Fin de vie: « Ces maisons d’accompagnement et de soins palliatifs doivent être réintégrées, sans quoi l’intérêt même de ce texte de loi serait discutable ».

« Fin de vie : le consensus sur les soins palliatifs vole en éclat à l’Assemblée nationale

 Date de publication : 11 février 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=6208d102c027daf2c447910c1e20a50a&id_newsletter=23340&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=23340&from=newsletter

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Nathalie Raulin remarque dans Libération que « lundi 9 février, à la surprise générale, la proposition de loi sur les soins palliatifs, volet essentiel et jusqu’à présent très consensuel de la réforme sociétale emblématique du quinquennat, a focalisé l’inquiétude ».


La journaliste explique que « de retour en seconde lecture devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, le texte a été adopté, mais non sans avoir été, au préalable, amputé de l’un de ses articles phares : la création de maisons d’accompagnement et de soins palliatifs ».


« Soit des structures novatrices destinées à accueillir des personnes malades ou en fin de vie, dont l’état ne nécessite pas une prise en charge dans une unité de soins palliatifs, mais qui ne peuvent rester à domicile », indique Nathalie Raulin.
Ségolène Perruchio, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, réagit : « Ces maisons doivent être réintégrées, sans quoi l’intérêt même de ce texte de loi serait discutable ».


Nathalie Raulin précise que « la fronde est venue de la gauche. C’est que les députés LFI, écologistes et socialistes de la commission ont peu goûté les modifications apportées par le Sénat au texte voté à une quasi-unanimité par l’Assemblée nationale en mai 2025. C’est vrai de la suppression du «droit opposable» aux soins palliatifs, jugé inapplicable par les sénateurs de droite et du centre, comme de la mise en place d’une loi de programmation pluriannuelle initialement instaurée pour sécuriser le financement du déploiement des soins palliatifs ».


« L’agacement s’est mué en colère à la suite de l’adoption d’un amendement du rapporteur de la proposition de loi sur les soins palliatifs, le député Horizons François Gernigon, avec le soutien du gouvernement », continue la journaliste.


Le député écologiste Sébastien Peytavie déclare : « Il a introduit la possibilité que les maisons d’accompagnement puissent être gérées par le secteur privé lucratif en agitant la menace d’une censure constitutionnelle pour rupture d’égalité. C’est un prétexte puisqu’on peut très bien mettre en place un mécanisme d’habilitation. Cela dénature le texte initial et ouvre la porte à toutes les dérives ».


Le député poursuit : « L’équilibre global de la réforme est aujourd’hui menacé. Le texte initial prévoyait que 106 maisons soient créées. Or, ce chiffre a disparu.

Tout cela donne l’impression que le gouvernement a peur de ne pas avoir les moyens financiers suffisants pour le déploiement des soins palliatifs ».


Nathalie Raulin conclut que « le texte sur les soins palliatifs allant de pair avec celui du droit à l’aide à mourir, c’est toute la réforme du modèle de la fin de vie qui pourrait tanguer ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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