Cher·es ami·es,
Le Medef a une nouvelle fois ouvert la fenêtre d’Overton, cherchant à pousser toujours plus loin en sa faveur les termes du débat public.
Après avoir bruyamment et violemment bataillé contre la taxe Zucman, c’est pour défendre une vieille proposition contre les jeunes et les salariés qu’il a donné de la voix.
Lors d’une réunion entre patronats et syndicats, le Medef a ainsi défendu l’idée d’un CDI pour les jeunes « pouvant être rompu sans motif les premières années ». La ressemblance avec le CPE (contrat de première embauche), créé en 2006 par Dominique de Villepin puis enterré par une mobilisation sociale de grande ampleur, est frappante.
Même si le gouvernement précise que cette proposition n’est pas à l’ordre du jour, il peut se frotter les mains de ce bouchon poussé toujours plus loin. C’est d’ailleurs à sa demande que les mal nommés « partenaires sociaux » étaient réunis pour trouver encore 400 millions d’euros d’économie sur le dos de l’indemnisation des salariés ayant conclu une rupture conventionnelle.
La précarisation croissante du salariat doit cesser. La jeunesse n’est pas une variable d’ajustement, corvéable à merci.
Il est urgent de rompre avec la politique de l’offre qui cherche à abaisser le prétendu « coût du travail » et la dépense publique. Nous en connaissons le résultat : elle ne ruisselle pas, mais elle détruit les sécurités sociales.
Le progrès humain suppose d’accroître les protections des travailleurs et travailleuses dans le rapport de subordination qui les lie à l’employeur. Le CDD comme norme du contrat de travail ou le retour du travail à la tâche, c’est la régression.
Si l’on veut servir le rendement toujours plus grand et plus rapide du capital, il faut en effet comprimer les salaires et briser les sécurités dans l’emploi. Mais si l’on veut la vie meilleure, il est plus que temps de protéger celles et ceux qui produisent les richesses, en augmentant leurs droits.
Là est mon engagement.
Clémentine Autain