AME : le Premier ministre « renforce la lutte contre la fraude » mais ne touche pas encore « au panier de soins »
Sébastien Lecornu vient de signer deux décrets relatifs à l’Aide médicale d’État (AME) et publiés au Journal officiel le 8 février 2026. Ils visent à renforcer les contrôles et lutter contre les fraudes, et à sécuriser et moderniser l’accès aux données des demandeurs et bénéficiaires de l’AME.
Par Sandy Bonin
L’Aide médicale d’État (AME) « est, contrairement à ce qu’avance le RN, absolument indispensable d’un point de vue sanitaire. Il faut donc le conserver » mais aussi « le réformer », affirme le Premier ministre dans un entretien à huit titres de la presse régionale, publié samedi. Sébastien Lecornu a signé deux décrets qui vont réformer l’AME, dont l’un « renforce la lutte contre la fraude » et l’autre facilite l’accès informatique des consulats, sans toucher pour l’instant au « panier de soins ». Les deux textes ont été publiés au Journal officiel ce dimanche 8 février.
Le décret destiné à lutter contre la fraude modifie les conditions de dépôt des demandes à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) pour durcir les contrôles, « avec des perspectives d’économies de 180 millions d’euros ». En pratique, le texte actualise la liste des pièces à joindre en vue d’une demande d’AME avec des demandes plus détaillées (extrait d’acte de naissance, livret de famille, photo d’identité…)
Publié en décembre 2023, un rapport sur l’Aide médicale d’État, rédigé par l’ancien ministre socialiste Claude Evin et le haut-fonctionnaire Les Républicains Patrick Stefanini, estimait que l’AME est un dispositif « encadré », « utile », mais il mérité « d’être adapté ».
Le second décret a pour objectif de moderniser « les systèmes informatiques de l’État afin que tous les fonctionnaires (des consulats notamment, ndlr) en charge du dossier puissent y avoir accès », précise Sébastien Lecornu. Le Premier ministre estime qu‘il « faudra sans doute » réformer le « panier de soins » auxquels ont droit les immigrés sans-papiers avec l’AME. « Mais à ce stade, les choses ne sont pas prêtes », admet-il.
« Les Français dont le reste à charge ne cesse d’augmenter, n’acceptent plus ces dispositifs insensés, tels que les titres de séjour pour soins », a commenté Marine Le Pen dans un message publié dimanche sur X.
Deux projets de décret visant à durcir les conditions d’accès à l’AME et réduire le panier de soins avaient été retirés par le Gouvernement en septembre 2025.
[Avec Sudouest.fr et AFP]