« La santé au coeur des élections municipales : des élus entre impuissance et initiatives multiples »
Date de publication : 16 février 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=ec3f910a2e92e3988c351b951975bdad&id_newsletter=23367&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=23367&from=newsletter
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Camille Stromboni constate dans Le Monde qu’« à l’heure où les déserts médicaux s’étendent, la santé s’impose comme un enjeu du scrutin municipal des 15 et 22 mars. De nombreux maires ont le sentiment que le sujet n’a jamais été autant au cœur des préoccupations, notamment dans les petites communes les plus touchées ».
Gil Avérous, maire de Châteauroux (ex-Les Républicains), et président de Villes de France, remarque ainsi que « la santé est devenue le sujet prioritaire de tous mes collègues. Aujourd’hui, c’est la demande première que j’entends chez mes administrés ».
La journaliste relève ainsi qu’« il n’est plus un maire ou un candidat qui n’ait à répondre aux difficultés d’accès aux soins sur son territoire. Quand bien même les édiles n’ont pas de compétences propres, ils ont néanmoins une clause de compétence générale qui leur permet d’agir, et surtout la pression des habitants qui les y pousse ».
Camille Stromboni explique qu’« avant, l’obsession des maires, c’était les écoles, pour attirer les jeunes couples. Cela reste en partie vrai, mais aujourd’hui, la première question, c’est les médecins. On est passé de “Est-ce qu’il y a une bonne école ?” à “Est-ce qu’il y a des médecins ?” ».
La journaliste observe que « pour les faire venir jusqu’à eux, de nombreux élus ont, depuis une dizaine d’années, joué la même carte, celle des maisons de santé. Soit des lieux où se rassemblent des médecins, sous différents statuts d’exercice, et d’autres professionnels de santé, dans des locaux souvent financés et mis à disposition par les collectivités ».
« Mais les limites de cette politique sont désormais éprouvées, avec des maisons construites… qui restent sans médecin. Comme d’autres, Christophe Bouillon [maire divers gauche à Barentin (Seine-Maritime), président de l’Association des petites villes de France] s’est aperçu qu’il n’y a pas de «mesure miracle», et qu’il lui faut plutôt miser sur «un panel d’initiatives» pour obtenir des résultats. Logement et bourses pour les internes en médecine, accompagnement à l’installation du médecin, de son ou sa conjointe, développement des formations médicales et paramédicales… », constate Camille Stromboni.
L’édile déclare : « Il faut faire le deuil d’un certain nombre d’images, comme celle du médecin de campagne qui pose ses valises, avec sa famille, dans une commune, pour y faire toute sa carrière. Ce qui compte aujourd’hui, c’est que nos citoyens aient accès à une consultation, peu importe qu’elle soit faite par un médecin qui ne vient que quelques jours par semaine, à l’hôpital… L’important, c’est qu’il n’y ait pas de zone blanche ».
« Troisième département de France où il est le plus difficile de trouver un médecin, la Seine-et-Marne mise sur ses étudiants »
Date de publication : 16 février 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=75a1d5da8efe22350f9937e0adb92568&midn=23367&from=newsletter
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C’est ce que titre Le Parisien, qui indique que « classé parmi les territoires les plus en difficulté pour l’accès aux soins, le département tente de répondre à la pénurie de généralistes.
À Chevry-Cossigny, comme dans d’autres villes, une maison de santé universitaire accueille des internes avec l’espoir de les convaincre de s’installer durablement ».
Sébastien Blondé explique ainsi que « la Maison de santé pluridisciplinaire, dont les travaux d’extension sont en cours autour du Pôle santé existant, constitue l’un des éléments centraux du contrat local de santé (CLS) signé en septembre 2025 ».
Le journaliste précise que « ce CLS, dont le but est notamment d’encourager l’installation de nouveaux praticiens», est le premier du département à être signé par deux communautés de communes ».
Il note que « si le projet est présenté comme exemplaire, c’est aussi en raison du modèle développé au sein du Pôle santé. Quatre des cinq médecins généralistes de la structure «sont enseignants universitaires à la fac de Créteil (Val-de-Marne)», explique David Bresson », délégué de l’Union régionale des professionnels de santé pour la Seine-et-Marne.
« Maîtres de stage, ils accueillent des internes qui viennent parfaire leur formation. Des étudiants en médecine qui participent à absorber une demande de soins importante dans le désert médical qu’est la Seine-et-Marne, classée 99e de France pour la densité de médecins généralistes », relève Sébastien Blondé.
Il indique que « la Maison de santé pluridisciplinaire de Chevry va permettre de renforcer ce dispositif. Elle comprendra près de 300 m2 réhabilités, quasiment autant de surface supplémentaire, cinq cabinets médicaux — dont deux dédiés aux internes —, une salle de soins non programmés et une salle de réunion, pour débriefer les cas, les consultations et partager les connaissances ».
Le journaliste note que « la structure compte actuellement 10 000 patients. […] L’objectif des lieux est de combattre la désertification médicale en tentant au mieux de garder les jeunes médecins accueillis ».
Le Dr Badr-Eddine Hicheur, médecin référent de la structure pour les relations avec les pouvoirs publics, indique que « le premier levier pour eux, c’est d’aller là où ils ont grandi, et le second, c’est là où ils font leur stage. Car les patients s’attachent aux internes et, les internes, cela les rend responsables d’une patientèle. On a aujourd’hui des patients qui nous demandent où nos internes vont s’installer, car ils veulent être suivis par eux ».
Sébastien Blondé ajoute que « la mairie finance les travaux d’extension, estimés à 1,6 million d’euros et subventionnés par l’agence régionale de santé (ARS), l’État et la région. Et la ville, pour plus de 1 million d’euros ».
Le journaliste conclut qu’« à l’image de Chevry, des maisons de santé universitaires, avec des médecins enseignants accueillant des internes, se sont développées ou doivent l’être à Fontainebleau, Nemours, Torcy, Coulommiers ou encore Provins ».
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La santé au cœur des élections municipales : des élus entre impuissance et initiatives multiples
Les candidats des 15 et 22 mars ne cessent d’être interpellés sur l’accès aux soins, qui apparaît comme l’une des préoccupations centrales des habitants. Mais si les initiatives se sont multipliées pour attirer des médecins, de nombreuses limites demeurent.
Publié hier à 19h37, modifié à 03h04 https://www.lemonde.fr/sante/article/2026/02/15/la-sante-au-c-ur-des-elections-municipales-des-elus-entre-impuissance-et-initiatives-multiples_6666893_1651302.html
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A l’heure où les déserts médicaux s’étendent, la santé s’impose comme un enjeu du scrutin municipal des 15 et 22 mars. De nombreux maires ont le sentiment que le sujet n’a jamais été autant au cœur des préoccupations, notamment dans les petites communes les plus touchées. « Il y a une accélération, estime Christophe Bouillon, maire divers gauche qui se représente à Barentin (Seine-Maritime), président de l’Association des petites villes de France. En 2020, le sujet était déjà présent, bien sûr, mais ça l’est encore plus. » Gil Avérous, maire de Châteauroux (ex-Les Républicains), et président de Villes de France, fait le même constat : « La santé est devenue le sujet prioritaire de tous mes collègues, dit ce porte-voix des villes moyennes de 10 000 à 100 000 habitants. Aujourd’hui, c’est la demande première que j’entends chez mes administrés. »
Il n’est plus un maire ou un candidat qui n’ait à répondre aux difficultés d’accès aux soins sur son territoire. Quand bien même les édiles n’ont pas de compétences propres, ils ont néanmoins une clause de compétence générale qui leur permet d’agir, et surtout la pression des habitants qui les y pousse. « Ce n’est pas à la porte des agences régionales de santé que les citoyens vont frapper, c’est à nous qu’ils demandent des comptes » : la remarque est largement partagée dans les rangs des maires.
Selon un sondage de l’institut CSA, commandé par France Assos Santé, la principale fédération de patients, sur les attentes des Français à l’égard de leurs élus locaux, la santé s’est imposée comme la première préoccupation (pour 70 % d’entre eux), devant la sécurité (68 %), la lutte contre les incivilités (62 %) et la gestion des finances et de la dette de la commune (57 %). Quelle que soit la taille de l’agglomération, elle figure dans les premiers thèmes sur lesquels le maire est attendu, selon cette étude menée auprès de 1 638 personnes et publiée en novembre 2025. Et en priorité, sur cette thématique du « soutien et développement de l’accès aux soins ».
L’évolution démographique pèse aussi de tout son poids sur les attentes des électeurs, fait remarquer Christophe Bouillon : « Le vieillissement de la population a changé la donne, avec une population âgée pour laquelle la santé est une préoccupation importante. Avant, l’obsession des maires, c’était les écoles, pour attirer les jeunes couples. Cela reste en partie vrai, mais aujourd’hui, la première question, c’est les médecins. On est passé de “Est-ce qu’il y a une bonne école ?” à “Est-ce qu’il y a des médecins ?”. »
Lire aussi la synthèse | Le vieillissement de la population se poursuit et l’adaptation des politiques publiques tarde
Pour les faire venir jusqu’à eux, de nombreux élus ont, depuis une dizaine d’années, joué la même carte, celle des maisons de santé. Soit des lieux où se rassemblent des médecins, sous différents statuts d’exercice, et d’autres professionnels de santé, dans des locaux souvent financés et mis à disposition par les collectivités. « C’était un peu une martingale », estime Christophe Bouillon.
Mais les limites de cette politique sont désormais éprouvées, avec des maisons construites… qui restent sans médecin. Comme d’autres, Christophe Bouillon s’est aperçu qu’il n’y a pas de « mesure miracle », et qu’il lui faut plutôt miser sur « un panel d’initiatives » pour obtenir des résultats. Logement et bourses pour les internes en médecine, accompagnement à l’installation du médecin, de son ou sa conjointe, développement des formations médicales et paramédicales…
Rôle du maire parfois symbolique
C’est aussi l’état d’esprit, parmi ces édiles, qui a évolué : « Il faut faire le deuil d’un certain nombre d’images, comme celle du médecin de campagne qui pose ses valises, avec sa famille, dans une commune, pour y faire toute sa carrière,ajoute-t-il. Ce qui compte aujourd’hui, c’est que nos citoyens aient accès à une consultation, peu importe qu’elle soit faite par un médecin qui ne vient que quelques jours par semaine, à l’hôpital… L’important, c’est qu’il n’y ait pas de zone blanche. » En dix ans, quelque 2 milliards d’euros ont été dépensés par les collectivités pour des structures de santé, chiffre-t-il.
Durant le mandat qu’il achève, Gil Avérous a, lui aussi, accompagné la sortie de terre d’une maison de santé, demandée par les médecins de Châteauroux. Dans cette nouvelle campagne municipale, il promet de mettre un coup d’accélérateur : 30 % des administrés sont toujours sans médecin traitant, mais « tout le monde cherche encore la solution la plus adaptée ». Bourses aux étudiants, financement d’un campus universitaire, candidature de la ville pour accueillir une première année de médecine et une école de kiné… « On a beau mettre les moyens, si on n’arrive pas à séduire des médecins, on est en échec, regrette-t-il. Mais le niveau municipal est souvent trop faible pour agir sur la santé, cela doit au minimum se faire au niveau départemental. »
Ces dernières années, le rôle du maire dans les structures de soins est devenu parfois symbolique. S’il est présent au conseil de surveillance de l’hôpital, quand il en a un sur son territoire, il n’est pas dans les instances de gouvernance hospitalière. Même chose dans les agences régionales de santé, pourtant au cœur des décisions. « On considère que les maires n’ont pas leur mot à dire sur la santé, mais vouloir définir des plans régionaux de santé sans nous y associer n’a guère de sens, reprend Christophe Bouillon. Le maire doit redevenir un acteur de santé publique. »
Rares sont ceux qui réclament pour autant un véritable transfert de compétences. « Assurer l’égalité d’accès aux soins, c’est la mission de l’Etat et ça doit le rester, fait valoir Frédéric Chéreau, maire socialiste de Douai (Nord), coprésident de la commission santé à l’Association des maires de France. Nous nous emparons de ce sujet-clé parce que nous n’avons pas le choix, mais on refuse un discours du “donnant-donnant”, où l’action étatique serait conditionnée à celle du maire. »
A Nevers, parmi les territoires qui souffrent le plus de la désertification médicale, le maire, Denis Thuriot (Renaissance), poursuit la ligne qu’il a tracée en soutenant la mise en place des « flyings doctors », en 2023, soit des médecins spécialistes venant du centre hospitalier universitaire de Dijon, par avion spécialement affrété, jusqu’à son centre hospitalier, en une trentaine de minutes (contre deux heures trente à trois heures en train ou en voiture). Depuis la création du dispositif, 100 « rotations » ont été effectuées, avec 345 allers-retours de médecin effectués. « Un gros succès », défend-il, alors qu’une deuxième « rotation » par semaine vient d’être mise en place, en janvier. « On est enclavé, au milieu de la France, nous devons compenser autrement », soutient ce maire, élu pour la première fois en 2014, et qui se représente.
Lire aussi l’éditorial (2025) | Contre les déserts médicaux, réguler l’installation des médecins
Ce « pont aérien » n’est qu’un élément de l’équation : il cite aussi deux cabines de téléconsultation avec infirmier, un campus étudiant « connecté », des « week-ends découverte » pour les internes… « On essaie de faire avec les moyens du bord, mais aussi de trouver des mesures différentes, originales », dit-il. S’il ne parle pas de régulation ou de coercition à l’installation des médecins, il appelle à des réponses qui en sont proches, mais qui relèvent de l’Etat : « Il faudrait proposer aux internes, lorsqu’ils achèvent leurs études, six ou sept territoires comme les nôtres, dans lesquels ils devraient exercer durant leurs premières années. » Sous peine de rester, à l’échelon local, dans une forme d’impuissance.
Deux maires en première ligne pour défendre leur petite maternité : « On a le droit de naître dans nos villes de sous-préfecture »
A Saint-Amand-Montrond, dans le Cher, tout comme à Châteaudun, en Eure-et-Loir, les municipalités défendent le modèle des établissements de proximité, alors qu’une proposition de loi prévoit un moratoire de trois ans sur les fermetures de petites maternités.
Publié aujourd’hui à 10h57, modifié à 12h01 https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/02/16/deux-maires-en-premiere-ligne-pour-defendre-leur-petite-maternite-on-a-le-droit-de-naitre-dans-nos-villes-de-sous-prefecture_6666943_3224.html
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L’un défend sa petite maternité, menacée de fermeture, l’autre veut rouvrir la sienne, fermée depuis 2018. A Saint-Amand-Montrond, dans le Cher, tout comme à Châteaudun, en Eure-et-Loir, l’enjeu de maintenir une maternité sur son territoire fait partie du combat des deux maires candidats à leur réélection, Emmanuel Riotte, divers droite, et Fabien Verdier, sans étiquette. Après des décennies durant lesquelles les fermetures de maternités n’ont cessé de se multiplier, provoquant régulièrement de fortes mobilisations locales pour s’y opposer, eux refusent d’accompagner le mouvement.
Le débat a refait surface sur la scène politique, avec l’adoption à l’Assemblée nationale, en première lecture, d’une proposition de loi instaurant un « moratoire » de trois ans sur les fermetures de maternités, en mai 2025.
Les structures pratiquant aujourd’hui moins de 300 accouchements par an ne sont ouvertes qu’à titre dérogatoire, ce chiffre ayant été défini comme le seuil minimum, en termes de sécurité, afin d’assurer une pratique en nombre suffisant d’actes d’accouchement.
Avec 400 naissances dans les années 2010, mais 229 en 2025, et bientôt « probablement » 200 à Saint-Amand-Montrond, Emmanuel Riotte voit la menace se préciser. « Je ne veux pas me retrouver devant la fatalité, avec une fermeture en 2028 », explique-t-il. Sur ce territoire rural, il n’y a pas que la prise en charge des accouchements qui pose problème : avec un seul médecin généraliste pour 10 000 habitants, l’édile reconnaît, à bien des égards, son « impuissance ». Mais sur cette question symbolique des naissances, il espère avoir trouvé un levier. M. Riotte a fait voter, en décembre 2025, par son conseil municipal et au niveau de la communauté de communes, une prime de 1 000 euros pour les femmes qui viennent y accoucher. La mesure a fait grand bruit. Elle a été fortement dénoncée par les représentants des médecins gynécologues, obstétriciens, anesthésistes-réanimateurs, qui ont estimé qu’elle bafoue « le droit et l’éthique médicale ».
« Il ne s’agit pas d’une prime pour faire des bébés, mais d’une prime pour éviter la fuite [de patientes] vers d’autres maternités, et attirer des mamans vivant aux frontières proches », fait valoir le maire. La somme, délivrée en bons d’achat à dépenser sur le territoire, vise à remonter jusqu’au seuil de 300 naissances, pour « sauver » cette maternité de niveau 1 (pour des accouchements sans complications) : 17 nouvelles mamans en ont bénéficié en janvier. « Si notre maternité ferme, cela va tout déstabiliser, le centre hospitalier et la clinique… Il faut agir maintenant, sinon ce sera trop tard »,ajoute-t-il.
« Stress » et « inquiétude »
C’est une autre bataille que livre Fabien Verdier, le maire de Châteaudun, en défendant, huit ans après sa fermeture, la réouverture de sa maternité. Il a recueilli plus de 1 000 témoignages mettant en lumière les difficultés rencontrées par des parturientes et des citoyens qui soutiennent sa demande. Ces récits, compilés, viennent nourrir son plaidoyer. « Trop de situations mettent en danger les femmes et les nouveau-nés : accouchements dans la rue, dans des véhicules, voire à domicile, faute de temps pour rejoindre un établissement. Le stress et l’inquiétude sont permanents, avec la crainte qu’un drame survienne », défend-il, balayant la question de la sécurité des soins dans ces petites structures, où il est difficile d’assurer une équipe médicale stable avec suffisamment d’activité. « On a le droit de naître dans nos villes de sous-préfecture, dit-il. Ça suffit, nous avons 90 médecins dans notre hôpital, je préfère qu’on accouche ici que dans le camion de pompier pour aller à Orléans, à près d’une heure, ou à Vendôme, qui n’ouvre qu’en pointillé, ou à Chartres, encore plus loin. Je demande à l’agence régionale de santé de nous donner une chance, donnez-nous l’agrément, nous trouverons les médecins. »
Il a déjà relevé ce défi pour d’autres secteurs que l’obstétrique, en accompagnant l’hôpital pour réussir à faire venir près d’une vingtaine d’ophtalmologues, en obtenant un fauteuil dentaire de plus à l’hôpital, en accueillant un centre dentaire privé, ou encore plusieurs médecins généralistes dans un centre de santé municipal… « C’est difficile, mais réalisable, on a prouvé qu’on y arrivait », reprend Fabien Verdier, en défendant le rôle du maire face aux enjeux sanitaires. « L’Etat doit être cohérent, ajoute-t-il. Il y a un développement économique et industriel à Châteaudun, et les entreprises nous le demandent : est-ce qu’il y a une maternité ? Des médecins ? Des spécialistes ? C’est aussi un enjeu économique. »
Voir aussi:
Éditorial
Le Monde
En dépit de l’augmentation du nombre de nouveaux diplômés, la répartition du corps médical sur le territoire ne s’est pas améliorée. La mise en œuvre des deux jours de solidarité par mois annoncée, vendredi, par François Bayrou constitue donc un progrès dans un domaine où les avancées n’ont jamais été à la hauteur de l’enjeu.
Publié le 26 avril 2025 à 11h02 https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/04/26/contre-les-deserts-medicaux-reguler-l-installation-des-medecins_6600257_3232.html
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Parmi les inégalités qui déchirent la société française et font le jeu de l’extrême droite, l’impossibilité nouvelle d’accéder facilement et rapidement à une consultation médicale dans de nombreuses parties du pays est l’une des plus insupportables. Plus d’un tiers des patients renoncent à des soins faute de rendez-vous et 6 millions d’entre eux n’ont pas de médecin traitant.
C’est ce qui a rendu le « pacte de lutte contre les déserts médicaux », présenté vendredi 25 avril par François Bayrou,aussi attendu. Pour la première fois, un responsable de l’exécutif a osé annoncer une mesure contraignante tendant à « réguler » l’activité des médecins libéraux, là où ses prédécesseurs avaient choisi de simples mesures d’incitation sans réussir à endiguer ce véritable scandale sanitaire.
Le premier ministre a ainsi préconisé d’imposer tant aux médecins généralistes qu’aux spécialistes exerçant dans les endroits bien dotés un ou deux jours de temps de consultation par mois dans les zones en difficulté. Cette solidarité, soutenue par des « compensations financières » mais aussi par des pénalités pour les contrevenants, permettrait, selon le gouvernement, de réorienter près de 30 millions de consultations vers les « déserts médicaux », qui couvrent 87 % du territoire.
Appels à la grève
En cas d’échec, M. Bayrou menace implicitement de passer au cran supérieur : la remise en question du principe de liberté d’installation des médecins libéraux. Une disposition dans ce sens a été votée le 2 avril à l’Assemblée nationale, incluse dans une proposition de loi dont l’examen parlementaire doit se poursuivre le 6 mai.

La mise en œuvre des deux jours de solidarité par mois annoncés par le premier ministre apparaît difficile pour des raisons tant juridiques que logistiques. Elle constitue pourtant un progrès dans un domaine où les avancées concrètes n’ont jamais été à la hauteur de l’enjeu. En dépit de l’augmentation récente du nombre de médecins nouvellement diplômés, la répartition du corps médical sur le territoire ne s’est pas améliorée.
Lire aussi | Déserts médicaux : le débat sur la contrainte à l’installation des médecins relancé
Les syndicats de médecins assurent que des mesures de régulation – appliquées à toutes les autres professions de santé et pratiquées notamment en Allemagne – vont provoquer une fuite vers l’étranger, un risque peu documenté, et réduire l’attractivité de la profession. Vent debout contre pareille orientation, ils ont maintenu leurs appels à la grève et aux manifestations à partir du lundi 28 avril, en dépit de la modération de ces annonces. Il est vrai que, depuis des années, tous les gouvernements ont reculé devant le lobby médical, amplement représenté au Parlement et au sein des exécutifs.
Comment oublier que l’actuelle pénurie de médecins résulte du numerus clausus à l’entrée des études médicales appliqué pendant des années avec le soutien conjoint des autorités sanitaires – qui en attendaient une baisse des dépenses – et des organisations de médecins défendant leur corporation ? Comment négliger le fait que les études médicales sont financées par l’argent public et que la rémunération des médecins libéraux par l’Assurance-maladie impose un équilibre entre droits et devoirs ?
Lire aussi : Face aux déserts médicaux, vingt ans d’hésitations politiques
Alors que les tendances démographiques accentuent la perspective d’un vieillissement de la population et d’une aggravation des difficultés d’accès aux soins, aucune des nombreuses pistes efficaces pour lutter contre ce fléau, qui mine la confiance en l’Etat et menace la cohésion sociale, ne peut être écartée. Notamment celle d’une régulation concertée de l’installation des médecins.
Le Monde
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Commentaire Dr Jean Scheffer
20 ans de perdu contre les déserts médicaux
alors qu’il existe une solution pour solutionner l’ensemble des déserts médicaux quels que soient les lieux d’exercice et dans toutes les spécialités.
Les déserts médicaux ne sont pas exclusivement des les zones rurales et dans les quartiers. Il sont aussi dans les Hôpitaux avec 30 % des postes vacants (40% dans les hôpitaux généraux, et 50% dans les hôpitaux psychiatriques), dans les CMP, dans les centres de PMI et dans les crèches, en médecins scolaire et universitaire, dans la médecine du travail, en santé publique, en médecine pénitentiaire, dans les centres de santé publics.
Le manque des médecins est partout, dans toutes les disciplines, dans toutes les formes d’activité, salariées et libérales. Il s’agit donc à mon sens de voir l’ensemble des problèmes et de les solutionner en même temps, ce qui est possible.
La solution c’est un Clinicat-Assistanat pour tous, en fin d’internat, obligatoire pour tous les futurs généralistes et les futurs spécialistes, d’une durée de 3 ans. L’activité serait partagée entre divers établissements à l’image des assistants partagés actuels entre CHG et CHU: entre CHU et CHG pour les futurs spécialistes; entre CHG-CHU et PMI, CMP, santé publique, santé scolaire, médecine pénitentiaire, médecine du travail… ; entre CHG et centres de santé et maisons de santé… Il s’agit donc par un seul et même dispositif de solutionner en quelques années l’ensemble des manques criants et urgents de médecins dans tous les domaines, dans toutes spécialités, sans pénaliser une catégorie, les futurs généralistes par exemple, ou les étudiants en médecine peu fortunés, obligés de s’installer dans un désert pour se payer ses études. Cela évitera de plus le dumping entre villes, entre départements pour recruter ou débaucher, les jeunes en fin d’internat, ou ceux déjà installés et répondant à une offre plus alléchante. Il faudra définir par région, département et territoire, les manques les plus urgents en généralistes et spécialistes, et en tirer les conséquences sur la répartition par spécialité pour la première année d’internat.
Concernant les petites maternités, comme pour le soins intensifs et les urgences, la solution passe par les assistants partagés entre CHU-Gros CHG et les hôpitaux de proximité et des sessions de formation régulières des personnels soignants dans les grosses structures hospitalières.
Je propose ces solutions depuis bientôt 20 ans.
Inutile de proposer une concertation avec les syndicats de médecins libéraux, car ils s’opposent à toute mesure de régulation quelle qu’elle soit.
Comme le dit l’éditorial du « Monde » de 2025, « Comment négliger le fait que les études médicales sont financées par l’argent public et que la rémunération des médecins libéraux par l’Assurance-maladie impose un équilibre entre droits et devoirs ?«
Le politique doit donc prendre ses responsabilités, ce qu’ont refusé de faire tous les gouvernements de droite comme de gauche depuis 20 ans, le pire étant le gouvernement Hollande qui a ouvert grande la porte des dépassements d’honoraire, origine de leur croissance exponentielle et le refus de réglementer les installations.
L’instauration d’un Clinicat Assistanat pour Tous, ne résous pas l’ensemble des problèmes urgents. Il faut simultanément instituer d’autres mesures:
I/ L’augmentation du numerus clausus : elle est limitée par les possibilités de formation des facultés de médecine, et de toute manière elle ne solutionne pas la mauvaise répartition, tant des généralistes que des spécialistes. Mais il faut donner aux facultés les moyens de former davantage de médecins et dépasser le chiffre de 11 000/an, en raison du vieillissement de la population et de l’explosion des maladies chroniques. De toute manière il y a urgence et pour former un médecin il faut un minimum de 10 ans
II/Le conventionnement sélectif et remise en cause de la liberté d’installation : il ne concerne que médecins généralistes et spécialistes, et il faudrait impérativement aller au vif du sujet, remettre en cause la liberté d’installation en régulant l’ensemble des postes au niveau régional, après étude des besoins, au cours d’une démarche de démocratie sanitaire. La fin de la liberté d’installation est réclamée par de multiples organismes, associations, personnalités depuis une vingtaine d’années (10). Une très récente étude de la DREES montre bien que les régulations d’installation dans les autres pays sont bénéfiques, contrairement à ce que les gouvernements successifs et syndicats de médecins libéraux et d’internes nous déclarent à longueur d’année (15), mais non dénoncé clairement par le journal ‘Le Monde » *.
III/la création de centres de santé publics qui se créent dans des zones de déserts médicaux à l’initiative de régions (Centre Val-de-Loire), de départements (Saône-et-Loire, Orne, Gers, Ardèche…), de villes (Sarlat, Figeac, Bergerac…) apportent des solutions locales mais leur nombre est insuffisant pour pallier au manque de généralistes dans de nombreux territoires. Ils doivent donc être multipliés et recevoir un financement pérenne.
Les maisons de santé libérales de leur côté ne sont pas toujours créées là où le besoin est le plus fort, et souvent prennent des généralistes déjà installés, créant de nouveaux déserts médicaux. Cependant certaines qui auraient un projet de santé similaire à ceux des centres de santé publics pourraient recevoir des « chefs de clinique-assistants ».
D’autres initiatives locales ou nationales sont à saluer, comme celles de généralistes, Maître de stage qui encadrent des internes dans leur territoire, favorisant des installations ultérieures, les associations de médecins retraités créant des centres de soins non programmés à Albi, les médico-bus dans le Tarn, les créations de centres de santé municipaux (Ivry-sur-seine – Montélimar), les centres de santé créés avec l’aide le la région Occitanie**** (Lacaune, Mazamet, Villefranche d’Albigeois…pour le Tarn), des centres de santé mutualistes (Romans-sur-Isère), des centres de santé créés par des Hôpitaux (Marseille-APHP), la création de l’association « Médecins solidaires » avec la venue chaque semaine de 2 généralistes venus de toute la France*****, la création d’Assistant territorial en exercice libérale ou salarié hospitalier proposé par la conférence des doyens** …
Par contre les mesures peu efficaces de François Bayrou avec sa « Mission de solidarité » et de Sébastien Lecornu avec son réseau de « Maison France Santé » n’étaient ou ne sont que des contre-feu destinés à contre-carrer la loi trans-partisane de régulation des installations de Guillaume Garot ***. Cette dernière d’ailleurs fort timide.
La motivation de ma proposition est sur le lien « Vision Globale -Solution globale »: https://1drv.ms/w/s!Amn0e5Q-5Qu_sAoKetf_T8OKk2Io?e=GfjeRj?e=4YzGt2
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D’autres pays ont activé des mesures de régulation diverses *https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=65775&action=edit
La conférence des doyens de faculté de médecine propose la création d’assistants territoriaux. **https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=62153&action=edit
*** https://environnementsantepolitique.fr/2025/04/15/loi-inter-partisane-garot-quest-ce-que-cest/