités au Liban entre Israël et le Hezbollah. S’il a critiqué le mouvement islamiste libanais pour avoir « commis la faute majeure de frapper Israël et de mettre les Libanais en danger », le président de la République a également mis en garde l’Etat hébreu contre tout déploiement de troupes au sol, estimant qu’une telle opération constituerait « une escalade dangereuse et une erreur stratégique »« Le Hezbollah doit impérativement cesser toute frappe et j’appelle Israël à respecter le territoire libanais et son intégrité », a-t-il plaidé.

« Beaucoup de choses sont encore instables, mais la France demeure une puissance qui protège les siens, une puissance attachée à la paix, fiable, prévisible et déterminée », a conclu le président de la République française.

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Le Monde

« Une guerre justifiée à nouveau par un mensonge se transforme en course de vitesse pour Donald Trump »

Gilles Paris Editorialiste au « Monde »

La troisième guerre américaine menée au Moyen-Orient par un président des Etats-Unis n’a rien à voir avec les précédentes, observe, dans sa chronique, Gilles Paris, éditorialiste au « Monde ».

Publié aujourd’hui à 06h15, modifié à 19h31 https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/03/04/le-bombardement-de-l-iran-a-comme-devance-l-explication-par-donald-trump-de-ses-buts_6669456_3232.html

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Une partie de la stratégie de sécurité nationale de Donald Trump publiée il y a trois mois, le 5 décembre 2025, a bien mal vieilli. Il s’agit de celle consacrée au Moyen-Orient. On y apprenait que « l’époque où [il] dominait la politique étrangère américaine, tant dans la planification à long terme que dans l’exécution quotidienne » était « heureusement révolue ». Le Moyen-Orient, assurait la doctrine officielle des Etats-Unis, n’était plus « la source constante d’irritation et de catastrophe imminente qu’il était autrefois » mais « un lieu de partenariat, d’amitié et d’investissement », ce qui ne saute pas aux yeux depuis le 28 février.

Le 24 janvier, au Pentagone, le rédacteur de la stratégie de défense nationale, peu convaincu par l’emphase de la première, se montrait plus prudent. Mais il estimait que le principal allié des Etats-Unis dans la région, Israël, avait la capacité de se défendre avec le « soutien essentiel mais limité » de Washington et que, « dans le Golfe, les partenaires » de ce dernier étaient « de plus en plus disposés et capables de faire davantage pour se défendre contre l’Iran et ses mandataires ». On en est bien loin.

La brève guerre de juin 2025 mise à part, celle en cours, par son ampleur et les moyens mobilisés, est la troisième conduite dans la région par un locataire de la Maison Blanche en un peu moins de quarante ans. La première, pour chasser l’Irak du Koweït envahi en 1990, avait été justifiée par cette violation du droit international. Elle avait reposé sur une large coalition et sur une résolution onusienne autorisant les Etats membres à user de « tous les moyens nécessaires » pour parvenir à l’objectif fixé. Le président George H. W. Bush s’y était limité, épargnant le dictateur Saddam Hussein et son régime à Bagdad.

La qualité du marteau

La deuxième, l’invasion de l’Irak en 2003, avait été soutenue par une coalition internationale bien plus réduite. Dépourvue de feu vert de l’Organisation des Nations unies, elle avait bénéficié en revanche d’une « autorisation d’usage de la force militaire » votée par le Congrès. Elle reposait sur le mensonge de l’existence d’armes de destruction massive irakiennes et promettait un changement de régime ordonné conduisant à un Irak apaisé et démocratique. Elle précipita au contraire un chaos durable.

Le président américain, Donald Trump, lors de son embarquement à bord d’Air Force One, après avoir annoncé l’attaque des Etats-Unis et d’Israël sur l’Iran, à l’aéroport de Palm Beach (Floride), le 1ᵉʳ mars 2026.
Le président américain, Donald Trump, lors de son embarquement à bord d’Air Force One, après avoir annoncé l’attaque des Etats-Unis et d’Israël sur l’Iran, à l’aéroport de Palm Beach (Floride), le 1ᵉʳ mars 2026. ROBERTO SCHMIDT/AFP

A ces deux guerres s’étaient ajoutées les centaines de frappes ordonnées au Moyen-Orient dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme » ouverte après les attentats du 11-Septembre et poursuivie autant par Barack Obama que par Donald Trump de 2009 à 2020. L’un comme l’autre avaient été élus sur la promesse de mettre un terme aux « guerres sans fin »livrées au Moyen-Orient et en Afghanistan. Le premier assurait que « ce n’est pas parce qu’on a le meilleur marteau qu’on doit voir chaque problème comme un clou ». Le second, revenu aux affaires en 2025 en promettant dans son discours d’investiture que son succès serait mesuré « par les guerres que [les Etats-Unis] empêcheron[t], et, peut-être plus important encore, par les guerres [qu’ils] ne commenceron[t] pas », considère désormais que la qualité du marteau peut tenir lieu de stratégie. Ce qui nous conduit aux spécificités de cette troisième guerre.

Il s’agit d’un cas assez rare, s’agissant d’une puissance telle que les Etats-Unis, dans lequel les bombardements ont comme devancé la définition et l’explication de leurs buts, une opportunité, l’affaiblissement historique de l’Iran, l’emportant sur tout le reste.

Ces buts ont d’ailleurs évolué au fil des premiers jours, de la volonté de précipiter un changement de régime à Téhéran, étayé par l’assassinat stupéfiant d’un point de vue opérationnel du Guide suprême de la révolution islamique, Ali Khamenei, symbole honni d’un régime sanguinaire, à l’objectif plus circonscrit d’écrasement de l’arsenal balistique iranien.

Risque d’enlisement

Livrée sans feu vert international ni autorisation du Congrès par un tandem israélo-américain, cette guerre justifiée à nouveau par un mensonge, celui de « menaces imminentes » concernant les intérêts américains, se transforme en course de vitesse pour Donald Trump. Ce dernier a conscience de l’hostilité de son opinion publique à tout risque d’enlisement moyen-oriental pour en avoir longtemps usé. L’intensité des bombardements auxquels est soumis le territoire iranien pourrait en outre produire des tensions sur les stocks d’armes américains, comme le chef d’état-major, Dan Caine, l’a fait opportunément savoir avant le début de l’attaque. Pour le régime iranien, l’enjeu est au contraire de faire durer la guerre pour espérer modifier à son profit son rapport coûts-bénéfices.

Une autre différence entre les conflits passés et celui en cours concerne le « jour d’après » au Moyen-Orient. La première guerre américaine, en 1991, s’était accompagnée d’un investissement sans précédent des Etats-Unis dans l’un des plus anciens sujets de contentieux de la région : le conflit israélo-palestinien. L’organisation d’une conférence internationale à Madrid, la même année, avait constitué la première tentative de lancement d’un processus de paix, au prix de fortes tensions entre Israël et les Etats-Unis. Cette conférence avait ouvert la voie aux accords d’Oslo, deux ans plus tard. En 2002, parallèlement à la montée vers la seconde guerre en Irak, George W. Bush avait tenté de remettre sur le métier un processus de paix moribond. Quelques mois plus tôt, il avait été le premier président des Etats-Unis à évoquer la création d’un Etat palestinien au côté d’Israël.

Le copilotage de la troisième guerre en cours avec le premier ministre de l’Etat hébreu, Benyamin Nétanyahou, donne à ce dernier des marges de manœuvre inédites dans sa tentative de remodeler le Proche et le Moyen-Orient en fonction des seuls intérêts stratégiques israéliens. Et l’empêchement de toute forme d’Etat palestinien en est l’un des dogmes.

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Gilles Paris (Editorialiste au « Monde »)

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Le premier ministre israélien considère le régime iranien comme la principale menace existentielle pour l’Etat hébreu. Il l’a encore martelé lors de l’intronisation, à la mi-février, de nouveaux officiers. 

Par Luc Bronner (Jérusalem, correspondant)

Publié le 02 mars 2026 à 14h00, modifié le 02 mars 2026 à 14h22 https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/02/l-iran-obsession-de-benyamin-netanyahou-depuis-trente-ans_6669241_3210.html

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Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, sur un écran de télévision dans la salle de presse de la Maison Blanche, à Washington, le 28 février 2026.
Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, sur un écran de télévision dans la salle de presse de la Maison Blanche, à Washington, le 28 février 2026.  JONATHAN ERNST / REUTERS

C’était le 19 février. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, s’exprimait devant 500 futurs officiers de l’armée à Bahad 1, l’école militaire située dans le désert du Néguev. Tout l’état-major, les plus hauts dignitaires de l’Etat hébreu, était là pour assister à la cérémonie d’intronisation de nouveaux jeunes officiers. « De Gaza au Yémen, du Liban à l’Iran, tous ceux qui nous ont attaqués ont senti la puissance de notre bras », avait expliqué le premier ministre avant de détailler longuement la doctrine militaire de plus en plus offensive du pays.

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« Si quelqu’un ne l’a pas encore remarqué, il y a plusieurs changements importants dans les doctrines de sécurité d’Israël », avait insisté celui qui cumule dix-huit années à la tête du pays depuis 1996. A la vision qu’il qualifie de « défensive » des fondateurs de l’Etat d’Israël, il oppose une approche expansive depuis le choc de l’offensive militaire et terroriste menée par le Hamas, le 7 octobre 2023. « Nous avons dépassé les frontières de l’Etat pour atteindre les capitales ennemies – presque toutes. Nous avons opéré dans un rayon sans précédent, à une distance extrême, afin de repousser les menaces existentielles », avait souligné le leader de la coalition gouvernementale de droite nationaliste et d’extrême droite religieuse, dont une partie défend la vision d’un Grand Israël, bien au-delà des frontières actuelles du pays.

« Tout comme après les grandes victoires de la guerre des Six-Jours, le Moyen-Orient se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Les éléments extrémistes refusent d’abandonner. Ils se réorganisent pour nous défier à nouveau », avait poursuivi M. Nétanyahou en ciblant l’Iran et ses alliés, le Hamas à Gaza et le Hezbollah au Liban. « Ne nous contentons plus de contenir les menaces », avait-il proclamé, usant toujours plus de justifications religieuses dans ses discours. « Nous prenons des mesures préventives contre le mal et nous agirons donc, de nombreuses fois, si nécessaire, pour neutraliser les risques dans la région », avait encore assuré M. Nétanyahou.

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Colonne vertébrale de son combat

Le dirigeant israélien était rentré quelques jours plus tôt de son déplacement du 12 février à Washington, où il avait rencontré longuement, une nouvelle fois, le président américain, Donald Trump. « Je ne vous cacherai pas que j’ai exprimé un scepticisme général quant à la nature de tout accord avec l’Iran », avait déclaré le premier ministre. Peu d’informations étaient sorties, alors, sur le contenu réel de leurs échanges, les deux hommes préparant l’attaque finalement lancée samedi 28 février.

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Benyamin Nétanyahou a fait, depuis trente ans, du régime iranien la colonne vertébrale de son combat. Son pragmatisme politique l’a aussi conduit à laisser le Qatar financer le Hamas pendant de longues années, pour affaiblir l’Autorité palestinienne et tenter de réduire les risques de conflit à Gaza. Dès les années 1990, à la Knesset, devant le Congrès américain, puis à l’Organisation des Nations unies, dans les journaux, le dirigeant a défini l’Iran comme la principale menace existentielle pour l’Etat d’Israël. Avec trois risques principaux, qu’il n’a cessé de marteler : le programme nucléaire militaire, les missiles balistiques et le financement des « proxies », les alliés du régime au Liban, à Gaza, en Irak et au Yémen. « Nous devons démanteler l’axe de la terreur que l’Iran a construit. Il a été brisé, mais il est toujours là. Il tente de se rétablir, tout comme l’Iran lui-même », a répété, encore ces dernières semaines, le leader de la droite nationaliste devant des représentants de la communauté juive américaine.

Moment « historique »

L’attaque lancée en juin 2025 avait marqué une rupture. Profitant d’un effet de surprise, l’armée israélienne, qui disposait d’un niveau de renseignement extrêmement précis sur les dirigeants, les militaires et les scientifiques iraniens chargés du programme nucléaire, était parvenue à prendre le contrôle de l’espace aérien iranien. Une réussite presque inespérée. « L’évaluation préliminaire du nombre de victimes était d’au moins 400 [finalement 32 morts côté israélien]. Si le plan de représailles immédiates de l’Iran avait été pleinement exécuté dans les premières heures, le nombre de victimes et les destructions auraient été bien plus importants que ceux enregistrés », avait souligné Tamir Hayman, le directeur exécutif de l’Institut d’études sur la sécurité nationale, un groupe de réflexion israélien spécialisé dans les questions militaires, après la fin des opérations.

Surtout, le premier ministre avait, déjà, réussi à entraîner Donald Trump dans l’attaque en le convainquant de frapper, avec les bombardiers B-2, les principaux sites où le régime iranien élaborait les armes nucléaires. Cette séquence avait conduit le dirigeant israélien à proclamer une « victoire historique », même si des experts militaires se disaient bien plus prudents à l’issue des douze jours d’affrontement, conclus par un cessez-le-feu imposé par Donald Trump à son allié israélien, le 24 juin 2025. Huit mois plus tard, samedi 28 février, M. Nétanyahou a expliqué que le pays se trouvait à nouveau dans un moment « historique » avec le lancement d’une nouvelle opération, destinée, cette fois-ci, à obtenir la chute de la République islamique. Quitte à ouvrir une guerre à l’échelle de tout le Moyen-Orient.

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Luc Bronner (Jérusalem, correspondant)

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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