Nouvelles de santé Tarn et Région

« Il ne restera bientôt plus qu’une seule médecin »… Alerte à Albi : pourquoi cette spécialité médicale va bientôt être suspendue à l’hôpital ?

   

Santé,  Hôpital,  Tarn

Publié le 20/02/2026 à 18:01 https://www.ladepeche.fr/2026/02/20/il-ne-restera-bientot-plus-quune-seule-medecin-alerte-a-albi-pourquoi-cette-specialite-medicale-va-bientot-etre-suspendue-a-lhopital-13228168.php

Article rédigé par Samuel Cadène

Samuel Cadène

Les consultations externes de dermatologie seront suspendues d’ici peu au Centre Hospitalier d’Albi. Une décision rendue inévitable par le départ de deux praticiennes. Dommage collatéral, le « Dermatobus » restera aussi au garage un moment. Les détails.

C’est une annonce lourde de conséquences pour de nombreux patients Tarnais. À compter du mois de juin, le service de dermatologie du Centre hospitalier d’Albi, pivot de la spécialité dans le nord du département, suspendra ses consultations externes « pour une durée d’au moins un an ». Cette décision, assumée par la direction, répond à une réduction brutale des effectifs médicaux qui rend le fonctionnement habituel impossible.

À lire aussi : « 470 jours d’attente pour un rendez-vous » : installée à la campagne, la jeune dermatologue tire la sonnette d’alarme

Le départ du Dr Nicol vers la polyclinique Sainte-Barbe de Carmaux, conjugué à l’obligation de stage de six mois d’une interne pour finaliser son cursus, va laisser le service exsangue avant l’été. « Il ne restera bientôt plus qu’une seule dermatologue en poste », explique le directeur de l’établissement, Alexandre Fritsch. Cette praticienne sera désormais intégralement mobilisée pour répondre aux besoins internes de l’hôpital.

Les consultations extérieures vont être suspendues durant au moins un an à partir du mois de juin 2026.

Les consultations extérieures vont être suspendues durant au moins un an à partir du mois de juin 2026. DDM – NATHALIE SAINT-AFFRE

Une activité recentrée sur les patients hospitalisés

Concrètement, seuls les patients déjà hospitalisés pourront bénéficier d’un avis spécialisé. La priorité sera donnée aux malades sous chimiothérapie ou traitements anticancéreux, aux patients en long séjour ainsi qu’à la pédiatrie. « En conséquence, il n’y aura plus de consultations externes pendant au moins un an, le temps de reformer une équipe », précise Alexandre Fritsch.

Cette suspension vient confirmer une tension déjà importante. Jusqu’alors, le service fonctionnait à flux tendu avec des rendez-vous complets plusieurs mois à l’avance et un tri rigoureux pour prioriser les urgences que la médecine de ville ne pouvait plus absorber. Désormais, les prises de rendez-vous jusqu’à la suspension du service en juin sont closes.

Seuls les patients de l’hôpital d’Albi pourront voir la dermatologue désormais.

Seuls les patients de l’hôpital d’Albi pourront voir la dermatologue désormais. DDM – MARIE PIERRE VOLLE

À lire aussi : « Quand des médecins veulent venir, on ne peut pas faire la fine bouche »… Généralistes, pédiatres, gynécos : quel est ce nouveau projet XXL annoncé à Albi

Cette décision s’inscrit dans un contexte démographique local alarmant. Selon les données 2025 du Conseil national de l’ordre des médecins, la densité de dermatologues dans le Tarn a chuté de 27,1 % entre 2010 et 2025, passant de 5,9 à 4,3 praticiens pour 100 000 habitants.

Cette baisse du nombre de spécialistes de la peau sur le territoire aggrave mécaniquement les délais d’attente, transformant les simples examens de routine en véritable parcours du combattant pour les nouveaux patients. Pour les habitants, l’offre de soins se réduit encore, alors que les besoins en dépistage des cancers cutanés ne faiblissent pas.

Le « Dermatobus » contraint à l’arrêt

Victime collatérale de cette pénurie : le « Dermatobus », symbole de la médecine de proximité, est contraint de rester au garage. Lancé début 2025, ce dispositif permettait aux équipes de se déplacer dans les Ehpad et les maisons d’accueil spécialisées pour proposer des consultations au plus près des résidents.

« Les patients étaient satisfaits, car la dermatologie venait à eux. Le dispositif sera suspendu tant que l’équipe ne sera pas reconstituée », confirme le directeur. Une pause qui marque un coup d’arrêt dans la stratégie de consultations délocalisées développée ces dernières années, notamment à Gaillac et à Carmaux.

À lire aussi : Déserts médicaux : un ‘Dermatobus’ va sillonner le Tarn afin de mieux détecter les cancers de la peau

Pour sortir de l’impasse, la direction de l’hôpital d’Albi mise sur un rapprochement avec le CHU de Toulouse. L’objectif est de constituer une nouvelle équipe capable de relancer l’activité externe, bien que les perspectives restent incertaines à court terme. « Les sorties d’internat ne sont pas immédiates, d’où cette prévision d’un an de suspension », souligne Alexandre Fritsch.

En attendant, l’hôpital promet de maintenir un lien avec la médecine de ville via la télémédecine. Les praticiens libéraux pourront solliciter des avis spécialisés à distance. Une solution transitoire qui, bien que nécessaire, ne suffira pas à compenser l’absence de consultations présentielles pour la population tarnaise.

Millau. Des blouses blanches envahissent la salle du conseil municipal

Fanny Alméras

Dernière modification : 19 février 2026 21:07

Fanny Alméras

Publié le 19 février 2026 à 19:34 https://lnkd.in/eKxbaD5m

Lecture 4 min.

© Aurélien Trompeau

Le dernier conseil municipal de la mandature d’Emmanuelle Gazel a pris une tournure inattendue et plutôt animée. En début de séance, une cinquantaine de professionnels de santé, vêtus de blouses blanches, se sont invités dans la salle pour interpeller la maire sur l’avenir du service de psychiatrie adulte de Millau.

Les soignants, qui avaient préalablement demandé un droit de parole, sont entrés dans le conseil avec une banderole proclamant : «Quand tout sera privé, on sera privés de tout : psychiatrie publique en danger». L’élue Karine Haumaitre a exprimé son regret que l’édile n’ait pas été « aussi prompte à réagir sur ce sujet qu’elle peut l’être sur d’autres ». En réponse, Emmanuelle Gazel a souligné que « la question n’est pas là, c’est de recruter. Les postes et les finances sont disponibles, la seule chose qui manque ce sont les médecins», mettant en cause le numerus clausus.

Les professionnels ont ensuite lu une tribune, dénonçant deux années «d’incertitudes, d’angoisses et de souffrance » et alertant sur les conséquences d’une offre de soins menacée pour le Sud-Aveyron.

«  Alors que la santé mentale est érigée en grande cause nationale, l’offre de soins en Sud-Aveyron est clairement menacée à très court terme. Nous parlons de 2000 usagers, de neuf services, de 507 hospitalisations et de 20 000 actes ambulatoires pour 2025. Au 30 avril, le docteur Gonzales, seul praticien hospitalier du pôle, partira à la retraite. Que va-t-il advenir du suivi des patients et quel avenir pour les 73 professionnels de santé et leurs familles ? »

Les soignants ont appelé à la mobilisation collective, interpellant élus locaux, services de l’État, direction de l’hôpital et population. Ils ont insisté sur la nécessité de préserver « un bien public essentiel », pour garantir des soins psychiques de qualité et de proximité.

À l’issue de leur intervention, ils ont exprimé leurs inquiétudes quant à la file active de patients. Certains s’interrogent même sur l’idée de confier la psychiatrie à Rodez, « ce qui permettrait de libérer et de potentiellement vendre le bâtiment de Viastels, une construction plutôt récente de 2012 pour investir dans le nouvel hôpital commun ». A ce stade, rien n’est établi, mais des employés du service n’écartent pas cette idée.

Une situation critique confirmée par les syndicats

Quelques semaines avant les élections municipales, l’intersyndicale CGT–SUD du Centre Hospitalier de Millau a publié une lettre ouverte aux candidats de Millau et Saint-Affrique. Elle dénonce « l’effondrement de la psychiatrie publique » et la possible disparition du Ve secteur de psychiatrie du Sud-Aveyron.

Le départ imminent du médecin chef de service, sans recrutement prévu, exacerbe l’urgence. Les syndicats critiquent la «résignation» des décideurs et refusent d’attendre la fin des élections pour alerter la population. Ils demandent des engagements clairs de la part des futurs élus afin de garantir le maintien d’une offre de soins de proximité pour les habitants du Sud-Aveyron.

Lavaur. L’offre de soins de l’hôpital se renforce

Santé. Le Centre hospitalier poursuit la dynamique engagée ces dernières années, avec deux projets structurants : l’ouverture d’une unité dédiée à la prise en charge de la douleur chronique et le lancement du chantier d’une IRM, dont la mise en service est prévue en janvier 2027.

Publié le 14/02/2026 à 11h00 https://www.letarnlibre.com/actualite-11709-lavaur-l-offre-de-soins-de-l-hopital-se-renforce

– Par W Alexandre Renault

Lavaur. L'offre de soins de l'hôpital se renforce
Elus, représentants de l’Etat, de l’ARS et de la communauté de santé, rassemblés pour la pose de la première pière de l’unité douleurs du centre hospitalier. – © Hopitaux de Toulouse

La pose officielle de la première pierre de l’IRM s’est déroulée en présence de Didier Jaffre, directeur général de l’ARS Occitanie, de Jean-François Lefebvre, directeur général du CHU de Toulouse, du Dr Jacques Ratiney, président de la commission médicale d’établissement, et d’Antoine Burnier, directeur délégué du centre hospitalier de Lavaur. À cette occasion, les partenaires ont également découvert la nouvelle unité douleur, récemment ouverte.

En France, près de 12 millions de personnes souffrent de douleurs chroniques évoluant depuis plus de trois mois. Une grande majorité d’entre elles ne bénéficie pas d’un suivi spécialisé, avec des délais pouvant atteindre neuf mois pour une première consultation dans un centre antidouleur.

Un enjeu de santé publique

L’unité ouverte à Lavaur entend apporter une réponse de proximité à ces patients. Elle fonctionne en hôpital de jour et accueille des personnes orientées par leur médecin traitant ou un spécialiste. L’objectif est d’évaluer précisément la douleur, d’en identifier les causes éventuelles et de proposer des protocoles personnalisés, afin d’améliorer durablement la qualité de vie. La prise en charge repose sur une approche pluridisciplinaire associant traitements médicamenteux, techniques interventionnelles et méthodes non médicamenteuses. Elle intègre également les dimensions psychosociales souvent liées à la douleur chronique, comme le stress, l’anxiété ou la dépression.

Autre avancée majeure : l’installation d’une IRM, prévue pour janvier 2027. Jusqu’à présent, le bassin vauréen ne disposait pas de cet équipement, contraignant les patients à se rendre dans d’autres établissements pour des examens essentiels au diagnostic et au suivi de nombreuses pathologies. L’arrivée de cette IRM permettra de réduire les délais, de limiter les déplacements et de renforcer l’attractivité médicale du territoire.  Pour le Dr Élisabeth Delhom, cheffe du service d’imagerie médicale, cette installation constitue un progrès majeur, notamment en cancérologie : des diagnostics plus rapides, des parcours plus fluides et une meilleure équité d’accès aux soins. Antoine Burnier insiste sur l’ambition portée par ces projets : consolider le rôle d’hôpital de proximité, moderniser les équipements et proposer des parcours de soins plus accessibles et plus humains. 

« Cette inauguration et le lancement du chantier de l’IRM illustrent la dynamique de modernisation de nos hôpitaux de proximité, au service de la santé des habitants et du pari de nos territoires, partout en Occitanie »pour Didier Jaffre, directeur général de l’Agence Régionale de Santé Occitanie.

CASTRES. Hôpital : Philippe Péridont tire la sonnette d’alarme

Vie locale. Lors de la cérémonie des vœux Philippe Péridont, le directeur du CHIC Castres-Mazamet a lancé l’alerte concernant le financement de l’hôpital public.

Publié le 27/01/2026 à 08h00 – https://www.letarnlibre.com/actualite-11465-castres-hopital-philippe-peridont-tire-la-sonnette-d-alarme

Par D.E.

CASTRES. Hôpital : Philippe Péridont tire la sonnette d'alarme
CHIC Castres-Mazamet/voeux – © D.E/ Le Tarn libre

En 2025, le CHIC de Castres-Mazamet a dépassé la barrière symbolique des 30 000 séjours hospitaliers pour atteindre 31 579 séjours, soit une augmentation de 6,6 %, les admissions aux urgences avoisinent les 40 000 et les activités au bloc opératoires atteignent la barrière des 10 000 interventions.

Un acteur majeur de la santé dans le Tarn sud

Et pour compléter ces données, l’établissement hospitalier assure 45 % des besoins de santé de la population du Tarn sud. Malgré ces chiffres, l’esprit d’innovation qui anime les équipes et les nombreux projets en 2026, dont nous reparleront, le compte n’y ait pas pour Philippe Pédidont, le directeur de l’établissement hospitalier sud tarnais.  » Le financement actuel des établissements de santé ne permet pas à un hôpital qui voit son activité croitre de 7% et atteindre un niveau inédit, d’équilibrer son budget. L’État ne finance pas nos établissements pour la réalité des missions assumées et des activités réalisées », constate amer ce dernier.

La question de la soutenabilité du modèle hospitalier

 » Être plus performant que performant « , mais jusqu’à quand ? C’est toute la question en ces temps de disette financière

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire