Revue de presse du 29 janvier 2026
« Déserts médicaux : pour des médecins de l’Oise, les Maisons France Santé “c’est de la poudre aux yeux” »
Date de publication : 29 janvier 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=e30c246f76719dfd61bf69c4aa55cd10&id_newsletter=23258&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=23258&from=newsletter
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Patrick Caffin relève dans Le Parisien qu’« à quelques jours de la fin de l’année 2025, le gouvernement a annoncé la création de 1500 Maisons France Santé (MFS) sur tout le territoire sur le modèle des Maisons France Services. L’objectif annoncé est ambitieux, il s’agit d’assurer des rendez-vous médicaux en moins de 48 heures dans un rayon de 30 minutes autour du domicile ».
Le journaliste observe que « l’Oise, qui, entre 2014 et 2024, est passé de 594 à 509 médecins généralistes, n’a pas été oublié. Quinze sites répartis sur tout le département ont été labellisés. Les structures, toutes déjà existantes, recevront jusqu’à 50.000 euros pour leur fonctionnement, renouvelable chaque année si toutefois le dispositif national est reconduit ».
Christine Louchet, directrice du centre hospitalier Bertinot-Juel de Chaumont-en-Vexin, déclare : « On a appris notre labellisation pendant les vacances de Noël. On n’avait rien demandé mais on remplissait tous les critères ».
Le journaliste note que « la directrice voit dans cette labellisation «une reconnaissance du travail accompli» ».
Patrick Caffin remarque que « dans le Pays de Bray (Nord-Ouest), le Dr Xavier Lambertyn se montre beaucoup plus circonspect sur les MFS ».
Le médecin généraliste déclare : « Les Maisons France Santé, c’est de la poudre aux yeux. Ils m’ont contacté pour la CPTS (communauté professionnelle territoriale de santé) du Pays de Bray, j’ai refusé de signer. On est prêt à nous donner 50.000 euros sans savoir pourquoi, ni à quoi ça nous engage ».
Le Dr Lambertyn poursuit : « Je vois juste qu’ils étaient prêts à me donner 50.000 euros alors que le projet de la CPTS de Songeons n’est même pas encore terminé. À quoi ça rime ? À montrer que l’ARS s’active ? Ce sont les moyens humains qui manquent, il faut des patriciens. Ça devrait être la priorité ».
Le journaliste observe qu’« à Beauvais, SOS Médecins est venu aux renseignements ». Florent Jendrzejewski, responsable de la structure, remarque : « Les exigences du label, c’est une sorte de copier-coller de ce que l’on fait tous les jours. […] L’essentiel, c’est de redonner de la force à l’acte médical. La priorité devrait être donnée aux patients et il vaudrait mieux soigner ça plutôt que de multiplier les créations administratives ».
« Pour moi, ce que nous faisons, c’est la solution pour régler le problème des déserts médicaux. À Beauvais, on a vu 70.000 patients en 2025 contre 50.000 en 2024. Avec notre façon de travailler qui mélange pratique professionnelle en préservant la vie personnelle, on arrive à attirer des professionnels de santé. Aujourd’hui, on est 9 médecins titulaires et 22 remplaçants pour faire tourner la structure 24 heures/24. On verra si les MFS pourront apporter une solution tout aussi efficace », ajoute le responsable.
L’ARS répond que « nous sommes à l’écoute des médecins pour répondre à leurs questions. La labellisation est d’abord une reconnaissance du travail réalisé par les professionnels de santé libéraux et rendre un service solide et visible pour les habitants ».