A l’arrêt des traitements anti-obésité, la reprise de poids est 4 fois plus rapide qu’après l’interruption d’un régime et d’un programme d’activité physique

« Traitements anti-obésité et antidiabétiques : les patients reprennent du poids quatre fois plus vite qu’après l’arrêt d’un régime »

 Date de publication : 9 janvier 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=b47803ff3a1f38c4c7099711543f0158&from=newsletter&id_categorie=0&midn=23393&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273

L’arrêt du TMO est suivi d’une reprise de poids quatre fois plus rapide et d’une inversion des effets bénéfiques sur les marqueurs cardiométaboliques. 

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Libération indique en effet qu’« à l’arrêt des traitements anti-obésité, la reprise de poids est 4 fois plus rapide qu’après l’interruption d’un régime et d’un programme d’activité physique, conclut une vaste étude britannique publiée [dans le] British Medical Journal, pointant le contrecoup d’un important amaigrissement initial, mais aussi les limites des médicaments pris seuls sans exercice physique et régime alimentaire complémentaire ».
Le journal rappelle que « la nouvelle génération de traitements contre le diabète et l’obésité, qui accentue l’action d’une hormone agissant sur la sécrétion d’insuline – l’hormone GLP-1, abréviation de «glugaco-like peptide 1» – et plus largement sur la sensation de satiété, est devenue extrêmement populaire ces dernières années dans les pays les plus favorisés ».
Le quotidien note qu’« il a notamment été démontré que ces traitements aident à perdre entre 15 et 20% de son poids initial. «Tout cela semble être une bonne nouvelle», a reconnu Susan Jebb, spécialiste de nutrition publique à l’université d’Oxford et coautrice de l’étude. Mais des données récentes suggèrent qu’«environ la moitié des personnes arrêtent ces médicaments dans l’année», a-t-elle pointé. […] Cela pourrait s’expliquer par des effets secondaires courants, comme des nausées, ou par des tarifs très élevés ».
Libération explique qu’« après avoir passé en revue 37 études consacrées à l’arrêt de différents traitements amaigrissants, les chercheurs ont constaté que les participants reprenaient environ 400 grammes par mois. Six des essais cliniques portaient sur le sémaglutide […], ainsi que sur le tirzépatide ».
« Pendant la prise de ces deux molécules, les participants à ces essais ont perdu près de 15 kilos en moyenne. Après l’arrêt du traitement, ils ont repris 10 kilos en un an. Et, selon une projection des chercheurs, les patients retrouveront en moyenne leur poids initial en 18 mois. Les indicateurs cardio-vasculaires, notamment la tension artérielle et le taux de cholestérol, ont retrouvé pour leur part leurs niveaux d’origine après 15 mois », ajoute le quotidien.
Libération relève que « les personnes ayant suivi des programmes combinant un régime alimentaire et de l’activité physique, sans prendre de médicaments, ont perdu beaucoup moins de poids. Mais il leur a fallu 4 ans en moyenne pour regagner les kilos perdus ».
Le journal observe ainsi qu’« une possible explication est que les personnes ayant appris à manger plus sainement et à faire plus d’exercice continuent à le faire même lorsqu’elles reprennent du poids ».
Susan Jebb a indiqué que si les médicaments de type GLP-1 « constituent un outil vraiment précieux dans le traitement de l’obésité, l’obésité est une maladie chronique récidivante. […] On pourrait s’attendre à ce que ces traitements doivent être poursuivis à vie, comme les médicaments contre l’hypertension ».

Reprise de poids après l’arrêt d’un traitement médicamenteux de l’obésité : revue systématique et méta-analyse

Julie Sarfati

Par le Dr Julie Sarfati (Paris) [Déclaration de liens d’intérêts]  – Date de publication : 2 mars 2026

https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=f4599a7462267c32bb066697537054a8&from=newsletter
Article commenté :
Weight regain after cessation of medication for weight management: systematic review and meta-analysis.
S West, J Scragg, P Aveyard et al.
BMJ, 2026 ; 392:e085304

► Retrouvez l’abstract en ligne

Contexte :
L’obésité est une maladie chronique et récidivante, qui touche près de deux milliards d’adultes dans le monde et accroît le risque de morbidité et de mortalité prématurée. Les programmes comportementaux de gestion du poids, qui encouragent l’adoption d’un régime hypocalorique et l’augmentation de l’activité physique, constituent la pierre angulaire de la prise en charge de l’obésité.
Cependant, de nouveaux médicaments de l’obésité (TMO), tels que le sémaglutide (agoniste des récepteurs du GLP-1) et le tirzépatide (agoniste des récepteurs du GLP-1 et du GIP), sont en passe de transformer la prise en charge courante de l’obésité. Les participants aux essais cliniques ont ainsi perdu 15 à 20 % de leur poids initial.


Avec le développement continu de nouveaux traitements incrétino-mimétiques, l’utilisation de ces médicaments devrait se généraliser.
Selon les observations en vie réelle, 50 % des personnes en situation d’obésité interrompent leur traitement par agonistes des récepteurs du GLP1 dans les 12 mois suivant son initiation. Il est donc important de caractériser l’évolution du poids après l’arrêt du traitement.

L’objectif de cette étude était de quantifier et comparer le taux de reprise de poids après l’arrêt d’un TMO chez les adultes en excès de poids ou en situation d’obésité.

Méthode :
Il s’agit d’une revue systématique et méta-analyse des essais contrôlés randomisés, des essais non randomisés et des études observationnelles incluant un TMO (≥ 8 semaines) avec un suivi d’au moins 4 semaines après l’arrêt du traitement chez les adultes en excès de poids ou en situation d’obésité.
Les comparateurs étaient une intervention non médicamenteuse de perte de poids ou un placebo. Les données ont été analysées à l’aide de modèles à effets mixtes, de méta-régression et de modèles de survie.
Le critère d’évaluation principal était le taux de reprise de poids à partir de la fin du traitement, les variations associées des marqueurs cardiométaboliques constituant un critère d’évaluation secondaire.

Résultats :
Sur les 9 288 titres examinés, 37 études (63 bras d’intervention, 9 341 participants) ont été incluses. La durée moyenne du traitement était de 39 semaines (intervalle : 11-176 semaines), avec un suivi moyen de 32 semaines (4-104 semaines).
Le taux mensuel moyen de reprise de poids était de 0,4 kg par mois par rapport au groupe contrôle dans les essais contrôlés randomisés. Tous les marqueurs cardiométaboliques devraient revenir à leur valeur initiale dans les 1,4 ans suivant l’arrêt du TMO.
La reprise de poids était plus rapide après la cessation des TMO qu’après l’arrêt d’un programme de changement comportemental indépendamment de la perte de poids initiale.

Conclusion :
Cette revue constate que l’arrêt du TMO est suivi d’une reprise de poids rapide et d’une inversion des effets bénéfiques sur les marqueurs cardiométaboliques. Aucun bénéfice n’est constaté 1,7 an après l’arrêt de celui-ci au sein de toutes les études, 1,4 an dans les études randomisées.
Ces données mettent en garde contre l’utilisation à court terme de ces méthodes sans une approche plus globale de la gestion du poids, soulignent la nécessité de poursuivre les recherches sur des stratégies pour le contrôle du poids à long terme et réaffirment l’importance de la prévention primaire.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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