Concilier suivi au long cours et soins non-programmés : le défi du SAS 36 et de l’Office de soins alternatifs transitoires dans l’Indre
Accès aux soins Parcours de soins
Dans ce territoire touché par la pénurie médicale, le service d’accès aux soins (SAS), pour les soins non programmés, et l’Office de soins alternatifs transitoires (Osat), pour le suivi des patients sans médecin traitant, s’entraident pour répondre aux besoins des patients.
Adrien Renaud
13 janvier 2026 https://www.concourspluripro.fr/exercice-pluriprofessionnel/centres-de-sante/concilier-suivi-au-long-cours-et-soins-non-programmes
Le principe : chacun son rôle… ce qui n’exclut pas de rechercher, entre les activités des uns et des autres, les possibilités d’interactions bénéfiques. Et c’est ce qui se passe dans l’Indre, entre le service d’accès aux soins (SAS), chargé des soins non-programmés, et l’Office de soins alternatifs transitoires (Osat), mis en place en 2021 pour venir en aide aux patients sans médecin traitant. Deux dispositifs qui parviennent à se conforter mutuellement, même si la crise de la démographie médicale contre laquelle ils ont été conçus reste, par bien des aspects, la plus forte.
Si le 116 117 (8h-20h en semaine) du SAS permet une évaluation médicale immédiate et oriente, en fonction des besoins, vers du conseil, une ordonnance, un rendez-vous en ville ou les urgences, « l’Osat tente de rassembler du temps médical pour aboutir à quelques équivalents-temps-plein pour les patients prioritaires qui n’ont plus de médecin traitant », explique Laurence Philippe, médecin généraliste à Châteauroux qui a largement participé à l’élaboration de ce projet. En clair, il assure la prise en charge des patients sans médecin traitant et les réintègre dans un suivi régulier. Ce qui permet notamment de désengorger les urgences.
Commentaire par Gilbert Hangard: président de « Elus Santé Publique & Territoires »
Accès aux soins : et si les collectivités locales faisaient partie des solutions concrètes ?
Dans un contexte de pénurie médicale, certaines initiatives territoriales montrent qu’il est possible d’agir efficacement, à condition de coordonner intelligemment les dispositifs existants.
Dans l’Indre (36), le Service d’Accès aux Soins (SAS 36), dédié aux soins non programmés, travaille en complémentarité avec l’Office de soins alternatifs transitoires (Osat), qui prend en charge les patients sans médecin traitant et les réintègre dans un suivi médical régulier. Résultat : une organisation plus lisible, plus humaine, et surtout une réponse plus adaptée aux besoins des habitants.
Le SAS (via le 116 117) permet une évaluation rapide et une orientation vers la bonne solution : conseil, ordonnance, rendez-vous en ville ou urgences.
De son côté, l’Osat agit sur un autre levier essentiel : le suivi au long cours, souvent absent chez les patients fragiles ou polypathologiques.
Ce modèle de coopération évite les impasses et réduit la pression sur les urgences. Quelques chiffres parlent d’eux-mêmes :
- 18 308 demandes traitées par le SAS en 2024
- 9 000 consultations réalisées par l’Osat
- 1 800 patients suivis, malgré une saturation du dispositif
Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que l’Osat est porté en lien avec la CPTS, mais aussi avec la communauté de communes et la Région, montrant à quel point les collectivités locales peuvent être des acteurs clés de la santé sur leur territoire.
Aujourd’hui, les élus locaux ont un rôle stratégique à jouer : soutenir ces solutions innovantes, faciliter leur structuration, et investir dans des organisations capables de maintenir un accès aux soins durable, même en période de crise démographique médicale. Parce que la santé n’est pas seulement une compétence technique : c’est aussi un enjeu d’aménagement, de solidarité et d’attractivité territoriale.
- Source : “Concilier suivi au long cours et soins non-programmés : le défi du SAS 36 et de l’Office de soins alternatifs transitoires dans l’Indre” ConcoursPluripro