La santé préoccupe les candidats à la Mairie d’Albi mais le programme d’ « Albi est à vous » de Nathalie Ferrand-Lefranc semble bien plus attrayant

Municipales 2026 à Albi : Manque de médecins, vieillissement… les propositions des candidats pour combattre le désert médical

https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01152317/src/q5uqk53/zone/1/showtitle/1/sound/no/autoplay/0/ad/no/tagparam/ldi_motscles%3Dddm-13230619%2Celections%2Cmunicipales%2Cpolitique%2Cactu%2Cthema%2Csante%2C81%2Ctarn%2Ccommunes%2Ctarn%2C81%2C81004%2C81C%2Calbi%2C81004%2Calbi%2Csociete%2Curbanisme%2Cthemes-campagne%2Chome%26ldi_ville%3Dalbi%26ldi_departement%3Dtarn%26ldi_insee%3D81004%26bv%3D0%26av%3D4000

   

Municipales 2026,  Santé,  Tarn

Publié le 19/02/2026 à 12:31 https://www.ladepeche.fr/2026/02/19/municipales-2026-a-albi-manque-de-medecins-vieillissement-les-propositions-des-candidats-pour-combattre-le-desert-medical-13230619.php

Article rédigé par Emmanuel Droillard

Dépêche du Midi

00:00 / 04:50

La santé des Albigeois est au cœur des débats municipaux. Face à une population vieillissante et la baisse de la démographie médicale, les candidats proposent des solutions variées : centres de santé, maisons médicales, et initiatives environnementales.

Trouver ou conserver un médecin traitant est depuis quelques années la grande préoccupation de nombreux Albigeois. Face à une population vieillissante, la pyramide des âges de la ville n’est pas favorable, le problème devient crucial. D’autant que, comme le reste du pays, Albi est confrontée à la baisse de la démographie médicale. Ainsi, la santé est une des priorités des Albigeois et un thème de campagne central pour les différentes listes. Voici leurs principales propositions en la matière.

À lire aussi : « Quand des médecins veulent venir, on ne peut pas faire la fine bouche »… Généralistes, pédiatres, gynécos : quel est ce nouveau projet XXL annoncé à Albi

Deux centres de santé publique

Nathalie Ferrand-Lefranc (divers gauche) veut créer deux centres de santé publique (avec des médecins salariés), un sur chaque rive. Seront également recrutés des médiateurs en santé. La liste veut mettre en place l’ordonnance verte. Les couples ayant un enfant se verront remettre des paniers de fruits et de légumes bios (en fonction du quotient familial). En contrepartie, ils s’engageront à suivre des ateliers sur différents thèmes, comme les perturbateurs endocriniens. Enfin, Nathalie Ferrand-Lefranc mettra la santé au cœur de toutes ses décisions. C’est-à-dire pas d’ouverture de crèche au bord de la rocade, comme envisagé, et elle installera des capteurs pour mesurer la qualité de l’air en ville et dans les écoles.

À lire aussi : Ils veulent relancer le projet de centre de santé public albigeois

Des maisons de santé

Marie-Louise At (divers droite) préconise, elle, de réaliser un diagnostic sur la création d’un centre de santé communal en partenariat public/privé en lien avec la CPAM, l’ARS et France Santé.

La liste Pour les Albigeois différemment veut également déployer sur la ville des maisons de santé pluridisciplinaires. Et ce y compris dans les quartiers prioritaires et les secteurs périphériques. Le but est de mailler au mieux le territoire de la ville.

Enfin, la candidate, ancienne membre de la majorité, souhaite s’attaquer aux problèmes de santé mentale. Pour ce faire, elle veut repenser le conseil local de santé mentale associé au comité local de santé et axé sur la prévention envers les jeunes.

À lire aussi : Grève des médecins et épidémie de grippe : les urgences d’Albi saturées

Le contournement d’Albi

Pour Frédéric Cabrolier (extrême droite), la priorité est de s’attaquer au contournement nord-ouest de la ville par le RN88. Selon lui, la rocade est la principale source de pollution de l’air. Dans le même état d’esprit, il compte s’attaquer aux problèmes de nuisances sonores en ville. Après, il veut créer une maison de santé pluridisciplinaire. L’objectif est de mettre à disposition un local communal pour attirer des médecins et des spécialistes comme au Patus Crémat. Patus Crémat qu’il compte pérenniser. Enfin, il veut faire de la sensibilisation à la santé mentale, avec l’ouverture de centres d’écoute dans les maisons de quartier et la création d’un conseil local de la santé mentale.

À lire aussi : Malgré une activité en hausse et d’importants projets, le centre hospitalier d’Albi affiche un déficit de 6 millions d’euros

Une maison médicale de garde

Chez Jean-Luc Suarez (divers gauche), la mesure forte en matière de santé est d’implanter 10 nouveaux médecins généralistes durant la mandature en partenariat avec la région Occitanie. La liste veut ouvrir deux maisons médicales, une pluridisciplinaire pour attirer des médecins. Et une médicale de garde pour assurer les soins le week-end et jour férié. Ce qui permettra de soulager les urgences. On y trouvera des médecins salariés. « Faire venir des spécialistes non conventionnés n’est pas dans notre logique. On veut une santé accessible à tous », explique le candidat. Enfin, dans une logique de prévention, la liste veut instaurer une visite médicale tous les deux ans dans les écoles primaires de la ville.

À lire aussi : Un nouveau centre de consultations médicales voit le jour dans le centre-ville d’Albi

Un environnement favorable

Stéphanie Guiraud-Chaumeil (majorité sortante) affiche, elle, deux priorités en matière de santé. La première est de garantir à tous les Albigeois un meilleur accès aux dispositifs de santé. Elle œuvrera afin que chaque Albigeois ait accès à un médecin traitant en favorisant l’implantation des professionnels et en confirmant la création de la première année de faculté de médecine sur le campus. La liste développera un environnement favorable à la santé. Cela passe notamment par l’aide aux associations et la maison sport santé : sensibiliser les jeunes, protéger les aînés, prévenir la perte d’autonomie… Enfin, elle adaptera la ville aux changements climatiques.

__________________________________________________________________________

Commentaire Dr Jean SCHEFFER

On note une certaine frilosité concernant la création d’un centre de santé public. Seule Nathalie Ferrand-Lefranc parle de deux centres de santé publics rive droite, rive gauche.

Marie-Louise At, derrière son centre de santé municipal, semble se cacher une maison de santé libérale avec le gros risque pour nos concitoyens de dépassements d’honoraires.

Frédéric Cabrolier , dans la ligne de la dédiabolisation du RN et du rapprochement avec le monde libéral est franco pour les dépassements d’honoraires en maison de santé lucrative, il en est de même pour la maire sortante. et même de Jean-Luc Suarez.

Jean-Luc Suarez nage dans la méconnaissance avec une maison de garde qui existe déjà. La visite médicale scolaire c’est le problème des déserts médicaux en général (PMI, crèches, médecine scolaire et universitaire, hôpitaux généraux avec 40% de postes vacants et psychiatriques 50% de vacances, CMP avec des rendez-vos à 6 mois-1 an, médecine pénitentiaire, du travail, santé publique…). Seule la création d’un clinicat-assistanat pour tous de 2 à 3 ans, obligatoire en fin d’internat peut à court terme solutionner ces manques criants.

La pollution de l’air et le contournement Nord-Ouest d’Albi sont des préoccupations Communes à « Albi est à vous » et pour la liste RN, mais Nathalie Ferrand-Lefranc a tout un programme d’action environnementale allant des crèches, de la lutte contre les perturbateurs endocriniens, à la mesure de la pollution de l’air qui est actuellement rudimentaire (seuls sont mesurées les particules PM 10, et le NO2 en centre ville)…

Albi pour tous propose une très intéressante initiative avec la création dans l’université Champollion d’une première année de médecine de qui ne peut que favoriser l’ancrage ultérieur sur Albi de médecins généralistes et spécialistes.

Quand la maire sortante propose un meilleur accès aux dispositifs de santé, on peut lui demander ce qu’elle a fait en tant que présidente du CA du Centre Hospitalier pour freiner la diminution de l’offre de soins, et son Adjoint ancien Directeur du BS pour empêcher de nombreuses fermetures de lits et de services ! En ce qui concerne le Contrat Local de santé, en dehors des réunions, on en cherche les retombées !

___________________________________________________________________________

NB: Mon communiqué suite à l’article de la dépêche a été complété (voir : https://www.ladepeche.fr/2026/02/12/quand-des-medecins-veulent-venir-on-ne-peut-pas-faire-la-fine-bouche-generalistes-pediatres-gynecos-quel-est-ce-nouveau-projet-xxl-annonce-a-albi-13219632.php et https://environnementsantepolitique.fr/2026/02/13/quand-des-medecins-veulent-venir-on-ne-peut-pas-faire-la-fine-bouche-generalistes-pediatres-gynecos-quel-est-ce-nouveau-projet-xxl-annonce-a-albi/

Un Hub de santé lucratif au centre d’Albi

Quelle occasion manquée ! 

Albi et l’agglomération auraient pu bénéficier depuis longtemps d’un centre de santé municipal avec deux antennes dans les quartiers prioritaires de Rayssac-Veyrières et de Lapanouse et dans les communes sans médecin.

A la veille des élections municipales voilà la droite et des acteurs économiques qui se réveillent à propos de l’accès aux soins dans Albi et dans notre agglomération.

Pourtant, Monsieur Bonnecarrère, puis Madame Guiraud-Chaumeil comme présidents du CA, puis du Conseil de surveillance, ont laissé faire une diminution sensible de l’offre de soins publique. Ils ont laissé disparaitre à l’Hôpital plusieurs spécialités (ophtalmologie, urologie, chirurgie vasculaire, néphrologie, odonto-stomatologie, transfusion sanguine, …)  Notre maire a laissé se fermer de très nombreux lits, ainsi que les services d’endocrinologie et de soins de suite et de réadaptation, elle a favorisé la migration de la pharmacie qui était située au sein de Lapanouse à côté de la Clinique Claude Barnard. Elle a contribué à la fermeture de la consultation gratuite de médecine du sport au stadium. En matière de prévention, il y aurait beaucoup à dire sur les silences concernant la pollution par l’amiante dans les locaux municipaux, en particulier dans l’ancienne crèche Andrieu.  Mais surtout elle a laissé passer l’occasion de créer un centre de santé municipal lors du déménagement de la CPAM, pour 900 000 € seulement et quelques menus travaux. 

Ce n’est pas faute d’avoir demandé avec l’APST la création d’un centre de santé public dans ces mêmes locaux à plusieurs reprises.

Nous avions proposé avec l’APST (Association pour la santé de tous) le rachat par la municipalité des locaux, puis dans un second temps avec CeSaPA (Pour un Centre de Santé Public en Albigeois) et le Collectif pour Albi, la création d’un centre de santé public à Rayssac-Veyrières avec l’aide de la région, du département, mais la maire d’Albi et son adjoint à la santé Monsieur Gilbert Hangard s’y sont toujours opposés. Pourtant curieusement ce dernier sur le réseau social Linkedin vante les mérites des centres de santé publics avec son association « Élus Santé Publique et Territoires ». Le bilan de Mr Hangard en tant que Directeur du Bon Sauveur a été marqué par une importante perte de l’offre de soins : fermeture de nombreux lits, de l’hôpital de jour de Réalmont, du laboratoire du sommeil, du centre pour les laryngectomisés, de la consultation d’acupuncture….par la suite fermeture des urgences psychiatriques.

Un centre lucratif n’a rien à voir avec un centre de santé public ou municipal

Le centre de santé lucratif porté par AZN capital et NZA Capital, avec dépassements d’honoraires très probables n’implantera certainement pas d’antennes dans nos quartiers prioritaires de Lapanouse et de Rayssac-Veyrières, là où les besoins sont les plus criants ou dans des communes en désert médical. Il serait bien étonnant que ces financiers s’intéressent à la prévention, aux inégalités sociales et territoriales de santé, à l’éducation sanitaire, à la santé publique, aux problématiques de la santé et de l’environnement, à la pollution de l’air, à la médecine du sport gratuite… toutes problématiques qui sont au cœur des préoccupations d’un centre de santé public.

Pour les spécialités en crise (gynécologues, pédiatres, psychiatres, ophtalmologues…) les centres de santé municipaux ou publics peuvent recruter les praticiens nécessaires qui peuvent aussi consulter dans les antennes des quartiers prioritaires ou dans les communes ayant des antennes du centre principal.

Le centre de santé public ou municipal pratique le tiers payant et ne pratique pas de dépassements d’honoraires, les médecins sont salariés et disposent d’un secrétariat à leur disposition. Des infirmiers de pratique avancée (IPA) peuvent prendre en charge une partie des patients porteurs de maladies chroniques. 

Finalement Madame Guiraud-Chaumeil veut faire payer les communes de l’agglomération pour permettre aux albigeois aisés d’aller consulter les spécialistes avec dépassements d’honoraires en centre-ville !

NB : la seule action concernant l’amélioration de l’accès aux soins de la municipalité de droite a été de faciliter la création par des médecins retraités d’un Centre de Consultations non Programmées en centre-ville, dont le secrétariat est financé par le centre hospitalier.

Dr Jean SCHEFFER ancien médecin chef au CH d’Albi, ancien président du l’Association Pour la Santé de Tous (APST), membre du Collectif pour Albi

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire