L’ARS dit non à un projet donnant « envie aux internes de s’installer » : « un pur scandale »
La commission de médecine générale de l’URPS médecins libéraux a déposé un projet permettant à des internes en neuvième année de venir exercer, pendant un an, au sein de la région francilienne. Salaire doublé, secrétariat en présentiel, locaux fournis… La proposition se voulait attrayante pour les internes, mais l’ARS Île-de-France n’a pas validé le projet.
Par Alexis Vignais
La proposition aura tourné court. L’ARS a refusé la mise en place d’un projet expérimental en Île-de-France. Une initiative qui avait pour objectif d’améliorer l’accès aux soins en proposant aux internes en neuvième année de médecine générale de venir exercer, pendant un an, au sein de la région francilienne. Ces derniers ne devaient, toutefois, pas être concernés par la réforme de la 4A (car ayant fait au moins une année de césure ou d’interruption) et être titulaires d’une licence de remplacement.
« L’idée, c’était de leur faire découvrir une médecine dans de bonnes conditions », lance à Egora le Dr Jean-Paul Hamon, qui porte l’initiative avec la commission médecine générale de l’URPS médecins libéraux. « Un secrétariat en présentiel », « des locaux fournis », « une proposition de logement » en cas d’éloignement avec le lieu de vie d’origine et un maître de stage sur place ou« au moins joignable par téléphone » figuraient sur la liste des avantages à destination des internes. À cela, il faut ajouter « un doublement du salaire », équivalent à 4600 euros par mois, contre une soixantaine de consultations hebdomadaires.
« Une grande déception »
Un projet auquel l’ARS d’Île-de-France n’a pas souhaité donner suite. « Une réponse anonyme », regrette le Dr Jean-Paul Hamon, où il était indiqué qu’il « s’agissait d’une demande de subvention supplémentaire alors qu’il y avait déjà des aides à l’installation » et « que ça ne rentrait pas dans le cadre de l’article 51, car ce n’était pas un projet innovant. » Une vision des choses qui déplaît fortement à celui qui est également président d’honneur de la FMF. « C’est un pur scandale […] Il y avait juste à soutenir le projet et faire en sorte que la sécurité sociale s’arrange avec l’hôpital pour garantir le paiement du salaire de l’interne. Ça n’aurait rien coûté, c’est une grande déception. »
Une proposition qui aurait pu « donner envie de s’installer [sur place] » aux internes concernés et pouvait être un véritable outil pour lutter contre la désertification médicale, selon le Dr Jean-Paul Hamon. « Refuser une solution comme ça, simple et attractive, alors que les maires en Île-de-France se battent tous pour avoir des médecins et assurer à la population un suivi médical, franchement, c’est absolument incompréhensible. »
Le projet, qui avait d’ailleurs été accueilli positivement par « quelques maires » selon le Dr Jean-Paul Hamon, n’est toutefois peut-être pas complètement enterré. En effet, la piste de la Région Île-de-France, qui vient de présenter l’Acte 2 de sa stratégie santé pour lutter contre les déserts médicaux, pourrait être activée.