Arrêt brutal d’une expérimentation finançant 26 maisons et centres de santé qui luttent contre les inégalités sociales de santé
La nouvelle est tombée le 29 janvier : l’article 51 Structures d’exercice coordonné participatives (Secpa) prendra fin le 30 avril prochain, mais sans entrer dans le droit commun. « Une partie » du financement sera maintenue pour les 26 structures expérimentatrices via une enveloppe FIR et à condition d’être labellisés France santé. Ce qui fait bondir les acteurs de terrain.
Par Karen Ramsay
Article initialement publié sur Concours pluripro
La réunion du jeudi 29 janvier a eu l’effet d’une « bombe », nous assure-t-on. Car ils attendaient « depuis des mois » des informations quant à la transposition de l’article 51 Structures d’exercice coordonné participatives (Secpa) dans le droit commun, précise à Concours pluripro Dora Levy, médecin généraliste à la MSP Pyrénées Belleville (Île-de-France). « C’est une réunion qui avait été demandée par le collectif des 26 structures engagées dans l’expérimentation, et pour laquelle il y a eu des reports, des reports, et encore des reports. Depuis juin, on n’avait pas de nouvelles. On a harcelé de mails et de demandes de rendez-vous pour avoir des informations, sachant qu’on est en phase de transition depuis avril 2025… » Et, avoue-t-elle, les équipes pensaient, au vu de « l’instabilité politique » actuelle, « qu’ils nous diraient qu’ils n’avaient pas de réponse et qu’on serait prolongé… On commençait à avoir l’habitude ».
Mais au bout d’une demi-heure d’échanges avec Artus de Cormis, conseiller santé auprès de Stéphanie Rist, où « il parle de tout et de rien », poursuit Dora Levy, celui-ci « finit par lâcher » : l’article 51 Secpa prend fin le 30 avril prochain, à la fin de sa période transitoire, mais sans entrer dans le droit commun. Une nouvelle « sans aucun signe avant-coureur », d’une « violence » inouïe, avec « une impréparation complète », et « sans accompagnement d’une fin d’expérimentation », déplore celle qui est également co-présidente de la CPTS Paris 20 : « C’est un abandon total de l’État vis-à-vis des structures engagées depuis quatre ans… »
Un sentiment d’incompréhension que partagent Maxime Bertolini et Sylvain Fonte, coordinateur et kiné au Pôle de santé interprofessionnel de St Martin d’Hères (Auvergne-Rhône-Alpes). D’autant que les deux modalités proposées par le ministère de la Santé post-fin d’expérimentation les laissent dubitatifs. Notamment par le maintien d’« une partie » du financement des MSP et CDS expérimentateurs via une « enveloppe nationale fléchée par ARS », explique Sylvain Fonte. Ainsi qu’un financement via le label France santé. « Mais comme Secpa ne rentre pas dans le droit commun, aucune nouvelle équipe ne serait financée pour ces missions, au-delà des 26 structures expérimentatrices », détaille Maxime Bertolini. Mais une chose est sûre : la réduction de financement sera « significative' », rapportent-ils, reprenant les mots du ministère.
Tout en assurant que les structures Secpa « ont une place particulière dans l’accès aux soins » – comme le rapporte un compte-rendu de réunion d’une MSP que Concours pluripro a pu consulter –, le conseiller santé aurait expliqué qu’une « enveloppe nationale fléchée par ARS, une sorte de FIR Secpa ‘sanctuarisé’, selon le terme utilisé lors de la réunion », servirait à sécuriser « une partie » du financement des MSP et CDS expérimentateurs. Ce qui fait bondir Sylvain Fonte : « On nous parle de sécurisation du financement, mais quelle sécurité peut-il y avoir alors qu’il y a quelques semaines, les ARS étaient dans le viseur du Gouvernement et risquaient de disparaître ? » D’autant que le dispositif est très « ARS-dépendant », déplorent-ils, rappelant que si en Pays-de-la-Loire, l’ARS accompagne sept maisons et centres de santé dans leur découverte de la démarche participative, d’autres structures « ne connaissent même pas le nom de leur référent article 51 au sein de l’ARS ».
Secpa France santé ?
Autre modalité mise sur la table par le ministère : un financement du dispositif via le label France santé. « On nous a annoncé que ce label sera le pré-requis pour le financement : l’enveloppe d’environ 50.000 euros par France santé puis le complément par l’ARS, explique le kiné. En clair, pas de financement ARS sans label France santé. Donc on impose aux structures Secpa une labellisation alors que c’est encore flou et qu’on n’a aucune garantie sur le cahier des charges… «
Sans compter que les enveloppes ne sont pas les mêmes : « France santé, c’est environ 50 000 euros par structure alors que notre MSP a un budget entre 500 et 600.000 euros pour Secpa… On n’est pas du tout dans les mêmes proportions », s’insurge Dora Levy, qui ajoute que la référente « article 51 » à l’ARS Ile-de-France n’était pas au courant de cette annonce. « On l’a appelée jeudi soir, après la réunion, et elle ne savait pas… Elle l’a appris par nous. » L’ARS francilienne aurait également alerté « dans un courrier officiel il y a un an et demi-deux ans » que le dispositif ne pourrait être repris par le FIR car elle n’avait pas « les moyens » de prendre en charge Secpa, ajoute-t-elle…
« Je suis sidérée », lâche Mady Denantes, médecin généraliste à la MSP Pyrénées Belleville, contactée par Concours pluripro, ce lundi matin : « Jusqu’à présent, toutes les évaluations étaient bonnes et l’entrée en période transitoire, c’est quand même la preuve de l’efficacité du dispositif ! Je n’ai pas imaginé une seconde qu’on puisse arrêter une expérimentation qui marche, d’autant que la seule question qui se posait désormais, c’était comment la faire rentrer dans le droit commun… On fait une expérimentation pendant plusieurs années, on voit qu’elle marche, mais on l’arrête. On marche sur la tête ! » D’autant que la médiation en santé – financée au sein de sa MSP par le dispositif Secpa – est essentielle, lance la généraliste : « Je vois en consultation un patient diabétique, fumeur et qui n’a pas la Complémentaire santé solidaire (CSS). En tant que médecin, ce n’est pas mon boulot de m’occuper de sa CSS. Mais en même temps, je ne peux pas le soigner sans CSS. Eh bien en 30 secondes, je contacte nos médiateurs et l’affaire est réglée. Donc je peux faire mon boulot de médecin généraliste et soigner mon patient diabétique et fumeur aux facteurs de risque majeurs. La médiation en santé, ça nous aide à tirer les bonnes ficelles. Mais ce n’est pas à nous de les trouver, ces ficelles. Moi, j’essaie de trouver les ficelles des nouveaux traitements du diabète, lesquels sont validés, quand est-ce que je les mets en place… Mais grâce à la médiation, je peux bosser dessus parce qu’à côté, les médiateurs aident mon patient à suivre ses traitements, à comprendre sa pathologie. »
Au sein de la MSP Pyrénées Belleville, le financement Secpa permet de financer le poste de 7 professionnels salariés – médiateurs en santé, accueillant, psychologue, coordinatrices, assistantes sociales – ainsi que plusieurs activités comme les coachs sportifs, l’interprétariat téléphonique, les activités collectives et participatives mises en place avec les usagers… Comme au Pôle de santé interprofessionnel de Saint-Martin-d’Hères qui rémunère, avec l’enveloppe de 744.000 euros par an que permet Secpa, 2 postes de médiation en santé, 1,4 ETP de psychologue, 2 postes de coordination de projets ainsi qu’un accès aux consultations des psychiatres… « Autant de missions qu’on ne pourrait pas financer autrement, précise Maxime Bertolini, son coordinateur. On a fait des calculs : si les moyens alloués sont divisés par 3, on ne pourra plus faire de la santé communautaire. Et on va se retrouver, comme avant, à aller chercher des bouts de financement… »
Ce qui questionne fortement la pertinence de l’article 51, lancent Maxime Bertolini et Sylvain Fonte : « Le Comité technique de l’innovation en santé et le comité stratégique ont évalué positivement l’expérimentation. Tout le monde valide, la période transitoire est lancée, tous les feux sont verts, mais d’un coup, tout est enterré… Quelle crédibilité pour l’article 51 ? »
* Nous avons tenté de joindre l’équipe nationale de l’article 51, mais sans succès.
Le premier ministre met fin à l’expérimentation de la santé communautaire dans les quartiers populaires
5 février 2026 | https://info.mediapart.fr/optiext/optiextension.dll?ID=5fOkzGedmImGtGHkQiHR0_dEkOR8cfJb6N5kuQ5x8zSnHTR8t2a-xpEaVIoNGcF2kCf6tiVR5wFaPqiDo74
Par Caroline Coq-Chodorge
Depuis 2021 étaient financées, de manière expérimentale, 26 structures de santé dans des quartiers populaires, qui ont fait leur preuves. Mais le couperet budgétaire vient de tomber : l’expérimentation cesse, et les centres concernés ne pourront plus compter que sur des aides de l’État très fortement diminuées.
« On nous prive du jour au lendemain de l’essentiel de nos financements, on est menacés de fermeture dès le mois d’avril. C’est un tel mépris institutionnel des professionnels, un manque de respect total pour les habitants des quartiers populaires. Depuis hier, on leur distribue des tracts à l’accueil. Ils nous soutiennent et ils nous disent : “vous étiez à notre fête de quartier”, “vous avez accompagné notre sortie scolaire”. On fait partie de la vie des gens », résume Élisa Francfort, coordonnatrice du Château en santé, situé au pied des barres d’immeubles du quartier Kalliste à Marseille (Bouches-du-Rhône).
Mediapart a consacré de nombreux reportages à ce centre de santé (ici et là) , mais aussi à la Case de santé à Toulouse (Hautes-Pyrénées), auVillage 2 santé à Échirolles, près de Grenoble (Isère), à la maison de santé Pyrénées-Belleville à Paris, ou encore à la Place Santé, au cœur de la cité des Francs-Moisins à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

L’accueil du centre « le Jardin », un centre de santé communautaire qui propose un accès aux soins à des personnes sans médecin traitant à Bron (Rhône) en janvier 2024. © Photo by Thibaut Durand / Hans Lucas via AFP
Ces structures sont des pionnières de la santé communautaire en France, qui mélange du soin et du travail social pour aller vers les habitants des quartiers populaires, souvent éloignés des soins, isolés, égarés dans les méandres du système de santé, sans droits, etc.
Depuis juin 2025, les acteurs et actrices du secteurs réclamaient une réunion au ministère de la santé, pour enfin être informé·es des « arbitrages » sur leur modèle. Elle a eu lieu le jeudi 29 janvier. La médecin généraliste Dora Lévy explique : « On s’attendait à une baisse de nos financements. Mais pas à ça ! » « Pendant vingt minutes, ils nous ont expliqué qu’ils voulaient nous sécuriser. Ils l’ont dit vingt fois », complète Élisa Francfort.
Finalement, le conseiller de la ministre de la santé, Stéphanie Rist, leur a annoncé leur entrée dans le dispositif France santé, voulu par le premier ministre Sébastien Lecornu. Une labellisation de cent vingt maisons de santé qui bénéficieront d’une subvention de 50 000 euros par an. « Notre cahier des charges n’a rien à voir, et notre enveloppe budgétaire non plus », déplore la docteure Lévy. La maison de santé Pyrénées-Belville perçoit par exemple « 600 000 euros par an de subventions ».
La fin d’une « dynamique incontestable »
Cette réunion a donc acté la fin de l’expérimentation de vingt-six structures d’exercice coordonné participatives (Secpa), labellisées par le ministère de la santé en 2021 et 2022 dans des quartiers populaires de Dunkerque à Poitiers, ou de Belfort à Valence. Elles bénéficiaient d’un financement de 10 millions d’euros par an environ, soit 380 000 euros en moyenne par structure.
« C’est le ministère de la santé qui est venu nous chercher pour qu’on développe notre modèle dans le cadre d’une expérimentation », rappelle Élisa Francfort. « Ils ont pris conscience des inégalités de santé pendant le covid, prolonge Benjamin Cohadon, coordonnateur du Village 2 santé d’Échirolles. Car la mortalité a été très forte dans les quartiers populaires, là où vivent les “premiers de corvée” », c’est-à-dire les soignant·es, caissières, livreurs, éboueurs, etc., en première ligne durant la pandémie.
« On a travaillé avec eux sur le cahier des charges,poursuit la médecin généraliste Jessica Guibert, l’une des fondatrices du Village 2 santé. On a pu développer ce qu’on faisait jusque-là en bricolant : pas seulement des soins, mais aussi de l’accès aux droits, de l’interprétariat, des groupes ou des ateliers dédiés à l’alimentation, à la lutte contre les violences et les discriminations, à la prévention des risques du travail, etc. Car tout cela a un impact sur la santé. »
On a investi beaucoup d’énergie, on a embarqué des équipes, des habitants du quartier […]. Certains ont investi dans de nouveaux locaux et ne pourront pas se retourner.
Dora Lévy, médecin
La méthode de l’expérimentation prévoyait une évaluation avant une éventuelle généralisation. Entre 2024 et 2025, ces vingt-six structures ont donc été évaluées à plusieurs reprises, toujours de manière positive. En avril 2025, le conseil stratégique de l’innovation en santé, qui dépend du ministère de la santé, a voté « à l’unanimité »pour leur entrée dans le droit commun parce qu’il les juge « efficaces », portées par une« dynamique incontestable ».
Tout semblait donc prêt pour l’entrée de la santé communautaire dans le droit commun en France. Le processus a suivi son cours sous les nombreux et nombreuses ministres de la santé qui se sont succédé. Mais au moment de trouver des financements pérennes, le couperet budgétaire est tombé.
« On a investi beaucoup d’énergie, on a embarqué des équipes, des habitants du quartier, on a augmenté le nombre de nos patients, qui sont de plus en plus lourds. Certains ont investi dans de nouveaux locaux, parfois sur leurs propres fonds, et ne pourront pas se retourner », met en garde Dora Lévy.
« Pérennisées et financées », mais…
De très nombreuses études scientifiques (par exemple ici) ont pourtant démontré l’efficacité de cette approche de la santé, y compris d’un point de vue économique : les patients vont mieux, et leurs frais de santé en sont donc diminués. En 2021, les pouvoirs publics semblaient l’avoir compris.
Mais c’est surtout « un bon modèle de santé, auxeffets bénéfiques, poursuit Dora Lévy. On fait sortir les gens de situation terribles d’isolement, de maladie, de violences. Nous, les médecins, nous ne sommes plus tout seuls, démunis face à des situations très complexes. »
Dans le quartier parisien Pyrénées-Belleville, la maison de santé s’adresse aux populations d’un centre d’hébergement et de réinsertion sociale, d’un foyer de travailleurs migrants, de personnes âgées très isolées dans cet arrondissement parisien, visitées à domicile par les équipes d’infirmiers et d’infirmières.
À Marseille, le Château en santé emploie un médiateur qui est aussi interprète pour la population turque et kurde, très nombreuse dans le quartier. À Échirolles, le recours à un service d’interprétariat a été généralisé, car « on s’est rendu compte que l’interprétariat par des proches pouvait être très néfaste », explique Jessica Guibert.
Elle insiste aussi sur le travail « des accueillant·es » qui va bien au-delà du secrétariat : « Elles prennent des rendez-vous pour les patients, coordonnent leurs parcours, les orientent dans un système de soins de plus en plus complexe. »
Lors des questions au gouvernement, mardi 3 février, la député écologiste de l’Isère Cyrielle Chatelain a interpellé le premier ministre Sébastien Lecornu. Il a assuré que « les vingt-six structures Secpa seront bien pérennisées et financées ». Puis il a botté en touche vers la ministre de la santé, Stéphanie Rist, qui « précisera dans les heures qui viennent les sommes qui leur seront allouées ».
Contacté par Mediapart, le ministère indique que « la décision de généraliser cette expérimentation a été prise ». Seulement, il faut encore « définir un modèle financier pérenne », ce qui sera fait « très prochainement », promet-il. Les agences régionales de santé et les collectivités locales seront mises à contribution. La santé communautaire ne sera donc pas étendue et restera un modèle réservé à quelques territoires seulement, porté à bout de bras par des militant·es.
Les structures existantes ne se font guère d’illusions sur la possibilité que le ministère aille plus loin que les 50 000 euros annuels annoncés. Aux yeux de Sébastien Cohadon, « c’est un signal dramatique : il n’y pas de continuité de l’État. Dans trois mois, je dois licencier des gens dans un quartier populaire ».
Budget menacé : 26 centres de santé des quartiers populaires redoutent la fin du dispositif Secpa
Vingt-six centres et maisons de santé, principalement implantés dans des quartiers populaires, disent craindre une réduction drastique de leur budget via « l’abandon » d’un dispositif expérimental qui les finance, dérogeant au paiement à l’acte pour mieux accompagner les publics vulnérables. Le gouvernement s’est employé à les rassurer en s’engageant à « pérenniser» leurs financements.
Par la rédaction de Whatsupdoc
3 février 2026 – 18:29 https://x.com/whatsupdoc_mag/status/2018740586858098974

© Midjourney x What’s up Doc
Expérimenté depuis 2021 dans le cadre juridique dit « article 51 », le dispositif Secpa (Structures d’exercice coordonné participatif), doté de 14 millions d’euros en 2025, versés par l’Assurance maladie, représente jusqu’à « un tiers du budget annuel » de ces 26 structures, rappellent-elles dans une pétition et un communiqué.
En complément des « financements ordinaires », essentiellement le paiement à l’acte, des enveloppes sont dédiées au travail « hors soins » des équipes pluriprofessionnelles qui accompagnent des patients éloignés du système de santé, médecins généralistes, psychologues, médiateurs en santé ou personnels d’accueil. Ces financements soutiennent aussi des actions de santé « participative », destinées à renforcer les connaissances en santé et l’autonomie des usagers, notamment via des ateliers collectifs, activité physique adaptée, enfants et écrans ou gestion de la douleur.
Le dispositif permet également de financer des consultations de psychologie et le recours à des interprètes. Il « s’inscrit dans les engagements pris par l’État » à la suite de la pandémie de Covid, « qui a mis en lumière » les inégalités sociales et territoriales de santé, rappelle le communiqué.
La crainte d’une rupture brutale
Fin janvier, le gouvernement a pourtant annoncé à ces structures « la suppression du dispositif », l’expérimentation arrivant à échéance en avril, déplorent-elles.
L’exécutif « présente cette décision comme un passage dans le droit commun », mais celle-ci « se traduit en réalité par un basculement vers le Label Maisons France Santé, plafonné à 50 000 euros annuels par structure », contre plus de 500 000 euros pour le dispositif Secpa, ainsi qu’un « recours aux Fonds d’intervention régionaux des Agences régionales de santé, déjà fortement contraints », sans moyens supplémentaires, alertent-elles.
Elles craignent dès lors une réduction massive de leur budget, susceptible de les mettre « gravement en danger ». Parmi ces structures figurent Le Château en santé à Marseille, Le Village de Santé d’Échirolles, en Isère, ou La Place Santé à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis.
L’exécutif promet une continuité
Interrogé par la députée écologiste Cyrielle Chatelain devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a assuré que « l’ensemble des 26 structures » seraient bien « pérennisées et financées ».
Cyrielle Chatelain a redemandé si « les 14 millions d’euros » seraient bien « mis sur la table ». « Les structures Secpa ne sont pas remises en question», a répondu Sébastien Lecornu, renvoyant vers la ministre de la Santé Stéphanie Rist pour le détail des « sommes ».
Si les centres de santé perdent de l’argent, c’est qu’ils sont mal gérés. Ah bon, t’es sûr ?
Le ministère temporise
« Il y a consensus sur l’utilité des centres Secpa » et « une décision de généraliser cette expérimentation a été prise », indique à l’AFP le cabinet de Stéphanie Rist.
Selon le ministère de la Santé, le « modèle financier » sera « arbitré très prochainement », en repartant « des budgets adoptés dans la loi de financement de la sécurité sociale ». Plusieurs leviers doivent être mobilisés, notamment les fonds de l’Assurance maladie France Santé, les Fonds d’intervention régionaux et le soutien des collectivités territoriales, précise la même source, sans avancer de montants chiffrés.
Avec AFP
À lire aussiDéserts médicaux : pour des médecins de l’Oise, les Maisons France Santé « c’est de la poudre aux yeux »
Interrogé devant l’Assemblée nationale par Cyrielle Chatelain, députée écologiste, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a promis que « l’ensemble des 26 structures (…) telles qu’elles existent depuis les expérimentations post-Covid 2021, seront bien pérennisées et financées ».
Cyrielle Chatelain a redemandé si « les 14 millions d’euros » seront bien « mis sur la table ». « Les structures Secpa ne sont pas remises en question », a répondu Sébastien Lecornu, renvoyant vers la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, pour le détail des « sommes ».
Une pétition lancée pour sauver 26 maisons de santé dans des quartiers populaires
Par Le Parisien avec AFP Le 3 février 2026 à 18h56 https://www.leparisien.fr/societe/une-petition-lancee-pour-sauver-26-maisons-de-sante-dans-des-quartiers-populaires-03-02-2026-RT3LFODGONFSZNDNQDBNLDXELI.php

Ces centres et maisons de santé craignent de perdre « un tiers du budget annuel » qui leur était alloué l’an dernier.
Ils sont principalement implantés dans des quartiers populaires. Vingt-six centres et maisons de santé disent ce mardi craindre une réduction drastique de leur budget via « l’abandon » d’un dispositif expérimental qui les finance, dérogeant au paiement à l’acte pour mieux accompagner les publics vulnérables.
Le dispositif Secpa (Structures d’exercice coordonné participatif) est expérimenté depuis 2021 dans le cadre juridique dit « article 51 ». Il était doté de 14 millions d’euros en 2025, versés par l’Assurance maladie. Cette somme représente jusqu’à « un tiers du budget annuel » de ces 26 structures, rappellent-elles dans une pétition et un communiqué publiés ce mardi.
En complément des « financements ordinaires » (essentiellement le paiement à l’acte), des enveloppes sont dédiées au travail « hors soins » des équipes pluriprofessionnelles qui accompagnent ces patients éloignés du soin (médecins généralistes, psychologues, médiateurs en santé, accueillants…) et aux actions de santé « participative », destinées à renforcer les connaissances en santé et l’autonomie des usagers, comme des ateliers collectifs (activité physique adaptée, enfants et écrans, douleur…). Le dispositif finance aussi des consultations de psychologie et le recours à des interprètes.
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Son existence « s’inscrit dans les engagements pris par l’État » après la pandémie de Covid-19, « qui a mis en lumière l’ampleur des inégalités » sociales et territoriales de santé, rappelle le communiqué.
Le gouvernement s’engage à « pérenniser » le dispositif
Fin janvier pourtant, le gouvernement a annoncé à ces structures « la suppression du dispositif », déplorent-elles, l’expérimentation arrivant à échéance en avril.
L’exécutif « présente cette décision comme un passage dans le droit commun ». Mais cela « se traduit en réalité par un basculement vers le Label Maisons France Santé, plafonné à 50 000 euros annuels par structure », contre plus de 500 000 euros pour le dispositif Secpa. Et aussi par un « recours aux Fonds d’Intervention Régionaux des Agences Régionales de Santé (ARS), déjà fortement contraints », alertent les structures de santé.
Elles craignent donc une réduction massive de leur budget, qui les mettrait « gravement en danger ». Parmi ces structures figurent le Château en santé à Marseille (Bouches-du-Rhône), Le Village de Santé d’Échirolles (Isère), ou La Place Santé à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
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Interrogé devant l’Assemblée nationale par Cyrielle Chatelain, députée écologiste, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a promis que « l’ensemble des 26 structures (…) telles qu’elles existent depuis les expérimentations post-Covid 2021, seront bien pérennisées et financées ».
Cyrielle Chatelain a redemandé si « les 14 millions d’euros » seront bien « mis sur la table ». « Les structures Secpa ne sont pas remises en question », a répondu Sébastien Lecornu, renvoyant vers la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, pour le détail des « sommes ».

Santé : plusieurs structures de soins des quartiers populaires menacées ?
Par SudOuest.fr avec AFP
Publié le 03/02/2026 à 18h01. https://www.sudouest.fr/economie/social/sante-plusieurs-structures-de-soins-des-quartiers-populaires-menacees-27700066.php
Des centres de santé craignent une réduction de budget, même si le gouvernement promet de pérenniser les financements
Vingt-six centres et maisons de santé principalement implantés dans des quartiers populaires disent craindre une réduction drastique de leur budget via « l’abandon » d’un dispositif expérimental qui les finance, dérogeant au paiement à l’acte pour mieux accompagner les publics vulnérables.
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Mme Chatelain a redemandé si « les 14 millions d’euros » seront bien « mis sur la table ». « Les structures Secpa ne sont pas remises en question », a répondu M. Lecornu, renvoyant vers la ministre de la Santé pour le détail des « sommes ».