Publié le 12/02/2026 à 16:01 https://www.ladepeche.fr/2026/02/12/quand-des-medecins-veulent-venir-on-ne-peut-pas-faire-la-fine-bouche-generalistes-pediatres-gynecos-quel-est-ce-nouveau-projet-xxl-annonce-a-albi-13219632.php
l’essentiel
À Albi, les anciens locaux de la CPAM, place Lapérouse, s’apprêtent à devenir un gigantesque hub médical. Pédiatres, gynécologues et médecins généralistes, en sous nombre dans le Tarn, prendront place dans pas moins de vingt salles de consultation. Voici ce que l’on sait de ce projet XXL qui devrait changer la vie de beaucoup d’habitants du territoire.
Les anciens locaux de la CPAM à Albi, laissés vacants depuis le transfert du siège avenue Gambetta, vont connaître une nouvelle vie. À deux pas de la statue Lapérouse, dans le quartier des Cordeliers, ces bâtiments de plus de 1 500 m² ont été acquis par l’établissement public foncier d’Occitanie dans le cadre du programme Action cœur de ville, avant d’être revendus aux porteurs de projet pour 921 520 euros. Ils vont devenir un cabinet médical regroupant une vingtaine de salles de consultation. « Un nombre très significatif de professionnels de santé sont attendus », précise l’Agglo.

Porté par les sociétés AZN Capital et NZA Capital, le futur cabinet accueillera notamment pédiatres, gynécologues et médecins généralistes en libéral, tout en comprenant des bureaux et salles de réunion pour le siège opérationnel du groupe médical. L’idée est simple : répondre à des besoins médicaux mal couverts sur le territoire tout en offrant un service de proximité aux habitants. Selon les chiffres de l’Agence régionale de santé, le déficit de pédiatres et de gynécologues dans l’agglomération albigeoise est supérieur à la moyenne nationale, renforçant l’importance de ce projet.
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« Une opportunité majeure »
Lors du conseil communautaire de ce mardi 10 janvier, le projet a suscité beaucoup d’attention. Grégory Averous, premier adjoint au maire de Denat et vice-président délégué, a résumé la situation : « Je n’ai pas assez de hauteur, ni les connaissances techniques nécessaires pour voter en faveur ou en défaveur de ce projet qui sera situé au pied du centre hospitalier. Je m’abstiendrai donc sur ce vote. Ce projet reste toutefois une réelle opportunité pour développer des spécialités sous-représentées sur le territoire, comme la pédiatrie, ou répondre à un besoin comme la médecine générale. »
De son côté, Stéphanie Guiraud-Chaumeil, présidente de l’Agglo du Grand Albigeois et maire d’Albi, a insisté sur l’importance du projet : « On parle de médecins spécialistes en grande rareté sur notre territoire. Beaucoup de femmes doivent repousser leurs consultations de gynécologie ou se rendre bien au-delà de notre ville pour être suivies. Avec ce cabinet, c’est une opportunité majeure pour les Albigeois. »
Gilbert Hangard, le monsieur santé d’Albi, a ajouté : « Nous avons rencontré la commission médicale d’établissement ce mardi. Cela montre que la coordination avec le centre hospitalier est déjà envisagée, pour que le service rendu soit optimal pour les patients. »
Travaux et perspectives
Pour l’heure, la date d’ouverture du cabinet n’est pas connue. Les sociétés AZN Capital et NZA Capital vont d’abord réaliser des travaux préparatoires légers : diagnostics et relevés, nettoyage, ajustements de cloisons non structurelles et installation de réseaux, sans impact sur la structure du bâtiment. Ces interventions se dérouleront dans le cadre d’une convention d’occupation temporaire signée avec l’EPFO et la communauté d’agglomération.
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L’ensemble de la délibération a été adopté sans vote contre, avec six abstentions, et ouvre la voie à la transformation des anciens locaux de la CPAM en véritable hub médical. La place Lapérouse pourrait ainsi devenir un nouveau pôle de soins, favorisant l’installation de praticiens et améliorant l’accès aux spécialistes pour les Albigeois.
Le projet reste à suivre, mais il suscite déjà beaucoup d’espoir et d’attentes parmi la population et les élus : « On ne peut pas se permettre de faire la fine bouche quand on a des médecins prêts à venir s’installer », résumait Stéphanie Guiraud-Chaumeil lors du conseil.
Commentaire Dr Jean SCHEFFER
Un Hub de santé lucratif au centre d’Albi
Quelle occasion manquée !
Albi et l’agglomération auraient pu bénéficier depuis longtemps d’un centre de santé municipal avec deux antennes dans les quartiers prioritaires de Rayssac-Veyrières et de Lapanouse.
A la veille des élections municipales voilà la droite qui se réveille à propos de l’accès aux soins dans Albi et dans notre agglomération.
Pourtant, Monsieur Bonnecarrère, puis Madame Guiraud-Chaumeil comme présidents du CA , puis du Conseil de surveillance l’Hôpital , ont laissé faire une diminution sensible de l’offre de soins publique. Ils ont laissé disparaitre à l’Hôpital plusieurs spécialités (ophtalmologie, urologie, chirurgie vasculaire, néphrologie, odonto-stomatologie, transfusion sanguine, …) Notre Maire actuelle a laissé se fermer de très nombreux lits, ainsi que les services d’endocrinologie et de soins de suite et de réadaptation, elle a favorisé la migration de la pharmacie qui était située au sein de Lapanouse à côté de la Clinique Claude Barnard. Mais surtout elle a laissé passer l’occasion de créer un centre de santé municipal lors du déménagement de la CPAM, pour 900 000€ seulement et quelques menus travaux.
Ce n’est pas faute d’avoir demandé la création d’un centre de santé public dans ces mêmes locaux à plusieurs reprises.
Nous avions proposé avec l’APST (Association pour la santé de tous) le rachât par la municipalité des locaux, puis dans un second temps avec CeSaPA (Centre de Santé Publique en Albigeois) et le Collectif pour Albi, la création d’un centre de santé publique à Rayssac-Veyrières avec l’aide de la région, du département, mais la Maire d’Albi et son adjoint à la santé Mr Gilbert Hangard s’y sont toujours opposés (pourtant curieusement ce dernier sur le réseau social Linkedin vante les mérites des centres de santé publics avec son association « Élus Santé Publique et Territoires »). Le bilan de Mr Hangard en tant que Directeur du Bon Sauveur a été aussi marqué par une importante perte de l’offre de soins (Fermeture de nombreux lits, de l’hôpital de jour de Réalmont, du laboratoire du sommeil, du centre pour les laryngectomisés, de la consultation d’acupuncture…).
Un centre lucratif n’a rien à voir avec un centre de santé publique ou municipal
Le centre de santé lucratif porté par AZN capital et NZA Capital, avec dépassements d’honoraires très probables n’implantera certainement pas d’antennes dans nos quartiers prioritaires de Lapanouse et de Rayssac-Veyrières là où les besoins sont les plus criants ou dans des communes en désert médical. Il serait bien étonnant que ces financiers s’intéressent à la prévention, aux inégalités sociales et territoriales de santé, à l’éducation sanitaire, à la santé publique, aux problématiques de la santé et de l’environnement, à la pollution de l’air, à la médecine du sport gratuite… toutes problématiques qui sont au cœur des préoccupations d’un centre de santé publique.
Pour les spécialités en crise (gynécologues, pédiatres, psychiatres, ophtalmologues…) les centres de santé municipaux ou publics peuvent recruter les praticiens nécessaires qui peuvent aussi consulter dans les antennes des quartiers prioritaires ou dans les communes ayant des antennes du centre principal.
Le centre de santé publique ou municipal pratique le tiers payant et ne pratique pas de dépassements d’honoraires, les médecins sont salariés et disposent d’un secrétariat à leur disposition. Des infirmiers d’IPA peuvent prendre en charge une partie des patients porteurs de maladies chroniques.
Finalement Stéphanie Mme Guiraud-Chaumeil veut faire payer les communes de l’agglomération pour permettre aux albigeois aisés d’aller consulter les specialistes avec dépassements d’honoraires en centre ville !
NB : la seule action concernant l’amélioration de l’accès aux soins de la municipalité de droite a été de faciliter la création par des médecins retraités d’un Centre de Consultations non Programmées en centre ville.
Dr Jean SCHEFFER ancien médecin chef au CH d’Albi, ancien président du l’APST, membre du Collectif pour Albi