Le SPH alerte et ça ne fait que commencer… Quelle radicalité ?
(Communiqué)
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10/02/2026
Émis par : SPH

Prudence, le mieux est l’ennemi du bien. Gardons-nous de toutes les radicalités et des raccourcis dangereux.
Les psychiatres sont des soignants et ils font beaucoup pour la santé de la population. Ils ont certes l’exclusivité des soins sous contrainte.
Une proposition de loi prévoit d’impliquer les psychiatres et l’hôpital public dans la prévention des actes délictueux, criminels et terroristes, commis notamment par les personnes étrangères, notamment sous OQTF : il s’agirait de leur imposer un passage par la psychiatrie, afin de détecter les risques de commission d’infractions particulièrement graves.
Mais c’est une double erreur :
– Penser la possibilité d’un diagnostic fin et de l’évaluation de la dangerosité criminologique sur un mode express et sous contrainte.
– Imaginer qu’il serait licite de faire cohabiter en un même lieu des personnes souffrantes et des personnes suspectes qui y seraient admises en poursuivant des objectifs différents.
Quelle triste confusion des registres !
L’hôpital n’a pas besoin de ce mélange de populations, de patients en souffrance psychique et de « suspects de radicalité et de troubles psychiatriques ».
Des personnes, réfractaires de surcroît, puisqu’elles seraient admises en « soins sous contrainte préfectorale » pour ne pas s’être soumises à une expertise volontaire.
Que penser de l’indépendance réelle et de la sécurité du praticien, qui se trouverait impliqué dans cette démarche aberrante où un suspect choisirait lui-même, sur une liste établie par le procureur, le psychiatre qui lui délivrerait, ou pas, un document déterminant pour son avenir?
Quand l’heure devrait être à l’accès aux soins, et à la déstigmatisation des patients, quand il s’agit à l’hôpital de respecter au mieux les libertés individuelles, cette proposition de loi est particulièrement mal venue.
Les nouvelles mesures avancées dans la PPL exposent à l’échec, sont inefficaces et dangereuses.
Les psychiatres ne sont pas formés pour détecter la radicalité, ce n’est pas leur champ d’intervention ni leur domaine de compétence.
Céder à la pression sécuritaire menacera la confiance de la population en ce lieu à forte charge symbolique qu’est l’hôpital psychiatrique, une confiance trop régulièrement mise à l’épreuve lorsque les médias s’emparent du « profil psychiatrique » d’un criminel.
LE SPH ALERTE ET DEMANDE LE RETRAIT DE CETTE PROPOSITION DE LOI.
Site : sphweb.fr