par Jean-Pascal DEVAILLY
Je suis préoccupé de l’inégalité devant les conditions d’une fin de vie digne et tout autant de l’inégalité de choix face aux déterminants qui conduisent à ces choix.
Il y a une antinomie de l’action entre le respect du droit de disposer de soi et le devoir de protéger les gens d’eux-mêmes dans certaines circonstances.
La question de la fin de vie est-elle si éloignée de celle de la solidarité et de la crise de l’Etat providence ?Dans « les trois mondes de l’Etat providence », Gosta Esping-Andersen considérait trois idéaux types d’Etats providence, social démocrate (Pays scandinaves), Corporatiste-conservateur (Allemagne, France, Autriche, Italie) et libéral-résiduel (USA, Canada, Australie ). Même si cette classification a été critiquée et ne peut qu’évoluer, elle prend en compte des aspects historiques, anthropologiques et sociologiques. Le jeu des forces politiques, l’histoire de la construction des nations et le rôle de la religion sont aussi évoqués.Pour tester la réalité de l’existence de ces « mondes » sont successivement examinés, pour un ensemble de dix-huit pays, trois éléments : 1. la capacité de démarchandisation (de-commodification) des droits sociaux, c’est-à-dire le degré auquel ceux-ci permettent aux personnes de conserver leurs moyens d’existence sans dépendre du marché; 2. le fonctionnement des États-providence en tant que systèmes de stratification, c’est-à-dire le degré auquel ils renforcent ou amoindrissent les différences de statut ou de classe qui existent entre les individus ; 3. enfin, le jeu variable des secteurs public et privé, c’est-à-dire de l’État et du marché, dans la formation des régimes de retraite.Peut-on envisager par analogie qu’il existe plusieurs mondes de la fin de vie?Quel que soit le degré de recul de la religion, les pays de tradition catholiques seraient plus enclins à une vision protectionnelle visant, au risque du paternalisme, à protéger les gens contre eux-mêmes, contrairement à des traditions plus libérales prônant la souveraineté absolue sur son propre corps. Les experts en bioéthique se sont-ils arrogé le droit de limiter le droit de disposer de soi en substituant une rationalité scientifique aux traditions religieuses. « Certains juristes partent du postulat, sans jamais le démontrer, que le droit serait « asservi par le scientisme » et que la science est venue de manière intrusive occuper la place de la religion. » (dans l’article sur la République des experts)Eutananasie : l’exemple dérangeant du Canadahttps://www.jim.fr/viewarticle/euthanasie-lexemple-d%C3%A9rangeant-du-canada-2026a10005ftFin de vie : ces malades qui ne veulent pas entendre parler de suicide assistéhttps://www.jim.fr/viewarticle/fin-vie-ces-malades-qui-ne-veulent-pas-entendre-parler-2026a10005ag
Les conditions du soinhttps://esprit.presse.fr/infolettre/les-conditions-du-soin-41
INFOGRAPHIES. Belgique, Pays-Bas, Canada… Ce que disent les chiffres de la fin de vie à l’étrangerhttps://www.ouest-france.fr/societe/fin-de-vie/infographies-belgique-pays-bas-canada-ce-que-disent-les-chiffres-de-la-fin-de-vie-a-letranger-f63f9d06-2fd7-11f0-a780-38f15a8a5638
Euthanasie : un danger pour les pauvres ?https://www.jim.fr/viewarticle/euthanasie-danger-pauvres-2024a10009fuLa République des experts dans la construction des lois : le cas de la bioéthique Par Daniel Borrillohttps://hal.science/hal-01231982/document